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mardi 3 mars 2015

Milan – Les 12 commandements Anti-Fashion


Alors que vient de se terminer aujourd’hui la Fashion Week de Milan que dire, outre essayer de vous livrer en quelques petits commandements teintés d’humour notre désarroi face à des collections hiver frisant avec le ridicule, le vulgaire, le vintage, la copie, voir un peu de tout cela réunit. Milan vit encore sur le souvenir de ses heures glorieuses et ne nous convainc toujours pas. Entre un baroque plus vraiment d’actualité et un minimalisme aux antipodes de la culture italienne, Milan est perdu et nous livre une très belle leçon d’anti mode !

A. comme Astrologie

Peter Dundas, l’ancien directeur artistique de la maison italienne Pucci, serait-il devenu superstitieux ? C’est du moins ce qu’il nous fait penser avec ce dernier défilé des plus astrologique. Scorpion, Sagittaire, Lion ou Capricorne, tout le monde s’en prend pour son signe ! Mais n’est pas Madame Irma qui veut, et Peter n’a sans doute pas trouvé dans les chimères de sa bonne étoile la tendance de l’hiver prochain ! Alors mesdemoiselles, s’il vous plait, éviter de porter des tenues qui pourraient être sponsorisées par la Française des Jeux !  

© Pucci FW15
© Pucci FW15
© Pucci FW15
© Pucci FW15


B. comme Béret

Hommage au Saint Germain Existentialiste de Sartre, de Simone de Beauvoir ou encore de Juliette Gréco ? C’est le message que certaines griffes telles que Luisa Beccaria, Fay ou encore Gucci on eut l’envie de véhiculer. Mais j’ai bien peur qu’un béret, une paire de lunettes à grosse monture et une silhouette faussement danseuse ne suffisent pas à faire l’illusion. Quant aux ballerines façon espadrilles catalanes à lacets pompon fourrure, elles nous font tristement rappeler que durant de nombreuses années le petit nom de la griffe italienne au double G fut Gucci(hotte).

© Luisa Beccaria FW15
© Gucci FW15

B. comme Borat

Mais comment Francesco Scognamiglio a-t-il pu avoir l’idée saugrenue de refaire en version faussement couture le plus célèbre et plus ridicule slip du 21ème siècle ? Alors certes, il s’agit sans doute ici d’un modèle une pièce plus échancré, plus décolleté, mais la finalité est la même. Et lorsque l’on voit la tête des malheureuses mannequins portant ce mono brésilien en soie et dentelle un peu kitchy, on imagine le plaisir infini de sa coupe… et surtout l’envie de se cacher sous la couette servant de manteau

© Francesco Scognamiglio FW15
© Francesco Scognamiglio FW15

E. comme crise d’Epilepsie

Prenez une friperie dans le Midwest américain, mettez-y quelques jeunes filles rebelles et un peu ravagées, laissez agir une petite demi heure et vous obtiendrez les looks les plus cacophoniques qu’il soit possible d’imaginer. Imprimés, matières, textures, couleurs, longueurs, boulimie de références stylistiques, c’est à une véritable crise d’épilepsie mode que sont livrés nos pauvres yeux lors de la dernière collection Au jour le jour ! Affreux !

© Au jour le jour FW15
© Au jour le jour FW15


F. comme Fête des Mères

Ce  n’était pourtant pas le Fête des mères en Italie. Mais Domenico Dolce et Stefano Gabbana doivent avoir pas mal de choses à se faire pardonner par leur maman pour oser livrer une telle collection ! Quelque part entre Plaisir d’offrir - Joie de recevoir et le look Mère-Fille de Comptoir des Cotonniers, pour l’hiver prochain la femme Dolce & Gabbana a des soucis à se faire ! Car derrière les roses rouges se cache une bien terrible névrose liée à la mère, qu’il faudra s’empresser de dénouer avec l’aide de son psy chéri. Car non mesdemoiselles, on ne s’habille pas comme maman, non mesdames, on ne veut pas que sa fille soit un petit réplica de soi et non tout le monde ! Et si enfin on a quelque chose à dire à sa maman, n’y a-t-il pas de plus jolies méthodes de le faire que de chauffer sa CB chez DG ?

© Dolce & Gabbana FW15
© Dolce & Gabbana FW15
© Dolce & Gabbana FW15

H. comme Harnais

Petit coup de chaud dans le jardin fleuri un peu trop propre de Giambattista Valli cette saison. Sans doute l’effet Fifty Shades of Grey au cinéma, mais la fille Giamba ose et sort sa plus jolie collection de Harnais, les associant avec des petites robes légères, presque mièvre – chocking ! Allez petite, une tisane, une fessée et au lit ! Quoi que…

© Giamba FW15
© Giamba FW15

M. comme Moumoutte

Réchauffement climatique, fonte des calottes polaires, ou inversement hiver new-yorkais polaire, les créateurs nous parlent météo depuis plusieurs saisons. Mais est-ce pour autant raisonnable de créer des souliers grizzly ? La réponse est indéniablement non ! Sauf si l’on souhaite ressembler, comme nous le propose Antonio Marras ou Alessandro Michele, nouveau directeur artistique de Gucci, à la petite amie du cher Cousin Machin - chose que l’on ne veut bien évidemment pas !

© Antonio Marras FW15
© Gucci FW15

© Cousin Adams

P. comme le Pire Pantalon de l’histoire des Pantalons !

Un grand bravo à la griffe italienne, souvent assez pointue d’ailleurs, MSGM qui a réussit le pari audacieux de créer le pantalon le plus vilain de la saison ! Que dis-je, peut-être même de l’histoire du pantalon ! Longueur Capri (ou 7/8ème ne chipotons pas), large sur la cuisse, évasé sur le bas, un bonheur de non élégance, une ode de mauvais goût ! Et quand en plus il se décline en velours, on cris au génie (surtout à son absence) ! Sauve qui peut !

© MSGM FW15
© MSGM FW15

R. comme Ridicule

Voici sans doute l'attitude la plus ridicule de cette fashion week. Mais qui a eu la brillante idée de conseiller aux mannequins de la vénérable maison milanaise de défiler les bras croisés? Peut être Carine Roitfeld, nouvelle conseillère de la marque? Le doute persiste, mais le mal est fait; ridiculisant d'une moue et d'un croisement de bras faussement pimbêche bourgeoise, une collection de manteau au classicisme marqué. Attitude d'enfermement, de replis sur soi, de rejet de l'interlocuteur en face de soi, voici un bien étrange message de communication non verbale que nous véhicule Max Mara

© Max Mara FW15
© Max Mara FW15


T. comme Tyrol

Alors certes Karl Lagerfeld a des origines germaniques qu’il assume plutôt bien, organisant même son dernier défilé des Métiers d’Art Chanel à Salzburg dans une ambiance tyrolo-rococo-sissi (si, si), mais ce n’est pas pour autant qu’il faut jouer au Heidi dans la montagne et se déguiser l’automne prochain en parfaite petite tyrolienne Fendi. Non !

© Fendi FW15

V. comme Versace

Que dire de plus ? Plus grand chose. Les photos parlent d’elles même et au milieu de cette cacophonie stylistique d’un goût plus que douteux, un seul message semble être véhiculé par la collection : Versace jamais plus tu ne porteras !


© Versace FW15
© Versace FW15
© Versace FW15

Z. comme Zèbre

L’ensemble brassière pantalon zèbre, brodé corail, manteau jaune, ceinture clouté, Fausto Puglisi - tu ne porteras pas ! Non ! Sauf éventuellement si tu t’appelles Nicki Minaj ou Iggy Azalea et que tu tournes ton dernier clip, mais non, tu ne t’appelles pas Nicki Minaj ou Iggy Azalea ! Non on a dit !

© Fausto Puglisi FW15

A.




lundi 14 juillet 2014

Haute Couture Parisienne – Best Of



L’été à peine commencé, que nous voici déjà sur les starting blocks pour découvrir les collections Haute Couture Automne Hiver 2014. Loin de toute idée de rentabilité, de marge, ou de coups de production, les créateurs, libres de toute contraintes, nous proposent leur vison de mode, mais aussi de la femme. Tout d’horizon parisien de nos coups de cœur très très Couture.
 
Chanel

Voyage au cœur d’un Versailles ressuscité par la maison Chanel ou Karl Lagerfeld a réussit à synthétiser l’esprit Grand Siècle en un défilé grandiose de simplicité et d’élégance. Avalanche de silhouettes blanches comme les murs des salons d’apparats, celles-ci sont rehaussées tout comme ceux qui les inspirent de précieux détails couleur or. Tweed chicissime et graphiques au tons de la collection, portées sur des sandales plates légères et aériennes.  Touches de rouge et de bordeaux, le pourpre sort de sa connotation impériale pour exulter dans les salons des plus riches capitales.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Volumes faisant échos aux paniers qui ont fait de la mode de la cour de France l’une des plus réputées d’Europe, retravaillés en néoprène moulé pour obtenir la beauté de la ligne sans pour autant être entravé par le carcan du panier. Broderies insensées au fil d’or nécessitant des centaines d’heure de travail par modèle, le défilé se termine par le clou du spectacle – une mariée enceinte (modernité oblige, la blanche mariée n’est plus virginale depuis longtemps) à la traîne spectaculaire, entièrement rebrodée de fils d’or, à l’esprit robe de cour. Majestueux.

© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14
© Chanel Haute Couture FW14

Elie Saab

Maître incontesté de la Haute Couture, Elie Saab, continue, saison après saison d’habiller les plus belles et plus riches femmes de la planète. Et la raison en est sans doute simple, loin de courir après une ultra modernité de bon ton, Elie Saab, se concentre sur le vêtement et le désir de ses clientes, avec un seul objectif, celui e les rendre encore plus belles. Nulle excentricité non maîtrisé, nul jeu de coupe non calculé, Elie Saab fait des robes et il les fait bien !


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14 
© Elie Saab Haute Couture FW14

Voyage en eaux profondes pour cet automne hiver, la collection Haute Couture s’inspire de la richesse et de la poésie des fonds marins, pour recouvrir les mousselines légères de broderies aux formes aquatiques. Milliers d’heures de broderies mains pour reproduire la magie des coraux, des perles (de culture) et autres espèces de la faune et de la flore vivant au cœur d’un univers magique et mystérieux.


© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14

Nuances de couleurs faisant échos à l’esprit de la collection, le défilé commence par une dizaine de passages dans des dégradés de bleu et de marine, hommages aux couleurs des mers et océans. Univers aquatique qui laisse place à la couleur du corail emblématique des trésors marins, pour enfin exulter dans un véritable bain d’or liquide. Somptueux.


© Elie Saab Haute Couture FW14

© Elie Saab Haute Couture FW14
© Elie Saab Haute Couture FW14


Giambattista Valli

C’est à un bien joli voyage que nous invite le couturier Giambattista Valli. Fuyant la réalité d’une saison automnale souvent morose, le styliste italien nous entraine avec lui dans une explosion florale, à la fraicheur et à la légèreté déconcertante.


© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14 
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Dizaines de mètres de tulle blanc, avalanche de fleurs brodées, faisant échos à la luxuriance des jardins italiens au printemps, imprimés tropicaux, ou encore jeu de rayures graphiques en noir, blanc et transparence, volumes et esprit année 50 ; on croirait resurgir un Autant en emporte le vent de légende - version contemporaine bien sur ! Merveilleux !

© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14
© Giambattista Valli Haute Couture FW14

Maison Martin Margiela

Etonnante surprise que celle de ce défilé Maison Martin Margiela Haute Couture, ou plutôt devrions nous l’appeler Ligne Artisanale, comme l’aimait à la nommer son ancien créateur. Car outre le très beau spectacle proposé par le studio de la maison du groupe Diesel, nous avons également eu la chance de découvrir grâce à Suzy Menkes, le nom de celui qui se cache derrière la horde de petite blouse blanche et qui tel un chef d’orchestre en dirige les mouvements – le jeune et talentueux Matthieu Blazy. Un nom qui fera à n’en pas douter de plus en plus parler de lui à l’avenir.

© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14


Mais plutôt que de nous intéresser au créateur, intéressons nous plutôt aux créations d’une richesse inouïe pour cette saison. Périple exotique et coloré, Maison Martin Margiela rend hommage au Pays du Soleil Levant, si cher et qui inspira autant le fondateur de la maison. Silhouette japonisantes, mais forcément revisitées, les magnifiques kimono peints traditionnels deviennent ici des robes aux découpes simples, mais dont les dessins deviennent broderies mains.
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14 
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Explosions de motifs floraux, travaillés en all over ou en savants patchworks assemblés. Iris, glycines, paon, tigres, impossibles de ne pas faire référence à l’art de la fin du 19ème siècle qui vit se développer un attrait tout particulier pour tout ce qui venait d’extrême orient, et qui inspira des artistes de génies, Vincent Van Gogh en tête. Et pour moderniser le tout ? Un bombers en satin de soie brodé – futur must have !


© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14
© Maison Martin Margiela Haute Couture FW14

Rami Al Ali

Collection tout en délicatesse, comme toujours chez le couturier d’origine syrienne Rami Al Ali. Fidèle à ses origines orientales, Rami Al Ali habille les femmes pour les rendre belles. Plus axé sur le travail d’embellissement des tissus que sur l’excentricité de la ligne, les silhouettes sont fines, fluides, dégagées des oripeaux inutiles.

© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Inspiré par le monde végétal, la femmes Rami Al Ali, se déploie telle une liane urbaine, vêtue de nuances de vert, ou de rouge sanguins, de broderies aux motifs fleur ou encore de savant jeux de plissés, rappelant les nattes antiques à base de feuilles de papyrus. Collection aux forts accents exotiques, les feuillages exubérants de la nature se traduisent ici en de savants et délicats dévorés, jeux de transparences, ou travail méticuleux de plissés ou de superpositions de « feuilles » de chiffon. Eblouissant.


© Rami Al Ali Haute Couture FW14
© Rami Al Ali Haute Couture FW14

© Rami Al Ali Haute Couture FW14

Ulyana Sergeenko

Ulyana Sergeenko vient des froides contrées russes et cela se voit ! Epouse du milliardaire Danil Khachaturov, celle ci a fondée sa maison de couture en 2011 et depuis, la créatrice (mais aussi photographe, bloggeuse, socialite…) présente à Paris chaque saison, une collection riche, opulente, à l’image d’une certaine Russie Eternelle. Pour cette collection, la jeune femme voulait donner à voir aux travers ses silhouettes l’image du «premier quart du XXe siècle, une époque utopique, excitante et légèrement effrayante de l’histoire russe». Programme ambitieux cela va sans dire pour celle plus habituée du faste et du glamour que de la conceptualisation du constructivisme russe…


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

De cette période artistique, nous en retiendrons surtout certaines formes géométriques, et l’association des blancs, des noirs, des rouges orangés chers à Malevitch, que l’on retrouve sur des ensembles de jour en laine mohair, twistés de cuir vernis, ou bien en dégradé sur un long vison blanc. Fourrure omniprésente tout au long du défilé, mettant en avant un travail de façon remarquable, associant, visons rasés, renards argentés, empiècements de broderies et de cristaux, de quoi ravir les riches clientes d’Ulyana Sergeenko et leur permettant d’affronter les rigueurs du froid sibérien. Et quand enfin, celles-ci s’apprêtent pour le soir, la fourrure tombe pour laisser place à des robes du soir au volumes glamourissimes en velours de soie rasés, rebordées, ou encore en mini combi bustier noir. Nul doute, Moscou est descendu s’encanailler sous de plus chaudes contrées !


© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14
© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

© Ulyana Sergeenko Haute Couture FW14

A.