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lundi 2 décembre 2013

Mermi - Interview au « carré de soie »



S’il est une chose qui fait très plaisir lorsque l’on est, comme nous, passionné et collectionneur de foulard, c’est d’avoir l’occasion de découvrir un nouveau styliste dont les créations vous font vibrer et attisent votre intérêt ; et quand en plus vous avez la chance de pouvoir vous entretenir avec l’instigateur d’un tel projet et de l’interviewer c’est une véritable délectation! Et c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé avec la jeune griffe parisienne de foulards Mermi, et son fondateur éponyme Philippe Mermi. Découverte au fil de nos pérégrinations parisiennes, déjà présent au Bon Marché, nous sommes tombés sous le charme des couleurs éclatantes et des subtiles références à un monde doucement suranné, à jamais perdu, mis en avant par certaines des collections de la jeune marque. Séries intitulées Bords de mer aux noms évocateurs Trouville, Biarritz, Quimper, La Baule…. Je t’aime ou encore Icônes ; autant de jolies madeleines de Proust qui nous entrainent au coeur d’un voyage aux multiples facettes.  Tout l'esprit d'une dolce vita à la française avec ces carrés imaginés à partir de photographies vintage prisent au temps des trente glorieuses. Des instantanés de petits bonheurs simples, plein d'humour, qui font écho à nos souvenirs d’enfance.
© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14 

Mais avant de trop en dire, laissons place au créateur Philippe Mermi, instigateur de ce nouveau projet graphique et coloré, lauréat du prix de la mode 2012, organisé par la Mairie de Paris, qui s’est prêté volontiers au jeu de l’interview:


Les Garçons aux Foulards : Diplômé de l’école des Beaux-Arts, une carrière dans l’univers de l’Edition et du Web, votre parcours personnel et professionnel est des plus riches, pourriez vous nous en dire un peu plus quant à son évolution?

Philippe Mermi : Graphiste de métier, j’ai commencé dans la création de sites internet pour des supports divers liés à l’univers de la mode, du luxe, de l’architecture, développant ainsi une certaine sensibilité au produit mais aussi aux différents aspects marketing d’une entreprise qui m’étaient étrangers auparavant et m’ont permit d’appréhender plus facilement l’expérience de la création d’entreprise et surtout de m’y essayer.

GAF : Assez loin des débuts de vore carrière, comment s’est faite votre arrivée dans l’univers de la Mode et pourquoi avoir choisit de créer une collection de foulards?

PM : J’ai toujours a eu d’une certaine façon un pied dans l’univers de la mode au travers des différents clients avec lesquels j’ai travaillé. L’idée s’est faîte avec la volonté de changer d’univers et de développer ma propre marque, de m’exprimer pleinement également en tant que graphiste; de mettre en avant mes goûts, mon amour du beau, du travail bien fait, de la couleur. Pour ce qui est de foulards, c’était une évidence, je les ai toujours aimés et portés.

GAF : Sports, scènes de bords de mers aux noms évocateurs des vacances de notre enfance ou encore couples rétro, comment choisissez vous les images que vous mettez en avant sur vos foulards?

PM : Ce sont essentiellement des images anciennes que je chine au fil de mes promenades parisiennes entre brocantes et boutiques spécialisées dans l’univers de la photographie, notamment au coeur du Haut Marais. Passionné et collectionneur de vieilles photos, j’aime beaucoup leur coté presque “kitch”, un peu désuet et je me suis dit de certaines images qu’il serait sans doute possible de les transformer, les transposer dans le présent; essayer de faire quelque chose d’un peu plus fun et personnel à partir de ce matériau qui m’était cher.

© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14 
© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14 
© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14 

GAF : Outre ces belles photographies, la série Icône reprend des images tout droit sorties de l’iconographie religieuse, détournées à grand coups de couleurs pop – pourquoi ce choix étonnant?

PM : Parce que j’adore ça tout simplement, je trouvais cela intéressant de travailler sur ces images très belles; sans aucun but religieux bien sur, ni l’intention de choquer le pulic ou les personnes croyantes, juste la volonté de confronter ces pièces d’art classique avec des couleurs très pop; créer le contraste, faire mouche auprès de la personne qui va le découvrir et sans doute le porter.

© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14  
© Alfredo Salazar - Mermi SS14 
© Mermi SS14 


GAF : Mélanges audacieux de styles et de couleurs, vous semblez avoir fait des codes pop et gaphiques votre signature stylistique, voulant réveiller peut-être un produit souvent consideré comme “classique”?

PM : On a déjà tellement fait autour de ce produit dans le passé, entre formes, couleurs, motifs et matériaux; ne pas oublier non plus que l’on s’attaque à l’un des codes bourgeois par excellence. J’essaye de remettre le foulard au coeur de la tendance, d’en faire quelque chose de décalé et de différent; d’apporter une pointe de nouveauté qui fasse évoluer la perception du foulard et de sa clientèle aussi! D'ailleurs, le Bon Marché Rive Gauche, qui a sans doute le plus beau bar à foulard de la capitale, à choisit de distribuer en exclusivité quelques modèles de la collection.

GAF : Matériaux nobles, fabrication lyonnaise, pourriez vous nous en dire un peu plus sur l’aspect production de vos collections?

PM : Déclinés en bandanas, carrés ou étoles, tous les modèles de la collection sont en twill de soie ou en voile de cachemire ou de soie et modal pour les grandes étoles. Roulotés main pour ceux qui le nécessitent, de fabrication française et italienne, j’ai essayé de collaborer avec les meilleurs acteurs du secteur de la soie, des ateliers lyonnais pour le travail traditionnel du twill, à la vallée de Côme en Italie ou se trouvent les ateliers et les artisans spécialisés dans la confection de foulards en lainage. Après, il est certain que contrairement à un Hermès ou à tout autre  grande maison spécialisée dans les foulards, les volumes de production pour une jeune marque débutante sont forcèment plus petits et demandent donc en permanence une certaine capacité à jongler entre réalité commerciale et réalité de production – un vrai challenge.

© Mermi SS14 



GAF : Votre dernière collection “C’est si bon” avec ses messages XXL intrigue, pourriez vous nous en dire quelques mots ?

PM : L’idée initiale était de réaliser des foulards à partir de photos érotiques anciennes, mais, je dois l’avouer, il est bien difficle de trouver des images élégantes qui puissent jouer subtilement sur ce registre sans tomber dans un côté un peu trop “olé-olé”.  Ainsi est venu l’idée des messages aux consonnances parfois sexy, parfois amusantes, sorte de synthèse graphique et idéographique de ses photos suggerées, laissant libre court à l’interpretation de chacun – “c’est trop”, “oh oui”, “j’ai chaud”, “c’est si bon” prenant des significations parfois diamétralement différentes selon la personne qui va le porter ou qui va lire le message. L’idée du message était aussi de transformer le foulard en un “objet” que l’on peut porter également comme un vetêment en “soie”, une sorte de t-shirt à message nouvelle génération.

© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14 

© Alfredo Salazar - Mermi SS14 

GAF : Un coup de coeur, un modèle qui vous est particulièrement cher?

PM :  Sans doute le couple de bord de mer du modèle Bandol, avec cette photographie en noir et blanc encadrée de vert acide que j’aime beaucoup, tout comme Justin, le cycliste en camaieux de gris et de corail de la série Sport.

© "Bandol" - Mermi SS14 

© "Justin" - Mermi SS14 

GAF : Enfin, pourriez vous nous donner un indice quant aux inspirations de votre prochaine collection?

PM : Des nuances un peu plus sombres, plus hivernales autour des gris, j’aimerais aussi beaucoup développer des accesoires en laine, plus chauds et sans doute définir une collection 100% masculine.

A la croisée des savoirs faire traditionnels et des techniques contemporaines, les collections Mermi s’inventent chaque saison depuis près de deux ans. Des méthodes d’impression numérique les plus récentes associées aux photographies vintages servant de base aux carrés aériens et écharpes vaporeuses; Philippe Mermi, leur créateur passionné, prouve que derrière les voiles de soie, laine ou modal, peut se cacher parfois un esprit canaille, sexy et décalé. Couleurs flamboyantes et pop, graphismes élégants et interjections joyeuses, un souffle de légèreté flotte dans l’air et n’attend que de nous habiller d’une pointe d’excentricité colorée. Un seul mot d’ordre pourrait résumer la saison : Have Fun !!!!!
A.



© Les Garçons aux Foulards - Mermi SS14


mardi 2 juillet 2013

Paris Men Fashion Week SS14 – Le meilleur des défilés !



Après Londres et Milan, rendez-vous à Paris, capitale incontestée de la mode pour terminer en beauté cette Fashion Week Homme Printemps Eté 2014 tournée vers la modernité et une certaine vision de l’élégance décontractée. Près d’une soixantaine de maisons de mode masculine et de jeunes créateurs ont proposées leur vision de l’homme pour l’été prochain. Plus ou moins classique, plus ou moins coloré, plus ou moins déshabillé, les Garçons aux Foulards, présents sur la plus part d’entre eux, vous livrent leurs coups de cœur Mode argumentés !

Jour 1

Alibellus +

C’est à un rêve éveillé que nous convie le créateur d’origine Hongkongaise Titi Kwan. Proche des cieux, désireux d’un envol inespéré, salvateur, l’homme Alibellus rompt ses chaines, défie le sort. Inspiré par Birdy, le film d’Alan Parker, Titi Kwan, se plait à parer des hommes « oiseaux », jouant sur les textures et le chatoiement des coloris. La silhouette est significative, les épaules sont rondes ; chemises et sweats flottent le long du corps, les pantalons et les shorts affranchissent la chair. Métaphore filée de la liberté, les mannequins défilent pieds nus, évoquant le héros d’Alan Parker, libéré de l’entrave. 

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Les tissus deviennent voiles, aériens, non astreints à l’apesanteur, ils se déclinent dans des gammes de couleur pastel, roses, amande, jaune pâle, et invitent au bien-être d’une certaine légèreté. Les chaînes enfin, brisées par l’envol, sont présentes sur les silhouettes telles le souvenir d’un lointain passé et se font bijoux agrémentant des boutonnières de veste ou des cols. Véritable lien entre sa Chine natal et le Paris de sa vie d’adulte, la collection, réminiscence du savoir-faire de son père – tailleur - interagit entre costumes traditionnels Chinois et couture Occidentale. Le biais se confronte au droit fil en courbes contre courbes, comme le souvenir d'une Madeleine Vionnet qui rencontrerait, improbable, un fantôme chinois, en rêve sans doute.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards
Et en supplément, le final du défilé Alibellus + ! 



Valentino

Jeu de matières et de couleurs à l’hôtel de Rothschild ou Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli, les talentueux créateurs de la plus romaine des maisons de couture parisienne, réinventent l’homme contemporain. Costumes impeccablement coupés dans des nuances de draps de laine froides bleu, mais aussi travail de patchworks, de mix de matières et références au monde militaire. “Cette collection est inspirée par l’uniforme. Pas par un uniforme en particulier, mais par l’uniforme en général. L’uniforme de travail, mais aussi l’uniforme scolaire. Pour nous, l’uniforme est un moyen de mettre tout le monde à égalité”, explique Maria Grazia Chiuri. 

© Valentino SS14
© Valentino SS14
Une égalité des plus élégantes que l’on ne peut qu’approuver et défendre dans le pays des Lumières. Lumières décidemment des plus éclairées chez Valentino ou le chic sait aussi se faire casual. Chinos rajeunis, portés avec des sneakers ou des nus pieds en caoutchouc et crocodile et mixés avec des sweats en jersey ultra luxueux parés de détails en cuir. Cuir qui a une place importante dans cette collection. Travaillé en détail par le jeu de poches de couleur contrastées ; Valentino réinvente aussi le blouson aviateur, à l’aide de jeux de contrastes et d’oppositions de matières. Asymétrie enfin et gamme de couleurs sobre et moderne alliant marine, gris, kaki et beige, l’homme pour l’été prochain a trouvé l’uniforme idéal à adopter !

© Valentino SS14
© Valentino SS14


John Lawrence Sullivan

Esprit streetwear et graphique chez John Lawrence Sullivan. Griffe fondée par le japonais Arashi Yanagawa, créateur de mode talentueux et original qui se cache derrière la marque et dont le parcours hors du commun l’aura conduit de sa ville natale d’Hiroshima, au monde du sport grâce à une carrière de boxeur professionnel pendant 4 ans, jusqu’à enfin devenir créateur de mode autodidacte sous la signature John Lawrence Sullivan. Nom qui fait d’ailleurs référence au célèbre champion de boxe britannique du XIXème siècle et qui aura marqué le parcours d’Arashi Yanagawa. Abstraction et géométrie, c’est par ces deux noms que l’on pourrait sans doute le mieux décrire la prochaine collection John Lawrence Sullivan. 

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Coupes « Sharp », retour à l’essence du vêtement dans ses formes les plus radicales, le vestiaire se compose de shorts amples (éléments indispensables de la prochaine saison), de chemises, de sweats oversize, de mailles à col montant graphiques soulignant le visage, d’outerwear à l’esprit sport et de parka boxy, le tout porté avec des pochettes minimales et graphiques.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards


Gamme de couleur forte osant le rouge vif, le vert intense et le bleu cobalt
, les silhouettes, parfois monochrome, la plus part du temps marquées des jeux de contrastes et  d’aplats de couleurs, font référence à l’Abstraction des années 50. Gris souligné de mélèze, bleu contrasté de rouge, carreaux verts et noir ; on pense indéniablement aux toiles de Rothko ou de Nicolas de Staël. Acmé stylistique du défilé, un imprimé géométrique, synthèse de la collection associe les couleurs primaires dans une explosion abstraite et quasiment pixélisée, on adore.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Et en supplément, le final du défilé John Lawrence Sullivan au Palais de Tokyo!




Jour 2

3.1 Phillip Lim

Voyage au pays du soleil levant chez le créateur sino-américain Phillip Lim. Touches, détails, proportions, choix des couleurs, rien n’est surjoué, les références se font dans les détails. Détail d’une chemise dans sa construction et dans les volumes de la manche rappelant le kimono traditionnel masculin, détail d’un accident de couleur rouge sur un total look blanc, détail d’un imprimé floral rappelant indéniablement l’art de l’ikebana mais revisité en version numérique. 

© 3.1 Phillip Lim SS14
© 3.1 Phillip Lim SS14
Contraste du graphique et du thème floral, déjà vu dans les défilés londoniens et milanais, l’imprimé, véritable explosion de rouge et de blanc sur une base sombre, se porte par touches ou en all over sur des mailles oversize à col jersey, clin d’œil à l’univers du sportswear et du street wear cher au créateur Philip Lim. Short large porté avec des spartiates et des pièces à manches ou bien pantalons amples longueur feu de plancher, les silhouettes sont plus confortables mais ne perdent pas leur structure. Coup de cœur pour l’une des chemises à l’esprit japonisant que l’on souhaite adopter dès à présent !

© 3.1 Phillip Lim SS14
© 3.1 Phillip Lim SS14

Rendez-vous dans quelques petits jours sur Les garçons aux Foulards pour la suite des collections homme! ;-)

A.

vendredi 9 novembre 2012

Spécial Mode Homme - Couleurs d'Automne


Feuilles mortes tapissant les rues, léger frimas nocturne et journées raccourcissant irrémédiablement, nul doute, l’été est bel et bien terminé laissant place aux charmes de l’une des saisons les plus riches – l’automne. Nouvelles saveurs, nouveaux parfums, nouvelles textures, la Mode pour cet automne s’inspire des couleurs flamboyantes de la nature pour offrir un twist créatif à une garde-robe aux allures parfois un peu classique. Juste, équilibrée et parfaitement étudiée, la Mode Masculine, sans fioriture se concentre sur le beau. Belle ouvrage d’une confection pour la plupart Made in Italy ou encore Belles Matières avec une profusion de mailles Mérinos, de Cachemire, de Cuir et de Velours, qui fait son grand retour sur les podiums dans un esprit très « Saville Rock ».

Camel

Moisson des champs, moisson des villes, la couleur chaude des épis de blé, tel un dernier vestige estivale envahit nos dressings. Décliné dans un camaïeu de beiges qui va du sable, clair et doré, au cognac, chaud et profond, le Camel, emblématique de l’automne chicise s’en pour autant guinder la silhouette et apporte cette touche particulière de désinvolture et d’élégante décontraction. Qu’on le porte en total look comme chez Martin Margiela ou le Camel se décline du pull col roulé, qui fait son grand retour cet hiver, au costume trois pièces à l’élégance 50’s en passant par les boots ou le manteau ¾  à double boutonnage ou bien en touche sur une pièce comme chez Prada ou chez Jean-Paul Gaultier, le Camel est la couleur indispensable de cette rentrée.

© Martin Margiela - AH12
© Jean-Paul Gaultier - AH12
© Prada - AH12

Symbole au sens propre du « Camel », le manteau ¾, très longtemps fabriqué en poil de chameau, est la pièce emblématique de cette tendance forte. Associé pour le jour à un jean « used » comme chez Dsquared pour un look décontracté chic, il devient furieusement tendance chez Pringle of Scotland, porté sur un pantalon en cuir rouille. Loin de se limiter à cette pièce de la garde robe masculine, le Camel se décline en mailles voluptueuses, en vestes Preppy, en pantalons cigarette et en une déclinaison de velours de coton ou de soie, matière dominante des défilés de cette saison. Loin d’être classique, le Camel sert de base à toutes les fantaisies stylistiques. Rehaussé de orange, de carmin, d’aubergine ou de bordeaux il s’enflamme aux couleurs automnales, souligné de gris, d’or ou de bleu vif, il se fait urbain avec une touche couture.

© Dsquared - AH12
© Pringle of Scotland - AH12
© Burberry - AH12


Bordeaux

Fin des moissons, début des vendanges, et une orgie de grands crus, du bordeaux au bourgogne, ont défilé de Milan à Paris. Sanguin, profond ou sourd, le bordeaux, couleur magique aux références multiples fera partie des indispensables à adopter dans notre dressing automnale. Que l’on soit un virtuose de la mode ou bien plus réservé en terme de style, le bordeaux s’adaptera à toutes les garde-robes. Porté en total look sur d’enveloppants manteaux comme chez Louis Vuitton ou bien sur des mailles XL et des pantalons imprimés comme chez Gucci, le bordeaux sait également être plus discret en touches élégantes et graphiques. Costume de ville bicolore taillé au cordeau chez Bottega Veneta ou pointes lis de vin sur différents accessoires chez Burberry, le bordeaux a trouvé en la couleur grise son compagnon stylistique idéal. Association masculine et raffinée à l’esprit délicieusement rétro, le bordeaux apporte un soupçon d’originalité aux camaïeux de gris anthracite habituellement portés en ce début de saison automnale, apportant avec succès chaleur et détails rétro sur des silhouettes urbaines ou plus décontractées.

© Louis Vuitton - AH12
© Gucci - AH12
© Bottega Veneta - AH12


Kaki
 

Chasseur des villes ou esprit Army, le kaki fait la transition hivernale et nous habille d’une stricte élégance alliant esprit sportswear et détails de coupe tailleur. Porté par touches, on l’adoptera comme chez Dries Van Noten ou Wooyoungmi sur un ample trench coat en laine ou un caban à double boutonnage, deux pièces emblématiques de la garde robe masculine de cet hiver. Travaillé également en touche chez Burberry, l’homme au tartan, un brin rebelle, le porte sur un pantalon en velours (une fois de plus) mixé à d’autres couleurs sourdes, ou encore sur une veste de chasse à porter à même le costume – esprit Néo Gentleman Farmer assuré.

© Dries van Noten - AH12
© Wooyoungmi - AH12

© Burberry - AH12

Plus radical, le kaki porté en total look a également été vu dans les défilés les plus pointus de cet hiver. La très pointue styliste Sud Coréenne Wooyoungmi associe différentes nuances de kaki sur une même silhouette, jouant les dégradés, les volumes et les effets de matières. Kris van Asche, le directeur artistique de la griffe Dior Homme, propose quant pour cet hiver des total looks kaki à l’élégance virile et ultra moderne. Mixant les univers et les références, alliant parkas militaires en popeline de coton, costumes deux boutons en flanelle, chemises col fermé et néo caban créant une allure sport chic strict foncièrement créateur.

© Dior Homme - AH12
© Dior Homme - AH12

© Dior Homme - AH12


Camel, Bordeaux, Kaki, ou encore rouille, mixés de gris et de bleus canard, la Mode cet Automne, allie formalisme de coupe, classicisme des modèles, luxe des matières au colorama d’une Nature généreuse. Viril et décomplexé, l’homme associera détails élégants et touches rétro  pour des silhouettes résolument modernes faisant la part belle aux couleurs.

A. 

mercredi 1 août 2012

Habillés pour l'été!


Finit le travail, finit la grisaille, finit le bitume et finit les tristes mines déconfites à l’annonce des prévisions météorologique d’Evelyne Dheliat, l’été pointe enfin le bout de son nez et nous offre une trêve de bien-être légère et colorée. Légère et colorée tout comme la garde robe masculine de cette saison. Juilletistes, Aoutiens ou êtres étranges prenant leurs congés et partant pour d’exotiques contrées à la croisée de ces deux mois fatidiques pour Bison Futée, Les Garçons aux Foulards sont heureusement là, fidèles au poste, vous donnant leurs conseils et leurs coups de cœur pour bien faire sa valise de l’Été !

La Mode devançant comme toujours nos envies, propose pour cet été l’image d’un homme émancipé qui se dévoile tout en subtilité. Ainsi, des plages de Bali aux clubs d’Ibiza en passant par les Ramblas Barcelonaises ou les criques Sardes, quelques règles de Mode « bien pensante » seront à respecter pour ne surtout pas se sentir dépareillé ! Shorts de ville, chemises entrouvertes, nudité suggérée, furtive, évoquée par le biais de chemises en voiles de coton, ou autres mailles courtes ou longues en résilles effet moustiquaires découvrant habilement des détails de peau. Loin de se limiter à ces effets de matière, la guerre des Tendances se livrera entre les adeptes d’épure au contraste graphique de noir et de blanc, et les fervents défenseurs d’une explosion de couleurs vitaminées.

© Dior Homme SS/12

1/ Le Short en ville tu adopteras !

Tendance inévitable pour les plus frivoles comme pour les plus sages, le short, vêtement masculin emblématique de l’été, s’invite (vu depuis déjà quelques saisons sur les podiums) dans nos gardes robes citadines. Finit la ségrégation vestimentaire Homme-Femme, l’heure est à la parité des styles et ces messieurs ont également le droit au confort urbain, dévoilant par la même un mollet qui a tant de fois créer la polémique.

Mais attention, pas question de ressortir de son placard le short Camel multi poche de randonnée ! La version été 2012 se fait élégante et citadine. Plus fité, plus court, il reprend les codes des pantalons de cette saison. Popelines de coton, matières techniques, jean et parfois même en soie comme au très remarqué dernier défilé D&G, le short se coordonne avec sa tenue et se porte de façon systématique avec une chemise pour le rendre plus élégant.

© D&G SS/12
© D&G SS/12

Version très raccourcit comme chez l’élégant Homme Hermès qui le portera négligemment avec une chemise en soie imprimée marine, le short, pour les moins téméraires se portera plus loose accompagné d’une veste coordonnée. Ton sur ton chez Kenzo, ou avec une veste double boutonnage ouverte chez Yves Saint Laurent, le short doit se porter décomplexé, tel une évidence.

© Hermès SS/12
© YSL SS/12

Evident aussi, il l’est au bureau, afin de jeter définitivement aux oubliettes les habits de papy. Porté en costume-short dans un esprit preppy année 50, accompagné d’une veste cintrée, d’une chemise et d’une cravate en maille comme chez Bill Tornade, il devient très chic. Et enfin, si féru de mode, vous vous sentez prêt à jongler avec les différentes tendances de cet été, n’hésitez pas enfin à le mixer avec une maille ou une chemise imprimée, comme chez Kenzo ou chez D&G afin de gagner les palmes du style durement méritées.

© Bill Tornade SS/12
© Kenzo SS/12

2/ En Black & White tu débuteras !

Déclinée de sa version hivernale, la tendance Black and White a envahit les podiums des créateurs les plus Avant-Garde. Total Look White comme chez Dior Homme ou chez Yves Saint Laurent, le White se porte en toute décomplexion. Mixe de tendances à lui seule, le blanc, Off White, proche du blanc cassé, ou optique et se porte autant slim qu’over size, autant épuré que superposé.

© Dior Homme SS/12
© Dior Homme SS/12
© YSL SS/12

Plus évident, et plus facile, le mixe noir-blanc trouve sa place de façon évidente dans un vestiaire urbain aux accents d’été avec une touche edgy contrôlée. Référence à l’univers du rock’n’roll chez Lanvin Homme, le pantalon blanc se porte accompagné de boots montantes effet godillot. Plus cool, dans un esprit estivale très chic, la très élégante ligne Hermès Homme, propose le mix noir en blanc en jouant sur des effets de mailles. Lins tricotés ajourés à porter en contrasté avec un pantalon blanc ou un pantalon noir, la maille se fait très été et se marie de sandales graphiques soulignant une silhouette estivale et contrôlée.

© Lanvin SS/12
© Hermès SS/12


3/ Le Color Block te sublimeras !

A l’opposé du minimalisme et du look summer Edgy mixant blanc et noir, la couleur fait son grand retour et créée la surprise dans une garde robe masculine souvent bien trop sage. Tendance forte des podiums, de Milan à Paris, les créateurs ont fait le pari osé du coloris unique traité en aplat sur l’ensemble de la silhouette. Turquoises, Verts acides, Roses fuchsia ou encore Rouges vibrants, les podiums ont emprunté aux arcs-en-ciel leurs palettes de couleurs vives, voir explosives et nous ont offert des cocktails détonants mais profondément grisants où le vêtement devient couleur et inversement. 

© Bottega Veneta SS/12
© Kenzo SS/12
© Kenzo SS/12

Ainsi les néo yuppies osent la perfection d’un costume trois boutons Azur pour affronter le gris des marchés boursiers, ou le chic décontracté d’un trench porté en total look carmin – effet peps garantie.

© Costume National SS/12

Plus sage, plus élégant et plus facile à porter au quotidien, la tendance Color Block se décline également dans une version plus casual sur les pantalons. Mixé à un veste croisée à double boutonnage chez Dsquared, le pantalon fuchsia réveille une tenue un peu classique, porté nonchalamment avec une maille loose chez Hermès, le chinos corail donne indéniablement un avant-goût de vacances en certaines périodes ou le soleil a pu nous faire cruellement défaut.

© Dsquared SS/12
© Hermès SS/12


Et pour aller avec ceci me demanderez-vous ?

Spartiates, mocassins, sneakers montantes ou derby portés pieds nus, l’homme ose les souliers détournés. Chinos classique porté avec une fine sandale pour lui donner plus de légèreté, short de ville et mocassin pour plus d’urbanité, costume color-block cassé d’une paire de sneakers esprit Néo-Hip Hop ou encore veste sans manche pointue accompagnée d’un très classique mais très pointu soulier à bout fleuri et compensé, chaque style trouvera cet été chaussure à son pied ! Alors, amoureux des couleurs, hipster graphique où preppy chic en short urbain, amusez-vous, osez et profitez de ce très bel été !

A.