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vendredi 10 mai 2013

MET Ball 2013 – "Punk : Chaos to Couture" - Les Meilleurs Looks !



Comme tous les ans, s’est tenu à New York, il y a quelques jours, au sein du Metropolitan Museum of Art, la prestigieuse et très prisée soirée du MET Ball. Personnalités du monde Cinématographique et Musical, Créateurs de mode, Mannequins, Muses, Égéries de tout poils et Happy Few en goguette, la planète mode au grand complet s'est donné rendez-vous sur le tapis rouge New-Yorkais pour le meilleur du style. Comme tous les ans, le magazine Vogue, parrain de l’évènement ainsi qu’Anna Wintour, grande papesse de la mode américaine, ont proposé une thématique stylistique afin de pimenter et de coordonner la soirée Mode la plus glamour de l’année. Et une fois n’est pas coutume, le mouvement subversif Punk a été mis à l’honneur avec comme intitulé – "Punk : Chaos to Couture". Vaste programme me direz vous qui a fortement et brillamment inspiré certains des invités présents ce soir là. Tour d’horizon des meilleurs looks du MET Ball 2013 !

Nul besoin de longs discours, le beau parle de lui même et saute aux yeux. Ainsi l’actrice Anne Hathaway, portant les cheveux courts depuis sa brillante interprétation dans la dernière version Les Misérables, s’est présentée superbe dans un fourreau long noir signé Valentino Vintage à l’esprit résille couture, laissant entrapercevoir délicatement quelques centimètres de peau.  Chevelure peroxydée pour l’occasion, rappelant les jeunes femmes punk des années 80, silhouette élancée, recouverte d’un chevron dévoré scintillant bordée de plumes noir ; le résultat est sans appel – magnifique – jonglant avec talent entre esprit Couture et détails Punk se hissant avec élégance à la première place de notre classement. Bravo !


© MET Ball 2013 - Anne Hathaway - Valentino
© MET Ball 2013 - Anne Hathaway - Valentino

Première place suivie de près par la flamboyante Sarah Jessica Parker qui prouve une fois de plus qu’elle reste l’une des icônes incontournables de l’univers la Mode. Cuissardes talons aiguille en velours tartan Christian Louboutin, robe de bal imprimée, signée par le créateur britannique Giles Deacon et crête aux accents baroque en plumes noir de l’excentrique chapelier Philip Treacy. Un Look 100% Néo punk et 100% réussi qui remet une fois de plus sur les devants de la scène, celle dont les tenues extravagantes, le style et la douce impertinence aura bercée plusieurs générations de téléspectateurs/trices à travers le monde. 

© MET Ball 2013 - SJP - Giles Deacon
© MET Ball 2013 - SJP - Philip Treacy

© MET Ball 2013 - SJP - Philip Treacy

Comment parler de Punk Attitude sans penser forcement à la reine de la Punk Couture – Dame Vivienne Westwood. Crêtes, tartan, chaînes, clous, messages tagués, résilles ou encore vêtement déchirés ; Vivienne Westwood a reprit au fil des années l’ensemble des codes du mouvement rebelle par excellence, qu’elle a su mixer avec intelligence au costume classique britannique. Ambassadrice de la créatrice punk parmi les punks, ce soir là l’actrice Christina Ricci, en stilettos noir et robe asymétrique en tartan bleu et rouge prouve avec style que « Punk is not Dead » !

© MET Ball 2013 - Christina Ricci - Vivienne Westwood

Vivienne Westwood qui aura également élégamment habillé d’un costume en tartan vert Gavin Rossdale, le compagnon de la chanteuse et styliste Gwen Stefani (qui aurait pas ailleurs bien fait elle aussi de suivre les conseils stylistiques de la reine du punk britannique plutôt que de jouer le cocktail conceptuel Maison Martin Margiela) prouvant ainsi que les hommes également peuvent franchir le tapis rouge en dehors du sempiternel smoking noir.

© MET Ball 2013 - Gavin Rossdale - Vivienne Westwood

Talent parmi les plus prometteurs de la jeune garde stylistique, le créateur Anthony Vaccarello fut joliment représenté par ses muses sexy-punk vêtues de cuir rouge cloutée pour la mannequin Anja Rubik et d’une minirobe asymétrique noire rivetée pour la mannequin Gisele Bundchen que l’on avait déjà remarqué lors de la dernière Fashion Week Parisienne, jouant sur les codes post rock et couture – on adore !


© MET Ball 2013 - A.Rubik - A.Vaccarello
© MET Ball 2013 - G.Bundchen - A.Vaccarello

  
Qui dit Punk, dit forcement blouson en cuir et clous-clous-clous ! Ce fut ainsi une véritable avalanche de studs gold signés Burberry Prorsum qui a inondée le tapis rouge du MET. Cara Delevingne et Sienna Miller en tête, les deux actrices ont arborées des tenues signées Christopher Bailey pour Burberry ; l’une en robe longue noire à grand décolleté V, l’autre en robe virginale blanche cassée d’un perfecto aux accents Punk Couture.


© MET Ball 2013 - Sienna Miller - Burberry
© MET Ball 2013 - Cara Delevingne - Burberry


Attention cependant, lorsque deux aficionados du look Studs Gold se rencontrent, cela peut rendre certaines quelque peu hystériques… la preuve en image !


© MET Ball 2013 - Sienna Miller & Cara Delevingne - Burberry

Mais aussi, la très belle Rosie Huntington-Whiteley en robe longue en résille noire rebrodée de sequins métalliques noir et gold Gucci.


© MET Ball 2013 - Rose Huntington-Whiteley - Gucci


Ou encore la jeune actrice britannique Emma Watson dans une robe noire déstructurée Prabal Gurung laissant apparaître de grands aplats de peau nue rappelant que le temps de la jeune Hermione est indéniablement derrière elle.

© MET Ball 2013 - Emma Watson - Prabal Gurung

PUNK IS NOT DEAD !


A.

vendredi 30 novembre 2012

La Petite Veste Noire, l'expo 2.0 ?



Novembre, le mois de la Photo à Paris, le mois également qui a été choisit pour présenter une exposition autour d’un classique de la maison Chanel – la Petite Veste Noire. Revisitée, sublimée, détournée, la collaboration de Karl Lagerfeld à la photographie et de Carine Roitfeld au stylisme met en valeur cet objet culte et fantasmée par des générations de femmes (mais aussi d’hommes) en quête d’élégance et de « Statement Fashion » absolu. L’occasion aussi pour les Garçons aux Foulards de collaborer avec un nouvel invitéSébastien Appiotti. Passionné de photographie, d’écriture et de littérature, il est d’ailleurs le co-fondateur du très bon blog photographique Photophores et nous livre sa vision de cette exposition incontournable et iconique mettant en scène personnalités du monde de la mode, de l’art, du cinéma et de la musique face à l’objectif en noir et blanc acéré du Keyser. Mais nul besoin d’en dévoiler d’avantage, faisons place et découvrons !
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© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
La petite veste noire, une exposition-vitrine
Le lieu choisi, le Grand Palais, où se déroulent les défilés Chanel depuis plusieurs années, est un des éléments offrant sur le papier la légitimité nécessaire pour placer ces photographies de mode au rang d’exposition à part entière. Présentée du 10 au 25 novembre à Paris, le spectateur, après la surprenante déconvenue de se voir réduit à monter un escalier en fer interminable, se retrouve face à « The Little Black Jacket ». Une ambiance tamisée, intime, offrant une relation privilégiée entre le spectateur et les photographies, de grand format. L’espace dédié au Grand Palais est immense, et offre deux perspectives sur des murs de photographies, dans un souci permanent de minimalisme et d’élégance.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards


La recherche de légitimité en tant qu’exposition, et non pas simplement en tant qu’élément de marketing et de promotion d’une image de marque, est d’emblée recherchée à travers la présentation de Karl Lagerfeld photographe. On connaît ce dernier pour ses créations Chanel, mais également pour ses casquettes multiples: sa griffe éponyme, ses collaborations, ses apparitions dans des films et publicités. Karl Lagerfeld est iconique, mais est-il pour autant photographe? Ce dernier nous est présenté comme exposant depuis 1989, avec des passages remarqués à Paris, au Musée d’art Moderne en 1991, à la FIAC en 1997 et à la MEP en 2010.
Force est de constater que le duo Lagerfeld/Roitfeld a eu avec Chanel les moyens de ses ambitions: l’exposition est itinérante depuis avril 2012, avec un passage dans 10 villes, couvrant ainsi capitales de la mode et hauts lieux culturels du monde entier - Tokyo, New-York, Londres, Moscou, Paris ... Une exposition qui joue sur le duo unité thématique - la veste noire - / diversité dans l’exécution de la prise de vue et de la mise en valeur de la pièce portée. Celle-ci comporte un mur droit de 30 photographies sur 3 rangées, soit 90 portraits, et un mur gauche contenant une dizaine de grands formats, rouge, bleu, noir et blanc. Au fond de la salle, une installation consacrée à Yoko Ono, faisant face de l’autre côté à des tirages géants de photographies en négatif.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Photographies de mode ou mode de la photographie ? 
L’équipe autour de ce projet a rassemblé plus de 25 personnes; le casting est digne d’un Who’s who mêlant stars internationales, françaises, personnalités dans le monde de la mode: Sofia Coppola, Yoko Ono, Kirsten Dunst, Ayo, Sarah Jessica Parker, Romain Duris, Inès de la Fressange, tous éclipsés par Anna Wintour, dont le magnétisme photographique nous a frappé: elle est la seule à être de dos, coiffure reconnaissable entre mille, placée plein centre parmi 90 photos sur le mur droit.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Deux éléments changent toutefois la donne par rapport à une exposition « classique » : l’entrée est gratuite, les photographies sont autorisées. Un public plutôt jeune, international, majoritairement féminin. Cette exposition est un lieu de création de désir autour de la marque au double C. Le vêtement basique, intemporel, créé par Coco Chanel en 1954, décliné en une multitude de coupes, textures est la trame de l’exposition, la photographie en est l’intermédiaire: photographies de mode et public photographiant les photographies.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Le choix du noir et blanc grand format n’est pas anodin: on insiste sur la notion d’héritage Chanel, la petite veste noire comme symbole d’un style et d’une histoire sur le temps long de la mode. La cohérence est totale avec le lieu d’exposition: une sorte de galerie-loft en longueur, très sombre et épurée. Du grand format, avec une attention accrue sur la recherche de l’expression, de la « juste pose » pour mettre le mieux en valeur cette pièce iconique qu’est la petite veste noire.
Entendue à de maintes reprises, la question du « Qui » semble être plus importante que celles du « Pourquoi » ou du « Comment »: on vient voir Chanel porté par l’élite mondaine et artistique actuelle, on vient voir Karl Lagerfeld, bien plus que les photographies de Karl Lagerfeld !...
Le mur droit, présentant pas moins de 90 photographies divisées en 30 X 3 est particulièrement intrigant: chaque spectateur semble scruter les éléments qui vont constituer sa définition de la veste noire, avec photographies à la clé.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Un rapide coup d’oeil sur Instagram le prouve: pas moins de 7500 photographies ont été identifiées avec les tags #thelittleblackjacket , #littleblackjacket , #lapetitevestenoire , et combien d’autres nous échappant sur Facebook ou Twitter. La petite veste est un vêtement qui se partage: non pas via des encarts publicitaires Chanel, mais par de la photographie privée, celle du spectateur. Désormais, vous, lecteur, percevez mieux ce qui m’a fasciné dans cette exposition: la mise en abyme, soit le procédé consistant à reproduire une oeuvre dans une oeuvre. Exemple pratique: le spectateur en extase devant la petite veste noire et photographiant de la photo pendant cette exposition.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
J’emporte un petit bout de la veste noire et je repars par l’escalier de service 
Le Diable pourrait désormais bien s’habiller en Chanel: avant de partir, une boutique éphémère attire votre oeil. Le staff Chanel vous accueille, et vous propose de choisir un poster parmi quatre: une chanteuse, une modèle, une actrice internationale, et Virginie Viard, Chanel Studio Director. Au pays du tout payant, le poster est gratuit: L’employé Chanel présent sur place me souligne la surprise des spectateurs pensant payer pour ramener un bout de la veste noire chez eux.
La photographie est gratuite, elle est éditée à des milliers d’exemplaires: non seulement le spectateur photographie, mais il emporte sa veste noire avec une probabilité assez forte de l’afficher étant donné la qualité des photos proposées. La logique Chanel est implacable: faire de la photographie un media de communication autour d’une pièce iconique, la veste noire, autour d’un concept novateur, l’exposition 2.0: celle qui se laisse photographier, celle dont on peut emporter un fragment. Mais c’est aussi l’exposition qui a un ascenseur « out of service », et des conditions d’accès indignes de l’ambition initiale affichée: cela est paradoxalement rassurant, Chanel n’a pas (encore) pensé à tout.
S.A.

© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards