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vendredi 16 novembre 2012

Maison Martin Margiela pour H&M – Nous y étions


Voilà des semaines, voire des mois, que nous sommes restés silencieux quant au projet de collaboration de la très secrète Maison Martin Margiela avec le géant Suédois de la Fast Consommation H&M. Cela a sans doute surpris quelques uns de nos plus fidèles lecteurs habitués à nos virulentes diatribes concernant les dernières collections « bling-blingissimes » signées Anna Dello Russo ou encore Versace. Pourquoi ce silence nous demanderez-vous ? Et bien pour le principe premier d’éviter tout préjugé et d’avoir un peu de matière afin de vous livrer une véritable analyse, mais aussi parce qu’en temps que mordus du style Margiela, nous avons secrètement espérés que le résultat serait pour une fois positivement différent. (Qui sait ? Rien n’est impossible paraît-il.) 

© Les Garçons aux Foulards

Et cela jusqu’au mardi 14 Novembre, date de la soirée évènementielle organisée par H&M dans leur flagship de l’avenue des Champs Elysées, pour le lancement de la collection avec en Guest l’ensemble de la Presse, de la Blogosphère, quelques VIP (nous avons entre autre pu y croiser Daphné Burki, Inna Modja ou encore l’acteur français Nicolas Duvauchelle) bref de tout ce que compte Paris de Fashionistas en mal de sensation Mode. DJ, Champagne coulant à flot,  mondanités gentiment échangées, mise en scène et vidéos Margiela pour H&M, rien n’y fait, la déception est palpable et même si le jeu de faire semblant de s’arracher les vêtements de cette collection est de rigueur, rien n’y fait, peu ou prou en sont dupes. Mais avant de nous lancer dans le compte rendu de cette collection, faisons un rapide retour en arrière pour en comprendre les bases.

© Maison Martin Margiela pour H&M


Flashback

12 juin 2012 - H&M dans un ouragan médiatique annonce sa prochaine collaboration avec l’ancienne griffe du créateur belge – Maison Martin Margiela.  Chocking !

La maison de mode par essence la plus discrète, la plus conceptuelle, la plus intellectuelle et sans doute la plus élégante, vend son âme sur l’autel du mirage médiatique mondial. Quel ne fût pas ma déception de voir ses deux univers que tout sépare, que tout oppose se retrouver dans un mariage de raison dont on craint d’avance les résultats. Martin Margiela, créateur secret qui a refusé durant toute sa vie toute interview et qui s’est retiré de la scène mode depuis décembre 2009 (et oui, peu sont ceux à savoir que Maison Martin Margiela a été vendu et fait désormais partie du groupe Only The Brave/ Diesel tenue par l’italien Renzo Rosso - tout comme d’ailleurs la griffe des créateurs Viktor&Rolf ou encore Dsquared…) voulait créer un style plus qu’une mode, un concept plus qu’un vêtement priorisant le travail artisanal (avec sa remarquable collection 0 notamment) sur la production industrielle. 

Absence médiatique, minimalisme et conceptualisation poussée à l’extrême jusqu’au détournement complet des pièces d’une garde robe ou d’objets usuels pour en créer d’autres, réédition de pièces vintages pour leur perfection stylistique ou leur qualité de réalisation ou encore discrète élégance d’un vestiaire pensé pour l’Homme et la Femme, autant de signatures emblématique de l’ADN Martin Margiela qui sont à 1000 lieux  des valeurs prônées, normées, quantifiées et programmées du géant suédois spécialiste du Made in China à bas prix.

Le pire était donc à craindre.

Cependant après un lancement presse des plus Arty à New York et une présentation de la collection, composée essentiellement de modèles rééditées de saisons précédentes, fin octobre en showroom (qui semble-t-il a séduit la presse) ainsi que la révélation de la campagne publicitaire, hymne urbain de poésie et de sobriété nous a fait espérer…

© Maison Martin Margiela pour H&M


  
MMM comme M(auvais) M(ass) M(arketing)

Mais cet espoir s’est vite envolé lorsque déjà sur le trottoir, face à une organisation dépassée par le nombre trop important d’invitation envoyée, il fallut affronter des files d’attente interminables, des flots composées d’une marée humaine de modeuses prêtes à tout pour avoir un bout de leur Graal – du Martin Margiela pas cher ! Déjà la magie s’en était allée. Peu adepte des événements ou l’on se fait piétiner, nous étions prêts à rebrousser chemin (comme l’on fait certains d’ailleurs), juste retenus par la curiosité et le désir de partager avec vous les premiers scoops sur cette collaboration tant attendue.

© Les Garçons aux Foulards - MMMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M

Médiocre – tel est le premier mot qui nous soit venu à l’esprit, lorsque nous avons réussis à pénétrer dans le magasin et à descendre au niveau -1 de celui-ci, nous avons  découvert des podiums et des portants vidés de marchandise, des display éventrés, des tables d’accessoires à moitié renversées et des gens excités à l’idée de t-shirt imprimés trop larges et de robes en tissus synthétiques. Car au final, là ou le bas blesse, c’est la qualité ou le rapport qualité-prix. Matières synthétiques, finitions médiocres, fabrication exclusivement Made in China, cuir trop épais, métaux trop légers, draps de laine 1Er prix, bref l’opposé de la qualité proposée d’habitude par une pièce de créateur et surtout par Maison Martin Margiela qui est encore l’une des rares griffes à proposer des cachemires épais, de vraies popelines de coton pour ses chemises, des draps de laine à l’incroyable chaleur pour ses manteaux ou encore des peausseries d’agneau à la finesse exemplaire pour ses accessoires. Quelle tristesse ces robes un peu molles, n’ayant de Margiela que l’étiquette, dégoulinantes en jersey, transpirant les dérivés de pétrole, ou encore ces draps de laine jamais portés et déjà à demi boulochés.

© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M

Modèles trop marqués, trop connotés, que l’on cataloguera forcément de H&M et non pas de Margiela lorsqu’ils seront portés, ne dépassant jamais le mois durant lequel ils ont été achetés, qui ose d’ailleurs encore ressortir de ses placards un modèle d’une collaboration antérieure ? Où qui peut encore se targuer d’en avoir un de bonne qualité ? Alors que le plaisir de porter encore et encore sa véritable maille ou sa veste originale Margiela est insatiable. Certes, sans doute un peu plus cher, mais comme l’avait si justement dit l’architecte Mies van der Rohe, « Less is more », et cela peut parfaitement s’appliquer à nos dressings vomissant d’achats compulsifs et inutiles – mieux vaut un seul beau pull-over qu’une multitude de modèles approximatifs.

© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M

Je me souviens à ce propos d’un échange que j’ai eu ce jour là, mon interlocuteur me défendant que ce type de collaboration était toujours une sorte de 50/50 entre H&M et la marque invitée. Et effectivement, le calcul est juste : prix classiques H&M 50% plus chers pour des produits plus ou moins Margiela de 50% moins bonne qualité… Navré, mais je ne suis pas sur de trouver cette équation gagnante. Prix ridiculement chers, les bijoux cheap en aluminium à 50 euros, chemises en coton et jeans à 80 euros ou encore vestes et manteaux entre 150 et 400 euros nous ont laissés plus que dubitatifs, avec une palme pour un set nappe et serviettes en lin froissé imprimé à 129 euros faisant rougir de honte n’importe quelle personne adepte du beau linge de maison. Car soyons honnête un instant, toutes ces frusques aussitôt achetées, aussitôt démodées ne seront jamais, jamais du Margiela. Juste une pâle copie H&Misante en version (très) chère.

© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M
© Les Garçons aux Foulards - MMM pour H&M

Fidèles à nous même et à nos valeurs, nous n’avons pas succombé et n’avons rien acheté (comme jamais d’ailleurs depuis la toute première expérience de Masstige organisée avec Karl Lagerfeld) de cette collection. Enfin si… soyons honnêtes… un livre… l’excellente nouvelle édition du Fashion Now des éditions Taschen dont les piles d’exemplaires ne baissaient pas… Bah oui ? Un livre ? A l’heure de l’Ipad roi quelqu’un consulte-t-il encore cet objet étrange et désuet ?.... Non ? Nous si.

A.

Ps : veuillez nous excuser de l’aspect flou de certaines photos, celles-ci ont été prise dans la rapidité d’un clic d’iphone. 

vendredi 10 août 2012

Au revoir Madame Anna Piaggi


Un décidemment bien triste année s’égraine petit à petit dans l’univers de la Mode. Après la perte de la regrettée Loulou de la Falaise il y a déjà quelques mois, ou celle encore du merveilleux brodeur François Lesage ayant marqué les plus beaux défilés Haute Couture de son travail remarquable, c’est au tour d’une autre grande Dame de la Fashion Sphère de tirer sa révérence : Madame Anna Piaggi qui s’en est allée à l’âge de 81 ans.
© Anna Piaggi

Journaliste de mode ayant traversée près d’un demi siècle de Création et de Style, flamboyante Rédactrice en Chef du Vogue Italien durant 23 années,  et personnage excentrique connue pour sa chevelure bleue coiffée des créations hautes en couleurs des modistes britanniques et internationaux les plus avant-gardistes ; Anna Piaggi a tirée sa révérence dans la douceur Méditerranéenne d’un mois d’août et est rentrée pour toujours dans la légende.

© Anna Piaggi

Aimée du grand public, écoutée et respectée par ses paires, une rétrospective lui fût même consacrée en 2006 au Victoria & Albert Museum, institution Londonienne des Arts Décoratifs, mettant en avant sa personnalité forte, ses goûts en matière de Mode et ses prises de position tranchées. Car si Anna Piaggi était connue pour ses expérimentations vestimentaires, (la copie dont son style a fait preuve au long des ans est sans doute la plus flatteuse des reconnaissances que la jeune garde de bloggeuses internationale ai pu lui faire, Miss Tavi Gevinson en tête), elle marqua son époque, fidèle à son crédo : « Ne pas suivre les Tendances, les créer » ! Les devançant à l’aide d’incroyables mélanges de style, la mode étant pour elle un perpétuel terrain d’expérimentations, affûté, audacieux et  irrévérencieux.

© Anna Piaggi
© Anna Piaggi

Anna Piaggi n’est ainsi plus, laissant un vide sur les Front Row, une absence de couleurs sur un 1er rang souvent bien triste. Mais le mythe est né, marquant pour toujours la petite histoire de la mode.

© Anna Piaggi

Ainsi à l’instar de la pétillante (et très communicante) rédactrice en chef du Vogue Japon, Anna Dello Russo, dont le style fût sans nul doute marqué de le patte Piaggi, rendant un dernier hommage à la grande dame de la mode Italienne, «Anna Piaggi me manquera pour toujours!!!», nous terminerons sans doute sur les vibrants adieu du styliste Stefano Gabbana, «Ciao grande Anna!».

A.

mardi 8 mai 2012

ANNA DELLO RUSSO la nouvelle Fast Fashion Diffusion H&M


Après le drame stylistique Donatella Versace de novembre dernier, après l’invasion de vilains slips David Beckham judicieusement sortis pour la St Valentin (qui remplissent toujours les étalages à la Saint Désiré) et après l’a peu près réussit collection Marni (merci Consuelo Castiglioni et Sofia Coppola pour la magnifique vidéo), le bling italien sera de retour cet automne chez H&M, en la personne d’Anna Dello Russo.

© Anna Dello Russo

Pour les néophytes qui ne sauraient pas qui est « la grande » Anna Dello Russo, (en même temps, est-ce vraiment un délit?), la journaliste italienne, ayant collaboré durant 18 ans avec le Vogue Italien, est devenue depuis quelques années la papesse du Vogue Japon. Courant les Fashion Week vêtue des looks les plus forts et les plus pointus, mitraillées par les paparazzi, photographes de mode et autres bloggeurs à chacune de ses apparitions, Anna Dello Russo a, contrairement à ses petites camarades de la sphère journalistique, réussit à imposer un style personnel, radical, extravagant, excessif, déluré, débridé, enchanteur, en un mot : Mode ! Manteau en plume d’Autruche, robe brodée de cocktail rebrodée de cristaux Swarovski en fin de matinée, créations improbables du chapelier Philip Treacy, ou encore fourrure Rose Shocking, rien ne lui fait peur, et pour le coup, on adore !

© Anna Dello Russo
© Anna Dello Russo


La ou le bas blesse, c’est que l’on sait malheureusement par avance que cette future collaboration stylistique avec le géant suédois sera décevante. Annoncée en grande pompe par H&M il y a quelques jours, la future collection d’Accessoires (signature emblématique des looks Anna Dello Russo) réalisée par la Fashion Director du Vogue Japon, sera Gold et Turquoise ou ne sera pas. Sandales tressées, Minaudières esprit Baroque, Bracelets Serpent, Lunettes Strassées ou encore Colliers Pompeux ornés de cabochons en plastique gold, les premiers visuels diffusés par la griffe suédois nous donnent moins l’impression du fastueux baroque Italien que du Made in Bengladesh un peu toc.

© Collection Anna Dello Russo pour H&M

Car, en effet, si de nos jours (et c’est bien la théorie que défend également Mlle Dello Russo au quotidien), l’accessoire fait la tenue et en est l’élément le plus important ; inutile de vous dire que celui-ci doit être irréprochable et parfait (ou en tout cas s’en rapprocher au maximum). Ici, loin des riches parures tant affectionnées par Anna, la minaudière en métal sonne désespérément creux, l’émail Turquoise se désemaille et fait toc, les incrustations de pierreries deviennent plastique, les solaires perdent de leur glamour, quant aux bracelets Python ils feraient pâlir de honte un dresseur de cobra Mumbaite !

© Anna Dello Russo pour H&M

Loin de moi toute idée de snobisme, mais je reste fidèle aux valeurs que nous défendons au travers de ce blog : luxe, qualité et originalité ! Malheureusement, ici, aucune de ses trois qualités n’est présente.  En revanche, bon joueur, je ne peux que tirer mon chapeau face à la formidable machine de guerre du Marketing Masstige dont la clientèle H&M est semble-t-il si férue ! Bravo l’artiste !



Et pour les plus intrépides d’entre vous, qui oseront affronter, par curiosité ou autre, la faune toujours furieuse des premières heures, rendez-vous le 4 octobre 2012 au matin, devant l’un des 140 magasins H&M dans le monde qui diffuseront (en absolument non exclusivité) la ligne Accessoires Anna Dello Russo pour H&M !....

A.