Affichage des articles dont le libellé est galerie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est galerie. Afficher tous les articles

mardi 3 janvier 2012

L’Artiste Graffeur JonOne s’expose à Paris

Voilà, la trêve de Noel et les festivités de fin d’année étant passées, il est grand temps à présent de nous remettre au travail et de partager avec nous l’une de nos dernière découverte. Et quoi de mieux pour débuter cette nouvelle année que de parler d’Art ? De Street Art pour être plus précis. Et pour cela, direction la Galerie Rabouan Moussion, rue Vieille du Temple dans le Haut Marais, pour nous intéresser au travail de l’Artiste Graffeur JonOne.



D’origine Dominicaine,  JonOne, de son vrai nom John Perello est né à Harlem au début des années 60, grandit dans l’un des Ghetto New-Yorkais et commence ses premières expériences de graffiti au début des années 80 sous le pseudonyme de Jon 156, du nom de la rue qu’il habite, marquant de son passage les murs des immeubles et des trains de son quartier, puis de tout New York. Précurseur dans l’univers du Street Art, il est rapidement Influencé par d’autres artistes-graffeurs New-Yorkais avec lesquels il crée et échange, et dont il observe le travail et l’évolution. Parmi eux,  Bando, A-One (Anthony Clarke) et Jean-Michel Basquiat.

La fin des années 80 marque un tournant dans l’œuvre de JonOne, avec son départ pour Paris et son installation, aux cotés d’autres artistes du mouvement Street, à l’Hôpital Ephémère ; célèbre squat des années 90, situé dans le 18ème arrondissement, ou monde de l’art, plastique et musical se croisait. C’est dans l’un de ses ateliers improvisé qu’on étaient créées ses premières œuvres sur toile, entrainant vif intérêt de la part des professionnels du monde de l’Art avec une série d’exposition au début des années 90 à Paris, Berlin, Monaco, Chicago…

Depuis, l’artiste New-Yorkais n’a cessé de s’améliorer et d’explorer de nouveaux territoires,  s’intéressant notamment à de nouveaux supports pour son travail plastique.

Et c’est là que se situe tout le propos de l’exposition City Breathes..., à savoir, la transposition du Steet Graffiti sur différents types de matériaux et de supports et plus particulièrement du passage de la traditionnelle Bidimensionalité à la Tridimensionnalité.

© Les Garçons aux Foulards


Présenté ainsi, cela pourrait intriguer. Cependant, lorsque l’on comprend que le graffiti, de par son essence repose sur « un dessin » en deux dimensions réalisé sur une surface souvent lisse (mur, parking, métro, etc.), l’idée de transposer cette forme d’art dans une nouvelle dimension est réellement novatrice.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Ainsi, le graffiti s’épaissit et devient volume sous la forme d’incroyables sculptures alliant plexiglas, bois, aluminium et acier. Chaque trait de bombe de peinture est ici remplacé par une épaisseur de matière, soudées entre elles par de légères visses de facture industrielle, la sculpture devient légère et la couleur devient lumière. Arabesques Street tridimensionnelles, les sculptures de JonOne, sont toujours esthétiquement signées d’une flèche, devenue au fil des ans sa signature stylistique. Le nom enfin, de l’artiste, est quant à lui, finement gravé dans la transparence du plexiglas.

© Les Garçons aux Foulards


© Les Garçons aux Foulards


En parallèle de cette série de « graff’ sculptures » mises en avant par la Galerie Rabouan Moussion, se trouve une autre partie du travail de JonOne sur l’exploration de la matière et du volume.

Immense sculpture représentant l’iconique flèche, composée d’une série de pièces plates en bois superposées, peintes à la méthode Dripping.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Imposant panneau de marqueterie « street » composé de différentes essences de bois.



Cube jouant sur les reflets et la distorsion géométrique et visuelle.



Toiles en trompe l’œil alliant peinture et collages.

© Les Garçons aux Foulards


Ou encore Tryptique composé de tableaux tridimensionnels alliant miroirs, peinture, collage et effet de transparence et de volume.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Dans chacune de ses nouvelles œuvres, les différentes « strates » servent à occuper l'espace à trois dimensions, à isoler les formes individuelles ; soulignant leur énergie tout en les mélangeant à d'autres formes pour créer des superpositions de gestes et de mouvements qui paraissent s’en échapper. Energie qui n’est que le reflet de la ville et l’action de l’homme par laquelle elle est crée.

L’évolution de JonOne en tant qu'artiste contemporain est claire, et il est au début de son exploration de la Trois Dimension ; chaque expérience dans ces nouveaux domaines remettant simultanément en question sa pratique créative et les associations faites dans son travail. Chacune de ces œuvres ayant pour objectif de faire ressentir au public, pour reprendre ses mots : « de l'excitation et de l'inattendu».

L’élégant et cosmopolite magazine Air France ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a confié à JonOne la couverture de son numéro de décembre. Un artiste à découvrir ou à redécouvrir, rapidement, l’exposition parisienne se termine en effet, dans une petite dizaine de jours, alors vite,  très vite, direction la rue Vieille du Temple !

Dernier détail, à titre indicatif de la cote ascendante du Street Art, pour celles et ceux qui souhaiteraient par avance acquérir l’une de ses œuvres (et vous auriez d’ailleurs parfaitement raison), il faudra compter autour des 30 000 euros pour l’un de ses grands formats. Mais comme on dit… « Quand on aime, … »

A.


JonOne – The City Breathes…


  Jusqu'au 12 Janvier 2012

samedi 16 avril 2011

La Parisienne

Fin de semaine ensoleillée,  Les Garçons aux Foulards ont décidés de faire un petit saut afin de rendre visite à La Parisienne !

La Parisienne, c’est la toute dernière exposition organisée par la Galerie des Galeries afin de rendre hommage à cette femme que le monde entier nous envie ! La Parisienne pour, la décrire en quelques mots, a 30 ans, elle aime lire, dessiner, écrire, faire la fête, s’habiller, séduire ! Une femme moderne, vivant avec son temps, sans oublier son histoire, son passé, tout ce qui la conduite jusqu’ici.

Je rentre ainsi, un peu surpris, un peu intimidé, dans cet intérieur. Je me retrouve directement dans sa chambre, comme si cette parisienne, avait décidé de nous montrer tout d’abord ce lieu si souvent interdit au public.

© Les Garçons aux Foulards

Lit capitonné, Liberty aux murs,  rose poudré distribué par touche comme pour sublimer sa féminité. Au dessus de son lit, des portraits, des histoires, des souvenirs, rien n’est laissé au hasard. Une seule table de chevet. Une seule ? Personne ne dort à ses cotés ? La parisienne affronte-t-elle donc seule sa vie aujourd’hui ?

Quelques posts-its colorés nous laissent les traces de ses amants, de ses nuits partagées, de ses instants volés. Sur la table de chevet, un téléphone, tout droit sortie de chez nos grand-mères ? On adore ! Un livre, de grosses lunettes, un réveil art déco et un flacon de Chanel n°5 !... Un déshabillé posé négligemment sur une bergère nous conduit à son boudoir, sa salle de bain, son dressing.

Garde robe des temps moderne, la Parisienne aime les belles choses et ose les mélanges.
Mise en scène, une robe noire, Givenchy, brodée de plumes, habille un Stockman. On y admire du Margiela, du Rykiel, du Vanessa Bruno, on envie du Alaïa et on imagine la folle soirée ou cette robe vintage en lamé argent plissé, Mugler, fut portée. En se retournant, on aperçoit sa coiffeuse, cocoon feutré. On sent la poudre rose, le lait démaquillant, les savons parfumés ; une bonbonnière à cotons tels des guimauves colorées.
La baignoire, comme posée là, ses chaussons de bain qu’on pourrait croire encore humide. La Parisienne est partie, n’a rien rangée, même son rouge à lèvre n’est pas fermé.

© Les Garçons aux Foulards

On emprunte ensuite  un  couloir imaginaire. Une table trône. Des roses rouge, un téléphone, on se laisse rêver à des amours passionnels, incompris, voir même interdits. Sur le mur, le visage de deux femmes, un portrait dessiné, sublimé, presque irréel.  On ferme les yeux et on se laisse transporter dans son monde. Monde qu’elle accepte de nous faire découvrir, le temps d’une visite.

Puis nous arrivons dans son bureau. Il est tel qu’on se l’imagine, feutré. Un bureau en bois recouvert de cuir, y trainent des dessins, achevés ou inachevés, une tasse de café marquée de rouge à lèvre, des cigarettes, du maquillage ; autant de traces de son passage tout récent.
On aime le côté cabinet de curiosité. Sur les étagères de la bibliothèque, des Matriochkas noires Margiela, une main sous globe, des petits cadres, un poste de radio ancien et des livres, encore des livres. Collection d’objets chinés, qui racontent leur propre histoire. De l’autre côté de la pièce, une méridienne en cuir noir, et au dessus une photographie de Bettina Reihms. Une méridienne ou on l’imagine lire pendant des heures Simone de Beauvoir, Colette ou encore Marguerite Yourcenar, autant de femmes écrivains qui se sont battues pour ses droits.

© Les Garçons aux foulards
Le salon clos notre visite. Murs rouge, un profond canapé en velours, une table basse et des livres toujours, dont certains ont la bonne idée d’avoir été montés en table afin de supporter un poste de télévision. Un cigare éteint dans un cendrier et un verre de vin rouge entamé sont les témoins de sa soirée. Un salon simple,  confortable, intimiste,  destiné à profiter de chaque instant.

© Les Garçons aux Foulards

La cuisine enfin n’est que suggérée par la présence de quelques post-its. Pièce secondaire, ou la parisienne ne passe que très peu de temps. D’ailleurs qui l’imaginerait cuisinant ?

Mais chuuut, il est presque 19h… Je me dépêche de sortir car j’apprends que La Parisienne devrait rentrer et retrouver son appartement. Je pars léger, heureux de cette découverte, songeant au fait que la parisienne m’est très familière. Elle est un peu chacun de nous, et on a le plaisir de s’y retrouver dans ses goûts, ses lubies mais aussi ses travers.

A très vite chère Parisienne.

W.



Exposition La Parisienne - La Galerie des Galeries

Galeries Lafayette Haussmann - 40, Bld Haussmann - 75009 Paris
Du mardi au samedi - 11h-19h

http://www.lagaleriedesgaleries.com/

dimanche 3 avril 2011

Parenthèse Design


Ce vendredi 1er avril, Les Garçons aux Foulards ont eu la chance de visiter la 15ème édition du Pavillon des Arts et du Design, organisé comme tous les ans, dans le Jardin des Tuileries.

Au programme de cette édition 2011, des exposants Parisiens bien sur, mais également Londoniens, New-Yorkais,… parmi les meilleures galeries internationales spécialisées dans l’univers du Design Moderne et Contemporain, et aussi la présence d’antiquaires spécialisés dans l’Art Africain et Chinois.
Un parcours élégant, à la limite de l’onirisme, à pas feutrés sur les épaisses moquettes des stands des différents exposants, déambulant, hors du temps et hors de l’espace, au milieu de ce que l’on peut trouver de mieux en matière de mobilier design ; pièces contemporaines ou vintage, rééditions, luminaires…
Dubuffet y croisait  les sculptures et les masques de l’Art  Brut Africain, Cocteau faisait face aux évanescentes figurines asiatiques. Cocteau qui a d’ailleurs été mon coup de cœur absolu lors de ce salon. Un très beau portrait, format A3, au fusain et crayon gras que je n’ai malheureusement pas pu/osé photographier, humble et admiratif face à la finesse des dessins du poète français.
Autres coups de cœur, autre styles : trois galeries parisiennes, offrant chacune sa vision du Design.
La Galerie Dansk Mobelkunst, spécialiste du mobilier scandinave, a toujours fait partie des lieux incontournables où je m’arrête lors de mes périples sur la Rive Gauche ; on peut y admirer, mobilier, sièges, luminaires, vases et autres céramiques aux lignes pures que j’aime tout particulièrement. Le stand, quant à lui, reprenait l’organisation d’un petit appartement idéal, à la décoration épurée et élégante. Mobilier de bois blond, assises en cuir noir, et fauteuil en larges bandes de cuir Camel tressé, j’adore.

© Les Garçons aux Foulards
Autre stand, autre univers, la Tools Galerie, nous faisait partager son univers et sa vision d’un design moderne, éclectique et résolument tournée vers l’avant-garde. La galerie de la rue Vieille-du-Temple, se veut être la vitrine de toute une génération de jeunes designers européens. J’ai beaucoup aimé les associations de couleurs, de matières : métal, plastique, verre, avec un point commun stylistique : la rondeur. Les formes sont courbes, douces, le verre des lampes dégouline, le fauteuil en métal à l’apparente légèreté joue les contrastes entre matière et rendu, les pièces s’inscrivent parfaitement dans l’espace.
© Les garçons aux foulards
Le stand de la Downtown Galerie, généralement spécialisée dans le mobilier d’architecte du 20ème siècle, proposant une sélection incroyable de pièces de Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Le Corbusier, Ron Arad, Pierre Jeanneret, pour ne citer qu’eux, m’a beaucoup touché par la force de la mise en scène. Lumière chaleureuse, couleurs miellées, lignes sinueuses et structurées à la fois, formaient une sorte d’intérieur idéal, léger et subtil, contemporain mais non agressif, à l’inspiration asiatisante, faisant la part belle au bois et aux matières naturelles.

© Les Garçons aux Foulards

Enfin, focus sur trois galeries londoniennes qui ont attirées mon attention : la 88 Gallery, la galerie Lamberty, et enfin la Carpenters Workshop Gallery. Il est assez intéressant d’ailleurs de constater à quel point les propositions des galeries britanniques sont différentes de celles de leurs homologues français. Le coté « Antiques » est beaucoup plus marqué, les volumes sont moins imposants, les artistes exposés jouent d’avantage sur les références au mobilier ancien, voir désuet, les nuances de couleurs sont également différentes, mais tout cela leur confèrent finalement un charme tout particulier, un petit quelque chose de « british », charmant !
Robber Baron - Horloge - Coffre-fort - Lampe
J’ai particulièrement aimé le travail du collectif Studio Job, présenté par la Carpenters Workshop Gallery : Robber Baron. Robber Baron est un terme péjoratif utilisé pour désigner les magnats  américains de la banque au 19eme siècle. La collection Robber Baron est composé de cinq pièces, un cabinet, une horloge, une table, une lampe ainsi qu’un coffre-fort, entièrement réalisés en bronze et recouverts de feuilles d’or pour certains. Ce travail a pour thématique le pouvoir, la corruption, l’art et l’industrie ; une façon de critiquer l’ostentation et les excès des milliardaires collectionneurs, américains, moyen-orientaux et autres oligarques russes. Cependant, une question me vient à l’esprit. Les futurs acquéreurs de ces œuvres hors de prix ne vont-ils pas être les même que ceux critiqués par l’œuvre en elle-même ? Réflexion doucement ironique qui m’a en tout cas beaucoup amusé.

Mais ou est la Mode dans tout cela me direz-vous ? Et bien, par la présence de l’élégant Malletier de la rue du faubourg Saint-Honoré, Goyard. La maison Goyard a ainsi volontairement choisie de se poser, l’espace de quelques jours, au cœur du Pavillon des Arts et du Design, afin de proposer aux riches collectionneurs, bagages et malles, bureaux de voyage pour amoureux des lettres des temps modernes et pourquoi pas un coffres sur-mesure  afin d’emporter ses précieuses acquisitions ! Car n’est-ce pas aussi cela le luxe ?  Commander sa malle Goyard afin de transporter à travers le monde ses œuvres d’art favorites ? Je vous en laisse juge chers lecteurs.  Les Garçons aux Foulards ont quant à eux, leur avis sur le sujet ; celui d’un rêve africain ou explorateurs et autres aventuriers arpentaient la savane, suivies de leurs malles et coffres de voyages transportant effets personnels et biens les plus précieux. Et voilà, comment en plein cœur de Paris, une exposition consacrée au Design Contemporain, peut nous faire voyager beaucoup plus loin que ce que l’on s’était imaginé. Voyage à suivre.

Votre dévoué A.