samedi 19 avril 2014

Lady Gaga X Versace - Stop au Photoshop !



Scoop People/Mode de la semaine, il y a quelques petits jours, ont fuités certains des clichés originaux, non retouchés, du shooting de la chanteuse Lady Gaga pour la dernière campagne publicitaire Versace. Et là, le drame – genoux cagneux, peau verdâtre et marquée de bleus, teint maladif malgré la présence de maquillage et nous en passons ! Chou gras de la curiosité malsaine d’un certain public toujours avide de ce type de clichés de stars au plus bas, ces clichés nous ont enchantés ! Non pas bien sur pour la raison évoquée précédemment, car les images en elles-mêmes étaient d’une tristesse palpable pour ne même pas avoir l’envie d’en rire ou de s’en moquer, mais surtout parce qu’ils font partie de ce genre de petits grains de sable qui font parfois dérailler la mécanique bien huilé du monde de la mode. Car si nous avons crée le blog, il y a maintenant un peu plus de trois ans déjà, c’était certes pour vous montrer nos coups de cœur, partager notre passion du beau et des choses bien faites, mais aussi et surtout, pour vous montrer que la Mode, n’est justement pas que ce monde lisse et aseptisé qui nous ai servit du matin au soir dans tous les Papiers Glacés du monde entier ! Et que derrière le vernis, se cache souvent des choses assez troubles, et dans le cas de la collaboration Dona/Gaga nous sommes servis !...
 
Lady Gaga / Versace - Avant/Après

Mais, avant de nous attaquer à ce désastre esthétique, remontons un peu dans le temps, il y a quelques petits mois, lorsque l’annonce du choix de la nouvelle égérie de la griffe à la gorgone a été annoncé, nous fûmes quelques peu choqués. Qu’est ce qui pouvait bien rapprocher la blonde la plus peroxydée (et sans doute la plus refaite aussi) de l’industrie de la mode de l’inclassable (capillairement parlant) star du show-business américain connu pour ses looks déjantés (merci Nicola Formichetti hein), ses goûts parfois douteux, et pour son aide mode envers la jeune création plus qu’envers les marques gentiment et bourgeoisement posées ?....

L’une (Donatella), au creux de la vague depuis près de 10 ans, essayant tant bien que mal de tenir haut la barre du navire mis à flot par le défunt frère Gianni, l’autre (Germanotta Gaga) plus ou moins en train de redescendre au fil des sommets auxquels elle avait réussit à se hisser (et oui, Monde contemporain de consommation médiatique cruel, qui oubli si vite ceux que tu as porté si haut dans le passé !...).

L’une (Dona), ancienne beauté méditerranéenne des « années frics » ayant un petit (gros) faible pour le bistouri ; l’autre (Gaga), n’ayant justement jamais été ce que notre société appelle communément une beauté, s’est fait connaître cachée par son Poker Face fait  d’immenses lunettes noire couvrant le visage et de quelques centimètres de maquillage, a eu l’élégance au fil des années de ne pas encore avoir recours au Dieu scalpel et d’essayer d’assumer un physique que certains pourraient qualifier d’ingrat.

L’une (Dona), sempiternellement harnachée dans ses tenues taille 32, voulant caser les femme du monde entier dans un moule lisse et peroxydé, l’autre (Gaga), caméléon contemporain de la mode, promeut une certaine vision quasi dictatoriale de « l’originalité » auprès de ses « little monsters » qui décide de se prêter au jeu de la poupée Versacie en mode « sois Blonde et tais toi » (vraiment bizarre lorsque l’on y réfléchit un instant posément).

Donatella Versace & Lady Gaga


Bref, deux personnalités, étranges et étonnantes certes que rien ne rapproche outre une italianité lointaine de la Gaga, et l’impossibilité pour la Dona de trouver une autre égérie à consonance italienne mais à porté internationale, Madonna et Bellucci ayant déjà signé pour Dolce&Gabbana et le Pape François ne faisant pas encore de pub, il ne restait que la Germanotta. Ah mais si ! Peut-être y a t-il un point commun… l’argent du cachet final, autant pour nous !

Donatella Versace & Lady Gaga

Car le nerf de la guerre est bien celui-ci. Donatella Versace recherchant désespérant aux quatre coins du monde (et surtout en Asie, il faut bien vivre avec son temps) des clients potentiels, et jeunes, pour renflouer les caisses de la Gorgone grâce au label « cool, branché, mode créateur pointu, presque fou» que véhicule d’une certaine façon miss Gaga.

Bon, jusque là, rien de bien étonnant, les marques s’associent de plus en plus avec des personnalités du monde du cinéma ou de la musique pour vendre leur produits dérivés, et celles-ci sont bien contentes de faire rentrer 1 petit million de dollar (voir plusieurs) de temps en temps, surtout quand artistiquement ou médiatiquement parlant, c’est période de vache maigre. N’oublions d’ailleurs pas le cas de Miss Sharon Stone qui n’a pas été vu depuis belle lurette dans le moindre film, mais qui reste une star dans l’inconscient collectif grâce aux publicités pour une gamme de crème antiride Dior…. Ce qu’il y a de beaucoup plus étonnant, voir choquant, est la malhonnêtement intellectuelle de cette histoire – à savoir Photoshop et surtout l’excès de Photoshop !

Car, c’est assez difficile à accepter, mais aussi à s’en rendre compte, absolument aucun image véhiculée dans aucun magasin, aucune publicité papier, voir aucune vidéo (il suffit de se rappeler des clips de certaines autres stars de la chanson américaine, mincit plan séquence, après plan séquence…) n’est réelle ! La perfection lisse et idéalisée promut dans tous Medias n’existe pas !!!!!! Et encore, quand ce ne sont pas les spécialistes du pixel qui se chargent de modifier exagérément la réalité en gommant les éventuelles imperfections cutanées, lissant les pores, retirant toute aspérité, voir quelques kilos en trop ou quelques bourrelés inesthétiques, quand ce ne sont pas des parties entières de corps qui sont retirées, puis remplacées par d’autres jusqu’à obtenir une vrai cacophonie visuelle, ce sont les personnes  elles-mêmes qui sont modifiées à coup de maquillages outranciers, de faux cils, de faux ongles, de perruques et de chirurgie esthétique (si peu esthétique), d’hormones de croissance ou d’amphétamines pour nous les hommes (et oui, une certaine forme de parité existe) afin de gonfler le plus possible transformant le premier freluquet en Schwarzi en puissance.

Dans ce cas précis, la liste de modification voir de transformations apportées aux photos originales est sans fin. De la couleur de la perruque jaune Tchernobyl qui devient blanc/gris, à la carnation de la peau verdâtre (qui aurait fait le bonheur inavoué d’un peintre fauve) devenant rose et fraiche, des genoux cagneux et marqués de bleu, à des jambes lisses et galbées, des traits irréguliers voir cabossés du visage de Miss Germanotta à la perfection lisse et froide des publicités finales, de la plastique féminine de la chanteuse dépassant parfois des corsets et dont les centimètres supplémentaires ont été gommés, jusqu'à la couleur des sacs eux mêmes, pastels initialement, ils sont ravivés grâce à la magie Photoshop. Se pose ainsi la question de savoir jusqu’ou cette course effrénée à la perfection irréelle ira et entraînera dans son sillage des générations d’adolescent(e)s mal dans leur peaux, frustrés de ne pas ressembler aux images de papier glacé,  auxquelles personnes, pas même les mannequins ou les célébrités en question ne ressemble, faisant même dire à certains modèles qu’elles ne se reconnaissent pas sur les clichés et que les images montrées ne sont pas elles à force de retouche photographique.

Lady Gaga / Versace - Avant/Après
Lady Gaga / Versace - Avant/Après

Photographe encore super star de nos jours, nous sommes curieux de connaître le jour, ou l’importance de celui-ci sera supplantée par celle du retoucheur ! « L’artiste » de ce siècle naissant transformant la réalité en irréalité selon les besoins et les diktats d’un service communication totalement décalé de toute notion de bon sens, et ou les galléries d’art du monde entier consacreront des expositions à ce « 10ème art » encore non avoué.

Soit dit en passant, après avec fait un petit tour de la toile et effectué une recherche simple de ce nouveau duo, ni chic, ni de choc, un certain point commun existe entre les deux peroxydés les plus en vue du moment – une sorte d’inesthétisme physique frappant, qui à quelques décennies d’écart, prédit malheur pour l’avenir cutané de la Gaga, qui grimée en jeune Donatella serait le prolongement presque maléfique d’une Donatella jeune qui ne sera jamais plus.  


Donatella Versace & Lady Gaga
Donatella Versace & Lady Gaga
Donatella Versace & Lady Gaga

Enfin, après tout ce que nous avons évoqué sur le sujet, une dernière idée nous traverse l’esprit et nous turlupine franchement. Avec tous les moyens financiers mis en œuvre dans la réalisation de cette publicité, il n’était franchement pas possible de trouver une perruque de meilleure qualité que celle-ci ????? Car déjà que le résultat final, photoshopé est médiocre, mais alors le modèle d’origine, paillasse jaune terne, découvrant un front à l’esthétique quasi médiévale dont les raccords sont plus ou moins mal fait, nous donnerait presque l’envie d’envoyer une petite pièce à l’association imaginaire « Donatella For Ever » et nous fait nous demander, si rien d’un peu plus quali ne se fait sur le marché, parce que sinon, messieurs les industriels du cheveux, un créneau reste à prendre !... Merci.

 Lady Gaga vs Versace

Alerte news - on apprend à l’instant que dans cette mouvance du control-freack esthétique, aux Etats-Unis, le nombre de demandes d’interventions chirurgicales pour causes de Selfies ratés (Instagram, Facebook, Tweeter ou autre Snapchat….) a connu un boom ces derniers mois. Le monde tourne décidément un peu plus à l’envers!....

A.

lundi 7 avril 2014

Keziah Jones pour Loft – Histoire d’une « coolab’ » mode

© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones pour Loft Design By


Voilà une jolie surprise que nous a réservée pour ce printemps la griffe parisienne Loft Design By - une collection capsule masculine, urbaine, aux accents casual chic en collaboration avec le chanteur Keziah Jones !

© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones pour Loft Design By

Et lorsque deux monstres sacrés, emblèmes d’une certaine culture contemporaine, se rencontrent, cela ne peut que donner naissance à une collaboration généreuse et intéressante. Généreuse à l’image de la personnalité du chanteur, au parcours incroyable, d’origine Nigériane, découvert dans le métro parisien au début des années 90, Keziah Jones et dont le succès ne l’a plus jamais quitté ; intéressante comme le parcours éclectique et nourri de références artistiques de Patrick Frèche, fondateur en 1989, de Loft Design By. Bien plus que simple créateur d’une marque, celui qui fut l’un des pionniers de la consommation expérientielle, transformant chacune de ses boutiques en véritables lieux de vie, d’émotion, mais aussi de culture, nous fait craquer depuis plus d’une dizaine d’années avec sa fameuse Baseline « Art is a dirty job, but somebody’s got to do it » reprise du street artiste américain Bob Zoell.

© Les Garçoons aux Foulards - Loft Design By
© Les Garçoons aux Foulards - Loft Design By

Séduit par la personnalité atypique et éclectique du chanteur-citoyen du monde, dont les œuvres sont de véritables poèmes sonores, Loft Design By et son fondateur Patrick Frèche ont souhaités témoigner à l’artiste toute leur admiration en lui dédiant une collection et lui laissant carte blanche pour imaginer quelques pièces intemporelles, aux détails subtils ; des basiques idéaux que tout homme aimerait avoir dans son dressing.

© Keziah Jones pour Loft Design By

Lancée depuis quelques jours à peine, cette édition limitée aux couleurs urbaines, véritable évidence stylistique, se décline en pièces de jersey souples, ultra confortables ; sweater à capuche, t-shirt et bien sur, un foulard délicatement brodé auquel nous n’avons pas résisté.

© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones pour Loft Design By

Et pour fêter cette jolie collaboration, quoi de mieux qu’un showcase privé de l’artiste, organisé dans le flagship Arty de la marque, près du Canal Saint Martin, rue des Vinaigriers, auquel nous avons eu la chance de pouvoir assister, et dont nous avons réussis à capturer quelques petits moments, à découvrir pour le plaisir des yeux, mais surtout des oreilles !

© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones pour Loft Design By - private showcase
© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones private showcase 





Collection Edition Limitée Keziah Jones pour Loft Design By, à découvrir dès maintenant en magasin !

A.


« Music is a dirty job, but Keziah Jones got to do it ! » ;-)


© Les Garçoons aux Foulards - Keziah Jones private showcase

mardi 1 avril 2014

Hop, hop hop ! Tous au Pop-up Store Brownie & Blondie


Nous l’avions découverte il y a un peu plus d’un an, lors de l’une nos péregrinations mode dans la capitale, et nous en sommes rapidement  devenus accro. Petite pépite mode comme il en est rarement l’occasion de croiser,  Brownie & Blondie, pour celles et ceux ne connaitraient pas encore le génial label, celui-ci a été fondé en 2011 par le créateur Fabrice Couturier. Projet personnel, fort et engagé, sans concession, Brownie & Blondie est le fruit d'une maturité créative débuté il y a plus de 20 ans, dans les salons poudrés de la maison Dior, lorsque Monsieur Ferré en était encore le sublime D.A.  Alors âgé de 20 ans, Fabrice Couturier multiplie les projets personnels et novateurs et se construit seul un univers personnel fort basé sur une technicité et un amour de son métier. Aujourd’hui, vivant entre Paris (capitale de la mode et d’une certaine vision de l’élégance) et Berlin (temple incontesté du branché underground), Fabrice Couturier utilise la vitalité et l'énergie des deux villes comme principales sources de création.

© Brownie & Blondie SS14
© Brownie & Blondie SS14

Le résultat ? Une griffe unisex (si, si !), des pièces architecturées, des matériaux techniques intelligents, des jeux de détails, de doublures, d’imprimés, bref des looks modernes ultradésirables ! (Et le tout, ce qui n’est pas pour nous déplaire, à prix très doux ! puisqu’on vous le dit !) Distribution sélective dans quelques mutli-marques pointues et sur le eshop  de la marque, le label franco-allemand crée la surprise pour cette saison avec un Pop-up store Parisien les 4, 5 et 6 avril prochain ! Le Pop-up fait partie d'un tour européen débutant à Paris et se terminant mi-juin à Berlin. La collection sera sur les routes de France - Paris, Mâcon, Lyon et Nice - de Suisse - Genève, Lausanne et Zurich - et d'Allemagne avec Berlin, sa destination finale ! 

"Je veux avec cette tournée de Pop-up donner la possibilité aux clients finaux de découvrir l'ensemble de la ligne Brownie & Blondie, des chaussettes, aux pièces les plus pointues... » explique Fabrice Couturier.

© Brownie & Blondie SS14
© Brownie & Blondie SS14
© Brownie & Blondie SS14
Et pour cette été ? Une silhouette dynamique ultra vitaminée ! Reflet d'une modernité urbaine, la collection printemps-été s'affirme comme une alternative à une certaine morosité ambiante. Fabrice Couturier utilise les codes issus du sport pour les détourner en une mode élégante, fun et contemporaine.
 Les coupes sont comme toujours taillées au cordeau, précises et sans compromis, les détails intérieurs, véritable parti-pris de raffinement, sont marqués. La silhouette quant à elle, est fine et élancée. La recherche permanente de matériaux, de nouveaux mélanges de fils, de touchers différents, place cette collection au plus haut niveau de créativité et d'innovation. La gamme de couleur enfin est des plus tonique et va du bleu métal à l'argent en passant par le jaune fluo et le bronze, avec une place importante pour le blanc et le noir travaillé en aplat pour ne pas trop affoler nos dressings citadins ! Inutile de résister, vous ne pourrez que craquer ! Alors, hop hop hop ! On se donne tous rendez-vous dans quelques petits jours au Pop-Up Brownie & Blondie ! ;-)

A.

© Brownie & Blondie SS14

Pop up store Brownie & Blondie

Les vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 avril 2014 de 12H à 22h
Au 182-184, rue Saint Martin à Paris 3


mardi 25 mars 2014

Coup de gueule – Aila Wang, naissance d’une nouvelle It-Kid



Alors que la plus part des célébrités essayent par tous les moyens de protéger l’intimité et l’anonymat de leur précieuse progéniture afin de leur garantir l’enfance la plus calme et la plus normale possible, d’autres en revanche, utilisent ces chères têtes blondes (brunes parfois aussi) comme ultime faire valoir branché (c’est du moins ce qu’ont laissé entendre certains médias douteux) (cf. : Suri Cruise, qui avait tout de même été nommé, du haut de ses 5 ans, 21ème « femme » la mieux habillée au monde … excusez du peu et qui nous avait, déjà à l’époque, un tant soit peu titillé) les exposant au maximum à la voracité des médias et à la médiocrité qui en découle.


© Aila Wang 2013


Ainsi, après les Suri Cruise, Harper Beckham (mais parions sur l’avenir que Maman Victoria a déjà prévu pour sa future mini moi en puissance), Jaden et Willow Smith (et leurs « carrière artistique » américaine) et autre Blue Ivy, c’est au tour de la petite Aila Wang, 4 ans, de faire la une (ou presque) des tabloïds. Il faut dire que son pedigree mode ne manque pas de chien, Aila n’étant rien d’autre que la nièce chérie du créateur superstar Alexander Wang. Mise sur les devants de la scène mode depuis sa plus petite enfance, Aila Wang n’a raté aucun des défilés de son oncle lors de la Fashion Week New-Yorkaise (comme si elle choisissait d’y assister ou non d’ailleurs) nous vantent certains supports internet, et ceci toujours en Front Row !

© Aila Wang entourée de sa maman et de son oncle Alexander Wang


Vêtue toujours des dernières pièces de la collection de tonton Wang en version mini, les photos de la petite Aila avec le t-shirt phare du dernier défilé Alexander Wang, une mini jupe en cuir noire (dont la sexualisation et d’un goût des plus douteux sur une enfant soit dit en passant), le mix monstrueux chaussette-claquette de piscine qui risque d’inonder la scène hype en manque d’inspiration, et un mini sac Balenciaga (bah oui, Aila, en tant que parfaite it-kid, est au courant de l’actualité économico-fashion et sait bien sur que tonton est devenu le nouveau DA de la griffe du groupe Kering, et joue à fond le côté Corporate !….) font depuis quelques jours le tour de la toile.

© Aila Wang 2013


Mais Aila n’en est pas à ses premiers faits d’arme. Connue par le grand public grâce à un premier cliché charmant de naïveté, ou Aila, auréolée d’une lumière zénithale ressemblait à une charmante petite boule de poil dans une pelisse en fourrure noire ; les clichés se succèdent depuis, mettant l’enfant en scène dans des looks faisant pâlir d’envie n’importe quelle fashionista du monde entier. Total look en renard et vison gris taille 3 ans, robe en python noire (inutile de débattre quant à l’inutilité de la fourrure et des peausseries précieuses dans le vestiaire d’une enfant de 4 ans en pleine croissance…), pantalon en cuir noir, mini sac clouté griffé Alexander Wang, et comble du kitch version nouveau riche, le mini 2.5.5 de Chanel porté à toutes les sauces et qui finit d’apporter la touche statement mode à Aila ! Tous les stylistes de Suri Cruise n’auraient pas fait mieux.

© Aila Wang 2012
© Aila Wang 2013
© Aila Wang 2012


Passons sur l’aspect totalement inutile et superflu de l’actualité mode d’une enfant en bas âge, qui clairement ne choisit en rien ou presque ses tenues pour nous concentrer sur la vraie question, celle pour laquelle je m’insurge à ce point, celle de l’avenir psychologique de ces enfants. L’histoire médiatique de la fin du XXème siècle et du début du XXIème aussi d’ailleurs, peut glorieuse, nous a bien prouvé une chose – qu’enfance « super star » et bien-être psychologique au moment de l’adolescence ou de l’âge adulte ne vont pas de paire et font souvent de mauvais mélanges. Les exemples de ravages médiatiques sont pléthore, entre toutes les anciennes stars Made in Disney Channel, ou encore certains enfants de célébrités laissés à l’abandon ou presque par leur parents, les problèmes d’alcool et de drogue sont monnaies courantes à Hollywood.

© Aila Wang 2013

Pays de tous les excès, de tous les superlatifs, les visions américaines et européennes de l’enfance ne seront jamais compatibles. Quelques jours après que les émissions du type « mini-Miss » aient été et fort heureusement, interdites en France, elles ont toujours un public grandissant de l’autre coté de l’Atlantique et véhiculent une image mi-objet de foire, mi-sexualisée de la petite fille, sorte de poupée vivante, jolie porte manteau capable de faire attendrir les adultes et ainsi parfois redorer le blason de parents en manque de reconnaissance médiatique. Et si, dans le cas d’Alexander Wang, la reconnaissance médiatique n’est un aucun cas un problème à l’heure actuelle, son travail de styliste pour sa marque éponyme ainsi que pour la maison parisienne est tout à fait remarquable, il serait cependant judicieux de lui rappeler qu’un enfant, avant d’être un joli mannequin vivant que l’on grime à volonté, est avant tout un être humain en devenir dont le psychisme adulte se construit dans la petite enfance et qui sera forcement marqué par tous les évènements qui l’entourent, et dont la popularité médiatique et les questions existentielles liées au monde de la mode ne devraient que passer en dernier plan. A bon entendeur !....

A.