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samedi 16 mai 2015

Cannes 2015 – le pire du Tapis Rouge


Mais pourquoi les françaises sont-elles si ennuyeuses ? Etonnantes façon de débuter un article n’est ce pas ? Mais c’est réellement l’impression générale qui m’a submergé après avoir vu quelques uns des premiers looks de cette 68ème édition du Festival de Cannes. Looks sages, voir carrément « boring », les stars françaises, manquent cruellement de style et de fantaisie pour mettre en valeur l’une des spécificités culturelles du pays qui a pourtant crée l’idée même de la Mode. Tout d’horizon des pires looks Made in Cannes.

© 68ème édition du Festival de Cannes

Un vrai plaisir de revoir la jolie et pétillante Sophie Marceau, un plaisir beaucoup moins grand de découvrir la robe Sirène (plutôt écaille de poisson) signée Chanel adoptée par la membre du jury de cette nouvelle édition du Festival de Cannes pour la Cérémonie d’Ouverture qui ne met en rien sa jolie silhouette en valeur. Peut mieux faire nous étions nous dit lors de ce premier soir, et effectivement nous n’avons pas été déçu dès le lendemain…

© Sophie Marceau en Chanel 
Et patatra ! L’épisode culotte devient donc l’un des événements inconditionnels de Cannes. Après Ayem Nour l’année dernière qui avait montré au monde son amour de la dentelle noire au sortir d’une voiture, c’est au tour de Sophie Marceau, toute de blanc vêtue, de montrer au monde ce que celui-ci ne s’était pas attendu à voir… Et ce n’est sans doute pas Alexandre Vauthier, créateur de ce très beau modèle portefeuille en soie blanche, dans lequel l’actrice s’est pris les pieds dans l’escalier du Pavillon, qui doit être mécontent de cette publicité inattendue et qui a fait parler de lui et de sa création aux quatre coins du monde en l’espace de quelques instants.

© Sophie Marceau en Alexandre Vauthier
© Sophie Marceau en Alexandre Vauthier
© Sophie Marceau en Alexandre Vauthier


Monument du cinéma français certes, Catherine Deneuve n’est malheureusement plus, depuis la belle époque Yves Saint Laurent le monument mode qu’elle était autrefois. Et ce ne sont pas ses amitiés avec Nicolas Ghesquière ou Jean-Paul Gaultier (dont vous connaissez déjà notre avis sur sa carrière stylistiquement définitivement terminée) qui arrangent les choses sur les tapis rouge. Et pour cette première montée des marches de la saison, Catherine Deneuve ne fait pas les choses à moitié ! Ou plutôt si… Moitié Smoking masculin, moitié emballage de Bonbon rose fuchsia. Ce méli-mélo stylistique ne pouvait pas être signé par quelqu’un d’autre que par celui qui n’a plus sa place sur les catwalks de la Fashion Week parisienne depuis  quelques temps – Jean-Paul Gaultier. Et à l’image de ce look à moitié féminin, à moitié masculin, nous donnerons à l’éternelle demoiselle de Rochefort une note générale tout aussi médiocre, de 10/20 !

© Catherine Deneuve en Jean-Paul Gaultier

Alors oui il fait beau, oui le ciel est bleu pour une fois au dessus du ciel Cannois, oui la plage du Majestic est très agréable, et non, ce n’est pas pour autant qu’il faille se déguiser en Schtroumpfette ! Que la styliste qui a conseillée à Marie Gillain ce total look en dégradé de bleu Elie Saab (avec la ceinture bleu, et la pochette bleu aussi, tant qu’à faire, autant faire des raccords), clairement trop long (manches et longueur générale), n’ayant pas été ajusté et qui lui fait prendre 10 bons kilos se dénonce tout de suite et sois châtiée en public sur la Croisette !

© Marie Gillain en Elie Saab

Emmanuelle Béart – le drame ! Voilà donc les ravages de la chirurgie esthétique au bout de quelques années lorsque l’on a plus les moyens de toute évidence de faire des retouches correctes tous les 6 mois afin que cela reste correcte et/ou passable. Outre ces égarements de jeunesse de celle qui fut l’une des plus belles actrices françaises de sa génération, quelle idée ce look à la Morticia Adams en long fourreau noir juste découpé d’un décolleté carré blanc !... !... !…

© Emmanuelle Béart

Mais pourquoi ce drame stylistique sur la si jolie Aymeline Valade ? Découverte par le grand public l’année dernière dans le biopic consacré à la vie de Yves Saint Laurent, elle est presque méconnaissable malgré sa magnifique silhouette longiligne dans cette robe difficilement qualifiable tant elle fait chiche et pauvre. Des bretelles spaghetti qu’on croyait avoir définitivement disparues, à la longueur au dessus de la cheville que je déteste pardessus tout pour une robe du soir, en passant par le pan asymétrique, les arrêtes apparentes à la taille, absolument rien ne va ! Déception !

© Aymeline Valade

Alors certes Emmanuelle Bercot est réalisatrice, certes elle n’est ni ancien mannequin, ni forcément habituée à être sur les devants des caméras, mais est-ce pour autant une raison d’être aussi vilainement habillée ? Top bustier noir mixé à une jupe rouge droite boutonnée longueur genoux, on n’avait jamais rien vu d’aussi vilain depuis la folle soirée de mariage de Tatie Lucette dans le Vercors l’été 89. Franchement, il n’y avait aucune styliste free lance dispo sur la place de Paris pour éviter ce look ? Sarah Forestier, en petit groom Saint Laurent ne sauve pas forcément la mise non plus sur cette photo.

© Emmanuelle Bercot et Sarah Forestier

C’est étonnant, mais à chaque fois que l’on voit une image de Leila Bekhti dans un évènement officiel, on a toujours cette vilaine impression de la voir porter la même tenue, ou du moins le même style de tenue, et cette nouvelle version courte devant longue derrière signée Giambattista Valli nous donne la sensation d’un look encore et encore resucée par la styliste de la jeune actrice française – qui par ailleurs a le défaut de mettre en valeur des genoux qui mériteraient d’être cachés… Seule note positive, de très jolies sandales argent qui relèvent un peu la tenue.

© Leila Bekhti en Giambattista Valli

Inès de la Fressange, l’éternelle parisienne icône du chic décontracté nous surprend dans une robe triste à mourir en taffetas bleu marine dans « une création personnelle ». Honnêtement, cela ne mérite même pas d’être commenté tant te tenue est insipide entre ce col bateau, ces petites manches courtes et cette fausse traîne – décevant !

© Inès de la Fressange

Adèle Exarchopoulos fidèle à son inélégance habituelle a sorti pour le tapis rouge de Cannes, son plus joli tablier en dentelle signée Louis Vuitton… Je vous en laisse juge.

© Adèle Exarchopoulos en Louis Vuitton

Heureusement les actrices américaines et autres Happy Few présentes à Cannes pour défendre le cinéma anglo-saxon (ou rien du tout d’ailleurs) ne sont pas en reste et nous offrent également de très beaux moments de Fashion Police.

Tout comme Naomi Watts, en Elie Saab Haute Couture qui nous fait une très belle démonstration de prise de poids express, qui avec sa robe fourreau parsemée de plumes sur les hanches ferait prendre 2 ou 3 tailles à n’importe quelle femme normalement constituée, Naomi Watts n’échappant pas à la règle, surtout lorsque celle-ci pose face aux photographes avec les deux mains dans les poches afin d’accentuer encore plus les volumes ! Merci Naomi pour cette belle contre leçon !

© Naomi Watts en Elise Saab Haute Couture

Naomi Watts qui revient le second jour en version Veuve Joyeuse, vêtue toute de dentelle noire signée Ralph Lauren – nous féliciterons l’absence de raccord maquillage qui met en valeur les traces de bronzage du maillot de bain ! Ah, élégance quand tu nous tiens !

© Naomi Watts en Ralph Lauren

Ou Sienna Miller, membre du jury de cette 68ème édition, qui pour la cérémonie d’ouverture n’a rien trouvé de mieux à porter qu’une petite robe bleu asymétrique (quelque part entre le pétrole et le canard) agrémentée d’un gros nœud en velours noir digne d’un Prom’ de lycée de l’Utah. Réveillez moi s’il vous plait !

© Sienna Miller

Bon, il va falloir rappeler un petit quelque chose à nos amies les stars – on ne va pas sur un tapis rouge avec une robe rouge ! Et il serait bon de rappeler à Riccardo Tisci pour Givenchy, qu’habiller la belle Julianne Moore de velours et de crocodile pour un mois de mai est des plus discutable… tout comme la coupe asymétrique à manche de celle-ci qui nous plonge tout droit dans les plus vilains looks des 90’s…

© Julianne Moore en Givenchy

Ah ! Quel plaisir de retrouver notre « star » russe préférée Elena Lenina ! Et toujours aussi curieux de voir quel look improbable l’ancien mannequin russe arborera sur le tapis rouge de Cannes. Et après la version Barbie Boules de Geisha XXL de l’année dernière, Elena Lenina nous livre cette saison sa version très personnelle de la Reine des Neiges ! Etonnant, je ne comprends pas pourquoi les studios Disney ne font pas appel à elle comme conseil Es Style pour leur prochain tournages ?…. 

© Elena Lenina

Et qui a recommencé de plus belle le lendemain à coup de boules crêpées sur le chignon…. les spectateurs assis derrière elle lors de la projection ont du être contents…

© Elena Lenina
Esprit hivernal qui a d’ailleurs également inspiré l’actrice Michelle Rodriguez dans une robe fourreau brodée all over signée Zuhair Murad – tendance américano-américaine transformant les tapis rouge de ce début d’année en succursales d’Hollywood on Ice !...

© Michelle Rodriguez en Zuhair Murad

Salma Hayek en Alexander McQueen – Non Salma, je sais qu’avec le décalage horaire c’est toujours un peu difficile, mais ici c’est Cannes, pas le tournage de la dernière campagne publicitaire de gaspacho Alvale !… Alors tu ranges les froufrous, les volants,  les castagnettes et tu rentres te changer ! Oust !

© Salma Hayek en Alexander McQueen

Mais non ! On a dit de se changer, pas de ressortir la dernière petite robe imprimée grosses roses, portée lors du mariage de la petite cousine au fin fond de la campagne Mexicaine ! Salma Hayek, décidément, non c’est non ! Surtout quand soit dit en passant, on est l’épouse du PDG du 2ème plus grand groups de luxe au monde et qu’on a la possibilité de porter des dizaines de créations des poulains de l’écurie Kering, quelle tristesse de voir une aussi piètre ambassadrice.

© Salma Hayek en Alexander McQueen

L’actrice chinoise Fan Bingbing a-t-elle confondue le Festival de Cannes avec la fête du Printemps dans cette création féérique Marchesa plus proche de certaines Allégories Symbolistes que des Tapis Rouge Cannois ? Gustave Moreau, Edgard Maxence ou Dante Gabriel Rossetti n’auraient sans doute renié cette tenue digne de l’âge d’or des Nabis.

© Fan Bingbing en Marchesa

Naomi Watts (encore !) en Armani Privé porte une robe brodée de feuilles de bambou pour défendre son film « La Forêt des songes » - subtile vous avez dit ?.... Inutile bien sur de parler du travail d’asymétrie et de biais des volants de la robe, manquant cruellement de légèrement et de finesse.


© Naomi Watts en Armani Privé

C’est en cerf volant coloré signé Valentino que Sienna Miller est apparue une nouvelle fois sur le tapis rouge de Cannes – Attention Sienna à ne pas s’envoler dans la stratosphère de la Fashion Police à coup de looks improbables !

© Sienna Miller en Valentino

Un homme une fois n’est pas coutume dans notre petit classement des pires looks, et quel homme ! Robbie Williams, ancien objet de fantasmes et d’émois de toute une génération d’adolescente, visiblement en pleine crise de la quarantaine, n’a rien trouvé de mieux que de se faire une houppette peroxydée à la Tintin !... Ou bien peut-être se met-il dans le personnage pour préparer un prochain biopic sur le héros de Hergé ? Affaire à suivre.

© Robbie Williams en Tintin
© Robbie Williams en Tintin

Sans doute amoureuse et passionnée des Contes des Milles et Une Nuits, Virginie Elfira c’est sans doute sentit très inspirée pour fouler le tapis rouge en Combinaison pantalon en lurex gold telle une Shéhérazade des temps modernes! L’idée pourrait ne pas être mauvaise et changerait de l’invariable robe longue ennuyeuse à pleurer ; si bien sur la dites combinaison était bien coupée ! Au lieu de cela, une taille trop marquée qui boudine l’actrice belge, et un pantalon taille haute à double pince qui fait gagner deux bonnes tailles à la jolie blonde ainsi qu’une culotte de cheval à faire frémir tout Weight Watchers !

© Virginie Elfira en Shéhérazade

Dieu sait que nous l’adorons la si jolie Diane Kruger et tout vêtement prend une véritable nouvelle dimension sur elle, mais cette petite robe trop courte, couleur bleu layette ornée d’une énorme rose bordée sur le devant, signée Dolce & Gabbana, et qui semble sortir tout droit du dressing d’une petite fille de l’Upper Class Shanghaienne, c’est Niet!

© Diane Kruger en Dolce&Gabbana


Et puis Cannes ce n’est pas que les tapis rouge, c’est aussi tout un tas de soirées et d’évènements tous plus élégants et pertinents, en relation avec le 7ème art… Tout comme l’immanquable soirée Magnum, ou une Miranda Kerr très décolletée, toute de rose Emmanuel Ungaro vêtue (bah ouais, c’était la soirée Pink & Black Magnum ! ça s’invente pas), jouait à « Je croque ou je croque pas ? », « Je suce ou je suce pas ? » avec un Magnum taille XXL recouvert de fleurs en crochet ! Appétissante vous avez dit ? La glace ! Pas Miranda à moitié nue ! Voyons !

© Miranda Kerr en Emmanuel Ungaro
© Miranda Kerr en gros Magnum Rose
© Miranda Kerr en gros Magnum Rose
Charlotte Casiraghi était en Gucci sur le tapis rouge de Cannes (contrat publicitaire oblige pour l’égérie monégasque) - que dire ? Par où commencer ? Pour dire à quel point cette petite robe bleue imprimée fleurie est vilaine et à quel point elle fait chiche et pauvrette avec ses petites bretelles fines et sa ceinture presque froissée ! Quant aux volants plissés glissant de haut en bas, inutile même d’aborder le sujet !...


© Charlotte Casiraghi en Gucci

Afida Turner qui n’a rien trouvée de mieux pour la 1ère du film Mad Max que de se déguiser en mauvais sosie de sa belle mère Tina Turner, héroïne toute de cuir et de côte de maille vêtue lors du Mad Max original, en une robe au gout plus que douteux du créateur américain Lloyd Klein, remportant très certainement (comme à son habitude) la Palme de plus vilain look du Festival !

© Afida Turner en Lloyd Klein

L’actrice indienne Sonam Kapoor, égérie du partenaire du Festival L’Oréal a droit à sa montée des marches quotidienne, et nous ravit cette fois-ci en abat-jour vintage à plume signé Elie Saab ! Une attaque de kitchitude extrême que ne renieront sans doute pas les adeptes des grandes heures de Bollywood !

© Sonam Kapoor en Elie Saab


Quelqu’un peut-il dire à la styliste d’Eva Longoria que lorsque sa cliente fait la taille d’un petit poney, on évite de lui coller la grosse meringue bleue marine façon sirène de chez Atelier Versace qui rend la Desesperate Housewive désespérément petite et tassée malgré les 15cm de talons sur lesquels elle doit être juchée ? Merci !


© Eva Longoria en Atelier Versace

Rendez vous dans quelques jours, afin de se rattraper et jeter un rapide coup d’œil sur les plus jolis looks de cette 68ème édition Cannoise.

Autant il peut nous arriver de trouver parfois Jane Fonda moderne et excellente ambassadrice de ce que peut être une femme mûre contemporaine - féminine, sûre d’elle, en pleine forme, n’ayant pas peur de mettre en évidence une silhouette extrêmement bien conservée. Autant, parfois, son côté « Amour, Gloire et Beauté » uber 80’s reprend le dessus, et c’est à nouveau une véritable catastrophe sur le tapis rouge, comme le fut cette épouvantable robe longue Schiaparelli Couture en taffetas noir, enrubannée d’un métrage infinie de soie rose (certes Shocking) à la subtilité très peu Couture et qui nous fait plus penser aux étals colorés du Marché Saint Pierre ou de Tissu Reine…



© Jane Fonda en Schiaparelli


Lorsqu’une humoriste foule le tapis rouge de Cannes, nous ne sommes souvent pas loin du Fashion Faux Pas (chacun son métier après tout, le rire d’un côté, le glamour de l’autre), et lorsque l’humoriste en question se prend des velléités de modeuse, cela peut parfois friser la catastrophe stylistique, tout comme le prouve Florence Foresti, toute de blanc vêtue dans une robe Delphine Manivet, dont la longueur, le volume, l’esprit et les souliers n’auraient sans doute pas déplus à Dorothy, héroïne mythique du merveilleux Magicien d’Oz ; mais qui sortis de leur contexte, à Cannes, en 2015 prennent une toute autre dimension. D’ailleurs, doit-on rappeler à Mlle Foresti que le blanc chez la créatrice Delphine Manivet est souvent plus à adopter lors d’une toute autre cérémonie ?.... Et ce n’est d’ailleurs pas en tirant cette tête d’enterrement que l’on va trouver le prince charmant sur la Croisette hein…

© Florence Foresti en Delphine Manivet

Vincent McDoom, toujours pour le film le Petit Prince, est malheureusement bien loin de la sage silhouette du héros de Saint Exupéry ; et c’est dans une tenue ressemblant très fortement à une méduse blanche desséchée, qu’il a foulé le tapis rouge de Cannes. Que dire…? Un mot seul – tristesse…

© Vincent McDoom


A.

samedi 21 février 2015

César 2015 – Abécédaire (in)élégant



Alors que les cérémonies de cinéma ou de musique version américaine se résument souvent à une réunion de meringues sur Tapis Rouge, voir de meringues mal cuites comme nous avons pu le voir il y a peu avec les Grammy Awards 2015, quel plaisir de retrouver Théâtre du Châtelet à Paris, le cinéma français, dans sa diversité, sa culture, son engagement, son élégance, son panache, pour une soirée exceptionnelle célébrant les 40 ans des César. De merveilleux moments de cinéma mais aussi de musique, notamment le très beau duo de M à la guitare et d’Ibrahim Malouf bluffant de talent dans un solo de trompette ou l’émouvant hommage au réalisateur Alain Resnais interprété par Pierre Arditti, Lambert Wilson et Sandrine Kiberlain, délicat medley des plus belles œuvres du compagnon de Sabine Azéma, en larme ce soir là. Sans oublier aussi quelques très beaux moments de mode  

C. comme Cécile Cassel

Glamourissime et sculpturale, en robe longueur genoux de couleur verte, signée Alexandre Vauthier, dessinant telle une vestale des temps moderne une silhouette magnifique et ne laissant deviner que quelques centimètres de peau savamment dévoilés par un jeu de drapés. Bien jolie interprétation a capella de La dernière séance en duo avec Etienne Daho en smoking bleu et marine et chemise noir pour l’occasion, cassant avec intelligence les codes souvent trop classiques du vestiaire soir masculin.



E. comme Edouard Baer

Maître de cérémonie fin, drôle et impertinent de cette cuvée 2015. Dandy contemporain à l’intelligence reconnu, poète médiatique parfois déchu mais toujours brillant – Edouard Baer, comme à son habitude, le cheveux en bataille et le verve haut, portait un smoking noir à col cranté et un détail de pochette graphique blanche. Le nœud papillon forcément détaché pour une élégance nonchalante comme on l’aime.



J. comme Juliette Binoche

Sculpturale en robe blanche de la dernière collection Chanel Haute Couture, rebrodée de perles ton sur ton prouvant que l’allure, le style, l’élégance ne se mesurent aux centimètres d’une longueur de robe, ou bien à la profondeur d’un décolleté. Une vraie leçon de grâce et de délicatesse !




L. comme Leila Bekhti

Ultra moderne en chemise en popeline de coton blanche, manches retroussées à la garçonne et jupe crayon couture rebrodée sequins et légères plumes noires en all over – un sans faute.





L. bis comme Louane Emera 

César du meilleur espoir féminin pour la jeune chanteuse et actrice française. Ravissante jeune femme blonde, émue, délicate portant une somptueuse robe recouvert all over d’un trompe l’œil de sequins façon python et d’empiècement de python chocolat signée Jean-Paul Gaultier. Jeune Marylin des temps modernes, élégance 50’s avec une robe longueur midi ceinturée nous replongeant dans un certain âge d’or du cinéma. Bravo.





M. comme Marion Cotillard

Fortement critiquée sur la twittosphère, Marion Cotillard, égérie de la maison de couture française, portait ce soir là l’un des plus beaux modèles de la collection Christian Dior Haute Couture été 2015. Inspiration mexicaine revisitée pour un modèle de robe trompe l’œil somptueux avec un jupon aux dizaines de mètres de tulle qui a marqué la scène mode dès les premières minutes du défilé en janvier dernier et qui est sans conteste l’une de nos pièces préférées de la collection. Un seul bémol cependant, pourquoi ce sautoir ?



Z. comme Zabou Breitman

Smoking rouge large à l’esprit Boyish nous rappelant cette spécificité si française du smoking ultra glamour porté sans haut, hommage infini à Mr Saint Laurent qui eu le courage de donner la force des hommes aux femmes,





Et malheureusement aussi quelques faux pas…

C. comme Charlotte Lebon

Qui a eu la bizarissime idée d’une robe longue couleur bordeaux, à double fente profondeur minou…! Si, si. On ne le voit pas sur la photo, mais portée le soir de la cérémonie, c’était flagrant. La dernière fois que l’on avait vu une telle horreur c’était sur Angélina Jolie en version soie noire, et dieu sait qu’Angélina n’est pas une référence à suivre en matière de mode. Pas peu fière, elle en profite pour également lancer la non tendance de la griffure latérale symétrique pour aérer les cotes ; car oui, c’est important d’aérer les côtes. Merci Charlotte !



G. comme Géraldine Nakache

Morticia Adams version Césars 2015, Géraldine Nakache en robe longue en jersey noire à traîne, sans doute un peu exagérée pour un tapis rouge à la française !...



J. comme Julie Gayet

Taclée habilement par Edouard Baer sur sa bien peu discrète relation présidentielle, la jeune actrice aurait malheureusement également être pu taclée sur sa tenue. Robe longue couleur bleu canard définitivement trop grande pour elle (au col trop plongeant rafistolé avec un point – et cela se voit) bizarrement coordonnée avec une paire de sandales zèbre et un foulard bleu encre et qui n’avait pas sa place sur cette silhouette triste, terriblement triste. Mais qui est son styliste ?? Pour qu’on le brûle en place publique !



JPG. Comme Jean-Paul Gaultier et MLB. comme Marilou Berry

En demi smoking signé forcement Gaultier. Slip blanc et chaussettes longues pour un Jean-Paul bizarrement à l’aise ; collant, talons argent et smoking frac pour la bien jolie Marilou si peu à l’aise, ne cessant de tirer sur sa liquette et rêvant de quelques centimètres de coton blanc en plus. Jean-Paul, je sais qu’on t’a coupé les vivres et que les collections de prêt-à-porter sont maintenant finies ! Mais est-ce une raison pour torturer ainsi de jeunes actrices ? …




K. comme Kristen Stewart

C’est incroyable l’absence d’allure que peut avoir cette fille. Elle a beau être en Chanel Haute Couture de la tête au pied (il faut bien remplir ses contrats publicitaires),  les volants de soie blanche de sa robe se métamorphosent sur elle en un vulgaire abat-jour quelque peu désuet. Etonnement nerveuse, la scène ou Kristen refuse de prendre en main son César tendu par Joey Star est carrément gênante !


L. comme Laura Smet

Mais pourquoi, pourquoi, pour cette coiffure ?????? Ni vraiment Barbarella, ni esprit 60’s, ni rebelle, ni un peu Marie-Chantal avec le serre-tête noir horrible… juste complètement raté ! Next !!!!!!



L. bis Comme Léa Drucker

Esprit vintage et asymétrie pour une robe en soie blanche  trop compliquée, trop longue et mal ajustée! Mais non enfin! Ce sont les César ! Pas un mariage à l’esprit 80’s avec une coiffure Head & Shoulder ! Voyons !




Au lendemain de cet évènement, il est assez étonnant de lire tous ces commentaires dans les médias, assez négatifs sur ce 40ème opus. Certes, chaque minute de la cérémonie au Théâtre du Châtelet ne fut pas une franche rigolade, mais en même temps est-ce l’objectif de celle-ci ? Je ne crois pas. Et j'ai trouvé au contraire les mots, voir parfois les piques d’Edouard Baer plutôt spirituels et justes, surtout en ce début d’année à l’actualité nationale et internationale si trouble…

A.