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dimanche 24 novembre 2013

Miss Dior s’expose au Grand Palais – Art ou Publicité ?



Nous le disions il y a peu, les relations entre l’univers de la Mode, de l’Art et du Design s’estompent de plus en plus. Révolution de salon faisant entrer le petit monde de la couture par les grandes portes des institutions culturelles les plus réputées, ou simple retour à un âge d’or artistique ou créateurs et plasticiens collaboraient naturellement ensemble, mettant leurs talents en commun pour célébrer le beau et la modernité au sein de projets incroyable ? La vérité se trouve sans doute quelque part au milieu en ce début de 21ème siècle où la consommation se veut « expérientielle » et la communication « artistique », et où les marques puisent dans leurs archives pour donner un sens à la course effrénée de nouveauté imposée par la logique commerciale. La démarche de la maison Dior de fêter en grand l’anniversaire des 66 ans (si, si ça se fête apparemment) d’existence de l’emblématique jus de la maison de l’avenue Montaigne, à quelques semaines avant la période de Noel, ou la majorité des achats parfum s’effectue, s’inscrit à n’en pas douter dans cette tendance à laquelle les grandes marques n’échappent pas, mais aussi dans une démarche publicitaire, au format XXL, à peine maquillée d’un voile parfumé. Deux semaines d’exposition au cœur du Grand Palais, la présence de pièces d’archives exceptionnelles et la participation de 15 artistes féminines venues du monde entier, l’idée a cependant de quoi nous intriguer, et nous n’avons pas hésiter à affronter le froid hivernal et l’attente (longue) par nous faire notre propre avis !


© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior - Joana Vasconcelos 2013

 Moquette épaisse, lumière chaude et sensation de grandeur sous les hauteurs de la galerie circulaire qui accueille l’événement, marquent l’ambiance dès les premiers pas, nous conduisant à un espace servant d’ « introduction », nous faisant plonger au cœur des souvenirs personnels de Mr Dior avec sa première vie en de galeriste. Peu le savent, mais Christian Dior avant de devenir le symbole du renouveau de la mode française a débuté sa carrière au sein de l’une des galeries d’art les plus réputée de Paris, collaborant avec les artistes du mouvement surréaliste.  Photographies anciennes, recréant le décor, mais aussi originaux des œuvres vendues alors dans la galerie, portrait de Christian Dior croqué par Chagall ou peint par Dubuffet, les preuves montrant les relations étroites que le couturier entretenait avec le monde de l’art ne manquent pas ; les 15 collaborations artistiques réalisées autour du parfum Miss Dior prennent ainsi une toute autre signification.

© Bernard Buffet - Portrait de Christian Dior - 1954 

En parallèle, sont également exposés certains des premiers croquis des collections de Christian Dior juste après la fin de la seconde guerre mondiale ; robes Bach ou encore Mozart, elles éclatent telles des fleurs au cœur d’un sublime jardin d’été. Car c’est bien de fleur qu’il s’agit. Passionné par l’univers des jardins, dont le plus emblématique restera sans doute celui de Granville, Mr Dior n’aura de cesse de vouloir transformer les femmes en bouquets de fleurs. Fleurs délicates, sophistiquées, éclatantes de couleurs, la fameuse ligne Bar inventé à la fin des années 40, n’est finalement que la mise en place d’un vocabulaire stylistique reprenant les codes floraux. Ligne longue et fine telle une tige, couleurs intenses à l’image des pétales de roses tant aimés, volumes de jupe format XL telle une corolle de fleur, la femme retrouve une sophistication poussée à l’extrême et qui sera cristallisé en un jus : Miss Dior.

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior - Robe Bach 1957
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior

Mais Miss Dior c’est avant tout un hommage à la sœur du créateur, Catherine, héroïne de la Résistance française et soutien précieux pour Christian Dior qui pourra toujours compter sur elle. Miss Dior c’est aussi le gentil sobriquet que le couturier inventa pour appeler sa nouvelle cliente ; jeune, désinvolte, ayant soif d’avenir et de célébrité. Au fil des photos de modes réalisées par Richard Avedon, des images d’archives des présentations de collection des années 50, des dessins du merveilleux Gruau et de somptueux modèles Haute Couture datant des années 50, se crée la légende Miss Dior. 

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior - Richard Avedon 1955

Mise en scène des plus intéressante, jonglant entre Art contemporain et références aux archives de la maison, justifiant en partie les créations du présent par les références au passé. Dialogue des plus incroyable pouvant se résumer en une silhouette intitulée Miss Dior 1949, sublime robe bustier entièrement rebrodée de fleurs pastels au travail délicat ouvrant l’exposition, et son pendant contemporain issu de la dernière collection de Raf Simons, nouveau designer de la maison, reprenant à l’identique la forme du modèle, ayant remplacé la couleur par le noir, et les fleurs de soies par des pétales de cuir et des perles couleur de jais – époustouflante. Epoustouflante tout comme les modèles de la première collection Haute couture de Raf Simons, portées à l’écran par l’actrice Nathalie Portman, nouvelle égérie du parfum Miss Dior, faisant écho à l’univers cinématographique de la marque et donnant à voir au public ces merveilles de couture à la complexité insoupçonnée.

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior - Dior Haute Couture 2012
Niveau art contemporain, il faut être honnête et admettre que les quinze productions fournies sont inégales. Carte blanche a officiellement était donnée aux artistes de s’exprimer sur ce que pour elles représentait Mis Dior ; et malheureusement, la copie rendue par certaines des ces « élèves » fut décevante. Cependant, au lieu de nous attarder sur le mitigé, concentrons nous plutôt sur le très bon, ou plutôt le très beau. Loin d’une forme de conceptualité trop radicales, les œuvres proposées  sont avant tout esthétiques, à l’image du parfum, mettant en avant ses différentes facettes, ces différentes composantes, à commencer par le travail du verre, du flacon et de la lumière de l’artiste Carole Benzaken jouant sur ces trois matériaux et sur l’idée des transparence et d’obscurité. 

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior

Le packaging ensuite, symbolisé durant un moment par le célèbre motif pied de poule, ADN stylistique de la maison, réinventé sans cesse au fil des collections, et mis en exergue par l’artiste Polly Apfelbaum et ses immenses tapis à motifs Houndstooth, reprenant des méthodes de tissage traditionnels d’Oaxaca et les couleurs de la culture mexicaine, comme pour faire un peu, un trait d’union entre deux cultures et entre tradition et modernité.

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior

Impossible aussi de passer à coté du célèbre ruban cachetant le flacon de parfum, repris et retravaillé en format XXL par l’artiste portugaise Joana Vasconcelos, sur un support lumineux de couleur rose, reflétant presque à l’infini l’ode magnétique de l’objet. Plus délicat, Hannah Starkey a également repris l’idée de ruban, mais cette fois-ci au cœur même de la peau de celle qui la porte, en un délicat tatouage porté sur la nuque, capturé sur une précieuse photographie.   

© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior
© Les Garçons aux Foulards - Exposition Miss Dior - Hannah Starkey 2013

Mais s’il est une œuvre qui nous a particulièrement marqué, c’est sans nul doute la vidéo de l’artiste d’origine libanaise Lara Baladi intitulé Don’t touch me Tomatoes et Chachacha. A l’image du titre, la vidéo surprend et fais sourire. Au cœur d’une nuit noir, des centaines de lucioles scintillent, accompagnées de mille références à l’univers du cinéma et du divertissement sur presque un siècle. De Betty Boop à Judy Gardland en passant par des notes musicales de Britney Spears, aux Nuits d’une demoiselle de Colette Renard, le mélange est des plus audacieux et nous a séduit !





Miss Dior, premier parfum créé par Christian Dior en 1947, est un symbole autant qu’un mythe. Perpétuant les liens qui l’unissent depuis toujours à l’Art,  la maison Dior a ainsi décidé de mettre en avant ce parfum légendaire en invitant 15 artistes féminines venues du monde entier à s’en inspirer librement, en s’emparant de ses codes éternels, son flacon et son motif pied-de-poule, son nœud poignard tout comme son égérie actuelle Natalie Portman. Bercées des musiques servant aux publicités de produit, il serait aveugle de ne pas admettre l’enjeu et l’impact commercial que cet exposition pourrait avoir sur l’image du parfum, de la maison, mais aussi de ces ventes en cette veille de fêtes de fin d’année. Opération de séduction et de communication rondement menées, dont nous sommes d’ailleurs nous mêmes les premiers volontaires, attendant gentiment pour avoir l’occasion de vivre également cette expérience par nous même, mais aussi canaux médiatiques ultra connectés, véhiculant les informations ainsi que les nombreuses photos que nous pouvons prendre lors de l’événement sur les différents réseaux sociaux mis à notre disposition… Mais, il serait pourtant dommage de se limiter à cette simple lecture marketing de l’exposition, car même s’il en est en partie la raison, il serait en revanche dommage de passer à coté de certaines de ces œuvres visionnaires, mais aussi les somptueuses archives et pièces de Haute Couture misent à la disposition du public et nous plongeant avec délice dans l’histoire de la maison Dior !

A.


Miss Dior au Grand Palais à découvrir jusqu’au 25 novembre !

samedi 16 février 2013

« Dis moi comment tu te parfumes, je te dirai qui tu es » – Les Garçons aux Foulards se dévoilent au fil de leurs essences.



Nombreux sont ceux qui, depuis bientôt deux ans, au fil de nos aventures et de nos articles nous ont demandé à la dérobée d’un message d’en dire un peu plus sur l’identité des Garçons aux Foulards. Fidèles à nos principes, nous ne sommes certes pas encore prêt à nous placarder en 4X3, mais voici en tout cas un début de réponse que les plus fins nez sauront sans doute décrypter. Car comme le disait si justement Brillat-Savarin dans la citation qui l’aura rendu célèbre « Dis moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es », ou plutôt, « Dis moi quel parfum tu portes, je te dirai qui tu es »… C’est en partant de ce postulat que nous avons décidé de vous livrer un portrait olfactif à deux plumes, vous dévoilant sans doute l’un des éléments les plus intimes de nos personnalités – nos parfums.



© Histoire de Parfums - Les Garçons aux Foulards


Initié à l’amour des parfums depuis mon enfance par ma maman qui en est toujours une collectionneuse avertie, je n’oublierai jamais le plaisir que j’avais à déboucher ses flacons joliment disposés et en humer les différentes notes et essences qui m’émerveillaient. De cette période, j’ai gardé en mémoire un attrait pour les parfums Chyprés, étonnantes associations de notes vertes et fleuries et pour les Orientaux et leurs notes riches et ambrées. J’ai compris ainsi en me penchant sur l’histoire de certains parfumeurs et leurs plus célèbres créations qu’un parfum n’était, n’en déplaise  à nos amis marketeur, ni rose (pour les filles), ni bleu (pour les garçons) – crime de lèse-majesté parfumé absolu. Vecteur sensoriel à forte charge émotionnel, les parfums pour me séduire, doivent allier profondeur et belles histoires. Fidèle dans mon infidélité (j’en porte quatre différents), j’ai réussi ainsi à trouver au fil des années l’équilibre me permettant d’allier différentes essences et styles, évitant toute lassitude, alternant les parfums au fil des mois et des saisons.

Scent - Costume National

Sans doute l’un des parfums les plus étonnants qu’il m’ait été donné de sentir, il m’aura fallut de nombreuses années pour l’apprivoiser, enfin l’adopter et maintenant ne plus m’en passer. Ou plutôt ne plus m’en passer au fil des longs mois d’hiver durant lesquels je m’y enveloppe avec bonheur, telle une riche et confortable protection qui me réchaufferait de ses effluves ardents.

© Scent - Costume National

Crée en 2002 par le nez Laurent Bruyère, en collaboration avec Ennio Capasa, le Directeur Artistique de la griffe italienne, Scent allait à contre courant de tout ce que l’univers de la parfumerie pouvait proposer  alors. Parfum mixte tout d’abord, l’idée ne pouvait que me plaire, reprenant l’un des principes initiaux de la parfumerie ou les jus n’étaient pas sexualisés.

Son flacon ensuite alliant sobriété et épure d’un flaconnage transparent inversant les proportions classiques de hauteur et de largeur, volontairement sans capuchon, simplement marqué d’une étiquette noire et minimale, faisant écho au style du créateur qui donna ses lettres de noblesses sur les podiums aux références rock et chic.

Le jus enfin, fragrance étonnante, discrète et éclatante à la fois, alliant subtilement notes florales et vertes, met en avant une délicate fleur d’hibiscus en note de cœur, marié à la légèreté du thé et du jasmin en note de tête, pour enfin, une fois ces premières notes dissipées, laisser place à de puissantes notes de fond ambrées et boisées - cuir, musc et santal.

Eau de parfum atypique, discrète et explosive il est quasiment impossible de mettre de mot juste sur ce jus sensuel, ambré et vif qui évolue et change selon les peaux sur lesquelles, lentement il se glisse.

Tom Ford For Men – Tom Ford

Les parfums sont comme les histoires d’amours, ils vont et viennent sans jamais réellement rester. Mais parfois, il y en a qui comptent vraiment. Après avoir expérimenté les Mâle, Black XS et autre One Million à l’heure ou les pistes de danse étaient mes seuls lieux d’amusement et ou les odeurs sucrées sur ma peau faisaient de moi un adolescent invincible en quête de puberté – l’âge aidant, le temps passant et l’amour devenant fidèle, le parfum le devint aussi.

Un peu perdu entre l’adolescent que je ne suis plus et l’homme que je n’étais pas encore, j’ai découvert Tom Ford For Men. Un mélange d’éléments traditionnels et d’influences actuelles, après une campagne aussi tapageuse que douteuse ; Tom Ford roi des Mâles métrosexués, psychorigide déviant control freak promettant à la presse en sueur devant son trois pièces trop étriqué que son premier parfum pour Homme serait « Sale, Sensuel et Sexy ».

© Tom Ford for Men

J’ai d’abord couru, j’ai senti, je me suis laissé apprivoiser par cette fragrance.  Des notes acidulées de mandarine, feuilles de basilic et gingembre au départ, déviant vers un accord classique cèdre patchouli. Les notes de coeur boisées et cuirées convenaient parfaitement à l’homme que j’étais en train de devenir. Même si en portant ce parfum je n’ai à aucun moment le sentiment de me sentir ; « Sale, Sensuel (un peu), et Sexy (bon ok d’accord) » j’ai été et suis toujours séduit par cette mandarine boisée même si les années passant mon cœur quitte lentement for Men pour m’emporter vers Néroli Portofino…
Ciao Bello !

L’eau parfumée au thé blanc – Bulgari

A l’exacte opposée, l’été, bien trop rare et fuyant à Paris, invite à une certaine forme de paresse et de décontraction. Envie de blanc, d’épure et de légèreté, les chaudes journées estivales, c’est avec bonheur que je m’enveloppe dans les délicates notes de l’Eau parfumée au thé blanc du joailler italien Bulgari. Crée en 2003, après le succès quasi imprévu de son pendant féminin au Thé Vert, l’Eau parfumée au Thé Blanc, parfum mixte (une fois de plus), crée par le nez Jacques Cavallier, est un boisé alliant également notes florales et musquées.


© Eau Parfumé au Thé Blanc - Bulgari

L’idée du blanc omniprésente à l’univers de ce parfum domine tout au long de son processus créatif. Les notes de têtes hespéridés composées de poivre blanc et d’armoise, aux propriétés relaxantes, laissent bien vite place à un effet lacté et poudré composé de musc. Une touche d’ambrette et de fleur d’oranger blanche et gourmande en note de cœur apportent leur chaleur  tandis que le bois de cèdre vient apporter une dimension plus sèche en note de fond. Ambre gris et musc enfin, évoquant une discrète et chaleureuse sensualité.

Faussement sage, l’Eau Parfumée au Thé blanc est une délicate eau de Cologne aux nuances chaudes, quasi spirituelles. Et si certains la pense à tort discrète et évanescente, elle promène telle une traînée de poudre, dans son sillage un air musqué.

Terre d’Hermès

Cette rencontre s’est faite par hasard, je cherchais un nouveau parfum, une nouvelle identité, un changement. Tout d’abord rentré pour acheter un parfum à un proche, je me suis mis à sentir chaque flacon qui se présentait à moi ! Une sorte de quête initiatique d’une nouvelle odeur identitaire.


© Terre - Hermès

Et soudain, entre terre et ciel, teinté de silex, de touches amères de pamplemousse, s’ouvrant avec de la bergamote et un accord vert et fruité avec un effet de rhubarbe qui conserve sa fraîcheur assez longtemps. Le Corps ; boisé - cèdre, vétiver et patchouli avec un effet fumé, poivré et cuiré.
Cet édifice étonnamment simple et pourtant harmonieux semble timide et peu puissant au premier abord, mais c’est cette discrétion et cette constance qui lui donnent justement autant d’élégance et de sobriété.

© Terre - Hermès
Poussière ocre pailletée, éternelle colombe, cheveux au vent, torse nu, cheval galopant ; Clément Sibony sublime ce parfum et je dois avouer qu’en me téléportant pendant ces quelques 40 secondes de pur plaisir visuel, cela ne doit pas être pour rien si aujourd’hui chaque matin, je me laisse imaginer que ce parfum peut me transporter n’importe où. Comme si dès lors que je m’en empare, il m’incite à projeter mon propre Eldorado.


L’Homme - Yves Sain Laurent

Et le reste de l’année me direz-vous ? L’Homme tout simplement !

Loin de moi l’idée d’avoir succombé à la campagne publicitaire mettant en avant la beauté plastique imparfaite de l’acteur français Olivier Martinez, j’ai toujours été sensible aux parfums Saint Laurent, ayant d’ailleurs longtemps porté Opium ou encore Rive Gauche. Crée en 2006 à l’époque où Saint Laurent avait encore un prénom, L’Homme, délicat accord de fougère moderne et de notes boisées, se veut un manifeste de l’homme contemporain.
© L'Homme - Yves Saint Laurent

A l’image du flacon, teinté de simplicité et de modernité, translucide, rond et discret, il met en avant le jus, alors que son bouchon, immense écrou couleur acier, porte fièrement le Cassandre cher à la maison.

La composition articulée autour de notes boisées et fleuries, s'ouvre en tête sur une bergamote pétillante,  des notes de basilic, de fougère, de lavande et un gingembre épicé, frais et citronné. En cœur, la feuille de violette apporte un vert très caractéristique et poursuit la métaphore filée masculine jouant sur tous les codes classiques de la parfumerie. Le fond enfin, légèrement poivré, révèle des bois, où la sècheresse du cèdre rencontre la douceur lactée du santal et le solide vétiver.

Classique des temps modernes, pouvant intelligemment évoluer au fil des mois et au fil des années on ne se lasse pas de ces accords alliant profondeur, masculinité et une certaine dose de légèreté - alchimie sensuelle et virile réussie !

Musc Nomade – Annick Goutal

Il y a un parfum que je porte de temps en temps, qui je le sais me rend unique. Il n’est pas du goût de tout le monde, il est un peu sauvage, un peu animal.  Ce parfum c’est Musc Nomade d’Annick Goutal !

Au départ c’était un cadeau qui m’a été fait. C’est drôle, nous avons tous et toutes toujours une histoire à raconter autour de nos flacons. Un jour, cette personne décide de m’offrir un parfum ; un vrai ! Comme lorsqu’une maman offre à sa fille son premier N°5. J’ai réfléchi, senti, pensé… et puis nous sommes arrivé chez Annick Goutal dans ce boudoir feutré place Saint Sulpice, loin des eaux fraîches et notes florales, je voulais quelque chose qui me transporte.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Un Musc surnaturel, cet Orient là s’est accroché à moi pour ne plus jamais me quitter, deux années qu’il embaume mes foulards, vêtements, placards… Il est partout !

Une interprétation virtuose, subtile et discrète de muscone qui se révèle doucement sous des teintes poudrées, chaleureuses et rassurantes. La senteur s’enrobe dans un nuage de musc blanc, racines d’angélique boisées et fruitées et graines d’ambrette suaves et lactées, et cette fève tonka légèrement amandée et embrasée au Bois de Bombay.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Le flacon est simple, élégant et fonctionnel, inspiré des bagues de cigare, l’étiquette ornée de lierre est dessinée par le père de l’actuel nez, Camille Goutal, fille de la fondatrice de la maison éponyme ; une histoire de famille, une histoire de parfum, une histoire d’Amour ! 

Cet Orientaliste si pur, ode magique à l’Homme, révèle tout ce qu’il y a d’animal en nous. Ce parfum est mon coup de cœur, mon secret, mon plaisir.  

Voyage – Hermès

Depuis les origines de son histoire, Hermès symbolise l’univers du voyage et raconte au travers de chacune de ses créations une histoire. Quel plus beau parfum choisir pour conserver en mémoire ses souvenirs d’ailleurs que le si bien nommé Voyage ? Vous allez sans doute trouver cela quelque peu étonnant, mais il m’ait venu au fil des ans l’envie de m’approprier le plaisir et la saveur du voyage dans une essence que je pourrai avoir au creux de la main. Week-ends à la mer, escapades européennes, vastes étendues de sables blanc, autant de moments précieux, conservé en image pour certain et gardé à jamais de façon olfactive grâce à ce petit flacon métallique qui me suit tout au long de mes périples et en absorbe toute l’essence. 


© Voyage - Hermès

Crée il y a peu, en 2010 ; le célèbre nez Jean-Claude Ellena l’a voulu comme un boisé épicé, mixte (et oui, une fois de plus je m’en rends compte). Abstrait et paradoxal, ce parfum parle du plus beau des voyages, celui que nous n’avons pas encore fait. Le flacon, un étrier coulissant dont le point d'attache est le clou de selle d'Hermès joue sur les contrastes  des matières, l’effet de surprise et l’épure entre acier et verre blanc.


© Voyage - Hermès

© Voyage - Hermès



Le jus, frais, léger et dynamique en note de tête avec des essences de citron et de thé, laisse ensuite place à des notes plus chaudes et épicées de cardamome et d’hédione en cœur. Enfin, le fond composé majoritairement de muscs blancs laisse un voile laiteux quasiment palpable.

Et si pour George Sand « le souvenir est le parfum de l’âme », pour moi, les parfums  symbolisent l’essence même du souvenir, l’âme de ces belles parenthèses, trop rapidement estompées de nos mémoires que sont les Voyages. Voyage d’un jour, d’une semaine, d’une vie, je les veux légers, frais et musqués, aux couleurs éclatantes des gavroches en soie de la maison Hermès. 

Tel un puzzle olfactif dessinant les contours d’une personnalité, à vous de relier à présent essences chyprées ou boisées, fougères et orientaux avec les traits de nos personnages que vous avez appris à connaître un peu plus au fil de ce quelques mois. Et si enfin quelques uns d’entre vous se demandent quelles parties du corps doit-on le plus judicieusement se parfumer ? Je n’aurais qu’une seule réponse à vous apporter, comme le disait si justement Coco Chanel "Partout où vous désirez être embrassée" ! Bons baisers parfumés !

A & W. 

vendredi 21 décembre 2012

Un (Loup) Garou place Vendôme



Oyez, oyez, oyez ! (Me viens tout d’un coup à l’esprit que l’on utilise si peu cette charmante conjugaison du verbe Ouïr… et que des crieurs de rue comme à Londres ou à New York seraient des plus pittoresques à Paris !) (Me dis aussi, que faire une digression dès la première phrase d’un article est tout de même un peu culotté, mais bref, à défaut de vous fâcher, vous accepterez mes salutations déculottées !) Gentes Damoiselles, gentes Damoiseaux, Garçons aux Foulards, Dames aux Foulards, les Mayas ont bel et bien vu juste, ce mois de décembre est réellement la fin du Monde ! Ou du moins la fin d’un certain Monde ! Celui où le mot Luxe avait un sens. Où l’élégance était de rigueur. Où celui de la Joaillerie avait ses codes et ses valeurs.Terminé !
Ce n’est pas moi qui le dit, mais le texte sacré du  « Popol Vuh »  (googlisez mes petits !) qui d’après la toute dernière interprétation des Garçons aux Foulards a prévu l’arrivée d’un (loup) Garou dans le ciel étoilé de l’univers de la Joaillerie !

Le joaillier Mauboussin a en effet eu la brillantissime idée de choisir le chanteur québécois Garou (ex Notre Dame de Paris, et surtout ex boy-friend de la délicate et délicieuse chanteuse Lorie… excusez du peu) comme égérie de sa dernière collection de bijoux masculins et du parfum « Pour Lui »! « Chanteur, auteur, comédien… Garou est une figure à la personnalité multiple, à la sensualité virile, à la voix invulnérable et à l’élégance moderne, déclare Mauboussin pour justifier son choix. « Ah bon ? » avons nous envie de répondre !

Passons sur le détail de la qualité d’artiste de ce monsieur qu’en aucun cas nous n’avons a juger… (Quoi que) Ce qui me chagrine profondément c’est de constater à quel point on peut massacrer l’image d’une (ancienne) maison de joaillerie. Dans un plan de communication, dans ce cas précis une « Star Stratégie » pour les néophytes, le choix de l’égérie car celle-ci est censée partager les mêmes valeurs que la marque, et promouvoir pour le mieux l’image de celle-ci dans une parfaite cohérence. Passe encore pour le choix de l’élégante actrice française Elsa Zylberstein (photoshopée plus que de raison..), ou de la jeune et talentueuse Gaïa Weiss, qui représentaient avec élégance la marque française.


Mais quid du chanteur Garou ? Québequois (Y a pire comme défaut dans le vie c’est sur, mais le choix d’une personnalité française eut sans doute été plus judicieux…), chanteur au répertoire des plus populaires, assez peu connu pour son sens de l’élégance ou son amour des accessoires…. Bref, un choix de « baisse en gamme » qui correspond parfaitement au reste de la communication de la marque, affichant ses montres à 349 euros ou ses bagues « Haute Joaillerie » en 4X3 dans le métro parisien.


Non pas que je sois snob, loin de la (349 euros c’est déjà bien assez cher pour une montre…), mais qui peut croire en la possibilité d’une maison de « Haute Joaillerie » fabriquant ses pièces à la main en France, capable de vendre des articles dit de Joaillerie à ce prix là ? Avec un peu de bon sens, personne ! Je crie donc non  seulement à l’inélégance absolue de cet ambassadeur ni de chic et encore moins de choc, en celle des différents supports de communication choisis, et surtout à la supercherie marketing de toute cette histoire ! Car non mesdemoiselles, non mesdames, non messieurs, c’est très triste, je dois moi le reconnaître, mais le travail et la qualité dans le domaine de la Haute Joaillerie ont un coût. Et les prix de 349 euros ou 899 euros ou 599euros, sont juste impossibles à obtenir lorsque l’on se targue de cette étiquette jalousée dans le monde entier que celui de la Haute Joaillerie. Et enfin, ce n’est pas parce que l’on ouvre un point de vente Place Vendôme, que cela est un gage de qualité !... Loin de là.
Du coup, une dernière question se pose à moi, A ce rythme, à quand Lorie ou Hélène Segara ambassadrices d'une des maisons de la Place Vendôme? Affaire à suivre... 
A.

samedi 22 septembre 2012

Balenciaga au Pays de Sapho


Balenciaga et l’univers de la publicité c’est un peu une histoire médiatique à la « Je t’aime, moi non plus » qui m’a toujours beaucoup amusé. Naviguant d’une rive à l’autre du dangereux fleuve de la Communication, alternant entre Star Strat’ parfois étonnante et discrétion quasi monacale d’un Directeur Artistique phobique de l’univers de la presse, Balenciaga, propose au fil des saisons sa vision de la femme. Tantôt futuriste et robotique, tantôt déprimée ou carrément lascive, elle devient pour la précollection 2013, dévoilée sur la toile il y a quelques jours, épanouie et heureuse en proie à une crise aigue de plaisir Saphique.
Mais comment en est-on arrivé là ? Quel coup de baguette magique Nicolas Ghesquière a-t-il donné à la femme Balenciaga pour la libérer en moins d’une collection de son carcan stylistique, libérant son corps de ses habituels néoprènes pour l’habiller d’une légèreté floue et sensuelle ? C’est à cette question sensible que nous allons nous intéresser, étudiant saison après saison, campagne publicitaire après campagne publicitaire, tel le rattrapage du roman photo de l’été que nous n’avons pas encore lu, l’évolution de la dite Femme Balenciaga !

Flashback

Hiver 2008

Tout commence à l’automne-hiver 2008, lorsque Balenciaga, inaugurant fièrement la toute nouvelle boutique de Los Angeles, décide de sortir de sa torpeur médiatique et de frapper un grand coup en se choisissant une égérie incarnant une certaine vision de l’élégance à la française en la personne de l’actrice et chanteuse Charlotte Gainsbourg. Cheveux plaqués et brillants, poses volontairement figées presque déshumanisées aux accents robotiques, Charlotte Gainsbourg, sous l’œil aiguisé du photographe David Sims se meut en icône mode forte et ultra féminine et incarne une certaine vision de la Couture 2.0, alliant précision des coupes, modernité et contraste des matières.

© Balenciaga AH/08
© Balenciaga AH/08

Eté 2009

Suite au premier coup de maître de David Sims, Balenciaga réitère sa collaboration avec le photographe Britannique, et impose un style résolument futuriste pour la femme Balenciaga. Cheveux tirés, tenues structurées, décor énigmatique, presque Lynchien – « Mulholland Drive » n’est pas loin. Pari réussit, Balenciaga définit les grandes lignes de sa communication – avant-gardiste, arty et à contre-courant.

© Balenciaga PE/09
© Balenciaga PE/09

Hiver 2009

Immense fracas, bruit de meubles renversés dans les coulisses feutrées de la discrète maison Balenciaga et grands changements en matière de communication. Le talentueux David Sims et remplacé par le photographe de mode Steven Meisel à l’univers sans doute moins asexué que celle de son prédécesseur. Au revoir Mlle Gainsbourg, et bonjour à l’actrice américaine Girl Next Door Jennifer Connely, qui devient ainsi le temps d’une saison l’égérie peu conventionnelle et très lascive d’une maison de couture parisienne peu connue pour son coté grivois… Désordre organisé, corps renversé, chevelure ébouriffée, jambes hautement relevées et même croupe fièrement tendue… Chocking ! La femme Balenciaga s’encanaille, faisant fit du robotique passé, comprenant que dans une certaine sexualité débridée repose peut-être son salut !

© Balenciaga AH/09
© Balenciaga AH/09
© Balenciaga AH/09

Eté 2010

Finit les caprices aux accents érotiques de Miss Connely, la très parisienne et très discrète Charlotte Gainsbourg est de retour pour incarner le tout nouveau Parfum Balenciaga. Fraîche, discrète, fragile mais confiante, la nouvelle femme Balenciaga n’a cependant pas oubliée les leçons de sa cadette américaine ; posant sagement au bord de l’eau, elle laisse sa robe en néoprène en cabine d’essayage et ressort légèrement vêtue d’une simple combinaison en satin et dentelle noire dévoilant quelques centimètres de chair de plus. Le sage Eros a sans doute un parfum, celui de la poudre ancienne et de la violette tout comme les notes de fond du nouveau jus Balenciaga !...

© Balenciaga PE/10


Hiver 2010

Un pas en avant, un pas en arrière… la femme Balenciaga doute. Liberté sexuelle débridée comme sa consœur Américaine ou sage retenue ? La réponse pour l’hiver 2010 se trouve sans doute quelque part au milieu. Nicolas Ghesquière, par le biais du photographe Steve Meisel, (dés)habille les mannequins Mirte Maas, Kirsi Pyrhonen et la très belle Stella Tennant, de robes en soie gauffrée, plissée, structurée aux tonalités rouge orangées et aux longueurs pour le moins estivales. Incroyables souliers nous rappelant telle une petite madeleine de Proust les Légo de notre enfance, imprimés arty, et fond ocre presque inquiétant, l’honneur de la femme Balenciaga est sauf ! Mais, chevrotante, grelottante et sans doute quelque peu déroutée, la femme Balenciaga a froid !

© Balenciaga AH/10

Printemps été 2012

Ellipse temporelle de plusieurs saisons, nous retrouvons la femme Balenciaga shootée par Steven Meisel (et oui, toujours) au Printemps-été 2012 totalement défaite, au bord de l’hystérie et de la dépression nerveuse ! Décor chaotique d’un appartement ou tout est à la renverse, volumes minimalistes de son intérieur nous faisant nous demander ce qu’il est advenu de son élégant appartement Haussmannien ou de sa résidence secondaire à Los Angeles et nous rappelant indéniablement la crise du logement à Paris. Le cheveu sale et désordonné, la capeline de travers, entourée des factures impayées de sa carte de paiement du Bon Marché Rive Gauche, rien ne va plus, la femme Balenciaga est définitivement au bout du rouleau !

© Balenciaga PE/12
© Balenciaga PE/12

Dépression post électorale ou bien effet de la crise économique mondiale qui lui fait craindre une irrémédiable récession du monde Occidentale sans cesse rabâchée par les Médias qu’elle regarde à présent comme une folle ?

© Balenciaga PE/12
Ou bien la femme Balenciaga n’en peut-elle plus de ces vestes trop grandes pour elle qu’elle doit porter, de ces jupes aux longueurs Mormones qui lui tassent la silhouette et de ces shorts en néoprène à taille haute qui la cisaille à longueur de journée ?

© Balenciaga PE/12
© Balenciaga PE/12

Non ! La femme Balenciaga est en pleine crise d’identité et ne comprend pas le choix de sa nouvelle égérie qui incarnera dans les prochaines semaines le parfum FloraBotanica – Kristen Stewart !

© Balenciaga PE/12
Pensez donc ! Une vampire sortit du ruisseau ! Une actrice américaine ayant toujours prônée l’anti-mode et ne portant jamais de parfum comme égérie du nouveau jus de sa chère Maison !... Quelle hérésie ! Kristen Stewart,  puisqu’il s’agit d’elle, femme bionique au cou distortionné (et sans doute photoshopée plus que de raison), héroïne de toute une génération d’adolescente en mal de sentimentalisme nocturne à l’eau de rose, presque aussi grande que le flacon de parfum qu’elle est censée incarnée, portant une robe en soie imprimée sur néoprène d’une collection (passé)antérieure est l’improbable égérie d’une campagne de Star Stratégie aux ficelles si peu discrètes et qui est Ô combien éloignée des valeurs d’une maison puisant ses racines dans le raffinement Madrilène et le Constructivisme et la Recherche vestimentaire.

© Balenciaga FloraBotanica
No Comment ! Silencieuse, la femme Balenciaga souffre.

© Balenciaga PE/12

Hiver 2012

Pour se remettre de son mal-être stylistique, la femme Balenciaga décide de quitter Paris pour un temps et prend ses quartiers d’hiver dans sa maison de Guétary loin de la frénésie de la capitale, soucieuse d’oublier l’affront Stewart ! Dunes de sables, ciel orageux (en référence au film Take Shelter), air marin et embruns lui font le plus grand bien ! 

© Balenciaga AH/12
Le cheveux libre, l’œil hagard, assise, face à la mer, la femme Balenciaga en oublierait presque ses rudiments de Mode, et piquant dans le coffre de vêtement qu’elle avait gardée depuis son adolescence, elle porte sans se soucier des associations parfois hasardeuses qu’elle fait, les pantalons taille haute élastiquées de sa maman (c’est la mode cette saison croit-elle avoir lu dans le Marie-Claire 1988 qui traînait sur la table basse du salon), ses sweat-shirts Star Wars qu’elle portait déjà Over Size adolescente pour cacher ses formes naissantes (précurseuse la Femme Balenciaga vous dit-on !) ainsi qu’une paire de gant (il fait frais parfois en bord de mer en cette fin de saison) qu’elle croyait avoir perdue et qu’elle aurait sans doute due… Break stylistique indispensable pour se remettre d’aplomb et attaquer 2013 sous les meilleurs augures !

© Balenciaga AH/12
© Balenciaga AH/12

Printemps-Eté 2013

Et quelle agréable surprise ! La femme Balenciaga revient rayonnante, reposée et épanouie de son séjour en bord de mer ! Ayant compris que le néoprène était définitivement Out pour la prochaine saison, brûlant ses imprimés StarWarsiens, la femme Balenciaga glisse son corps nu dans de délicats jerseys de soie et de légères mousselines pastel. Inspirée de la version contemporaine de Malcolm McLaren de l’opéra « Madame Butterfly », la vidéo Balenciaga Resort 2013 est une ôde à la féminité, à la douceur, mais aussi  aux plaisirs saphiques…

© Balenciaga PréCollection/13
© Balenciaga PréCollection/13

En effet,  loin de s’être ennuyé l’hiver durant, la femme Balenciaga est revenue de son séjour Landais entourée de nouvelles amies ! Proches ! Très proches !..

© Balenciaga PréCollection/13
Défilant lentement dans un décor minéral quasi irréel, ses nouvelles compagnes, langoureusement étendues sur de blocs de pierre à la blancheur toute virginale, se suivent, s’effleurent, se touchent et se caressent… Ignorant l’opprobre populaire face au revirement de son orientation sexuelle, telle une délicate sylphide d’un temps nouveau, la femme Balenciaga, libérée de son carcan se sent libre. Libre de son corps, libre de ses mouvements, libre de ses vêtements, elle déambule vêtue de jolies vestes fluides à la carrure soulignée, de jupes de patineuse à godets, et de shorts aussi courts qu’une belle journée de printemps.

© Balenciaga PréCollection/13



Heureuse, libre et épanouie, enfin, la femme Balenciaga, après de nombreuses hésitations stylistiques, de nombreux doutes et de multiples questionnements semble enfin avoir trouvée sa voie,  celle de la douceur du pays de Sapho !

A.