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samedi 21 février 2015

César 2015 – Abécédaire (in)élégant



Alors que les cérémonies de cinéma ou de musique version américaine se résument souvent à une réunion de meringues sur Tapis Rouge, voir de meringues mal cuites comme nous avons pu le voir il y a peu avec les Grammy Awards 2015, quel plaisir de retrouver Théâtre du Châtelet à Paris, le cinéma français, dans sa diversité, sa culture, son engagement, son élégance, son panache, pour une soirée exceptionnelle célébrant les 40 ans des César. De merveilleux moments de cinéma mais aussi de musique, notamment le très beau duo de M à la guitare et d’Ibrahim Malouf bluffant de talent dans un solo de trompette ou l’émouvant hommage au réalisateur Alain Resnais interprété par Pierre Arditti, Lambert Wilson et Sandrine Kiberlain, délicat medley des plus belles œuvres du compagnon de Sabine Azéma, en larme ce soir là. Sans oublier aussi quelques très beaux moments de mode  

C. comme Cécile Cassel

Glamourissime et sculpturale, en robe longueur genoux de couleur verte, signée Alexandre Vauthier, dessinant telle une vestale des temps moderne une silhouette magnifique et ne laissant deviner que quelques centimètres de peau savamment dévoilés par un jeu de drapés. Bien jolie interprétation a capella de La dernière séance en duo avec Etienne Daho en smoking bleu et marine et chemise noir pour l’occasion, cassant avec intelligence les codes souvent trop classiques du vestiaire soir masculin.



E. comme Edouard Baer

Maître de cérémonie fin, drôle et impertinent de cette cuvée 2015. Dandy contemporain à l’intelligence reconnu, poète médiatique parfois déchu mais toujours brillant – Edouard Baer, comme à son habitude, le cheveux en bataille et le verve haut, portait un smoking noir à col cranté et un détail de pochette graphique blanche. Le nœud papillon forcément détaché pour une élégance nonchalante comme on l’aime.



J. comme Juliette Binoche

Sculpturale en robe blanche de la dernière collection Chanel Haute Couture, rebrodée de perles ton sur ton prouvant que l’allure, le style, l’élégance ne se mesurent aux centimètres d’une longueur de robe, ou bien à la profondeur d’un décolleté. Une vraie leçon de grâce et de délicatesse !




L. comme Leila Bekhti

Ultra moderne en chemise en popeline de coton blanche, manches retroussées à la garçonne et jupe crayon couture rebrodée sequins et légères plumes noires en all over – un sans faute.





L. bis comme Louane Emera 

César du meilleur espoir féminin pour la jeune chanteuse et actrice française. Ravissante jeune femme blonde, émue, délicate portant une somptueuse robe recouvert all over d’un trompe l’œil de sequins façon python et d’empiècement de python chocolat signée Jean-Paul Gaultier. Jeune Marylin des temps modernes, élégance 50’s avec une robe longueur midi ceinturée nous replongeant dans un certain âge d’or du cinéma. Bravo.





M. comme Marion Cotillard

Fortement critiquée sur la twittosphère, Marion Cotillard, égérie de la maison de couture française, portait ce soir là l’un des plus beaux modèles de la collection Christian Dior Haute Couture été 2015. Inspiration mexicaine revisitée pour un modèle de robe trompe l’œil somptueux avec un jupon aux dizaines de mètres de tulle qui a marqué la scène mode dès les premières minutes du défilé en janvier dernier et qui est sans conteste l’une de nos pièces préférées de la collection. Un seul bémol cependant, pourquoi ce sautoir ?



Z. comme Zabou Breitman

Smoking rouge large à l’esprit Boyish nous rappelant cette spécificité si française du smoking ultra glamour porté sans haut, hommage infini à Mr Saint Laurent qui eu le courage de donner la force des hommes aux femmes,





Et malheureusement aussi quelques faux pas…

C. comme Charlotte Lebon

Qui a eu la bizarissime idée d’une robe longue couleur bordeaux, à double fente profondeur minou…! Si, si. On ne le voit pas sur la photo, mais portée le soir de la cérémonie, c’était flagrant. La dernière fois que l’on avait vu une telle horreur c’était sur Angélina Jolie en version soie noire, et dieu sait qu’Angélina n’est pas une référence à suivre en matière de mode. Pas peu fière, elle en profite pour également lancer la non tendance de la griffure latérale symétrique pour aérer les cotes ; car oui, c’est important d’aérer les côtes. Merci Charlotte !



G. comme Géraldine Nakache

Morticia Adams version Césars 2015, Géraldine Nakache en robe longue en jersey noire à traîne, sans doute un peu exagérée pour un tapis rouge à la française !...



J. comme Julie Gayet

Taclée habilement par Edouard Baer sur sa bien peu discrète relation présidentielle, la jeune actrice aurait malheureusement également être pu taclée sur sa tenue. Robe longue couleur bleu canard définitivement trop grande pour elle (au col trop plongeant rafistolé avec un point – et cela se voit) bizarrement coordonnée avec une paire de sandales zèbre et un foulard bleu encre et qui n’avait pas sa place sur cette silhouette triste, terriblement triste. Mais qui est son styliste ?? Pour qu’on le brûle en place publique !



JPG. Comme Jean-Paul Gaultier et MLB. comme Marilou Berry

En demi smoking signé forcement Gaultier. Slip blanc et chaussettes longues pour un Jean-Paul bizarrement à l’aise ; collant, talons argent et smoking frac pour la bien jolie Marilou si peu à l’aise, ne cessant de tirer sur sa liquette et rêvant de quelques centimètres de coton blanc en plus. Jean-Paul, je sais qu’on t’a coupé les vivres et que les collections de prêt-à-porter sont maintenant finies ! Mais est-ce une raison pour torturer ainsi de jeunes actrices ? …




K. comme Kristen Stewart

C’est incroyable l’absence d’allure que peut avoir cette fille. Elle a beau être en Chanel Haute Couture de la tête au pied (il faut bien remplir ses contrats publicitaires),  les volants de soie blanche de sa robe se métamorphosent sur elle en un vulgaire abat-jour quelque peu désuet. Etonnement nerveuse, la scène ou Kristen refuse de prendre en main son César tendu par Joey Star est carrément gênante !


L. comme Laura Smet

Mais pourquoi, pourquoi, pour cette coiffure ?????? Ni vraiment Barbarella, ni esprit 60’s, ni rebelle, ni un peu Marie-Chantal avec le serre-tête noir horrible… juste complètement raté ! Next !!!!!!



L. bis Comme Léa Drucker

Esprit vintage et asymétrie pour une robe en soie blanche  trop compliquée, trop longue et mal ajustée! Mais non enfin! Ce sont les César ! Pas un mariage à l’esprit 80’s avec une coiffure Head & Shoulder ! Voyons !




Au lendemain de cet évènement, il est assez étonnant de lire tous ces commentaires dans les médias, assez négatifs sur ce 40ème opus. Certes, chaque minute de la cérémonie au Théâtre du Châtelet ne fut pas une franche rigolade, mais en même temps est-ce l’objectif de celle-ci ? Je ne crois pas. Et j'ai trouvé au contraire les mots, voir parfois les piques d’Edouard Baer plutôt spirituels et justes, surtout en ce début d’année à l’actualité nationale et internationale si trouble…

A.

lundi 14 juillet 2014

Haute Couture Parisienne – Best Of



L’été à peine commencé, que nous voici déjà sur les starting blocks pour découvrir les collections Haute Couture Automne Hiver 2014. Loin de toute idée de rentabilité, de marge, ou de coups de production, les créateurs, libres de toute contraintes, nous proposent leur vison de mode, mais aussi de la femme. Tout d’horizon parisien de nos coups de cœur très très Couture.
 
Chanel

Voyage au cœur d’un Versailles ressuscité par la maison Chanel ou Karl Lagerfeld a réussit à synthétiser l’esprit Grand Siècle en un défilé grandiose de simplicité et d’élégance. Avalanche de silhouettes blanches comme les murs des salons d’apparats, celles-ci sont rehaussées tout comme ceux qui les inspirent de précieux détails couleur or. Tweed chicissime et graphiques au tons de la collection, portées sur des sandales plates légères et aériennes.  Touches de rouge et de bordeaux, le pourpre sort de sa connotation impériale pour exulter dans les salons des plus riches capitales.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Volumes faisant échos aux paniers qui ont fait de la mode de la cour de France l’une des plus réputées d’Europe, retravaillés en néoprène moulé pour obtenir la beauté de la ligne sans pour autant être entravé par le carcan du panier. Broderies insensées au fil d’or nécessitant des centaines d’heure de travail par modèle, le défilé se termine par le clou du spectacle – une mariée enceinte (modernité oblige, la blanche mariée n’est plus virginale depuis longtemps) à la traîne spectaculaire, entièrement rebrodée de fils d’or, à l’esprit robe de cour. Majestueux.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Elie Saab

Maître incontesté de la Haute Couture, Elie Saab, continue, saison après saison d’habiller les plus belles et plus riches femmes de la planète. Et la raison en est sans doute simple, loin de courir après une ultra modernité de bon ton, Elie Saab, se concentre sur le vêtement et le désir de ses clientes, avec un seul objectif, celui e les rendre encore plus belles. Nulle excentricité non maîtrisé, nul jeu de coupe non calculé, Elie Saab fait des robes et il les fait bien !


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14 
© Elie Saab Haute Couture FW14

Voyage en eaux profondes pour cet automne hiver, la collection Haute Couture s’inspire de la richesse et de la poésie des fonds marins, pour recouvrir les mousselines légères de broderies aux formes aquatiques. Milliers d’heures de broderies mains pour reproduire la magie des coraux, des perles (de culture) et autres espèces de la faune et de la flore vivant au cœur d’un univers magique et mystérieux.


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14

Nuances de couleurs faisant échos à l’esprit de la collection, le défilé commence par une dizaine de passages dans des dégradés de bleu et de marine, hommages aux couleurs des mers et océans. Univers aquatique qui laisse place à la couleur du corail emblématique des trésors marins, pour enfin exulter dans un véritable bain d’or liquide. Somptueux.


© Elie Saab Haute Couture FW14

© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14


Giambattista Valli

C’est à un bien joli voyage que nous invite le couturier Giambattista Valli. Fuyant la réalité d’une saison automnale souvent morose, le styliste italien nous entraine avec lui dans une explosion florale, à la fraicheur et à la légèreté déconcertante.


© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14 
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Dizaines de mètres de tulle blanc, avalanche de fleurs brodées, faisant échos à la luxuriance des jardins italiens au printemps, imprimés tropicaux, ou encore jeu de rayures graphiques en noir, blanc et transparence, volumes et esprit année 50 ; on croirait resurgir un Autant en emporte le vent de légende - version contemporaine bien sur ! Merveilleux !

© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Maison Martin Margiela

Etonnante surprise que celle de ce défilé Maison Martin Margiela Haute Couture, ou plutôt devrions nous l’appeler Ligne Artisanale, comme l’aimait à la nommer son ancien créateur. Car outre le très beau spectacle proposé par le studio de la maison du groupe Diesel, nous avons également eu la chance de découvrir grâce à Suzy Menkes, le nom de celui qui se cache derrière la horde de petite blouse blanche et qui tel un chef d’orchestre en dirige les mouvements – le jeune et talentueux Matthieu Blazy. Un nom qui fera à n’en pas douter de plus en plus parler de lui à l’avenir.

© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14


Mais plutôt que de nous intéresser au créateur, intéressons nous plutôt aux créations d’une richesse inouïe pour cette saison. Périple exotique et coloré, Maison Martin Margiela rend hommage au Pays du Soleil Levant, si cher et qui inspira autant le fondateur de la maison. Silhouette japonisantes, mais forcément revisitées, les magnifiques kimono peints traditionnels deviennent ici des robes aux découpes simples, mais dont les dessins deviennent broderies mains.
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14 
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Explosions de motifs floraux, travaillés en all over ou en savants patchworks assemblés. Iris, glycines, paon, tigres, impossibles de ne pas faire référence à l’art de la fin du 19ème siècle qui vit se développer un attrait tout particulier pour tout ce qui venait d’extrême orient, et qui inspira des artistes de génies, Vincent Van Gogh en tête. Et pour moderniser le tout ? Un bombers en satin de soie brodé – futur must have !


© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Rami Al Ali

Collection tout en délicatesse, comme toujours chez le couturier d’origine syrienne Rami Al Ali. Fidèle à ses origines orientales, Rami Al Ali habille les femmes pour les rendre belles. Plus axé sur le travail d’embellissement des tissus que sur l’excentricité de la ligne, les silhouettes sont fines, fluides, dégagées des oripeaux inutiles.

© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Inspiré par le monde végétal, la femmes Rami Al Ali, se déploie telle une liane urbaine, vêtue de nuances de vert, ou de rouge sanguins, de broderies aux motifs fleur ou encore de savant jeux de plissés, rappelant les nattes antiques à base de feuilles de papyrus. Collection aux forts accents exotiques, les feuillages exubérants de la nature se traduisent ici en de savants et délicats dévorés, jeux de transparences, ou travail méticuleux de plissés ou de superpositions de « feuilles » de chiffon. Eblouissant.


© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Ulyana Sergeenko

Ulyana Sergeenko vient des froides contrées russes et cela se voit ! Epouse du milliardaire Danil Khachaturov, celle ci a fondée sa maison de couture en 2011 et depuis, la créatrice (mais aussi photographe, bloggeuse, socialite…) présente à Paris chaque saison, une collection riche, opulente, à l’image d’une certaine Russie Eternelle. Pour cette collection, la jeune femme voulait donner à voir aux travers ses silhouettes l’image du «premier quart du XXe siècle, une époque utopique, excitante et légèrement effrayante de l’histoire russe». Programme ambitieux cela va sans dire pour celle plus habituée du faste et du glamour que de la conceptualisation du constructivisme russe…


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

De cette période artistique, nous en retiendrons surtout certaines formes géométriques, et l’association des blancs, des noirs, des rouges orangés chers à Malevitch, que l’on retrouve sur des ensembles de jour en laine mohair, twistés de cuir vernis, ou bien en dégradé sur un long vison blanc. Fourrure omniprésente tout au long du défilé, mettant en avant un travail de façon remarquable, associant, visons rasés, renards argentés, empiècements de broderies et de cristaux, de quoi ravir les riches clientes d’Ulyana Sergeenko et leur permettant d’affronter les rigueurs du froid sibérien. Et quand enfin, celles-ci s’apprêtent pour le soir, la fourrure tombe pour laisser place à des robes du soir au volumes glamourissimes en velours de soie rasés, rebordées, ou encore en mini combi bustier noir. Nul doute, Moscou est descendu s’encanailler sous de plus chaudes contrées !


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

A.