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samedi 17 janvier 2015

John Galliano & Maison Margiela – la collection évènement !



Cela faisait quelques petits mois, que nous attendions avec impatience ce défilé événement. Non seulement il marquait le retour sur le devant de la scène mode de John Galliano, après quatre années d’absence, mais il signait aussi un changement qui se présageait radical pour la discrète maison de mode parisienne. John Galliano et Maison Martin Margiela, certains s’insurgeaient déjà de ce mariage de la carpe et du lapin parlant de dénaturation de l’une des marques ayant fondé les bases d’une certaine conceptualisation du vêtement, proche de ce que pu être l’Arte Povera en son temps, par l’un des couturiers les plus flamboyant de notre époque ; plus connu pour son sens du costume et de l’historicisation que pour son épure. D’autres inversement comprenaient le lien entre les deux opposés, un sens du détail soigné, de la coupe du vêtement toujours impeccable. Et les dernières apparitions publiques du créateur, cheveux tirés en arrière et costume croisé impeccable, digne des meilleurs tailleurs de Savile Row semblaient vouloir dire : « J’ai changé, faites moi confiance ».

© John Galliano - 2014


Et la confiance c’est bien ce qui lui a accordé Renzo Rosso, fondateur du groupe Only The Brave (OTB) propriétaire de la marque Martin Margiela depuis la vente à celui ci de la maison par son fondateur éponyme. Et quand enfin Maison Martin Margiela annonce que le premier défilé du créateur britannique pour la collection Artisanale aura lieu à Londres durant la Fashion Week Homme, c’est carrément un tremblement de terre qui secoue la scène mode et qui entrainera l’exclusion « temporaire » de la Maison du calendrier officiel de la couture parisienne – Chocking !

Impatient de découvrir le résultat de cette première réécriture de la marque nous avons regardés religieusement les looks présentés le 12 janvier et le résultat ne nous a pas déçu.

Étonnantes silhouettes, ou il est possible sur chacun d’entre eles de décrypter les différents éléments composant le look et reconnaître quid de John ou du Studio Margiela a servi de moteur de création.

© Maison Margiela - Collection Artisanale - Été 2015


Vestes d’inspiration courtisanes, chères à Galliano, déconstruites, associées à des body en tulle et lycra chair, signature MMM ; fourrures et éléments graphiques, l’aristocrate anglaise ayant servie tant de fois d’inspiration au créateur britannique est toujours présente, mais avec quelque chose d’infiniment plus edgy. Edgy, sombre, voir presque avec quelques accents néo gothiques, vêtue de noir ou d’une profusion de rouge vif, intense, sanguin, quasi menaçant.

© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale

Menaçant tout comme les visages incroyables de taille XL sculptés dans la matière sur des robes anthropomorphes, composées de petites voitures ou de coquillages brodées que l’on ne sait réellement comment interpréter dans un premier temps tant la surprise est grande. Tel un Arcimboldo des temps moderne, Galliano compose à partir d’éléments éclectiques, dans la trame même du vêtement des visages, plus ou moins précis, plus ou moins clair, des apparitions quasi fantomatiques (et pourquoi pas psychanalytiques), souvenirs obscurs d’une période révolue, exorcisés à grand coup de ciseau dans le satin et le tulle. Ou peut être est-ce tout simplement une métaphore des figures artistiques des silhouettes de la ligne Artisanale de MMM capturées à un instant T dans des tableaux vivants vibrants sur le podium.

© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale

Enorme coup de cœur pour les deux sublimes manteaux des looks 3 et 4, pièces incroyables alliant la richesse des broderies or des costumes des 16ème et 17ème siècle flamand (clin d’œil à l’école belge sans doute), la profondeur des velours noir, à la modernité 60’s d’une poche plaquée en vinyle transparent et à une explosion de tulle chair sur l’arrière du modèle – douce folie !

© Maison Margiela - Collection Artisanale
© Maison Margiela - Collection Artisanale

Tout comme la pièce maitresse de collection ; mariée rouge et or, extraordinaire, digne des plus belles « Précieuses et Ridicules », le visage caché du célèbre masque bijou de la maison – incroyable.

© Maison Margiela - Collection Artisanale - Été 2015
© Maison Margiela - Collection Artisanale - Été 2015
© Maison Margiela - Collection Artisanale - Été 2015

Manteaux longs sublimes, robes longilignes fluides aux coupes impeccable, décolletés dos vertigineux et talons compensés insensés ; l’univers baroque de Galliano s’est assombrit, mais certaines touches, dans le maquillage et les coiffures, clin d’œil aux années 20, affichent bien la présence du créateur et nous font penser à un éveil progressif de celui-ci, collection après collection. Attention cependant à ne pas trop laisser le Galliano déborder et le Margiela s’effacer. Mais il ne semble pas cependant que cela soit le message véhiculé lors du final du défilé, ou l’on entraperçoit un John Galliano plus discret que jamais arborer la fameuse blouse blanche de l’atelier Margiela, se fondant totalement dans l’esprit de la maison. Rendez vous nous est ainsi donné en mars, pour découvrir la première collection de prêt-à-porter dessinée par John Galliano et donnant sans doute de façon plus précise la nouvelle direction dans laquelle se dirigera à l’avenir Maison Margiela.

© Maison Margiela - Collection Artisanale - Été 2015

Car justement, c’est là déjà que la différence se fait. MMM devient MM et perds son prénom. Après que Yves Saint Laurent soit devenu Saint Laurent, Maison Martin Margiela devient donc Maison Margiela. J’entends déjà les puristes s’insurgeant, criant au scandale. Certes, la maison historique devient une marque, et l’idée est de l’internationaliser et de la faire sortir de son aspect confidentiel. Aspect qu’elle n’avait déjà plus depuis longtemps (après tout lorsque l’on habille Kanye West et Kim Kardashian – prononcer les initiales KK en phonétique, c’est plus savoureux – l’on a déjà volontairement perdu l’âme de Martin depuis un petit moment !). Clairement, contrairement aux rageux, je ne crierai pas au loup cette fois-ci. La Mode est devenue au fil des années une industrie, et le jeu des chaises musicales est la technique des grands groupes pour essayer de dynamiser des griffes parfois moribondes et d’essayer de vendre des sacs et des sweaters par milliers à des millions de nouveaux riches asiatiques assoiffés de consommation, et qui ne sont franchement pas intéressés par la culture et l’histoire d’une maison (c’est triste je sais, mais c’est la réalité actuelle). Et après tout, lorsque Martin lui même décide de vendre sa propre marque au groupe Diesel il y a plus de 10 ans et quitte la direction artistique de celle-ci, tout était dit me semble-t-il depuis bien longtemps. Ainsi donc, longue vie à la nouvelle Maison Margiela et à son nouveau directeur artistique John Galliano !

A.


lundi 15 décembre 2014

Cours Running Cours !

© Nike FW14



Comme une envie de détente jusque la réservée au week-end, la running est aujourd’hui le nouvel étendard des marques de luxe, après l’avoir vu apparaître dans la rue sur toutes les Fashionista de la planète mode, créant une vague de rébellion anti consensuelle qui prouvait aux hommes que les femmes pouvaient être élégantes en running !

Car oui elles sont élégantes! Même si l'adjectif qualificatif semble être antinomique à l'objet lui-même! Et non, ces demoiselles ne portent pas cela sans avoir réfléchie au préalable. Comme on le sait une tenue met avant tout le corps, représente un état d’esprit. Porter la running c’est jouer avec les codes, être anti conventionnel(le) et se moquer d'une certaine façon du protocole.

© Valentino FW14
© Maison Martin Margiela FW14

Enfin c’était cela au départ, car aujourd’hui les runnings sont légion. Modèles homme et femme, souvent unisex, créateurs ou plus grand public, les runnings nous en font voir de toutes les couleurs, de tous les styles et de toutes les bourses! Afin de vous aider à y voir plus clair, nous avons sélectionnés tout au long de cet article nos coups de cœurs de la saison! 
© Kenzo FW14
© Rick Owens FW14
© Ash FW14 

Tout débute à la fin d'un défilé Céline, rédactrices, journalistes, stylistes et bloggeuses sont surprises de découvrir aux pieds de Phoebe Philo une paire de Stan Smith. Cette britannique de 41 ans ne porte pas d’une part la propre marque pour laquelle elle créée mais des Stan Smith … Une paire de basket « bon marché ». C’est suite à cela que la planète mode va se prendre d’hystérie pour la running. Il était évident qu'à l'heure ou le stress, la rapidité, l'envie de tout faire vite, nous ayons le besoin d'être chaussés d'une paire de running qui ne serait plus un obstacle à notre quotidien mais un allié.  

© Phoebe Philo

Il y a encore 5 ans cela aurait été improbable d’imaginer porter une jupe avec une paire de running, aujourd’hui cela est plus que recommandé. A l’heure ou la femme "run" contre le temps pour rattraper chaque minute de vie, à l’heure ou elle doit jongler entre sa vie de femme, de mère et d’épouse, la running est semble-t-il la chaussure parfaite pour battre le pavé !

© Chanel FW14
© Chanel FW14

Entrée dans le vestiaire quotidien, elles se retrouvent chaque saison de plus en plus mise en avant sur les défilés.  Véritable It shoes de ces trois dernières saisons, grande star de tous les podiums de l’hiver 2014, nous les avions repéré dès l'été 2013 sur les podiums Chanel et Dior, twistant à coup de sequins coutures ou de tweed pop, pour l’un l’incontournable tailleur signature de la maison, pour l’autre modernisant l’ultra féminine silhouette Bar, lui greffant aux pieds des runnings hybrides, rebrodées lui donnant une allure irréelle.

© Chanel SS13                                                       © Christian Dior SS13
© Christian Dior - Running Fusion


Les marques le savent, la running est à la mode, il faut jouer sur la tendance. Voici donc qu’en l’espace de quelques saisons nous avons vu la running s’installer très rapidement dans notre vie. Prenons l’exemple du célèbre grand magasin Printemps Haussmann qui a ouvert cette année un espace dédié uniquement à cet article sur son 4ème étage,  prouvant non seulement que la running est aujourd’hui à la mode mais surtout qu'elle fait vendre!.. 


© Asics FW14

© Nike FW14



© Hammerrun FW14


Ainsi lorsque Nike déclare un chiffre d'affaire de quasi 20 milliards d'euros, restant le leader mondial incontesté de l'équipement sportif, sponsorisant tous les athlètes en vogue et affichant fièrement son logo en jaune fluo et rouge lors des derniers jeux olympique allant jusqu'à négocier avec les athlètes qu'en cas de victoire ils aient l"obligation" de porter leurs baskets autour du cou... on comprend d'autant mieux le marketing parfaitement rodé de la marque qui met en place une politique de communication visuelle de plus en plus importante.
  
Enjeux financiers colossaux, problématiques stylistiques de taille - comment rendre la running désirable et la faire se démarquer dans un marché ultra concurrentiel et une vision de la mode orientée vers le "Normcore", avec comme principe de ne pas trop en montrer, être discret, mais toujours avec le petit "truc en plus". Les partenariats entre marques de sports et créateurs de mode ou personnalités du monde musical, customisant, offrant au public leur vision de la mode et/ou de la basket idéale semble avoir été le pari audacieux choisis. De  Nike en collaboration avec APC en passant par Adidas et Stella Mc McCartney, Raf Simons, ou encore Pharell Williams, tous les grands noms de ces deux industries ont joué la carte de la running, apportant l'énergie du sport dans leurs univers, et permettant à des clients curieux de faire descendre la mode des podiums aux pavés.

© Y-3 FW14
© Raf Simons pour Adidas FW14


© Stella McCartney pour Adidas FW14

Et cette tendance ne se résume pas à l'univers féminin, loin s'en faut. Les hommes ne sont pas en reste et twistent bien volontiers leurs souliers de villes pour une paire de running fluo, à porter avec un jean ou un Chinos, forcement retroussé. Bien loin le temps ou les questions existentielles du « modeux » se résumaient entre un choix cornélien de chaussures naviguant de Dior Homme à Pierre Hardy en passant par Martin Margiela, l’Homme 2014 porte des Stan Smith la semaine, des New Balance le week-end et sort volontiers sa paire de Air Jordan édition limitée pour les vernissages du jeudi soir. L'homme 2015, parions le déjà, sera Running ! Et même si nous sentons le retour d'une certaine forme de dandysme et d'élégance, laissons le temps à la running de faire sa course! 
© Frenchtrotters pour Le Coq Sportif FW14

© Le Coq Sportif FW14 - détail




© Ami FW14


Alors mesdames, messieurs, à vos runnings, prêts, courez !!!

W.

© New Balance FW14

samedi 15 novembre 2014

OOTD - Automne - Jour 2



Le soleil n’est pas encore partit et nous profitons de ces derniers rayons pour vous présenter ce second « Look of the Day ». Un dimanche d’automne comme on les aime, le soleil baigne nos visages de ses derniers rayons, la chaleur laisse place progressivement à ce froid qui nous rappelle que l’hiver n’est plus très loin, que l’année se termine et que Noël approche. Les dimanches à Paris se ressemblent-ils? Ils sont tous différents, certains sont ponctués de brunchs débutant à 13h et ne finissant jamais, d’autres sont consacrés à la culture et puis il y ceux qui ne sont destinés qu’au repos, ou nous prenons le temps de redécouvrir la ville dans laquelle nous vivons, nous faisant prendre conscience que nous ne la connaissons pas encore entièrement, pas encore tout à fait, exacerbant les prémices d’une relation qui reste toujours inachevée.

© Les Garçons aux Foulards - OOTD - Automne - Day 2

Les looks de demi saison sont souvent les plus compliqués à réaliser, car à Paris les saisons sont très rarement définies même si cette année nous devons admettre que nous avons un automne particulièrement clément. Cependant il faut parfois oser et continuer de porter certaines pièces de nos tenues estivales un peu plus tard dans la saison et les associer avec des mailles et des pièces plus épaisses.

Débutons avec une paire de skate shoes de chez Céline en flanelle. Cela fait 4 saisons que mes « petits pieds » ne se séparent plus de ce modèle et se déclinent au fil des collections de Phoebe Philo ; c’est une histoire d’amour que je vous délivre, faciles, confortables, elles sont la pièce incontournable de cette saison encore ! Jouant sur le contraste de la matière très hivernale en flanelle de laine grise il est d’autant plus amusant et décalé de les porter sans chaussette, se jouant des saisons, twistant le chaud et le froid.

© Les Garçons aux Foulards - Skate Shoes Céline 

La marinière, grand classique de tout dressing, détournant ici les codes ; le rouge et le blanc apportant  la fraîcheur de l’automne sur un jersey de coton (le bleu et blanc étant réservés pour les bords de mer - c’est mon côté protocolaire), signée Monoprix, temple citadin de la trouvaille facile et chic.

© Les Garçons aux Foulards - Marinière Monoprix

N’oublions pas que même si le soleil pointe le bout de son nez, l’air frais l’accompagne.  Pour palier à cela, un cardigan en laine anthracite Maison Martin Margiela, simple mais efficace. Afin d’être à l’aise j’ai opté pour un boyfriend jeans de chez Wrangler, j’admet qu’il m’est très difficile de me passer de ce jeans depuis cet été, en plus d’aller avec tout, il est l’une des pièces fétiches de mon vestiaire quotidien.

© Les Garçons aux Foulards - Veste Balenciaga - Cargigan MMM - Jean Wrangler

Pour la veste, c’est Balenciaga, période Ghesquière, bien coupée, dans un draps de laine froide qui ne bouge pas et permet en toute occasion d’allier esprit casual avec une petite touche d’élégance. Le noir que je ne porte que très rarement finalement le long de l’année, vient ici contraster avec les couleurs encore estivales du t-shirt et du denim ; une sorte de compromis affirmant que l’automne est installé et que l’hiver arrive mais laissant place à la rêverie d’un été qui n’a pas dit son dernier mot.

Pour clôturer enfin ce look automnal c’est un sac bandoulière de chez Hermès qui m’accompagne, une néo besace chic, classique avec une petite touche décontractée qui me permet en scooter, à vélo, ou à pied d’avoir toujours les mains libres, pour  affronter la ville quand les cabas sont au placard !

© Les Garçons aux Foulards - Sac bandoulière Hermès

L’hiver arrivant à grand pas rendez vous très rapidement couvert de nos manteaux et écharpes pour un prochain Outfit Of The Day! ;-)

W.

lundi 14 juillet 2014

Haute Couture Parisienne – Best Of



L’été à peine commencé, que nous voici déjà sur les starting blocks pour découvrir les collections Haute Couture Automne Hiver 2014. Loin de toute idée de rentabilité, de marge, ou de coups de production, les créateurs, libres de toute contraintes, nous proposent leur vison de mode, mais aussi de la femme. Tout d’horizon parisien de nos coups de cœur très très Couture.
 
Chanel

Voyage au cœur d’un Versailles ressuscité par la maison Chanel ou Karl Lagerfeld a réussit à synthétiser l’esprit Grand Siècle en un défilé grandiose de simplicité et d’élégance. Avalanche de silhouettes blanches comme les murs des salons d’apparats, celles-ci sont rehaussées tout comme ceux qui les inspirent de précieux détails couleur or. Tweed chicissime et graphiques au tons de la collection, portées sur des sandales plates légères et aériennes.  Touches de rouge et de bordeaux, le pourpre sort de sa connotation impériale pour exulter dans les salons des plus riches capitales.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Volumes faisant échos aux paniers qui ont fait de la mode de la cour de France l’une des plus réputées d’Europe, retravaillés en néoprène moulé pour obtenir la beauté de la ligne sans pour autant être entravé par le carcan du panier. Broderies insensées au fil d’or nécessitant des centaines d’heure de travail par modèle, le défilé se termine par le clou du spectacle – une mariée enceinte (modernité oblige, la blanche mariée n’est plus virginale depuis longtemps) à la traîne spectaculaire, entièrement rebrodée de fils d’or, à l’esprit robe de cour. Majestueux.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Elie Saab

Maître incontesté de la Haute Couture, Elie Saab, continue, saison après saison d’habiller les plus belles et plus riches femmes de la planète. Et la raison en est sans doute simple, loin de courir après une ultra modernité de bon ton, Elie Saab, se concentre sur le vêtement et le désir de ses clientes, avec un seul objectif, celui e les rendre encore plus belles. Nulle excentricité non maîtrisé, nul jeu de coupe non calculé, Elie Saab fait des robes et il les fait bien !


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14 
© Elie Saab Haute Couture FW14

Voyage en eaux profondes pour cet automne hiver, la collection Haute Couture s’inspire de la richesse et de la poésie des fonds marins, pour recouvrir les mousselines légères de broderies aux formes aquatiques. Milliers d’heures de broderies mains pour reproduire la magie des coraux, des perles (de culture) et autres espèces de la faune et de la flore vivant au cœur d’un univers magique et mystérieux.


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14

Nuances de couleurs faisant échos à l’esprit de la collection, le défilé commence par une dizaine de passages dans des dégradés de bleu et de marine, hommages aux couleurs des mers et océans. Univers aquatique qui laisse place à la couleur du corail emblématique des trésors marins, pour enfin exulter dans un véritable bain d’or liquide. Somptueux.


© Elie Saab Haute Couture FW14

© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14


Giambattista Valli

C’est à un bien joli voyage que nous invite le couturier Giambattista Valli. Fuyant la réalité d’une saison automnale souvent morose, le styliste italien nous entraine avec lui dans une explosion florale, à la fraicheur et à la légèreté déconcertante.


© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14 
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Dizaines de mètres de tulle blanc, avalanche de fleurs brodées, faisant échos à la luxuriance des jardins italiens au printemps, imprimés tropicaux, ou encore jeu de rayures graphiques en noir, blanc et transparence, volumes et esprit année 50 ; on croirait resurgir un Autant en emporte le vent de légende - version contemporaine bien sur ! Merveilleux !

© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Maison Martin Margiela

Etonnante surprise que celle de ce défilé Maison Martin Margiela Haute Couture, ou plutôt devrions nous l’appeler Ligne Artisanale, comme l’aimait à la nommer son ancien créateur. Car outre le très beau spectacle proposé par le studio de la maison du groupe Diesel, nous avons également eu la chance de découvrir grâce à Suzy Menkes, le nom de celui qui se cache derrière la horde de petite blouse blanche et qui tel un chef d’orchestre en dirige les mouvements – le jeune et talentueux Matthieu Blazy. Un nom qui fera à n’en pas douter de plus en plus parler de lui à l’avenir.

© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14


Mais plutôt que de nous intéresser au créateur, intéressons nous plutôt aux créations d’une richesse inouïe pour cette saison. Périple exotique et coloré, Maison Martin Margiela rend hommage au Pays du Soleil Levant, si cher et qui inspira autant le fondateur de la maison. Silhouette japonisantes, mais forcément revisitées, les magnifiques kimono peints traditionnels deviennent ici des robes aux découpes simples, mais dont les dessins deviennent broderies mains.
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14 
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Explosions de motifs floraux, travaillés en all over ou en savants patchworks assemblés. Iris, glycines, paon, tigres, impossibles de ne pas faire référence à l’art de la fin du 19ème siècle qui vit se développer un attrait tout particulier pour tout ce qui venait d’extrême orient, et qui inspira des artistes de génies, Vincent Van Gogh en tête. Et pour moderniser le tout ? Un bombers en satin de soie brodé – futur must have !


© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Rami Al Ali

Collection tout en délicatesse, comme toujours chez le couturier d’origine syrienne Rami Al Ali. Fidèle à ses origines orientales, Rami Al Ali habille les femmes pour les rendre belles. Plus axé sur le travail d’embellissement des tissus que sur l’excentricité de la ligne, les silhouettes sont fines, fluides, dégagées des oripeaux inutiles.

© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Inspiré par le monde végétal, la femmes Rami Al Ali, se déploie telle une liane urbaine, vêtue de nuances de vert, ou de rouge sanguins, de broderies aux motifs fleur ou encore de savant jeux de plissés, rappelant les nattes antiques à base de feuilles de papyrus. Collection aux forts accents exotiques, les feuillages exubérants de la nature se traduisent ici en de savants et délicats dévorés, jeux de transparences, ou travail méticuleux de plissés ou de superpositions de « feuilles » de chiffon. Eblouissant.


© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Ulyana Sergeenko

Ulyana Sergeenko vient des froides contrées russes et cela se voit ! Epouse du milliardaire Danil Khachaturov, celle ci a fondée sa maison de couture en 2011 et depuis, la créatrice (mais aussi photographe, bloggeuse, socialite…) présente à Paris chaque saison, une collection riche, opulente, à l’image d’une certaine Russie Eternelle. Pour cette collection, la jeune femme voulait donner à voir aux travers ses silhouettes l’image du «premier quart du XXe siècle, une époque utopique, excitante et légèrement effrayante de l’histoire russe». Programme ambitieux cela va sans dire pour celle plus habituée du faste et du glamour que de la conceptualisation du constructivisme russe…


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

De cette période artistique, nous en retiendrons surtout certaines formes géométriques, et l’association des blancs, des noirs, des rouges orangés chers à Malevitch, que l’on retrouve sur des ensembles de jour en laine mohair, twistés de cuir vernis, ou bien en dégradé sur un long vison blanc. Fourrure omniprésente tout au long du défilé, mettant en avant un travail de façon remarquable, associant, visons rasés, renards argentés, empiècements de broderies et de cristaux, de quoi ravir les riches clientes d’Ulyana Sergeenko et leur permettant d’affronter les rigueurs du froid sibérien. Et quand enfin, celles-ci s’apprêtent pour le soir, la fourrure tombe pour laisser place à des robes du soir au volumes glamourissimes en velours de soie rasés, rebordées, ou encore en mini combi bustier noir. Nul doute, Moscou est descendu s’encanailler sous de plus chaudes contrées !


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

A.