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Met Ball 2013 - "Punk : Chaos to Couture" - Les Meilleurs Looks!




Comme tous les ans, s’est tenu à New York, il y a quelques jours, au sein du Metropolitan Museum of Art, la prestigieuse et très prisée soirée du MET Ball. Personnalités du monde Cinématographique et Musical, Créateurs de mode, Mannequins, Muses, Égéries de tout poils et Happy Few en goguette, la planète mode au grand complet s'est donné rendez-vous sur le tapis rouge New-Yorkais pour le meilleur du style. Comme tous les ans, le magazine Vogue, parrain de l’évènement ainsi qu’Anna Wintour, grande papesse de la mode américaine, ont proposé une thématique stylistique afin de pimenter et de coordonner la soirée Mode la plus glamour de l’année. Et une fois n’est pas coutume, le mouvement subversif Punk a été mis à l’honneur avec comme intitulé – "Punk : Chaos to Couture". Vaste programme me direz vous qui a fortement et brillamment inspiré certains des invités présents ce soir là. Tour d’horizon des meilleurs looks du MET Ball 2013 !

Nul besoin de longs discours, le beau parle de lui même et saute aux yeux. Ainsi l’actrice Anne Hathaway, portant les cheveux courts depuis sa brillante interprétation dans la dernière version Les Misérables, s’est présentée superbe dans un fourreau long noir signé Valentino Vintage à l’esprit résille couture, laissant entrapercevoir délicatement quelques centimètres de peau.  Chevelure peroxydée pour l’occasion, rappelant les jeunes femmes punk des années 80, silhouette élancée, recouverte d’un chevron dévoré scintillant bordée de plumes noir ; le résultat est sans appel – magnifique – jonglant avec talent entre esprit Couture et détails Punk se hissant avec élégance à la première place de notre classement. Bravo !


© MET Ball 2013 - Anne Hathaway - Valentino
© MET Ball 2013 - Anne Hathaway - Valentino

Première place suivie de près par la flamboyante Sarah Jessica Parker qui prouve une fois de plus qu’elle reste l’une des icônes incontournables de l’univers la ModeCuissardes talons aiguille en velours tartan Christian Louboutinrobe de bal imprimée, signée par le créateur britannique Giles Deacon et crête aux accents baroque en plumes noir de l’excentrique chapelier Philip Treacy. Un Look 100% Néo punk et 100% réussi qui remet une fois de plus sur les devants de la scène, celle dont les tenues extravagantes, le style et la douce impertinence aura bercée plusieurs générations de téléspectateurs/trices à travers le monde. 

© MET Ball 2013 - SJP - Giles Deacon
© MET Ball 2013 - SJP - Philip Treacy

© MET Ball 2013 - SJP - Philip Treacy

Comment parler de Punk Attitude sans penser forcement à la reine de la Punk Couture – Dame Vivienne Westwood. Crêtes, tartan, chaînes, clous, messages tagués, résilles ou encore vêtement déchirés ; Vivienne Westwood a reprit au fil des années l’ensemble des codes du mouvement rebelle par excellence, qu’elle a su mixer avec intelligence au costume classique britannique. Ambassadrice de la créatrice punk parmi les punks, ce soir là l’actrice Christina Ricci, en stilettos noir et robe asymétrique en tartan bleu et rouge prouve avec style que « Punk is not Dead » !

© MET Ball 2013 - Christina Ricci - Vivienne Westwood

Vivienne Westwood qui aura également élégamment habillé d’un costume en tartan vert Gavin Rossdale, le compagnon de la chanteuse et styliste Gwen Stefani (qui aurait pas ailleurs bien fait elle aussi de suivre les conseils stylistiques de la reine du punk britannique plutôt que de jouer le cocktail conceptuel Maison Martin Margiela) prouvant ainsi que les hommes également peuvent franchir le tapis rouge en dehors du sempiternel smoking noir.

© MET Ball 2013 - Gavin Rossdale - Vivienne Westwood

Talent parmi les plus prometteurs de la jeune garde stylistique, le créateur Anthony Vaccarello fut joliment représenté par ses muses sexy-punk vêtues de cuir rouge cloutée pour la mannequin Anja Rubik et d’une minirobe asymétrique noire rivetée pour la mannequin Gisele Bundchen que l’on avait déjà remarqué lors de la dernière Fashion Week Parisienne, jouant sur les codes post rock et couture – on adore !

© MET Ball 2013 - A.Rubik - A.Vaccarello
© MET Ball 2013 - G.Bundchen - A.Vaccarello
  
Qui dit Punk, dit forcement blouson en cuir et clous-clous-clous ! Ce fut ainsi une véritable avalanche de studs gold signés Burberry Prorsum qui a inondée le tapis rouge du MET. Cara Delevingne et Sienna Miller en tête, les deux actrices ont arborées des tenues signées Christopher Bailey pour Burberry ; l’une en robe longue noire à grand décolleté V, l’autre en robe virginale blanche cassée d’un perfecto aux accents Punk Couture.

© MET Ball 2013 - Sienna Miller - Burberry
© MET Ball 2013 - Cara Delevingne - Burberry

Attention cependant, lorsque deux aficionados du look Studs Gold se rencontrent, cela peut rendre certaines quelque peu hystériques… la preuve en image !

© MET Ball 2013 - Sienna Miller & Cara Delevingne - Burberry

Mais aussi, la très belle Rosie Huntington-Whiteley en robe longue en résille noire rebrodée de sequins métalliques noir et gold Gucci.

© MET Ball 2013 - Rose Huntington-Whiteley - Gucci

Ou encore la jeune actrice britannique Emma Watson dans une robe noire déstructurée Prabal Gurung laissant apparaître de grands aplats de peau nue rappelant que le temps de la jeune Hermione est indéniablement derrière elle.

© MET Ball 2013 - Emma Watson - Prabal Gurung

PUNK IS NOT DEAD !


A.


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John Galliano, le retour!





La Fashion Week Parisienne ne cessera décidemment pas de nous étonner. Devenue presque une institution, les scoops saisonniers que nous réserve chacune d’entre elles sont autant de nouvelles fracassantes qui irisent le petit monde de la Mode : affaire Galliano, arrivée d’Hedi Slimane chez Saint Laurent, retour de Jil Sander au sein de la marque éponyme, nomination de Raf Simons à la direction artistique de Christian Dior, ou encore plus récemment le remplacement hystérique de Nicolas Ghesquière par Alexander Wang dans la respectable et respectée maison Balenciaga n’ont cessée de créer l’événement. La cession Hiver 2013 ne pouvait pas déroger à la règle, et c’est bien une fois de plus une nouvelle de taille qui fait le buzz – le retour du créateur John Galliano sur les devants de la scène Mode !

John Galliano - période Dior

Et, selon le WWD, c’est le créateur Oscar de La Renta, empereur d’un certain glamour américain qui a décidé d’ouvrir les portes de son studio (sur les conseils avisés de la rédactrice en chef du Vogue américain Anna Wintour chuchote-t-on)  pou une période de trois semaines, à son vieil ami. « John et moi nous nous connaissons depuis de nombreuses années et je suis très admiratif de son travail. Il a travaillé longtemps et dur sur son rétablissement et je suis heureux de lui donner l’opportunité de revenir dans le monde de la mode, de lui offrir cette période d’adaptation » explique Oscar de la Renta au WWD.

Monsieur Oscar de la Renta

Période durant laquelle l’ancien Directeur Artistique Star de Christian Dior aura l’opportunité de démontrer une nouvelle fois son talent, avant de peut-être faire son grand retour dans le monde de la mode.
Décrié par certains suite à l’épisode de La Perle, adulé par d’autres pour son génie créatif ayant fait de lui l’un des maîtres de la Couture de ce début de siècle ; l’incompréhension et les critiques que pourrait valoir cette décision à Oscar de La Renta ne lui font pas peur. Le créateur estime en effet que tout le monde fait des erreurs et que chacun doit avoir la possibilité de se racheter ; surtout lorsque l’on possède le talent de Galliano.

L'annonce de son retour dans l’univers de la Mode a également été l'occasion de sa première interview depuis l'incident qu’il a donné au WWD. "Je suis alcoolique. Je me soigne depuis deux ans. Quelques années avant d'être sobre, j'ai touché le fond de cette maladie. J'ai dit et fait des choses qui ont blessé des gens, spécialement des membres de la communauté juive. J'ai exprimé mon chagrin en privé et en public pour la peine que j'ai causé et je continue de le faire. Je me suis engagé à dédommager ceux que j'ai blessé. (...) Je suis si reconnaissant à Oscar de m'avoir invité à passer du temps avec lui dans l'univers familier d'un studio de design. Son soutien et sa foi en moi est une leçon d'humilité."

Espérons que cette première étape soit la bonne et signe le retour sur les devants de la scène d’un créateur de génie qui a enflammé au fil des années les cœurs de ses riches clientes mais également de plusieurs générations de jeunes stylistes, journalistes ou encore bloggeurs pour qui Galliano est avant tout le symbole d’une Couture colorée, raffinée, exubérante, féminine, au doux parfum de souffre. Affaire à suivre.

A.

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Paris/Edimbourg - Le défilé des Métiers d'Art Chanel



Le 4 décembre dernier, comme quasiment chaque année à même période la maison Chanel dévoilait sa collection des Métiers d’Art, valorisant le savoir-faire exceptionnel de ses ateliers, et cette année c’est la si proche mais si lointaine Ecosse qui est mise à l’honneur avec un défilé intitulé sobrement - Paris-Edimbourg. Pour l’occasion, la maison de la rue Cambon a fait les choses en grands et invitée Journalistes, Rédactrices de Mode et Happy Few du monde entier dans le majestueux décor du Palais de Linlithgow, ancienne résidence royale des Stuart, où naquit entre autre, Mary d’Ecosse, future reine de France. Le lien est ainsi tracé pour mettre en avant une tradition toute Ecossaise, que la griffe au double C a souhaitée préserver et mettre en avant, celle du cachemire.

Acquise il y a peu, la société de fabrication d’articles en cachemire Barrie Knitwear, dont les origines écossaises remontent à près de 140 ans, rejoint les 9 autres maisons et ateliers Lesage,Desrues, Lemarié, Michel, Massaro, Goossens,Guillet, Causse et Montex, qui depuis 1985 forment petit à petit une constellation de savoir et de transmission de ce savoir, avec pour chacune de ses étoiles, un domaine respectif d’excellence (broderie, dentelle, maroquinerie…). (Car pour ceux qui auraient oubliés trop rapidement la qualité des pull-overs de nos grands-mères et des vestes en shetland de nos grands-pères, dont quelques uns ont eu la chance d’hériter ; et bien le cachemire, avant d’être l’argument marketing absolu pour vendre des mélanges Made in China de mauvaise qualité, est avant tout la plus belle laine au monde, et elle est originaire des fières valons Ecossais.)

Défilé hommage à l’Écosse donc mais aussi à son histoire, et à son style mêlant force, élégance et tradition. Hommage que Gabrielle Chanel n’aurait pas désapprouvé, car elle en avait découvert les beautés grâce à l’un de ses plus illustres amants, le Duc de Westminster et lui avait inspiré ses créations en tweed mais aussi ses cardigans et tricots en maille. Quasi retour ou source donc la maison emblématique du luxe française qui se plonge avec délices dans les comtes et légendes Ecossaises.

Symbole d’une Ecosse moderne, c’est la très aristocratique mannequin Stella Tennant qui ouvre le bal dans une silhouette à l’élégance désinvolte et terriblement contemporaine. Long manteau ample marine aux revers Tartan rouge, sur grosse maille de cachemire gris clair à motifs anthracite, le ton est donné.
© Chanel - Paris / Edimbourg
Un défilé quasi entièrement composé de mailles revisitées reprenant les codes de ce pays à l’histoire millénaire mélangés à ceux de la maison Chanel. Coupes loose et confortables, détails discrets de broderie, effet Tartan en trompe l’œil, on ne sait plus si les mailles sont tissées ou imprimées, si le cachemire se fait à carreau ou si le tweed prend parfois le dessus de ce jeu grandeur nature de Check et Mate.
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg

Plus « AristoRock »que son ancêtre Mary Stuart, la femme Chanel, garde de son voyage dans les Highlands une allure élancée, forte, presque guerrière, quelques fois soulignée de cuir. Cassant les codes feutrés de son château endormi, elle chausse boots à lacets et autres bottes d’esprit masculin pour être plus à l’aise lorsqu’elle porte robe longue, mais n’oubli cependant pas sa cape de châtelaine lors de ses virées sur les vertes collines de son domaine.
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg

© Chanel - Paris / Edimbourg
Bordeaux, Marines, Gris, Blancs, Noirs ou encore Kaki, c’est tout un colorama qui a été retravaillé pour faire cohabiter silhouettes gorgées de tartan et codes Art Déco classiques.
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg


© Chanel - Paris / Edimbourg
N’oubliant pas pour autant son élégance de salon, la femme Chanel ne quitte pas son 2.5.5 qu’elle revisite aux couleurs de son pays d’adoption, sauf parfois pour lui préférer une gibecière traditionnelle dans sa version grand luxe collant plus aux codes virils de ces contrées.

© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg


© Chanel - Paris / Edimbourg

Car Chanel n’oubli pas non plus l’hommeet lui a réservé une micro-collection de mailles enveloppantes en pur cachemire à motif jacquard, de pantalons, de vestes ou encore de manteaux à carreaux discrètement présents – on adore.
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg


© Chanel - Paris / Edimbourg
Loin de renier son héritage historique, la femme Chanel repense quelque fois au glorieux passé de ses ancêtres et ne peut s’empêcher de faire parfois référence dans ses tenues aux élégantes de la cours des Stuart. Manches bouffantes XXL retravaillées en tweed pois plume, immenses fraises Élisabéthainesen dentelles sombres, délicats plastrons rebrodés de plumes tels des nature morte de chasses ou de brillants sequins, ganses en fourrures esprit Henri VIII ou encore chignons crêpés couleur Gingerfièrement relevés – un must.
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg
Et quand enfin, émue par tant de beauté, la femme Chanel tombe amoureuse de l’un de ces ténébreux homme des vallées, fièrement, elle l’épouse, et contrairement à Gabrielle Chanel qui n’en eut jamais la chance, elle porte un ensemble brodé ivoire, que l’on croirait tout droit sortit d’un cliché des Années Folles.


© Chanel - Paris / Edimbourg
© Chanel - Paris / Edimbourg




© Chanel - Paris / Edimbourg

Véritable final de mariées, Karl Lagerfeld clos le défilé avec une série de modèles méritant tous les superlatifs. Voyage dans l’histoire du costume traditionnel britannique, le Keiser propose une variation autour du thème servant de prétexte pour mettre en valeur le talent des ateliers Chanel. Broderies, Dentelles, Soieries, Incrustations de plume, Jacquards, Damassés, Tweeds, tout y passe pour une véritable explosion de style et de luxe.


© Chanel - Paris / Edimbourg
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© Chanel - Paris / Edimbourg

En un mot – sublime !





Enfin, pour les plus curieux et passionnés, la version intégrale en vidéo! ;-)




A.


 
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Mad Lords









Avis aux dandys, rockers, chineurs, amoureux de style et à tous les adeptes d’une vision du luxe brute et décalée, le tout nouveau site Mad Lords est fait pour vous ! E-shop mode et arty lancé il y a quelques petites semaines et qui fait déjà beaucoup parler de lui, Mad Lords propose pour la première fois une sélection 100% masculine de créateurs et d’artisans produisant des accessoires en séries très limitées ! Loin d’être un énième site de vente en ligne offrant la même sélection uniformisée de marques, plus ou moins haut de gamme, plus ou moins luxueuses, Mad Lordsvéritable vivier de créateurs, s’est donné pour mission de réconcilier trois disciplines bien souvent séparées : l’art, l’artisanat et le luxe ! Proposant à ses clients d’exprimer leur véritable personnalité au travers de pièces d’exception, quelques fois personnalisables, le plus souvent uniques dans leurs finitions et leurs traitements. Matières nobles et rares, travaillées à la main par des artistes/créateurs spécialisés dans leur domaine, possédant un savoir-faire inimitable, chacun des artisans réunis sur le site forme un ensemble de propositions esthétiques fortes qui se complètent et dessinent la silhouette de l’homme Mad Lords – raffiné et élégant, à la décontraction maitrisée, confiant en lui et en son style inspiré d’un univers aux accents forcément rock n’ roll.



© Mad Lords - Foulards Pierre-Louis Mascia

A l’origine, «Mad Lords », est le surnom donné au poète anglais du XVIIIème siècle, Lord Byron. Le projet puise aux racines du dandysme, mouvement de révolte par l’esthétique qui a placé l’apparence au cœur de son message. Mais Byron n’est pas le seul à avoir pensé le rapport à la mode comme vecteur de la différence. Après lui, la même rébellion contre l’uniformisation se retrouve chez certains romantiques, symbolistes et même décadents du XIXème siècle ; puis chez certains courants artistiques du XXème siècle, comme les mouvements Dada et Surréaliste dans l’entre-deux-guerres ou encore Rock dans les années 1960 et 1970. S’inscrivant dans cette tradition du contre-courant, Mad Lords remet en cause les codes esthétiques contemporains en permettant de choisir un nouveau luxe d’avant-garde.

© Mad Lords


L’avant-garde, pour toute une nouvelle génération, c’est avant tout le choix d’être vraiment soi, sans modèles préfabriqués, ni faux-semblants. A l’heure où les marques de luxe traditionnelles s’allient en grands groupes et produisent des collections uniformes censées plaire au plus grand nombre de Pékin à Doha en passant par Moscou et New York, Mad Lords s’offre le luxe de s’adresser à un public pointu beaucoup plus impliqué que la plupart de ses contemporains dans ses choix esthétiques. Or, depuis les tribus des origines, l’accessoire a toujours été la meilleure manière pour un homme de se différencier de la masse de ses semblables. Matières nobles, marques du temps, empreintes culturelles : le souci de la tribu et de l’authentique est à l’origine même du projet Mad Lords qui transcrit ses codes dans une vision du luxe que ses fondateurs n’hésitent pas à qualifier de « tribale ».

© Les Garçons aux Foulards - Franco Ferrari

Instigateurs du projet, deux couples d’amis aux compétences à la hauteur de leurs exigences, Serge Muller et Serge AdelskiIssus du monde de l’art, de la communication et de la publicité, le site Mad Lords est avant tout le fruit d’une aventure humaine, celle d’une bande de copains assemblant leurs expertises dans chacun des domaines : mode, art, internet et communication ainsi que celles de rencontres et de coups de cœur avec des artisans et créateurs de talent. Se refusant à effacer la signature de ceux qu’ils ont choisit de mettre en lumière, les fondateurs du site Mad Lords ont fait le choix de s’engager à mettre en avant le message artistique et philosophique de chacun de ses partenaires. Exposer, expliquer, rendre disponible leurs œuvres avec une sélection en perpétuelle évolution telle est la volonté créative de ce projet pour le moins ambitieux.



© Mad Lords - Tobias Wistisen

Et si le choix des créateurs exposés est amené à changer au gré des découvertes de ses fondateurs, certaines marques phares sont la clef de voûte de l’idéal masculin prôné par le site !

Parmi ces œuvres caractéristiques, les bijoux du danois Tobias Wistisen ont quelque chose de magique. Jouant avec des références multiples (poèmes, symboles et textes), Tobias Wistisen aime travailler des matériaux nobles et leur accorder la patine brute du temps qui passe.

© Mad Lords - Tobias Wistisen
© Mad Lords - Tobias Wistisen

M. Cohen, marque internationale d'accessoires de luxe, créée par le designer israélien Maor Cohen. Ses bijoux d'un design unique ont gagné en popularité et ont obtenu le soutien de nombreux éditorialistes, stylistes et célébrités dans le monde. La signature de M.Cohen au travers du cuir et de l'argent massif oxydé forme une combinaison parfaite de bijoux au style « dur » mais chic.

© Les Garçons aux Foulards - M. Cohen

© Les Garçons aux Foulards - M. Cohen

Véritable coup de cœur que nous avons eu pour l’esprit vintage des ceintures, bijoux et nœuds papillon dessinés par la jeune créatrice d’origine espagnole, Laura B. Adepte de la cotte de maille, mais aussi du python, qu’elle retravaille de façon incroyablement moderne, elle réserve depuis plus de dix ans une bonne partie de son talent de chineuse aux hommes, et ceci pour notre plus grand plaisir.

© Les Garçons aux Foulards - Laura B.

© Les Garçons aux Foulards - Laura B.

Diplômé des Beaux-Arts de Paris et reconnu de prime abord comme illustrateur d’art, Pierre-Louis Mascia propose aux hommes des foulards aux couleurs chatoyantes, inspirés d’anciennes tapisseries. Soies, cachemires ou encore fourrures ou mélange de  plusieurs de ces matières nobles, inutiles de vous dire que nous sommes tombés sous le charme et la légèreté de cette élégante délicatesse.

© Mad Lords - Pierre-Louis Mascia


Maîtres du cuir vintage qu’ils récupèrent sur des blousons et des perfectos anciens, les deux créateurs de la marque Silent people, restructurent et redonnent une seconde vie à des pièces oubliées  pour les transformer en sacs et besaces uniques – incroyable .

© Mad Lords - Silent People

Mais aussi 

Jean-Baptiste Rautureau qui signe une collection exclusive pour Mad Lords, la créatrice de lunettes vintage Linda Farrow, les sacs en cuir français Bleue de Chauffe, les étoles en cachemire de Franco Ferrari, les ceintures en crocodile de Scunzani Ivo, les sacs en cuir du créateur Japonais Christian Peau et les collections de bijoux et de bracelets signés Catherine Michiels, Airam ou encore Harpo et ses pièces réalisées à la main par des artisans amérindiens du sud-ouest des Etats-Unis.

Impossible de résister à cette invitation au voyage élégante et racée, alors allez vite découvrir le très beau site Mad Lords, vous craquerez, comme nous, à n'en pas douter! 

A.

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La Petite Veste Noire, l'expo 2.0?









Novembre, le mois de la Photo à Paris, le mois également qui a été choisit pour présenter une exposition autour d’un classique de la maison Chanel – la Petite Veste Noire. Revisitée, sublimée, détournée, la collaboration de Karl Lagerfeld à la photographie et de Carine Roitfeld au stylisme met en valeur cet objet culte et fantasmée par des générations de femmes (mais aussi d’hommes) en quête d’élégance et de « Statement Fashion » absolu. L’occasion aussi pour les Garçons aux Foulards de collaborer avec un nouvel invité – Sébastien Appiotti. Passionné de photographie, d’écriture et de littérature, il est d’ailleurs le co-fondateur du très bon blog photographique Photophores et nous livre sa vision de cette exposition incontournable et iconique mettant en scène personnalités du monde de la mode, de l’art, du cinéma et de la musique face à l’objectif en noir et blanc acéré du Keyser. Mais nul besoin d’en dévoiler d’avantage, faisons place et découvrons !
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© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards

La petite veste noire, une exposition-vitrine
Le lieu choisi, le Grand Palais, où se déroulent les défilés Chanel depuis plusieurs années, est un des éléments offrant sur le papier la légitimité nécessaire pour placer ces photographies de mode au rang d’exposition à part entière. Présentée du 10 au 25 novembre à Paris, le spectateur, après la surprenante déconvenue de se voir réduit à monter un escalier en fer interminable, se retrouve face à « The Little Black Jacket ». Une ambiance tamisée, intime, offrant une relation privilégiée entre le spectateur et les photographies, de grand format. L’espace dédié au Grand Palais est immense, et offre deux perspectives sur des murs de photographies, dans un souci permanent de minimalisme et d’élégance.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards


La recherche de légitimité en tant qu’exposition, et non pas simplement en tant qu’élément de marketing et de promotion d’une image de marque, est d’emblée recherchée à travers la présentation de Karl Lagerfeld photographe. On connaît ce dernier pour ses créations Chanel, mais également pour ses casquettes multiples: sa griffe éponyme, ses collaborations, ses apparitions dans des films et publicités. Karl Lagerfeld est iconique, mais est-il pour autant photographe? Ce dernier nous est présenté comme exposant depuis 1989, avec des passages remarqués à Paris, au Musée d’art Moderne en 1991, à la FIAC en 1997 et à la MEP en 2010.
Force est de constater que le duo Lagerfeld/Roitfeld a eu avec Chanel les moyens de ses ambitions: l’exposition est itinérante depuis avril 2012, avec un passage dans 10 villes, couvrant ainsi capitales de la mode et hauts lieux culturels du monde entier - Tokyo, New-York, Londres, Moscou, Paris ... Une exposition qui joue sur le duo unité thématique - la veste noire - / diversité dans l’exécution de la prise de vue et de la mise en valeur de la pièce portée. Celle-ci comporte un mur droit de 30 photographies sur 3 rangées, soit 90 portraits, et un mur gauche contenant une dizaine de grands formats, rouge, bleu, noir et blanc. Au fond de la salle, une installation consacrée à Yoko Ono, faisant face de l’autre côté à des tirages géants de photographies en négatif.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards

Photographies de mode ou mode de la photographie ? 
L’équipe autour de ce projet a rassemblé plus de 25 personnes; le casting est digne d’un Who’s who mêlant stars internationales, françaises, personnalités dans le monde de la mode: Sofia Coppola, Yoko Ono, Kirsten Dunst, Ayo, Sarah Jessica Parker, Romain Duris, Inès de la Fressange, tous éclipsés par Anna Wintour, dont le magnétisme photographique nous a frappé: elle est la seule à être de dos, coiffure reconnaissable entre mille, placée plein centre parmi 90 photos sur le mur droit.


© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Deux éléments changent toutefois la donne par rapport à une exposition « classique » : l’entrée est gratuite, les photographies sont autorisées. Un public plutôt jeune, international, majoritairement féminin. Cette exposition est un lieu de création de désir autour de la marque au double C. Le vêtement basique, intemporel, créé par Coco Chanel en 1954, décliné en une multitude de coupes, textures est la trame de l’exposition, la photographie en est l’intermédiaire: photographies de mode et public photographiant les photographies.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards

Le choix du noir et blanc grand format n’est pas anodin: on insiste sur la notion d’héritage Chanel, la petite veste noire comme symbole d’un style et d’une histoire sur le temps long de la mode. La cohérence est totale avec le lieu d’exposition: une sorte de galerie-loft en longueur, très sombre et épurée. Du grand format, avec une attention accrue sur la recherche de l’expression, de la « juste pose » pour mettre le mieux en valeur cette pièce iconique qu’est la petite veste noire.
Entendue à de maintes reprises, la question du « Qui » semble être plus importante que celles du « Pourquoi » ou du « Comment »: on vient voir Chanel porté par l’élite mondaine et artistique actuelle, on vient voir Karl Lagerfeld, bien plus que les photographies de Karl Lagerfeld !...
Le mur droit, présentant pas moins de 90 photographies divisées en 30 X 3 est particulièrement intrigant: chaque spectateur semble scruter les éléments qui vont constituer sa définition de la veste noire, avec photographies à la clé.


© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
Un rapide coup d’oeil sur Instagram le prouve: pas moins de 7500 photographies ont été identifiées avec les tags #thelittleblackjacket , #littleblackjacket , #lapetitevestenoire , et combien d’autres nous échappant sur Facebook ou Twitter. La petite veste est un vêtement qui se partage: non pas via des encarts publicitaires Chanel, mais par de la photographie privée, celle du spectateur. Désormais, vous, lecteur, percevez mieux ce qui m’a fasciné dans cette exposition: la mise en abyme, soit le procédé consistant à reproduire une oeuvre dans une oeuvre. Exemple pratique: le spectateur en extase devant la petite veste noire et photographiant de la photo pendant cette exposition.
© Sébastien Appiotti pour Les Garçons aux Foulards
J’emporte un petit bout de la veste noire et je repars par l’escalier de service 
Le Diable pourrait désormais bien s’habiller en Chanel: avant de partir, une boutique éphémère attire votre oeil. Le staff Chanel vous accueille, et vous propose de choisir un poster parmi quatre: une chanteuse, une modèle, une actrice internationale, et Virginie Viard, Chanel Studio Director. Au pays du tout payant, le poster est gratuit: L’employé Chanel présent sur place me souligne la surprise des spectateurs pensant payer pour ramener un bout de la veste noire chez eux.
La photographie est gratuite, elle est éditée à des milliers d’exemplaires: non seulement le spectateur photographie, mais il emporte sa veste noire avec une probabilité assez forte de l’afficher étant donné la qualité des photos proposées. La logique Chanel est implacable: faire de la photographie un media de communication autour d’une pièce iconique, la veste noire, autour d’un concept novateur, l’exposition 2.0: celle qui se laisse photographier, celle dont on peut emporter un fragment. Mais c’est aussi l’exposition qui a un ascenseur « out of service », et des conditions d’accès indignes de l’ambition initiale affichée: cela est paradoxalement rassurant, Chanel n’a pas (encore) pensé à tout.
S.A.

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Spécial Mode Homme - Couleurs d'Automne


Feuilles mortes tapissant les rues, léger frimas nocturne et journées raccourcissant irrémédiablement, nul doute, l’été est bel et bien terminé laissant place aux charmes de l’une des saisons les plus riches – l’automne. Nouvelles saveurs, nouveaux parfums, nouvelles textures, la Mode pour cet automne s’inspire des couleurs flamboyantes de la nature pour offrir un twist créatif à une garde-robe aux allures parfois un peu classique. Juste, équilibrée et parfaitement étudiée, la Mode Masculine, sans fioriture se concentre sur le beau. Belle ouvrage d’une confection pour la plupart Made in Italy ou encore Belles Matières avec une profusion de mailles Mérinos, de Cachemire, de Cuir et de Velours, qui fait son grand retour sur les podiums dans un esprit très « Saville Rock ».

Camel

Moisson des champs, moisson des villes, la couleur chaude des épis de blé, tel un dernier vestige estivale envahit nos dressings. Décliné dans un camaïeu de beiges qui va du sable, clair et doré, au cognac, chaud et profond, le Camel, emblématique de l’automne chicise s’en pour autant guinder la silhouette et apporte cette touche particulière de désinvolture et d’élégante décontraction. Qu’on le porte en total look comme chez Martin Margiela ou le Camel se décline du pull col roulé, qui fait son grand retour cet hiver, au costume trois pièces à l’élégance 50’s en passant par les boots ou le manteau ¾  à double boutonnage ou bien en touche sur une pièce comme chez Prada ou chez Jean-Paul Gaultier, le Camel est la couleur indispensable de cette rentrée.

© Martin Margiela - AH12
© Jean-Paul Gaultier - AH12
© Prada - AH12

Symbole au sens propre du « Camel », le manteau ¾, très longtemps fabriqué en poil de chameau, est la pièce emblématique de cette tendance forte. Associé pour le jour à un jean « used » comme chez Dsquared pour un look décontracté chic, il devient furieusement tendance chez Pringle of Scotland, porté sur un pantalon en cuir rouille. Loin de se limiter à cette pièce de la garde robe masculine, le Camel se décline en mailles voluptueuses, en vestes Preppy, en pantalons cigarette et en une déclinaison de velours de coton ou de soie, matière dominante des défilés de cette saison. Loin d’être classique, le Camel sert de base à toutes les fantaisies stylistiques. Rehaussé de orange, de carmin, d’aubergine ou de bordeaux il s’enflamme aux couleurs automnales, souligné de gris, d’or ou de bleu vif, il se fait urbain avec une touche couture.

© Dsquared - AH12
© Pringle of Scotland - AH12
© Burberry - AH12


Bordeaux

Fin des moissons, début des vendanges, et une orgie de grands crus, du bordeaux au bourgogne, ont défilé de Milan à Paris. Sanguin, profond ou sourd, le bordeaux, couleur magique aux références multiples fera partie des indispensables à adopter dans notre dressing automnale. Que l’on soit un virtuose de la mode ou bien plus réservé en terme de style, le bordeaux s’adaptera à toutes les garde-robes. Porté en total look sur d’enveloppants manteaux comme chez Louis Vuitton ou bien sur des mailles XL et des pantalons imprimés comme chez Gucci, le bordeaux sait également être plus discret en touches élégantes et graphiques. Costume de ville bicolore taillé au cordeau chez Bottega Veneta ou pointes lis de vin sur différents accessoires chez Burberry, le bordeaux a trouvé en la couleur grise son compagnon stylistique idéal. Association masculine et raffinée à l’esprit délicieusement rétro, le bordeaux apporte un soupçon d’originalité aux camaïeux de gris anthracite habituellement portés en ce début de saison automnale, apportant avec succès chaleur et détails rétro sur des silhouettes urbaines ou plus décontractées.

© Louis Vuitton - AH12
© Gucci - AH12
© Bottega Veneta - AH12


Kaki
 

Chasseur des villes ou esprit Army, le kaki fait la transition hivernale et nous habille d’une stricte élégance alliant esprit sportswear et détails de coupe tailleur. Porté par touches, on l’adoptera comme chez Dries Van Noten ou Wooyoungmi sur un ample trench coat en laine ou un caban à double boutonnage, deux pièces emblématiques de la garde robe masculine de cet hiver. Travaillé également en touche chez Burberry, l’homme au tartan, un brin rebelle, le porte sur un pantalon en velours (une fois de plus) mixé à d’autres couleurs sourdes, ou encore sur une veste de chasse à porter à même le costume – esprit Néo Gentleman Farmer assuré.

© Dries van Noten - AH12
© Wooyoungmi - AH12

© Burberry - AH12

Plus radical, le kaki porté en total look a également été vu dans les défilés les plus pointus de cet hiver. La très pointue styliste Sud Coréenne Wooyoungmi associe différentes nuances de kaki sur une même silhouette, jouant les dégradés, les volumes et les effets de matières. Kris van Asche, le directeur artistique de la griffe Dior Homme, propose quant pour cet hiver des total looks kaki à l’élégance virile et ultra moderne. Mixant les univers et les références, alliant parkas militaires en popeline de coton, costumes deux boutons en flanelle, chemises col fermé et néo caban créant une allure sport chic strict foncièrement créateur.

© Dior Homme - AH12

© Dior Homme - AH12

© Dior Homme - AH12


Camel, Bordeaux, Kaki, ou encore rouille, mixés de gris et de bleus canard, la Mode cet Automne, allie formalisme de coupe, classicisme des modèles, luxe des matières au colorama d’une Nature généreuse. Viril et décomplexé, l’homme associera détails élégants et touches rétro  pour des silhouettes résolument modernes faisant la part belle aux couleurs.

A. 

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Paris Fashion Week SS13 - Nos Coups de Coeur - Part 2



Après notre première étape Coups de Cœur journalier que nous vous avons livrés la semaine dernière, il est grand temps de nous attaquer à l’analyse de la seconde partie des défilés de cette Fashion Week Parisienne SS13 et de vous offrir les images des modèles, des silhouettes, des créateurs qui nous ont séduit par leur incroyable créativité, leurs nouvelles propositions de look ou leur élégance contemporaine.

Samedi 29 Septembre 


Depuis déjà plusieurs saisons il nous enchante avec ses collections chicissime aux lignes épurées et aux coupes Sharp ; Haider Ackermannprodige de la Couture Contemporaine qui a su mettre le Tailoring à l’honneur avec des silhouettes alliant références masculines et féminines, nous a une nouvelle fois enthousiasmé avec une collection riche et sobre à la fois. 

© Haider Ackermann SS13

© Haider Ackermann SS13


Sobre par ses lignes minimalistes mettant en avant le détail de coupe, et riche par la beauté des soies lourdes, damassées, imprimées,  s’associant dans des explosions graphiques ou au contraire apportant une pointe de douce folie à des silhouettes masculines parfois sévères. Grands cols châles, effet Obi ou Kimono, Geisha d’un temps nouveau, la femme Haider Ackermann partira sans doute à l’orée du Printemps Été 2013 pour les lointaines contrées du Soleil Levant, revenant drapée de son éternelle Veste d’Homme croppée savamment détournée – une héroïne est née.

© Haider Ackermann SS13

© Haider Ackermann SS13

Dimanche 30 Septembre 

Encéphalogramme mode plat… Navré mais aucune des présentations qui ont eu lieu ce jour là ne méritent réellement de s’y attarder...

Lundi 1er Octobre 

Griffe préférée de toute jeune Actrice/Chanteuse/Fashionistas qui se respecte, Chloé, dont la direction artistique a été reprise depuis peu par la styliste britannique Clare Waight Keller, propose pour le Printemps 2013 une collection fraiche, délicate et terriblement féminine. Blanc immaculé, presque virginal, ou camaïeux ocres, fluidité des lignes, légèreté des tissus, jeux de transparence, incroyable travail de découpes graphiques, quelques fois twistés de vestes d’hommes et imprimés Arty, tous les ingrédients sont réunis pour faire pâlir d’envie les aficionados de la plus british des maisons de Parisienne. Longueur genoux sage mais tout en transparence, manches ballons et volumes XL, à n’en pas douter, un condensé des futurs It Pièces des dressings SS13 vient de défiler ! 

© Chloé SS13
© Chloé SS13
© Chloé SS13
© Chloé SS13



Longtemps attendu, espéré, fantasmé, le premier défilé de la maison Saint Laurent Paris avec à sa tête, le styliste Hedi Slimane, a eu lieu sous les verrières d’un Grand Palais étonnement sombre. Noir absolu, profond, rehaussé de cuir, quelques fois de sequins, c’est un Saint Laurent Iconique qui a été revisité par Hedi Slimane pour ce premier opus femme. Garde Robe ultra raffinée pour une collection qui se dit Couture-à-porter (certaines pièces pouvant atteindre les 170 00 euros d’après nos sources), les pièces emblématiques du vestiaire Yves Saint Laurent ont été revisitées avec ce « je ne sais quoi très rock » dont Mr Slimane a le secret. 

© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13

Vestes de smoking d’homme, dont Mr Saint Laurent a habillé pour la première fois les femmes,  raccourcies et cintrées, saharienne mythique retravaillée en cuir, ceintures de smoking taille haute façon corset cuir, léopard en all over paillette, blouses à lavallière transparentes et kilomètres de mousseline et de chiffon de soie pour des silhouettes du soir longilignes aux accents terriblement méphistophéliquesObjet de désir absolu, les bijoux XL (en attendant une prochaine collection de Haute Joaillerie si l’on en croit les bruits de couloir), et surtout cet incroyable chapeau feutre aux bords exagérément grands (que l’on veut impérativement), voilant ou dévoilant le regard pour un effet Néo Salem irrésistible.

© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13


Mardi 2 Octobre 

Podium voltaïque, immenses éoliennes sous la Nef Principale du Grand Palais, Karl Lagerfeld donne le ton pour la nouvelle collection Printemps Eté 2013 et met la femme Chanel sous le signe de la légèreté et de la modernité !  Fluidité des tissus, longueurs raccourcies, tweed version light à l’armature apparente, robe de jour noir effet matelassée ou encore ensemble  en Maille sport over size, Karl Lagerfeld reprend les codes Chanel et réussis à leur redonner une incroyable modernité avec des coupes à l’esprit faussement 60’s. Admiratif du travail réalisé pour les tissus de cette collection, j’aimerai passer des heures à en admirer la trame, composée de fils de laine et de coton fluo et de mousseline de soie imprimée, évoquant la tradition d’un savoir artisanal tout en soulignant la modernité de sa composition.

© Chanel SS13
© Chanel SS13
© Chanel SS13
© Chanel SS13

© Chanel SS13

Journée riche en défilés et en présentations, elle s’est achevée avec l’incroyable (comme toujours, est-il besoin de le préciser) show Alexander McQueen. Fidèle aux sources d’inspirations du maître, Sarah Burton, la brillante Directrice Artistique de la griffe orpheline, se positionne en chef d’orchestre Virtuose d’un merveilleux voyage dans le temps. Passée à travers le prisme du minutieux et architectural travail de construction alvéolaire des abeilles, la collection allant d’une vision très futuriste du style, à une héroïne Élisabéthaine en passant par l’esprit New Look, et la fin du 19ème siècle, l’incroyable machine à  remonter le temps McQueen nous transporte bien au delà d’un  simple renouvellement de garde-robe. 

© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13

Plus proche de l’univers de la Couture, que de celui du Prêt-à-Porter,  Sarah Burton réinvente tous les matériaux nobles par le biais de traitements extrêmement modernes : guipure alvéolaire enduite effet waxé, mousseline de soie gansée de cuir, bustiers effets résilles, corsets XL façon paniers, colliers et manchette en résine façon écaille de tortue, jupes longues en dentelle tissée nid d’abeille ou encore immenses paniers apparents et voilettes protégeant le visage de cet essaim de Reines d’un temps nouveau. Singulier, précieux, étonnant, exceptionnel tout simplement.

© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13

Mercredi 3 Octobre 

Enfin, mettant volontairement de coté les escalators géants Louis Vuitton, faisant grimper au firmament du CAC40 le fleuron monogrammé du groupe LVMH, intéressons  nous plutôt au défilé sans doute le plus féminin et le plus délicat de cette saison – Elie Saab. Sans jongler à outrance avec le jeu incertain de la course à l’avant-garde, Elie Saab habille les plus belles femmes du monde et sait ce qu’elles veulent. Un vestiaire de jour et de soir exacerbant la féminité, léger, précieux, raffiné, luxueux, correspondant à leur mode de vie. Travaillant les matières les plus nobles, collaborant avec les meilleurs brodeurs et les artisans les plus talentueux, Elie Saab propose tout simplement le meilleur. Cascades de dentelles, avalanches de mousselines de soie imprimées et Tailoring parfaitement maitrisé, loin d’être classiques, sont subtilement modernisées.

© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13

© Elie Saab SS13
Ayant eu la chance de pénétrer dans le nouvel écrin luxueux de la maison franco-libanaise, au cœur du 16ème arrondissement, lors de leur Press Day, nous avons ainsi pu approcher de plus près les nouvelles créations et nous rendre compte de l’incroyable travail réalisé.

© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13


Attention – Magie  

Boiseries, dorures, lustres étincelants et miroirs Grand Siècle, tel est le cadre qui accueille les collections Prêt-à-Porter et Accessoire du créateur d’origine Libanaise. Esprit Art Déco, satin, peausseries rares, Python au Crocodile, cristaux, détails en laiton, rien n’est trop beau, rien n’est trop précieux pour la femme Elie Saab. Le luxe a un prix. Mais quelle importance a l’argent lorsque les femmes les plus fortunées de la planète sont vos clientes et qu’elles vous font confiance ? Aucune. Et c’est justement là que commence à opérer la magie du luxe, lorsque celui-ci n’est pas entravé, qu’il explose qu’il étincèle, mais toujours avec un soupçon de chic lui évitant les dérives d’un bling auquel il ne veut en aucun cas être apparenté. Eblouissant.


© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13

Dix jours intenses de défilés, perçus par certains comme bien trop sages, mais desquels nous retiendrons quelques thèmes phares pour le Printemps Eté 2013 : le blanc, le noir, les pantalons, les combinaisons, l’esprit masculin/féminin, l’allure slim, le smoking chicissime, le cuir plus couture que jamais, les imprimés graphiques, les jeux de transparence et de légèreté combiné à une structure certaine. Loin des avalanches pastel de l’été dernier, la mode pour l’été prochain sera forte, volontaire, intellectuelle, créant des silhouettes à l’allure plus graphique que jamais, sans oublier pour autant une touche de légèreté et de fraicheur indispensable.

A. 

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Paris Fashion Week SS13 - Nos Coups de Coeur - Part 1





Après la Fashion Week de New York sous le signe du Graffic, après la très irisée/métallisée Fashion Week de Londres et la quasi inintéressante cession Milanaise, s’est enfin terminé après près de 10 jours de défilés non stop, la très attendue Fashion Week ParisienneDuel YSL/Dior des plus attendus, griffes institutionnelles du luxe globalisé ou jeunes créateurs prometteurs, tous ont donné leur vision de la Femme Printemps/Eté 2012, et force est de conclure ce nouvel opus Fashion par un jugement en demi teinte… Heureusement certains créateurs nous ont émerveillés jour après jour par leur défilés mettant en avant une féminité moderne, fraiche ou totalement exubérante et mettant aussi en avant certaines tendances phares de l’été prochain. Compte rendu journalier de nos Coups de Cœur Mode !








Mardi 25 Septembre 

Blanc immaculé, optique, versus total look rouge sanguin, lignes épurées et imprimé graphique, le créateur belge Cédric Charlier,  ancien Directeur Artistique de Cacharel et nouveau poulain de l’écurie Aeffe, ouvre la course des défilés avec un sans faute stylistique en ce premier jour de Fashion Week. Confirmant certains éléments qui font sa signature depuis son premier défilé en mars - coupes au scalpel, références à l’univers du sport par la présence de zip volontairement visibles et imprimé Arty ; on aime particulièrement les jeux de transparence sur la maille, les pantalons amples et t-shirt loose en soie et l’imprimé « Dripping » à la Pollock donnant aux robes de cocktails ou aux tenues de jour un esprit arty-chic indéniable.
© Cédric Charlier SS13
© Cédric Charlier SS13



© Cédric Charlier SS13
© Cédric Charlier SS13

Autre défilé, autre Belge faisant partie de cette nouvelle génération de talent, le vainqueur du prestigieux festival d’Hyères en 2006, Anthony Vaccarello crée une fois de plus le vestiaire d’une femme forte et sexy. Ultra féminine et sûre d’elle, la femme Anthony Vaccarello avance vêtue de vestes épaulées à doubles boutonnages inspirées du vestiaires masculin portées sur des jupes à la longueur mini. Blanc contrasté de noir et de lamé, coupes strictes contrebalancées par la fluidité des matières, imprimé façon trompe l’œil animalier ; jeux de découpes et plissés parfaitement maitrisées, Anthony Vaccarello propose une silhouette toujours aussi féminine mais sans doute plus « portable » que lors des saisons précédentes. Pantalons larges à doubles pince, ou encore chemises loose avec des détails de zip, la femme Vaccarello, consciente de son pouvoir, use d’arguments sans doute moins extrêmes pour en jouer, et pour nous subjuguer.

© Anthony Vaccarello SS13

© Anthony Vaccarello SS13

© Anthony Vaccarello SS13
© Anthony Vaccarello SS13

Mercredi 26 Septembre 

Autre créateur Belge de talent (décidément ! il doit y avoir quelque chose de spécial au « Pays plat qui est le mien »), Dries Van Noten prouve une nouvelle fois son incroyable génie de conteur d’histoire et de magicien de la Mode. Associant comme personne références et styles, il réussit le paris audacieux de mixer pour l’été prochain sur une même silhouette masculin, féminin, Tailoring, broderies, jeux de transparence et imprimés graphiques ! Et ça fonctionne. Jupe crayon longueur genoux brodée main chicissime en mousseline de soie noire, portée avec une blouse trompe l’œil double boutonnage à carreaux en organza transparent, Dries Van Noten casse les codes et propose sa version du soir, faussement décontractée, subtilement raffinée. Esprit année 40, histoire de voyage, parfums d’Asie, la femme Dries mélange les styles et porte négligemment un kimono en soie sur une tenue de jour, un manteau de mi-saison sans manche sur un pantalon croppé d’homme et associe différents imprimés à carreaux sur un camaïeux de matières naturelles riches – soie, coton, laine, rehaussé par une ceinture de smoking en satin noir et une pochette en veau glacée, l’allure est juste, élégante tout en étant faussement décontractée – on aime.

© Dries Van Noten SS13
© Dries Van Noten SS13

© Dries Van Noten SS13

Jeudi 27 Septembre 

Défilé coup de cœur absolu de cette Fashion Week, Alber Elbaz, directeur artistique de la plus ancienne Maison de Mode française, Lanvin, réalise un exercice de style parfait. Le Smoking, pièce emblématique d’une garde robe masculine raffinée, offert par Mr Yves Saint Laurent aux femmes dans les années 60, est revisité sous toutes ces coutures par Albert Elbaz. Veste « croppée » pour une silhouette rock et moderne, grands revers en satin sur des cols coupés droits, pantalons taille hautes portés avec des talons vertigineux pour allonger la silhouette et donner encore plus de force et d’allure à des tenues qui n’en manquent déjà pas. Métaphore filée du Tuxedo tout au long du défilé en mettant en avant sur chaque tenue une facette différente de celui-ci. Cols châles, contrastes du blanc et du noir, ceintures smoking revisitées en métal, en cuir ou parfois rebrodées de sequins, robes cocktail travaillées en satin duchesse, spencer déstructuré en cuir qui se transforme en top, ou combinaisons pantalon asymétriques aux volumes exagérés entièrement rebrodées de sequins, chaque tenues est transcendée d’une aura luxueuse et terriblement élégante – on adore tout simplement.

© Lanvin SS13

© Lanvin SS13

© Lanvin SS13
© Lanvin SS13

Vendredi 28 Septembre 

Voyage temporel chez Roland Mouret, le créateur français nous transporte dans le monde de la nuit parisienne des années 80. Inspiré par l’exubérance du Palace, version parisienne du mythique Studio 54 New-Yorkais, Roland Mouret n’aura retenu de cette décennie au style parfois controversé, que le meilleur, à savoir la structure.  « Je revisité mes années 80 » dit Roland Mouret à propos de sa collection, « J’étais jeune, je m’amusais, nous vivions en groupe. La réalité du quotidien était sombre mais les nuits étaient pleines de lumière. ». Palette de laines et de soie claires rehaussée, contrastée de noir et présence de cuir, forcément, en référence à l’une des matières emblématique de cette période ; la structure des vestes, aux carrures épaulées, mais aux longueurs « croppées », la structure des pantalons à pinces aux références masculines et des combinaisons tailles hautes portées sur de hauts talons, la structure enfin des tops aux plis en trompe l’œil parfaitement placés, créent des jeux de construction architecturés digne de ce maître du Tailoring dont les coupes sont réputées pour les précisions – très bel exercice.

© Roland Mouret SS13

© Roland Mouret SS13
© Roland Mouret SS13
© Roland Mouret SS13



Autre moment fort de cette journée attendu par les journalistes, acheteurs et Fashionistas du monde entier, le premier défilé Prêt-à-Porter de Raf Simons pour Dior. Immense tente tendue dans les abords des Invalides, décor blanc minimal et voilages de couleurs laissé aux prises d’une brise estivale, le défilé met en place les nouveaux codes Dior en modernisant l’héritage d’une maison de couture ancienne de près de 70 ans, puissant au cœur de l’ADN de celle-ci. Bon, ça c’est pour le discours officiel. Pour l’officieux, je pense qu’il est encore un peu tôt pour avoir un jugement sur le travail de Raf Simons au sein de Dior. Quelques mois supplémentaire d’imprégnation du style et de liberté semblent encore nécessaire afin de pouvoir réellement moderniser les choses et de proposer une véritable silhouette qui soit plus proche d’un chic contemporain que d’un déguisement !... Mais là n’est pas le propos, nous vous laissons vous faire votre avis sur cette première collection, pour notre part, faisant abstraction de certaines tenues hasardeuses, nous sommes tombés sous le charme des accessoires de Christian Dior 2.0. Alors, non, rassurez-vous, nous ne vous vanterons pas la magie d’une énième déclinaison du Lady Dior ou du Diorissimo ou de je ne sais quel autre sac présent sur quasiment chaque silhouettes du défilé, mais plutôt sur des accessoires plus discrets (discrétion toute relative cependant) et qui nous on fait totalement craquer ! Incroyables plastrons précieux composés de deux parties distinctes, créant une forme de rupture. Rupture des matériaux – métal irisé d’un coté vs plexiglas transparent rehaussé de cristaux précieux de l’autre – rupture stylistique entre le passé d’une griffe marqué par une décennie « Gallianesque » et une future (on le lui souhaite) décennie Raf « Simonesque ». Même travail réalisé sur une série de délicates et précieuses ceintures soulignant les silhouettes « New-Bar ».

© Dior SS13
© Dior SS13


Autre surprise et non des moindres, celui de l’univers du soulier Dior. Fini les classiques pump compensées arrondies roses, poudres et vernies, place à une collection d’escarpins forts, dynamiques et futuristes. Veau métallisé reprenant la thématique futuriste de la collection, palette de couleurs pastels ou plus sobres, associations de matériaux précieux tel le python ou le serpent d’eau avec des propositions ultra contemporaines de vinyle transparent, découpes nouvelles sur l’arrière du soulier, le tout souligné de bandes de métal irisé s’enroulant autour de la cheville ou glissant sur le pied – en un mot comme en cent, on adore !

© Dior SS13
© Dior SS13

© Dior SS13


La suite en mots et en images de nos coups de cœur mode de cette Fashion Week Parisienne dans quelques petits jours ! ;-)

A.


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In Pop We Trust - ATLD


 A three legged dog – ATLD – nom étonnant pour une toute aussi étonnante griffe de foulards dont nous sommes récemment tombés sous le charme. Et c’est par une belle après-midi de fin d’été, flânant dans les rues du Marais pour un shooting en nature morte improvisé, de l’élégant Parc Royal aux vertes pelouses de la Place des Vosges, que Romain et Issalaye, ses deux jeunes co-fondateurs, nous ont fait découvrir leur concept alliant mode, pop musique et références artistiques multiples. Membres à part entière de cette nouvelle génération très touche-à-tout des /// que j’aime tant, Romain, aux commandes du style et Issalaye, en charge de l’aspect plus commercial, amis d’enfance, issus tous deux de formations et de parcours professionnels différents se sont retrouvés autour de leurs passions communes – la musique et la mode.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Accessoire masculin et féminin fétiche à l’élégance intemporel, un brin sophistiqué, le foulard est sorti depuis quelques années de ses codes conventionnels pour investir la rue. A three legged dog est représentatif de ce nouveau mouvement de marque de mode, sortant des sentiers battus, au style impertinent et anti-conformiste. Anti-conformiste, tout comme le choix de leur nom, littéralement Un chien à 3 pattes, prenant volontairement le contre-pied des grandes maisons spécialisées dans la Soie mettant toujours en valeurs dans leurs représentations et leurs iconographies des animaux à la noblesse emblématique, alternant Cheval et Art Equestre pour certains et Lion et Chaînes Or pour les autres. Loin de ces clichés stylistiques, ATLD prône la culture de la différence, en tant que force et énergie créative.


© A three legged dog

© A three legged dog

Couleurs chatoyantes, imprimés pop et graphiques, ATLD joue la carte du Fun tout en conservant la qualité d’une fabrication artisanale 100% Made in France. Réalisée en édition très limitée et produite dans des ateliers artisanaux de soieries de la vallée Lyonnaise, tout, du packaging aux incroyables carrés en Twill de Soie roulottés main, est réalisé, pensé et volontairement conçu en France afin de préserver la tradition et l’héritage de l’une des activités de confection française les plus prestigieuses et les plus ancienne.

© A three legged dog
© Les Garçons aux Foulards


In Pop we Trust

Pour leur Collection 0 présentée officiellement en amont de la Fashion Week Parisienne, ATLD rend hommage à la pop culture, éphémère et industrielle. En brandissant sur des carrés de soie des portraits emblématiques de personnages controversés mais adulés par des générations, d’Amy Winehouse à Mickael Jackson en passant par Beth Ditto et Kanye West (mon preferé), A Three Legged Dog tranche dans le vif en se jouant des couleurs pour capter de ces étoiles filantes une image intemporelle. Pure montée d'ego trip ou étendard d'une génération de rebelles sans causes, " In Pop we trust ", au delà d'orner des étoffes, questionne et interpelle en une parfaite symbiose artistique.

© Les Garçons aux Foulards

« Au delà de leur personne, c'est leur image qui nous intéresse. Détestés, adorés, ils restent de véritables idoles. Nous avons travaillé les visuels "In pop we trust" dans l'esprit du one dollar bill. La démarche directement inspirée du pop-art vise à détourner l'industrie pour proposer un étendard de l’éphémère. Vide de sens ou sens du vide. »

© A three legged dog
© A three legged dog

Au croisement de diverses influences telles que le pop art de Andy Warholl'acrylique de Kawsl'univers psychédélique du graphiste japonais Yokoo, ou encore la numismatie, cette première collection élargit non sans humour les contours de l'artisanat français avec comme idée complémentaire celle de tenter de refléter une époque, un cliché photographique sociétal.

© Les Garçons aux Foulards

Délicieusement décalée et impertinente, aux frontières d’un savoir faire textile français hérité et reconnu dans le monde entier et des images neo pop art les plus actuelles, cette première collection A three legged dog donne le ton d’un style nouveau mettant à l’honneur le foulard en tant qu’accessoire phare d’une jeune génération créative et hors norme et nous fait littéralement craquer pour ses illustrations exclusives au style délicieusement Pop Acidulé – on adore !

© A three legged dog

In Pop we Trust – ATLD – 199 euros

A shopper en exclusivité en ligne sur


A.

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Au revoir Madame Anna Piaggi



Un décidemment bien triste année s’égraine petit à petit dans l’univers de la Mode. Après la perte de la regrettée Loulou de la Falaise il y a déjà quelques mois, ou celle encore du merveilleux brodeur François Lesage ayant marqué les plus beaux défilés Haute Couture de son travail remarquable, c’est au tour d’une autre grande Dame de la Fashion Sphère de tirer sa révérence : Madame Anna Piaggi qui s’en est allée à l’âge de 81 ans.
© Anna Piaggi

Journaliste de mode ayant traversée près d’un demi siècle de Création et de Style, flamboyante Rédactrice en Chef du Vogue Italien durant 23 années,  et personnage excentrique connue pour sa chevelure bleue coiffée des créations hautes en couleurs des modistes britanniques et internationaux les plus avant-gardistes ; Anna Piaggi a tirée sa révérence dans la douceur Méditerranéenne d’un mois d’août et est rentrée pour toujours dans la légende.

© Anna Piaggi

Aimée du grand public, écoutée et respectée par ses paires, une rétrospective lui fût même consacrée en 2006 au Victoria & Albert Museum, institution Londonienne des Arts Décoratifs, mettant en avant sa personnalité forte, ses goûts en matière de Mode et ses prises de position tranchées. Car si Anna Piaggi était connue pour ses expérimentations vestimentaires, (la copie dont son style a fait preuve au long des ans est sans doute la plus flatteuse des reconnaissances que la jeune garde de bloggeuses internationale ai pu lui faire, Miss Tavi Gevinson en tête), elle marqua son époque, fidèle à son crédo : « Ne pas suivre les Tendances, les créer » ! Les devançant à l’aide d’incroyables mélanges de style, la mode étant pour elle un perpétuel terrain d’expérimentations, affûté, audacieux et  irrévérencieux.

© Anna Piaggi
© Anna Piaggi

Anna Piaggi n’est ainsi plus, laissant un vide sur les Front Row, une absence de couleurs sur un 1er rang souvent bien triste. Mais le mythe est né, marquant pour toujours la petite histoire de la mode.

© Anna Piaggi

Ainsi à l’instar de la pétillante (et très communicante) rédactrice en chef du Vogue Japon, Anna Dello Russo, dont le style fût sans nul doute marqué de le patte Piaggi, rendant un dernier hommage à la grande dame de la mode Italienne, «Anna Piaggi me manquera pour toujours!!!», nous terminerons sans doute sur les vibrants adieu du styliste Stefano Gabbana, «Ciao grande Anna!».

A.




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Habillés pour l'été!











Finit le travail, finit la grisaille, finit le bitume et finit les tristes mines déconfites à l’annonce des prévisions météorologique d’Evelyne Dheliat, l’été pointe enfin le bout de son nez et nous offre une trêve de bien-être légère et colorée. Légère et colorée tout comme la garde robe masculine de cette saison. Juilletistes, Aoutiens ou êtres étranges prenant leurs congés et partant pour d’exotiques contrées à la croisée de ces deux mois fatidiques pour Bison Futée, Les Garçons aux Foulards sont heureusement là, fidèles au poste, vous donnant leurs conseils et leurs coups de cœur pour bien faire sa valise de l’Été !








La Mode devançant comme toujours nos envies, propose pour cet été l’image d’un homme émancipé qui se dévoile tout en subtilité. Ainsi, des plages de Bali aux clubs d’Ibiza en passant par les Ramblas Barcelonaises ou les criques Sardes, quelques règles de Mode « bien pensante » seront à respecter pour ne surtout pas se sentir dépareillé ! Shorts de ville, chemises entrouvertes, nudité suggérée, furtive, évoquée par le biais de chemises en voiles de coton, ou autres mailles courtes ou longues en résilles effet moustiquaires découvrant habilement des détails de peau. Loin de se limiter à ces effets de matière, la guerre des Tendances se livrera entre les adeptes d’épure au contraste graphique de noir et de blanc, et les fervents défenseurs d’une explosion de couleurs vitaminées.

© Dior Homme SS/12

1/ Le Short en ville tu adopteras !

Tendance inévitable pour les plus frivoles comme pour les plus sages, le short, vêtement masculin emblématique de l’été, s’invite (vu depuis déjà quelques saisons sur les podiums) dans nos gardes robes citadines. Finit la ségrégation vestimentaire Homme-Femme, l’heure est à la parité des styles et ces messieurs ont également le droit au confort urbain, dévoilant par la même un mollet qui a tant de fois créer la polémique.

Mais attention, pas question de ressortir de son placard le short Camel multi poche de randonnée ! La version été 2012 se fait élégante et citadine. Plus fité, plus court, il reprend les codes des pantalons de cette saison. Popelines de coton, matières techniques, jean et parfois même en soie comme au très remarqué dernier défilé D&G, le short se coordonne avec sa tenue et se porte de façon systématique avec une chemise pour le rendre plus élégant.

© D&G SS/12
© D&G SS/12

Version très raccourcit comme chez l’élégant Homme Hermès qui le portera négligemment avec une chemise en soie imprimée marine, le short, pour les moins téméraires se portera plus loose accompagné d’une veste coordonnée. Ton sur ton chez Kenzo, ou avec une veste double boutonnage ouverte chez Yves Saint Laurent, le short doit se porter décomplexé, tel une évidence.

© Hermès SS/12
© YSL SS/12

Evident aussi, il l’est au bureau, afin de jeter définitivement aux oubliettes les habits de papy. Porté en costume-short dans un esprit preppy année 50, accompagné d’une veste cintrée, d’une chemise et d’une cravate en maille comme chez Bill Tornade, il devient très chic. Et enfin, si féru de mode, vous vous sentez prêt à jongler avec les différentes tendances de cet été, n’hésitez pas enfin à le mixer avec une maille ou une chemise imprimée, comme chez Kenzo ou chez D&G afin de gagner les palmes du style durement méritées.

© Bill Tornade SS/12
© Kenzo SS/12

2/ En Black & White tu débuteras !

Déclinée de sa version hivernale, la tendance Black and White a envahit les podiums des créateurs les plus Avant-Garde. Total Look White comme chez Dior Homme ou chez Yves Saint Laurent, le White se porte en toute décomplexion. Mixe de tendances à lui seule, le blanc, Off White, proche du blanc cassé, ou optique et se porte autant slim qu’over size, autant épuré que superposé.

© Dior Homme SS/12
© Dior Homme SS/12
© YSL SS/12

Plus évident, et plus facile, le mixe noir-blanc trouve sa place de façon évidente dans un vestiaire urbain aux accents d’été avec une touche edgy contrôlée. Référence à l’univers du rock’n’roll chez Lanvin Homme, le pantalon blanc se porte accompagné de boots montantes effet godillot. Plus cool, dans un esprit estivale très chic, la très élégante ligne Hermès Homme, propose le mix noir en blanc en jouant sur des effets de mailles. Lins tricotés ajourés à porter en contrasté avec un pantalon blanc ou un pantalon noir, la maille se fait très été et se marie de sandales graphiques soulignant une silhouette estivale et contrôlée.

© Lanvin SS/12
© Hermès SS/12


3/ Le Color Block te sublimeras !

A l’opposé du minimalisme et du look summer Edgy mixant blanc et noir, la couleur fait son grand retour et créée la surprise dans une garde robe masculine souvent bien trop sage. Tendance forte des podiums, de Milan à Paris, les créateurs ont fait le pari osé du coloris unique traité en aplat sur l’ensemble de la silhouette. Turquoises, Verts acides, Roses fuchsia ou encore Rouges vibrants, les podiums ont emprunté aux arcs-en-ciel leurs palettes de couleurs vives, voir explosives et nous ont offert des cocktails détonants mais profondément grisants où le vêtement devient couleur et inversement. 

© Bottega Veneta SS/12
© Kenzo SS/12
© Kenzo SS/12

Ainsi les néo yuppies osent la perfection d’un costume trois boutons Azur pour affronter le gris des marchés boursiers, ou le chic décontracté d’un trench porté en total look carmin – effet peps garantie.

© Costume National SS/12

Plus sage, plus élégant et plus facile à porter au quotidien, la tendance Color Block se décline également dans une version plus casual sur les pantalons. Mixé à un veste croisée à double boutonnage chez Dsquared, le pantalon fuchsia réveille une tenue un peu classique, porté nonchalamment avec une maille loose chez Hermès, le chinos corail donne indéniablement un avant-goût de vacances en certaines périodes ou le soleil a pu nous faire cruellement défaut.

© Dsquared SS/12
© Hermès SS/12


Et pour aller avec ceci me demanderez-vous ?

Spartiates, mocassins, sneakers montantes ou derby portés pieds nus, l’homme ose les souliers détournés. Chinos classique porté avec une fine sandale pour lui donner plus de légèreté, short de ville et mocassin pour plus d’urbanité, costume color-block cassé d’une paire de sneakers esprit Néo-Hip Hop ou encore veste sans manche pointue accompagnée d’un très classique mais très pointu soulier à bout fleuri et compensé, chaque style trouvera cet été chaussure à son pied ! Alors, amoureux des couleurs, hipster graphique où preppy chic en short urbain, amusez-vous, osez et profitez de ce très bel été !











A.



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Au revoir Mr Yves Saint Laurent, Bonjour Saint Laurent Paris !












Alors que la Fashion Week Homme Parisienne s’apprête à défiler dans quelques petits jours, la nouvelle est tombée telle un couperet : la mythique maison française Yves Saint Laurent, dont le changement de Direction Artistique en février dernier avait fait la Une de toute la Presse Mode, perdra à partir du Printemps 2013 son prénom !

Fin d’une ère, début d’une autre, faisant table rase des années Porno Chic Tom Ford et des années Discrètement Sages Stefano Pilati, le tout puissant Hedi Slimane, nouveau Directeur Artistique de l’ensemble des collections de la maison, a décidé, comme premier symbole fort de son arrivée, de modifier le nom même de la griffe.

© Hedi Slimane

Au revoir Mr Yves Saint Laurent, créateur de génie ayant révolutionné le vestiaire féminin, lui donnant enfin le pouvoir du pantalon masculin, le glamour du smoking porté seins nus, le parfum d’Orient du Caftan ou le mythe des étendues Kenyanes d’une Saharienne, sans jamais lui ôter la féminité indissociable à ses créations. Conscient du fait que personne n’ayant sans doute le talent de reproduire le génial travail de Mr Saint Laurent, le temps est sans doute venu de passer à autre chose et de faire franchir un nouveau cap à cette marque globale à la notoriété planétaire.

© Yves Saint Laurent

© Yves Saint Laurent par Helmut Newton 1972

Bienvenue ainsi à Saint Laurent Paris, marque de mode moderne aux visées internationales. J’entends cependant déjà certains criant au scandale, invoquant un héritage bafoué, l’histoire d’une maison sacrifiée sur l’hôtel du Business tout puissant ! Mais avant de vous laisser vous égarer sur de tels chemins, il serait peut-être bon de rappeler, que la maison aux trois lettres entrelacées, s’est appelée justement lors de son lancement en 1961 Saint Laurent !

© Boutique Saint Laurent dans les années 60

Interrogé sur le sujet par le magasine Elle, l’ancien compagnon du Couturer défunt et financier de la marque, Mr Pierre Bergé, a salué l’initiative d’Hedi Slimane en tant que retour à l’essence et aux fondamentaux de la marque.

© Yves Saint Laurent et Pierre Bergé


Par ailleurs, pour celles et ceux qui auraient déjà oublié les tenants de la révolution Slimane, faisons un rapide retour en arrière. Qui se rappelle qu’avant de devenir le très désirable Dior Homme, le pendant masculin de la griffe Parisienne s’appelait Christian Dior Monsieur !... Ayant donné un grand coup de pied dans les classiques 3 pièces gris de « Monsieur », rockabilisant les collections à coup de jeans slim enduits, de débardeur XL loose, de cuir dark et de vestes aux coupes parfaites over skinny, il révolutionna ainsi à jamais le vestiaire masculin et s’empressa de changer le nom ainsi que l’ensemble de l’identité de la marque afin de lui communiquer une nouvelle modernité.

© Dior Homme par Hedi Slimane

Dix ans plus tard, et ayant fait ses preuves dans l’univers de la photographie contemporaine, Mr Slimane reprend les méthodes qui ont fait son succès afin de faire de Saint Laurent la maison la plus désirable de ce 21ème siècle.

© Hedi Slimane

Alors cessez de vous lamenter sur un tout petit prénom, que personne ne prononçait déjà plus, et préparez vous une fois encore, Ô Fashion Addict, à crier au génial Hedi Slimane. Politique de communication à la discrétion volontaire et au mystère cultivé, la 1ère collection Masculine signée Slimane, ne sera pas présentée à la presse et il faudra attendre début octobre pour découvrir enfin le travail (sans doute moins inspiré par Londres et Berlin) aux accents néo-L.A réalisé pour la collection femme.

Une chose est cependant certaine, la guerre des styles est déclarée, à coup de It Bags et de It Collections, entre PPR et LVMH, les deux géants du luxe français pour conquérir le cœur (et le fort pouvoir d’achat) des nouveaux clients Orientaux friands de Mode Made in France.

Alors soyons patients, et d’ici là, nous souhaitons beaucoup de succès à cette maison qui nous est chère et qui a toujours eu une place de choix dans notre cœur et dans nos vestiaires.

A.

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African Remix














« J'avais une ferme en Afrique, au pied de la montagne du Ngong… », c’est par ces mots que  l’écrivain Danoise Karen Blixen débute son roman Une Ferme Africaine, et c’est sans doute par ces mêmes mots que de nombreux créateurs de mode débutèrent leur réflexion stylistique pour ce Printemps/Eté 2012. De Paris à Milan en passant par Londres, on ne compte plus les défilés inspirés par l’Afrique. Afrique imaginée, Afrique fantasmée, Afrique sublimée, l’Afrique est In, se mixe et se remixe ! Porté au premier degré, en touche, modernisé ou totalement réinventé, décryptage mode de l’une des tendances forte de cette saison !

Wax Deluxe

Tissu emblématique de l’Afrique, descendant du Batik Indonésien importé par les Hollandais lors de leurs conquêtes Asiatiques, le Wax en a conservé ses qualités de tissage, ses imprimés graphiques issus de techniques traditionnelles à la cire, dont il tient d’ailleurs son nom, et ses gammes de couleurs aux tonds chauds. Devenu un incontournable de la mode made in Africa, le Wax sort cette saison de son usage traditionnel et investit les catwalks des capitales de la mode. Aussi présent chez les créateurs féminins que masculins, le wax s'impose comme l’imprimé majeur de cette saison Printemps Été 2012 !

Difficile de trouver, de Paris à Milan en passant par Londres et New York, une collection qui n’aurait pas sa touche d’African Remix. Tissus imprimés, coupes façon néo boubou ou détails d’accessoires, de la très parisienne Barbara Bui, au belge Dries Van Noten, en passant par le duo New-Yorkais ultra branché de Proenza Schouler, l’Afrique s’impose. Proenza Schouler qui a d’ailleurs parfaitement réussit l’exercice de détourner le tissu Wax et de le moderniser par le biais d’ensembles veste short, au style très fort, entièrement gainés de cuir noir. 

© Barbara Bui SS/13

© Dries Van Noten SS/13

© Bottega Veneta SS/13


Le talentueux Guillaume Henry a une fois de plus créé la surprise, habillant les ingénues Carven de petites robes faussement sages mais réellement dans l’esprit African Remix. Porté en total look ou en touche, sur une jupe ou sur une blouse, la Wax a été l’événement du défilé Burberry Prorsum. Omniprésent sur l’ensemble des silhouettes, porté en total look en pièces séparées, les différentes tenues aux imprimés africains font la part belle aux teintes chaudes comme le rouge et le orange et aux couleurs de la terre telles que l’ocre et le Camel. Une tendance entre tradition et modernité qui détourne l'imprimé primitif de sa fonction première, porté sur un trench cintré, sur la pencil skirt de cet été ou encore sur un blouson over-size.


© Carven SS/13
© Burberry SS/13


Coté messieurs, la Wax ose. Elle ose la couleur et les imprimés dans un vestiaire masculin qui oscille rarement de son cadre un peu formel. Chemises éclatantes chez Burberry Prorsum, pantalons colorés, imprimés, très larges chez Dries Van Noten, l’homme porte une belle pièce, et calme l’ensemble grâce à une veste classique ceintré ou un pantalon en coton léger. Dans une version moins radicale, le styliste italien Christian Pellizzari propose pour cette saison, le Wax en élégantes touches dynamisant une collection essentiellement composée de camaïeux de beiges et de doux pastels. Porté avec une chemise blanche et une veste marine, le pantalon ample en wax deviendra chicissime, et dans sa version habillée, à col smoking, la veste osera la couleur et l’imprimé pour le soir et se calmera d’un pantalon uni, parfaitement coupé. Simplement élégant.

© Burberry SS/13

© Dries Van Noten SS/13

© Christian Pellizzari SS/13

Comment le porter au quotidien ?

Pas toujours évident à porter en total look, le wax peut s'apprivoiser en touches. Sur un vêtement, mélangé à des pièces plus classiques du vestiaire féminin et masculin, il en casse les codes. Omniprésent dans la très belle collection Burberry Prorsum de cet été, tant pour l’homme que pour la femme, Christopher Bailey, le styliste de la maison Britannique, nous montre que  le Wax peut se porter tout au long de la journée, de la parka matelassée, au pantalon version décontracté cassant un trench plus conventionnel, en passant par la chemise. Apportant ses nuances de couleurs et de fantaisies, subtilement coordonné au reste de la tenue dans des palettes de tons chauds et profonds d’ocre, d'olive, de beige et de bleu marine, le wax réveille une tenue un peu trop conformiste. Accompagné d’accessoires racontant une même histoire, il se marrie particulièrement bien de nonchalants chapeaux en raphia tressé ou de sacs, mi sacoche, mi besace aux imprimés ethniques


© Burberry SS/13

© Burberry SS/13


Safari Chic

Elégance révolue d’une certaine époque, clin d’œil au film Out of Africa, aux icones masculines du cinéma américain des années 30 et 40, mais aussi au travail d’Yves Saint Laurent, l’esprit Safari, se fait pour cet été une fois de plus très chic. Parée pour affronter la jungle urbaine, la saharienne, vêtement emblématique de l’esprit Safari, fait partie de tous les looks tant qu’elle reste dans les couleurs claires. Détournée, dépoussiérée, réinventée, elle se porte fluide et déstructurée. En  version XL et maxi poches sur un short blanc comme chez Dries Van Noten, elle se simplifie et s’épure dans une version jean délavé sans manche chez l’américain Philip Lim.


© Dries Van Noten SS/13
© Philip Lim SS/13

Coté mailles, quelles soient en coton, en lin ou en soie, elles se déclinent dans les couleurs d’une certaine vision de l’Afrique - ocres, beiges, palette de ton chauds et profonds. Toujours incroyablement travaillées chez Missoni, elles ont également beaucoup été vues dans les défilés Homme et Femme de Burberry Prorsum et de l’italien Etro.

© Missoni SS/13

Coté garde-robe masculine, les cheveux coiffés en arrière sous un panama en raphia, les défilés proposent des tenues impeccables déclinées en cotons et lins bruts dans des nuances de crème, de beige et de vert pastel. La veste Saharienne, icône de style, pièce incontournable du vestiaire masculin, a été également beaucoup remarquée. Plus classique sans doute que dans ses versions féminines, la Saharienne se travaille en lin, en coton, en maille, mais également, comme chez Bottega Veneta, dans sa version cuir ou sa version lin grège – un must. L’homme Salvatore Ferragamo quant à lui porte fièrement les codes de la maison italienne et assume une allure sophistiquée de dandy, masculine, cassant un style trop formel à l’aide d’une paire d’espadrilles, avec une pointe de nonchalance assumée.


© Bottega Veneta SS/13
© Salvatore Ferragamo SS/13

Comment le porter au quotidien ?

Que l’on parcourt l’immensité des plaines Kenyanes ou les artères bitumées de nos agglomérations, la Saharienne possède la faculté de pouvoir s’adapter en toutes circonstances. Portée avec un pantalon en lin ou un chinos elle sera chicissime, portée par les plus intrépides d’entre vous sur un short dans sa version sans manche, détournée, ou XL, elle sera la signature Mode de cet été ! Faux airs de vacances avec ses camaïeux de beiges et de kakis, facile à porter et à mixer, faussement classique, toujours élégant, le style Safari nous transporte dans des contrées ensoleillées au doux parfum d’aventure.

Alors, que vous soyez plutôt baroudeuses des villes, aventuriers chic, ou Wax Addict, n’hésitez plus et osez l’African Remix !

A.


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Du nouveau chez Stéphane Verdino!
















Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas été rendre visite à l’un de nos créateur favoris : Stéphane Verdino. Et que de changements, que de nouveautés en l’espace de quelques mois rue Charlot ! Non content d’être l’une des références en matière de cuir français, Stéphane Verdino élargit son champ créatif pour cet été. Nouveau modèle de cabas, solaires, derbys coolissimes et nouvel espace Galerie au cœur du flagship Verdino ; tour d’horizon Mode !

La Verdigalerie

Poumon artistique de la boutique de la rue Charlot, la Verdigalerie, véritable espace de Liberté dédié à la création contemporaine, accueille les coups de cœur artistique du maître du lieu. Passionné d’Art, de Photographie, de Mode, Stéphane Verdino renoue avec l’essence d’un lieu initialement consacré à l’art. Inaugurée il y a quelques petites semaines avec une installation graphique et minimale de photographies signées Brigitte Ollier, la Verdigalerie accueille jusque mi-juin, la première exposition d’un jeune artiste de talent Alexandre Dufoix.


© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Dessinateur de formation, illustrateur de métier, Alexandre Dufoix collabore avec de nombreux magasines de mode tels le Wad, Schön Magazine ou encore Citizen K et a développé au fil de ses créations un vocabulaire graphique qui lui est propre et qui ne le quitte plus. Une écriture binaire entre ombre et lumière. Du noir et du blanc, du vide et plein, ses personnages sont tiraillés entre humanité et animalité et évoluent dans un monde absent, fait avec le blanc du papier. Alexandre Dufoix crée avec le dessin et la gouache un univers bigarré, dense, drôle et parfois inquiétant.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Partagé entre monstres gentils et créatures chimériques et diaboliques, les trois séries de dessins présentes à la Verdigalerie : Tueur né - Pandu le Panda - Trick o' Treat traitent de notre société, en dénoncent, à la finesse du graphite, les déboires et les déviances. (A découvrir, mais aussi pourquoi pas à s’offrir – dessins numérotés à partir de 90 euros !)

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux FoulardsAjouter une légende

La Verdiboutique

Coté boutique, le concept s’affine. Exit certaines lignes parfois trop marquées, Stéphane Verdino a décidé de se concentrer sur l’essence de son style. Qualité exemplaire d’une fabrication française, nouveau cabas iconique réalisé en série limité et ligne Néo emblématique aux coloris punchy ; tous les codes Verdino sont présent.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards


Nouveauté de cet été, la boutique s’ouvre à trois designers invités, proposant de façon éphémère une petite partie de leur collection. Irreprecible envie de faire découvrir de nouvelles choses dans tous les domaines, Stéphane Verdino prend une démarche d’ouverture vers les autres et vers le monde. Créateurs amis, mais aussi coups de cœur stylistiques, Stéphane Verdino a entre autre point commun avec ses invités une même idée du travail bien fait, créant par le choix des modèles et des couleurs, un univers cohérent et complémentaire au sein de son espace de la rue Charlot.


© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards


Parmi les heureux élus de cette saison,  nous pouvons citer la très frenchy marque Royalties et ses modèles de chaussettes d’esprit vintage, le créateur de sac franco-espagnol Eric Gallais et ses très beaux modèles de cabas unisexe et de pochettes travaillés à la main en Espagne et enfin, notre coup de cœur Mode, la très Parisienne jeune marque Yvonne Yvonne et ses ravissantes pochettes colorées en cuirs d’agneau, doublées de tissus Liberty. Véritables boîtes à mille secrets, les finitions et bijoux de sac sont réalisés en laiton martelés main, et sont fabriquées en Inde. Dégradés de taupes grisés et de violet aubergine, rehaussés d’or mâte, les pochettes Yvonne Yvonne s’associent parfaitement au colorama des peausseries utilisées par Stéphane Verdino pour cette nouvelle collection, tout comme les cuirs colorés des créations signées Eric Gallais apportent le soleil Madrilène de son créateur au cœur du Haut Marais.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

En parallèle de cela, Stéphane Verdino nous a réservé deux surprises Mode pour cette nouvelle collection. La première, en collaboration avec le lunetier Solaris, est le lancement d’une ligne complète de solaire signée Verdino. Esprit aviateur ou 90’s, colorama acidulé ou beaucoup plus sobre, branches en cuir cousu main chicissimes, montures fumées ou avec des effets de transparence façon plexi, on les adore toutes et nous devons nous confesser, nous en avons déjà adopter une paire….

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards


Seconde surprise et non des moindres, Stéphane Verdino vient de lancer une véritable collection de souliers unisexe. Déclinés du modèle classique de derby à bout pointu et customisé chaque saison, Stéphane Verdino propose une paire de derbys montants à lacets ainsi qu’une très belle paire de souliers à bout rond également. De fabrication française, les veaux velours utilisés rendent les modèles ultra souples et se prêtent parfaitement au porté décontracté chic esprit Riviera de cet été. Décliné sur une même forme du 35 jusqu’au pointures masculines, les trois modèles se déclinent en six couleurs gourmandes et estivales. Rouge Rubis, Vert Safari, Jaune Curry ou encore Chocolat, les souliers, présentés en série, s’étalent telles d’appétissantes friandises colorées auquel il serait bien irraisonnable de résister. Raison qui de toute évidence nous a fait faux bond le temps d’un instant, nous laissant le loisir de craquer pour un très beau modèle en veau velours bleu ! (Souliers Stéphane Verdino – 115 euros)



© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Prescripteur de tendance, découvreur de talents, amoureux des Arts et grand Humaniste avant tout Stéphane Verdino ne cesse de nous étonner. N’écoutant que son intuition et bousculant les codes parfois un peu trop établis de l’industrie française de la Mode, Stéphane Verdino associe en son espace de la rue Charlot, expositions, découvertes, rencontres et shopping, en faisant ainsi, un véritable lieu de vie !

A.


Alexandre Dufoix à la Verdigalerie

Du 20 avril au 16 juin 2012


Stéphane Verdino



10, rue Charlot – 75003 Paris


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Esprit Rétro, affriolant et délicieusement Impertinent, la Lingerie s’acoquine pour notre plus grand plaisir !


















Une fois n’est pas coutume, Les Garçons aux Foulards vont s’intéresser à un sujet 100% Femme, 100% Glamour, 100% Rétro coquin: la Lingerie ! (Et ce n’est d’ailleurs pas pour vous déplaire messieurs !)








Longtemps réservée au domaine de l’intime, la lingerie a su au fil des ans se faire de moins en moins discrète. Après quelques décennies de désuétude ou les termes de « Ultra Confort » et de « Lycra » étaient roi, elle prend sa revanche à coups de kilomètres de tulle, de broderies et de dentelles, inspirée par le travail de créatrices passionnées et amoureuses du corset telles Fifi Chachnil, Chantal Thomass ou encore Poupi Cadolle, et occupe à nouveau les devants de la scène Mode, se dévoilant centimètre par centimètre pour notre plus grand Plaisir !

© Chantal Thomass SS/12


Amorcée depuis plusieurs saisons par l’évolution de nos sociétés et la désinhibition de l’art de la séduction, la lingerie reprend ainsi enfin la place centrale qu’elle n’aurait jamais due quitter, devenant même un véritable spectacle attendu commenté par des millions de spectateurs à travers le monde. Luxe pour soi ou luxe pour les autres, la lingerie retrouve ses codes, celle d’une féminité assumée, au doux parfum de souffre, mettant en valeur le corps, sculptant une silhouette et dévoilant les charmes de courbes généreuses. Dentelles, voiles, imprimés floraux, formes rétro au charme désuet, la lingerie retourne à son âge d’or. 

Défilés

Exemple le plus marquant, Victoria Secret est le défilé de lingerie le plus célèbre et le plus médiatisé de la planète. Marque de prêt-à-porter américaine connue pour ses catalogues de Vente par Correspondance, Victoria Secret a eu l’intelligence de mettre l’accent sur sa ligne de produit la plus glamour : la lingerie. Organisé une fois par an à New-York, en dehors des périodes habituelles de Fashion Week, le Victoria’s secret fashion show réunit plusieurs centaines de Happy Few, conviés a assister au défilé de lingerie le plus attendu et le plus spectaculaire du monde. Décors grandioses, tops modèles parmi les plus recherchées, parterre de stars réunissant entre autre Beyoncé, Orlando Bloom ou encore Donna Karan, tenues incroyables spécialement réalisées pour l’événement. Adriana Lima, Doutzen Kroes, Chanel Iman ou encore Mirande Kerr ont assurées le spectacle cette saison  pendant que les chanteurs Jay-Z, Kayne West, Maroon 5 et Nicki Minaj ont fait leur show rythmant le passage de ces demoiselles. Podium blanc pailleté, cuir, cascade de bijoux, plumetis, froufrou rétro, colorama pop et détails fluo, les anges de Victoria Secret ont été transformés en Démons rock, Super Woman ou encore en Sirènes des mers au sex-appeal exacerbé. Un défilé glamour et endiablé, clôturé comme toujours par le soutien gorge le plus cher du monde, recouvert de diamants, d’une valeur de 2,5 millions de dollars.

© Victoria Secret SS/12

© Victoria Secret SS/12
© Victoria Secret SS/12

© Victoria Secret SS/12

Plus proche de nous, mais aussi plus accessible, la marque française Etam fait parler d’elle depuis plusieurs saisons grâce à sa collaboration avec la mannequin et styliste Natalia Vodianova. Image officielle de la ligne lingerie, Natalia Vodianova dessine également une collection Capsule, mettant en avant des modèles très féminins aux détails souvent plus raffinés et plus délicats. Présentée en janvier durant le semaine de la Couture, lors d’un défilé évènement réunissant entre autre Ludivine Sagnier, Audrey Marnay, Mélanie Thierry ou encore le nouveau compagnon de la belle, Antoine Arnault, la nouvelle collection, riche en lamés or, en body en dentelles pastel et en ensembles résolument rétro, prend des allures Disco. Mannequins souriantes et amusées aux perruques afro roses, caniches colorés et pluie paillettes, le tout sur des lives de Grace Jones, des Pointer Sister ou encore de Gloria Gaynor : l'ambiance du défilé était à la fête et mettait en avant l’image d’une lingerie jeune, impertinent et non conventionnelle, à porter tout au long de la journée au grès de ses envies.

© Natalia Vodianova pour Etam SS/12

© Natalia Vodianova pour Etam SS/12

© Natalia Vodianova pour Etam SS/12

La célèbre marque britannique de dessous chics et d’accessoires luxueux et libertins Agent Provocateur ne défile pas mais fait le parti pris élégant mais inhabituel de choisir de célèbres égéries mettant en valeur les modèles « rétro-coquin » de la maison. Ainsi, après les très glamour Joséphine de la Baume, Kate Moss, Dita Von Tesse, Maggie Gyllenhaal ou encore Alice Dellal c’est au tour de la jeune actrice française Mylène Jampanoi, d’être l’image de la collection lingerie Printemps-Eté 2012. «Après tant de campagnes dévoilant des femmes fatales, j'ai voulu avoir une approche plus douce pour le printemps été», a déclaré Sarah Shotton, la directrice artistique du label britannique. Inspirée des classiques du cinéma érotique «Emmanuelle» et «Histoire d'O», ainsi que des couvertures du magazine «Playboy» des années 1970, la nouvelle campagne Agent Provocateur affiche les courbes sensuelles de Pin Up de Mylène Jampanoi posant dans un univers à la fois romantique et lascif. Une séance photo d’un érotisme troublant, ou Mylène redéfinit le terme même de sensualité, déflorant ses courbes dans des nuances opalines. Le ton est donné, cette saison sera sensuelle et poudrée !

© Mylène Jampanoi - Agent Provocateur SS/12

© Mylène Jampanoi - Agent Provocateur SS/12
© Mylène Jampanoi - Agent Provocateur SS/12
© Mylène Jampanoi - Agent Provocateur SS/12


Tendances

Coté tendances, les collections Printemps Eté 2012 se rejoignent sur deux idées : la féminité s’exacerbe et l’esprit Corset refait son apparition. Elégance omniprésente des années 60, les tailles remontent et le string tire sa révérence pour laisser sa place à des shorty en dentelle ajourée, ou à des culotte taille très haute portées avec des porte-jarretelles simplifiés – effet Néo Pin-Up garantie. Coté soutien-gorge, qu’ils soient push up ou à balconnet, ils redessinent la poitrine, galbent les formes et créent de généreux décolletés que n’auraient sans doute pas reniés l’héroîne du film de Just Jaeckin. Niveau matière, les dentelles et autres guipures font un retour remarqué. Transparentes, elles couvrent sans cacher et dévoilent sans trop en montrer. Mix de matières, elles se mélangent avec des satins et des voiles et parfois même des imprimés floraux, à mi chemin de la « femme fleur » et de la « femme fatale ». Coté couleurs enfin, les tons roses poudres, bleus romantiques mais aussi noirs tentateurs sont omniprésents et accentuent l’esprit faussement ingénue de ce printemps été 2012.

© Chantal Thomass SS/12

Des collections tendrement impertinentes, sophistiquées, un brin sulfureuses, travaillées de broderies ajourées et de soutiens-gorge pigeonnants offrant un décolleté ravageur. On ose ainsi les formes glamour, on adore les travails de guipure, de dentelle, et on adopte l’esprit Lingerie Couture pour une féminité résolument rayonnante.

A.



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Duel de Tendances : Serez-vous Pastels ou Imprimés?



















Finit les frimas de l’hiver, aux placards manteaux et doudounes qui nous ont abrités d’une météo pas toujours clémente ! A l’approche des beaux jours, il est grand temps pour nous de faire un point sur les Tendances phare qui nous feront craquer cette saison.








Crise économique, désastre écologique ou encore instabilité politique sans cesse répétées dans les médias, pour palier au gris ambiant, les créateurs de mode du monde entier se sont mis d’accord et nous proposent un printemps tout en couleur ! Couleurs pastels aux douces nuances pour certains, imprimés graphiques ou végétaux aux couleurs fortes pour les autres, personne n’y échappera, pas même vous. De Paris à New York en passant pas Londres et Milan, tour d’horizon de cette tendance colorée, à porter et surtout à mixer !

Les Pastels 

Bleu layette, rose barbe à papa, jaune mimosa, vert d’eau ou encore lavande douce et crème poudré, après le règne du color-block de l’été 2011, les couleurs pastel viennent adoucir nos vestiaires de nuances tendres et solaires. Très présentes dans les défilés parisiens femmes de GivenchyLouis VuittonBalmain, ils sont proposés en total look mono pastel, ou traités en aplats de couleurs en associant différentes nuances ensemble comme chez le créateur New-yorkais Philip Lim.

© Philip Lim SS/12

© Louis Vuitton SS/12


© Givenchy SS/12

Coté Messieurs, l’homme s’amuse, assume sa virilité et n’a pas peur de la couleur. Bien au contraire, décomplexé, il ose le contraste fort du rose et du vert pour le très sportif homme Bickembergs, ou plus chic en costume à coupe cintrée, il foule les allées de son bureau en bleu pastel uni signé Christian Lacroix ou en rose poudre mâte signé Riccardo Tisci pour Givenchy.

© Christian Lacroix SS/12

© Givenchy SS/12


Comment les porter au quotidien?

A porter en total look ou par touches, les couleurs pastel ont déjà envahies les rayons de nos enseignes favorites et sont à consommer sans aucune modération. Pour les plus réticentes, pensez à les associer avec des couleurs plus conventionnelles et à jouer sur les matières. Un strict tailleur beige s’égayera d’un haut pastel bleu, rose ou lavande, une simple jupe blanche prendra des faux airs « Couture » portée avec une blouse souple en crêpe coloris pastel à condition qu’elle soit ceinturée haut et notre inséparable jean slim gris retrouvera une nouvelle jeunesse cette saison, servant de base neutre à toutes les nuances de cet arc-en-ciel pastel.

© Carven SS/12

© Cacharel SS/12

Enfin, coté accessoires, le pastel se porte dans sa version laquée. Escarpins nude ou pochette vernis rose poudre, les couleurs pastel supportent parfaitement l’association cuir brillant et apportent ainsi souvent de la lumière et une touche plus habillée aux tenues printanières.

Coté Homme, il faut l’avouer, les pastels sont souvent présents avec une octave de moins que dans les collections femme. Ainsi ils sont souvent travaillés dans une version plus sourde dans des camaïeux de beiges, de sables et des dégradés de bleu pâles à la limite des gris clairs. A porter en subtile association plutôt qu’en total look, les coloris pastel, vifs ou plus sobres ont cette incroyable capacité à se compléter sans jurer. Un pantalon bleu clair supporte parfaitement une chemise rose pâle et le vert d’eau s’éclaircit de jaune mimosa. L’américain Ralph Lauren, maître incontesté du mix sport chic coloré, le prouve d’ailleurs à chacune de ses collections et habille les hommes élégants du monde entier de ces nuances colorées.

© Hermès SS/12

© Hermès SS/12


Les Imprimés

Acmé ultra branchée des tendances de cette saison, l’imprimé se décline cette saison sous toutes ses formes : floral, cachemire, africain, figuratif ou abstrait, on le retrouve chez tous les créateurs, homme et femme. Du floral abstrait de Givenchy au floral rétro de Prada en passant par les africanisant Carven et Paul & Joe, ou encore les motifs cachemire omniprésent chez D&G l’imprimé est partout. Porté en total look ou en touches, venant twister une garde robe féminine et masculine aux coupes toute somme très sages, les imprimés apportent leur énergie et leur style à notre vestiaire classique.

© Prada SS/12

© Dries Van Noten SS/12


© D&G SS/12

Coup de cœur de cette saison, l’esprit Wax est revisité, mettant à l’honneur de belles teintes chaudes d’ocre, de rouge ou de orange et de terre de Sienne, faisant la liaison entre tradition et modernité, détournant l'imprimé primitif de sa fonction première, comme chez Burberry Prorsum notamment, sur un trench cintré d’inspiration militaire ou une robe esprit cocktail.

© Burberry SS/12

© Burberry SS/12

Coté homme, les imprimés se font plus virils, apposés sur des tissus aux bases de couleur souvent foncées, ils sont aussi plus imposants. Fleur exubérante format XL chez Givenchy, dessin figuratif chez Jean-Paul Gaultier ou total look à carreaux chez Bottega Veneta,  les imprimés hommes sont portés sur des pièces aux coupes plus confortables, donnant une allure indéniablement inspirée de l’univers de la Street Culture.

© Givenchy SS/12
© Jean-Paul Gaultier SS/12

Déclinaison sérielle des imprimés graphiques, les tartans et autres tissus écossais font leur grand retour dans la garde robe masculine. Détournées de leurs codes premiers, on les retrouve en noir et blanc chez Alexander McQueen ou encore sur des bases de kakis ou de violet chez Jean-Paul Gaultier et Raf Simons et enfin en un incroyable écossais bleu et rouge chez Louis Vuitton par Marc Jacobs.

© Bottega Veneta SS/12
© Louis Vuitton SS/12


Comment les porter au quotidien ?


Portés en total look, les différents imprimés de cette saison, sont sans nul doute réservés à une clientèle aguerrie. En effet, le périlleux total look hawaïen ou floral peut avoir beaucoup de style s’il est bien porté, mais comme souvent, il est bon sans doute de le « casser » afin de le rendre plus facile.

© Paul & Joe SS/12

© Carven SS/12



Comment ? En l’associant tout simplement à des couleurs sobres et unies. Un kaki apaisera un imprimé tropical, un rouge foncé adoucira un imprimé floral, un chinos calmera une chemise Hawaïenne, une veste habillée rendra le wax très chic et enfin, le jean, souvent clair, et souvent délavé pour cet été, sera le meilleur allié des amoureux de la couleurs, servant de base à chacun de vos expérimentations stylistiques, il se mariera à merveille avec chacun des imprimés de cette saison.

© Burberry SS/12
© D&G SS/12

Enfin, pour les plus frileux, porté en touches, il devient extrêmement intéressant afin de rehausser une tenue trop classique. Une ceinture, un foulard, une paire de souliers, un sac ou pourquoi pas un ou plusieurs empiècements sur une veste ou un trench, tout est permis tant que cela est porté avec style.

Alors, Dandy décontracté en camaïeux pastelHéroïne 50’s poudréeBad Boy graphique ou Femme Fleure exubérante, il ne vous reste plus qu’à faire un choix pour ce printemps 2012. D’ici là, un seul mot d’ordre : Faites vous plaisir !

A.Finit les frimas de l’hiver, aux placards manteaux et doudounes qui nous ont abrités d’une météo pas toujours clémente ! A l’approche des beaux jours, il est grand temps pour nous de faire un point sur les Tendances phare qui nous feront craquer cette saison.


Crise économique, désastre écologique ou encore instabilité politique sans cesse répétées dans les médias, pour palier au gris ambiant, les créateurs de mode du monde entier se sont mis d’accord et nous proposent un printemps tout en couleur ! Couleurs pastels aux douces nuances pour certains, imprimés graphiques ou végétaux aux couleurs fortes pour les autres, personne n’y échappera, pas même vous. De Paris à New York en passant pas Londres et Milan, tour d’horizon de cette tendance colorée, à porter et surtout à mixer !

Les Pastels 

Bleu layette, rose barbe à papa, jaune mimosa, vert d’eau ou encore lavande douce et crème poudré, après le règne du color-block de l’été 2011, les couleurs pastel viennent adoucir nos vestiaires de nuances tendres et solaires. Très présentes dans les défilés parisiens femmes de GivenchyLouis VuittonBalmain, ils sont proposés en total look mono pastel, ou traités en aplats de couleurs en associant différentes nuances ensemble comme chez le créateur New-yorkais Philip Lim.

© Philip Lim SS/12

© Louis Vuitton SS/12


© Givenchy SS/12

Coté Messieurs, l’homme s’amuse, assume sa virilité et n’a pas peur de la couleur. Bien au contraire, décomplexé, il ose le contraste fort du rose et du vert pour le très sportif homme Bickembergs, ou plus chic en costume à coupe cintrée, il foule les allées de son bureau en bleu pastel uni signé Christian Lacroix ou en rose poudre mâte signé Riccardo Tisci pour Givenchy.

© Christian Lacroix SS/12

© Givenchy SS/12


Comment les porter au quotidien?

A porter en total look ou par touches, les couleurs pastel ont déjà envahies les rayons de nos enseignes favorites et sont à consommer sans aucune modération. Pour les plus réticentes, pensez à les associer avec des couleurs plus conventionnelles et à jouer sur les matières. Un strict tailleur beige s’égayera d’un haut pastel bleu, rose ou lavande, une simple jupe blanche prendra des faux airs « Couture » portée avec une blouse souple en crêpe coloris pastel à condition qu’elle soit ceinturée haut et notre inséparable jean slim gris retrouvera une nouvelle jeunesse cette saison, servant de base neutre à toutes les nuances de cet arc-en-ciel pastel.

© Carven SS/12

© Cacharel SS/12

Enfin, coté accessoires, le pastel se porte dans sa version laquée. Escarpins nude ou pochette vernis rose poudre, les couleurs pastel supportent parfaitement l’association cuir brillant et apportent ainsi souvent de la lumière et une touche plus habillée aux tenues printanières.

Coté Homme, il faut l’avouer, les pastels sont souvent présents avec une octave de moins que dans les collections femme. Ainsi ils sont souvent travaillés dans une version plus sourde dans des camaïeux de beiges, de sables et des dégradés de bleu pâles à la limite des gris clairs. A porter en subtile association plutôt qu’en total look, les coloris pastel, vifs ou plus sobres ont cette incroyable capacité à se compléter sans jurer. Un pantalon bleu clair supporte parfaitement une chemise rose pâle et le vert d’eau s’éclaircit de jaune mimosa. L’américain Ralph Lauren, maître incontesté du mix sport chic coloré, le prouve d’ailleurs à chacune de ses collections et habille les hommes élégants du monde entier de ces nuances colorées.

© Hermès SS/12

© Hermès SS/12


Les Imprimés

Acmé ultra branchée des tendances de cette saison, l’imprimé se décline cette saison sous toutes ses formes : floral, cachemire, africain, figuratif ou abstrait, on le retrouve chez tous les créateurs, homme et femme. Du floral abstrait de Givenchy au floral rétro de Prada en passant par les africanisant Carven et Paul & Joe, ou encore les motifs cachemire omniprésent chez D&G l’imprimé est partout. Porté en total look ou en touches, venant twister une garde robe féminine et masculine aux coupes toute somme très sages, les imprimés apportent leur énergie et leur style à notre vestiaire classique.

© Prada SS/12

© Dries Van Noten SS/12


© D&G SS/12

Coup de cœur de cette saison, l’esprit Wax est revisité, mettant à l’honneur de belles teintes chaudes d’ocre, de rouge ou de orange et de terre de Sienne, faisant la liaison entre tradition et modernité, détournant l'imprimé primitif de sa fonction première, comme chez Burberry Prorsum notamment, sur un trench cintré d’inspiration militaire ou une robe esprit cocktail.

© Burberry SS/12

© Burberry SS/12

Coté homme, les imprimés se font plus virils, apposés sur des tissus aux bases de couleur souvent foncées, ils sont aussi plus imposants. Fleur exubérante format XL chez Givenchy, dessin figuratif chez Jean-Paul Gaultier ou total look à carreaux chez Bottega Veneta,  les imprimés hommes sont portés sur des pièces aux coupes plus confortables, donnant une allure indéniablement inspirée de l’univers de la Street Culture.

© Givenchy SS/12
© Jean-Paul Gaultier SS/12

Déclinaison sérielle des imprimés graphiques, les tartans et autres tissus écossais font leur grand retour dans la garde robe masculine. Détournées de leurs codes premiers, on les retrouve en noir et blanc chez Alexander McQueen ou encore sur des bases de kakis ou de violet chez Jean-Paul Gaultier et Raf Simons et enfin en un incroyable écossais bleu et rouge chez Louis Vuitton par Marc Jacobs.

© Bottega Veneta SS/12
© Louis Vuitton SS/12


Comment les porter au quotidien ?


Portés en total look, les différents imprimés de cette saison, sont sans nul doute réservés à une clientèle aguerrie. En effet, le périlleux total look hawaïen ou floral peut avoir beaucoup de style s’il est bien porté, mais comme souvent, il est bon sans doute de le « casser » afin de le rendre plus facile.

© Paul & Joe SS/12

© Carven SS/12



Comment ? En l’associant tout simplement à des couleurs sobres et unies. Un kaki apaisera un imprimé tropical, un rouge foncé adoucira un imprimé floral, un chinos calmera une chemise Hawaïenne, une veste habillée rendra le wax très chic et enfin, le jean, souvent clair, et souvent délavé pour cet été, sera le meilleur allié des amoureux de la couleurs, servant de base à chacun de vos expérimentations stylistiques, il se mariera à merveille avec chacun des imprimés de cette saison.

© Burberry SS/12
© D&G SS/12

Enfin, pour les plus frileux, porté en touches, il devient extrêmement intéressant afin de rehausser une tenue trop classique. Une ceinture, un foulard, une paire de souliers, un sac ou pourquoi pas un ou plusieurs empiècements sur une veste ou un trench, tout est permis tant que cela est porté avec style.

Alors, Dandy décontracté en camaïeux pastelHéroïne 50’s poudréeBad Boy graphique ou Femme Fleure exubérante, il ne vous reste plus qu’à faire un choix pour ce printemps 2012. D’ici là, un seul mot d’ordre : Faites vous plaisir !

A.


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Ôde à la Féminité - Paolo Corona - Collection 1




















Douce et légère parenthèse dans notre périple Mode spécial Fashion Week, c’est avec beaucoup de plaisir que nous avons eu la chance d’assister début mars, au premier défilé parisien Paolo Corona. Paolo Corona, vous vous en souvenez sans doute, est le jeune et talentueux créateur que nous avions rencontré il y a quelques mois lors du lancement de sa Collection 0, alliant 4 sublimes pièces de Haute Couture et déclinaisons Prêt-à-Porter aux lignes fluides et féminines. Pour ce nouvel opus, loin des ateliers de la rue Danielle Casanova, Paolo Corona nous a fait traverser la Seine, et c’est Rive Gauche, plus exactement rue de Sèvres, dans le cadre élégant et intime d’un salon parisien qu’il a présenté sa nouvelle collection pour l’automne-hiver 2012/13.








 © Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards


Véritable mutation stylistique, les quelques modèles de Haute Couture présentés pour la première fois au mois d’octobre dernier se sont transformés en une réelle garde-robe riche et raffinée.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Volumes années 60, robes de jour et de soir, ensemble blouses amples et jupes taille haute, capes en draps de laine, doublées de soie imprimée, ceinturées en référence à l’élégance mythique des femmes des années 50, modèles réversibles aux coutures cachées qu’il est possible de porter dans leurs versions unies ou imprimées ; Paolo Corona revisite pour l’hiver prochain tous les classiques d’une garde robe féminine en y apportant sa sensibilité méditerranéenne et son savoir faire issue du monde de la Couture.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards


Jeux de découpes, de plissés, de trompes l’œil, voiles de soie cachant ou découvrant sensuellement un bras, une épaule, un dos, une jambe, la collection Paolo Corona, véritable Ôde à la Féminité, se définit, à l’image de son créateur, par la notion de sensibilité et de délicatesse.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

La Sardaigne, thématique chère à Paolo Corona, déjà présente lors de sa première collection, plus canalisée, sert de fil conducteur à la collection. Dégradés de beiges rosés, de violets, de poudres, de roses, illuminés de rouge intense ; le colorama rappelle celui des fleurs des bosquets Sardes. L’imprimé exclusif, conçu pour la collection, graphique, quasi anamorphique, fait référence aux lichens colorés prenant vie sur les roches Sardes, se décline sur fond noir, mauve et or – sublime.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Les coiffes traditionnelles des femmes Sardes sont également revisitées. Elément indispensable de la silhouette de cet hiver, elles sont retravaillées, épurées, synthétisées jusqu’à l’essence de la forme. Déclinées en agneau plongé plissé, doublées de mousseline de soie, en fourrure,  ou en lainage ; elles radicalisent incontestablement le look.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards - Backstage

Dernier détail très Couture, les boutons, sculptés dans du bois de Genévrier, arbre emblématique de la Sardaigne, finissent les modèles et s’attachent façon manchette.  

Enfin, passage inévitable d’une collection réussie, la mariée, songe de pureté, légère et raffinée, clôt le défilé. Bustier de soie plissée, jeu d’opacité et de transparence, voile de soie brodée main de cristaux Swarovski, Paolo Corona prouve de façon magistrale et spectaculaire son amour de la Couture.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Un moment hors du temps, que l’on aurait aimé quasi sans fin. C’est aussi cela la beauté des défilés ; leur côté éphémère, rapide, quasi impalpable. Photographies mentales que l’on conserve précieusement dans un coin de son esprit et qui nous rappelle, jour après jour, à quel point le talent créatif de rares personnes a la faculté de rendre notre monde sensiblement plus beau !

© Les Garçons aux Foulards


A.

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Scoop Mode : Enfin un DA chez Christian Dior!





















Voilà une année, quasiment jour pour jour, que le monde de la Mode s’arrêtait, pétrifié de stupeur, après l’annonce du licenciement quasi instantané du Directeur Artistique de la maison Christian Dior, John Galliano, après ses propos antisémites fortement alcoolisés ; et voici déjà un an que les rumeurs n’ont jamais cessées de circuler quant à l’éventuelle succession de l’une des marques de luxe les plus emblématiques. Marc Jacobs, Riccardo Tisci, Raf Simons, Hussein Chalayan, Phoebe Philo, Alber Elbaz, Hedi Slimane, Haider Ackermann et bien d’autres ont été cités, sans pour autant jamais être validés par la direction de la marque au cannage. Et rien n’a réellement bougé depuis, les collections s’enchainant, avec plus ou moins de succès avec un studio dirigé par un Bill Gayten orienté vers un sage classicisme. Jusqu’au jour où, au détour de quelques conversations anodines, Les Garçons aux Foulards ont menés l’enquête et vous servent sur un foulard d’argent la réponse à cette question quasi énigmatique.








Mais avant toute chose, arrêtons nous un instant et réfléchissons aux répercussions de tout ceci. Loin de toute spéculation mal placée, une décision de cette envergure ne se prend pas à la légère, ni pour la marque monogrammée aux multi centaines de millions d’euros de chiffre d’affaire, ni pour le créateur qui devra porter sur ses épaules l’image de l’un des fleurons du luxe français ! Alors, lequel des styliste cités ci-dessus a le plus sa chance de briguer CE poste si craint et si convoité ?

Parmi les premiers à avoir été pressenti pour ce poste, le génie sombre de la couture, styliste de la maison Givenchy, Riccardo Tisci, en collaboration étroite avec sa muse, Carine Roitfeld, a fait couler beaucoup d’encre au mois de mars et d’avril dernier. Personnalité très forte au style clairement définit, le tempérament peu canalisable du créateur italien semblait assez peu convenir aux salons mouluré gris perle Christian Dior. Et l’esprit Romantico-Gothique influencé de références religieuses si cher à Riccardo se marie difficilement avec l’esprit Couture New Look de l’avenue Montaigne. Enfin, loin de toute considération stylistique, et en réfléchissant purement de façon stratégique, l’idée du transfert interne (LVMH) du jeune prodige qui a su, à coup de cuir noir et de studs, réveiller et remettre sur les devants de la scène mode la belle endormie de l’avenue Georges V, qui était la maison Givenchy, au risque de refaire tomber la marque dans une nouvelle période de flottement créatif semblait peu probable.

Riccardo Tisci

Il en va de même pour la talentueuse Phoebe Philo, nouvelle recrue du groupe LVMH, qui a su en l’espace d’une collection, refaire grimper la maison Céline dans la liste des it marques les plus désirables du moment. Coupes simples chicissimes, lignes épurées, références au monde du streetwear, et caractère bien trempé de Miss Philo parmi les plus indépendants de cet univers ; autant de raisons de penser que la direction Christian Dior ne prendrait pas le risque de propulser cet électron libre à la tête des collections prêt-à-porter femme et Haute Couture.

Phoebe Philo


Notion de risque calculé au plus faible qui nous donne logiquement à penser que le choix des très pointus Hussein ChalayanRaf Simons ou encore Haider Ackermann sont peu probable. En effet, la notoriété de ces trois talentueuses personnalités dans le milieu, et leur incroyable capacité à réinventer et à conceptualiser un vestiaire souvent bien trop classique, leurs partis pris créatifs forts, jouent sans doute en leur défaveur dans un contexte Mode assez classique ou les grands groupes misent d’avantage sur la sécurité que sur la créativité. De façon personnelle, nous pencherions c’est certain pour l’un de ces trois là, chacun ayant son talent, ses spécificités ; du minimalisme radical de Raf Simons, à la recherche à l’élégance masculine-féminine d’Haider Ackermann en passant par les recherches couture d’Hussein Chalayan, mais tous « pêchent » sans doute par leur avant-garde créative.

Haider Ackermann


Inversement, l’une des personnalités Mode les plus médiatiques du moment, Marc Jacobs, semblait être l’élu. Collections créatives, mais à l’esprit toujours commerciale, capacité d’innovation, alliant références culturelles, historiques, défilés évènements faisant courir le tout Paris et le tout New York, mais aussi Art de la Communication façon Star Système font du designer américain, le mix gagnant, le créateur idéal pour prendre en main les rennes d’une maison emblématique alliant Histoire et Glamour. Un hic de taille cependant, Marc Jacobs occupe le poste de Directeur Artistique du cheval de bataille du groupe LVMH : Louis Vuitton. Ayant eu le talent de dépoussiérer le classique monogramme LV à coup de Tags fluo, de cuirs vernis et de couleurs et de dessins résolument « Kawai », et d’en faire ainsi la marque de « luxe » la plus rentable et la plus connue au monde ; prendre le risque de détraquer la machine à cash du groupe semblait assez faible, d’autant que le prêt-à-porter de celle-ci commence à peine à attirer l’attention sur lui. De plus, l’appétit très gourmand de Marc Jacobs en terme de rémunération, aurait également refroidit les dirigeants de Dior d’après ce que l’on en dit !

Marc Jacobs


Qui nous reste-t-il donc ? Hedi Slimane ? Son départ volontaire il y a quelques années de Dior Homme, laissait peu de place à cette éventualité et sa très belle nomination à la tête de la Direction Artistique d’ Yves Saint Laurent finit de clore le débat sur son cas.

Reste donc une possibilité, trop rapidement oubliée, celle du chouchou de la presse mode et des riches clientes du Faubourg Saint Honoré, Alber Elbaz. Directeur Artistique, de la plus ancienne maison de couture française, Lanvin, il vient d’ailleurs d’y fêter ses 10 ans de création lors d’un défilé évènement lors de la Fashion Week Parisienne de mars, faisant une nouvelle fois preuve de son talent créatif et de sa faculté à réinventer l’élégante femme Lanvin tout en respectant les codes qu’il a su mettre en place et conserver, saison après saison. Esprit toujours Couture, mais revisité, importance de l’univers, des accessoires, des défilés, des campagnes publicitaires qu’il supervise et qui frisent les photographies Arty, le parallèle semble tellement évident avec Christian Dior qu’il est impossible de ne pas le remarquer. D’ailleurs, il y a déjà quelques années, en 2009, les bruits de couloir spéculaient sur son éventuel départ ; départ qui semblerait à présent logique, une fois le grand événement des 10 ans passés et surtout une fois que le contrat qui l’attachait à Lanvin allait se terminer. Rappelons que le dit contrat vient de se terminer avec la collection présentée en mars ; ce qui expliquerait ainsi la logique du silence de Christian Dior durant une année attendant la fin du contrat de Mr Elbaz pour pouvoir finaliser les négociations !

Alber Elbaz


Par ailleurs, de façon sûre et certaine, pour la première fois, Christian Dior a communiqué, de façon discrète cependant et essentiellement en interne, sur la finalisation des négociations avec un nouveau Directeur Artistique qui devrait ainsi proposer une collection dès la saison prochaine !
En parallèle de cela, une de nos sources, proche du dossier, nous a confirmé l’existence de négociations entre la marque française et le styliste d’origine marocaine et israélienne Alber Elbaz ! Qui seraient justement en voie de finalisation…

Ainsi l'équation Alber Elbaz + Christian Dior sérait-elle = à Dior 2.0 ?

Difficile d’en être totalement sur, c’est certain, cependant, notre intuition ne permet aucun doute et parole de Garçon aux Foulard, il y a peu de chance de nous nous trompions ! Ainsi Christian Dior aura un nouveau Directeur Artistique avant la prochaine Fashion Week et  le résonnement le plus logique nous conduit vers la piste Alber Elbaz ! Réponse officielle de la part de Christian Dior dans quelques jours, quelques semaines, ou bien quelques mois… d’ici là, encore un peu de suspens !

A. 

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Combat de Géants sur le Catwalk!





















Clap de fin, après plus d’une semaine intensive, la Fashion Week tire sa révérence, le temps d’une courte pause jusqu’à la prochaine saison. Paris, c’est plus de 8O défilés, une quinzaine de présentations off, des créateurs over stressés, des attachés de presse déchainées, des centaines de mannequins russophone affamées, une armée de stagiaires épuisés, des journalistes modes aux aguets et une ribambelle de bloggeurs surexcités. Mais aussi de la Mode, de la Mode, de la Mode !!! Et, au milieu de tout cela, quelques géants, faisant s’arrêter le cours de la planète mode, le temps de 15 minutes de show époustouflant. Car, bien plus que de mode, il est presque question de magie, d’une belle et incroyable parenthèse dans le quotidien de la création d’une collection, de sa production ou de sa commercialisation ; le temps s’arrête, comme suspendu, et le rêve prend vie. Ces géants, connus de tous, des steppes Kazakhs peuplées de richissimes oligarques aux jeunes princesses Brésiliennes squattant les Penthouses surprotégés de Sao Paulo, répondent aux doux noms de Chanel, Dior, Louis Vuitton ou encore Hermès. Marques globales, présentes aux quatre coins du Monde, avec des chiffres d’affaire annuels dépassant de loin le PIB de nombreux pays ; elles n’hésitent pas à débourser des millions pour l’organisation de véritables spectacles ayant comme objectif de montrer leur toute puissance.








Premier de ces géants a avoir défiés les podiums parisiens, Christian Dior, et son sage New Look que le designer par intérim Bill Gayten tâche de faire revivre à coups de bibi en mohair, de vestes Bar en tweed pastel et d’immenses jupons en gaze de soie ou en tulle plissée. Loin des salons dorées de l’avenue Montaigne, le femme Dior s’accoquine gentiment sur les hauteurs d’un Montmartre fantasmé. Peu farouche, elle porte pour son gala de danse de fin d’année de jolies robes longues en soie soulignant la taille, et allongeant de façon interminable une silhouette sculptée après des mois passés à travailler ses cours de barre au sol.

Christian Dior FW/12

Christian Dior FW/12

Niveau spectacle, le podium, gris perlé, loin des fastes des scènes de l’opéra Garnier, épuré à son maximum, illuminé de néons, nous rappelle indéniablement par contraste, les heures de gloire des fastueux défilés orchestrés d’une main de maître par le génie d’un John Galliano. Le maître n’est plus, et depuis, la belle semble endormie dans un nuage de soie poudre, attendant, sagement, qu’un futur Directeur Artistique Charmant vienne la réveiller d’un baiser de sa lente torpeur…

Christian Dior FW/12

Christian Dior FW/12

Loin de son siège mythique de la rue du Faubourg Saint Honoré, la très luxueuse et très discrète maison Hermès, nous entraine comme toujours à la suivre dans un incroyable voyage, avec cette saison, une destination exotique et lointaine dans l’hémisphère sud. Des plaines infinies de la Patagonie, aux contreforts abruptes Andains, la femme Hermès, prise en main depuis quelques saisons par le talentueux Christophe Lemaire, loin de tout folklore mal placé, n’a conservé de son périple latino-américain que l’essentiel : un vestiaire de cuir (sublime) porté en total look ou mixé avec des pièces de laine et de cachemire. Des formes capes, des jodhpurs, des pantalons amples et des chapeaux à larges bord, tout droit sortis de la garde robe rêvée d’un gaucho idéalisé : chicissime. Une palette de couleurs déclinée en noirs brillants, gris sourds et marrons profonds mettant en exergue la beauté de la matière cuir, iconique de la maison parisienne.

Hermès FW/12
Hermès FW/12

Fidèle à l’image de la maison, le défilé, à l’élégante sobriété, prend vie dans les salons de l’Ecole Nationale des Beaux Arts. Le podium, épuré à son extrême, se résume en une toile noire, brute, intense, faisant écho à la dureté d’une nature sauvage dans laquelle nous sommes téléportés le temps (toujours trop court) d’un très beau défilé.

Hermès FW/12
Hermès FW/12

Star incontestée des podiums, Karl Lagerfeld s’est approprié une fois de plus la Nef principale du Grand Palais pour y montrer le nouvel imaginaire lunaire de la maison Chanel. Show parmi les plus attendus chaque saison, le défilé Chanel nous fait voyager bien plus loin qu’à l’accoutumée. Après une séjour glacial au Pôle Nord, après l’exploration des fonds marins ou encore le cockpit de la « Chanel Airlines Company » lors de la Couture en janvier, Karl Lagerfeld, non content de régner en maître sur le monde de la Mode, a décidé de faire explorer de nouveaux territoires à la femme Chanel. Inspirée du célèbre roman de Jules Verne, « De la Terre à la Lune », la collection, déclinée en une gamme de couleurs allant du gris lunaire au noir cosmique, en passant par l’argent mâte et le doré solaire ; les modèles de vestes et de robes de soir en tweed, les jupes en dentelles sont rebrodés de pierreries couleur onyx. Brillant.

Chanel FW/12

Chanel FW/12

Chanel FW/12


Le décor,  forcement incroyable et forcement grandiose, de par le cadre et les volumes du Grand Palais, reconstitue un paysage lunaire fantasmé, tout droit sorti d’une gravure du 19ème siècle. Les immenses cristaux violets, gris et blanc, tombés après une pluie intergalactique, n’y font rien ; la formule attendue « grand spectacle à gros budget au Grand Palais » ne convainc plus beaucoup. Et c’est d’ailleurs bien dommage, car ce qui était auparavant un véritable happening, devient au fil des saisons une habitude déclinée plutôt qu’une véritable innovation. Voyons ce que nous réserve Mr Lagerfeld pour les prochaines saisons, en espérant que fantaisie et changement seront au rendez-vous.

Chanel FW/12

Chanel FW/12


Chanel FW/12

Dernier de nos quatre géants à avoir défilé lors de cette Fashion Week de mars, le richissime malletier Louis Vuitton et son directeur artistique Marc Jacobs ont fait les choses en grand, en reconstituant à l’échelle, dans la cours carré du Louvre, le quai du mythique train Orient ExpressOde sublime au voyage, Marc Jacobs nous fait non seulement voyager dans l’espace, mais également dans le temps. Après les pastels 50’s et autres couleurs très « Candy » de la collection été, nous retournons pour l’hiver prochain un peu plus dans le passé, en faisant escale dans le style suranné des élégantes femme du début du siècle. Manteaux de voyages aux volumes exagérés, indispensables chapeaux mous, cols ronds, boutons bijoux taille XXL, empiècements de cuir, total looks en brocart gold ou en imprimés esprit 60’s, la femme Louis Vuitton ose et en impose.


Louis Vuitton FW/12
Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12


Coté show, le spectacle est au rendez-vous. Immense horloge aux armes de Louis Vuitton, émouvante locomotive à vapeur nous plongeant dans nos classique d’Agatha Christie, tenues parfois improbables mais au parti pris stylistique forts et surtout l’idée incroyable de cette collection, une armée de groom en habit, portant les sacs et autres bagages de nos élégantes Lady.  Première source de revenue du navire amirale LVMH, les sacs, produits historiques et emblématiques, ont toujours été intégrés aux défilés Louis Vuitton afin de faire partie intégrante du look de la saison et devenir ainsi des objets de désir. L’idée de Marc Jacobs a cela de géniale commercialement qu’elle démultiplie le nombre de modèles de sacs vus sur le catwalk. La plus part du temps deux, parfois trois, ils sont tous différents et force est de constater qu’ils sont ultra-désirables. De la sublime boîte à chapeau en crocodile orange ou rouge, aux nouveaux bostons recouverts de chèvre à poil long, en passant par les versions des classiques monogrammées brodés, strassés ou encore les doctor bag en veau glacé, on les veut tous ! Colorés et précieux, mis en exergue par le jeu de contraste des tenues uniformément noires des grooms, les sacs volent la vedette aux mannequins et presque aux tenues. On ne voit qu’eux, on n’est intéressé que par eux, curieux et impatient de découvrir les prochains modèles du défilé. 

Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Pari réussit donc pour le géant de la maroquinerie qui a su concilier avec intelligence et style, une réalité commerciale indéniable et une silhouette emblématique et fantasmée. Un grand bravo Mr Jacobs !

A.

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Cédric Charlier, Guy Laroche, Dries van Noten, Ann Demeulemeester, Anthony Vaccarello, nos premiers coups de coeur de ce début de fashion week.






















Voici déjà quelques jours que la Fashion Week Parisienne a débuté, enchainant les défilés et les présentations de collection à un rythme quasi effréné, et déjà, il est possible de dire (à quelques exceptions près, que nous aborderons dans un futur article, il en va de soi) que cette saison sera sans conteste un grand cru Mode ! Effet indéniable d’une certaine crise tonitruée par les médias, le style se radicalise. Fini l’époque des fioritures et des excès inutiles, les créateurs vont désormais à l’essentiel, s’imprégnant des changements et des codes de nos sociétés en les sublimant à grand coup de cuir et d’or pour cet hiver. Car si « crise » il y a, si épure des lignes il y a et si enfin, radicalisation du style il y a, rares ont été les designers à faire la moindre concession, la moindre économie en terme de matière. Bien au contraire, riches brocarts, cuirs, fourrures, sequins brodés et soies imprimées ont rarement été aussi souvent présents dans les défilés parisiens, sans pour autant tomber dans l’excès et le baroque. Toujours passionnés, et toujours en alerte, nous avons eu la chance d’assister à quelques uns de ces défilés, alors tour d’horizon de nos cinq premiers véritables coups de cœur mode de ce début de Fashion Week !  









Débutant le grand bal des collections, le très attendu premier défilé en propre du créateur Cédric Charlier. Nous vous en parlions en janvier, après un départ précipité et inattendu de la direction artistique de la maison Cacharel pour laquelle il officiait avec succès depuis plusieurs saisons, Cédric Charlier, avec l’aide du groupe italien Aeffe, a décidé de lancer sa marque éponyme. Défilé parmi les plus encensé par la presse internationale, plus épure et plus sobre que jamais ; Cédric Charlier y propose sa définition du style et de l’élégance. Incontestablement radicale, la silhouette est forte, les robes bustiers en soie aux reflets quasi métalliques ont du caractère, les corps s’habillent de draps de laines et de cuirs laqués,  les matières s’associent sur un même vêtement, les couleurs se marient dans des nuances de marine, de noir et de lie de vin, et l’imprimé, cher au créateur, ici unique, se fait Arty ! Et c’est une véritable leçon de style à laquelle nous assistons ; celle d’une garde robe contemporaine, indéniablement luxueuse, aux détails de coupes omniprésents ayant l’élégance de ne pas être cependant trop imposant. Un grand bravo à vous Mr Charlier pour ce premier opus joué si joliment en solo. 

Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12
Cédric Charlier FW/12



La belle surprise de cette saison est venue de la maison Guy Laroche et de son Directeur artistique, Marcel Marongiu, pour laquelle il dessine les collections depuis près de 5 ans. Sobriété incroyable des coupes, dégradés de gris cendres chicissimes, dualité du noir très profond, parfois rehaussé de prune, traité en aplat sur des broquarts laqués, des velours intenses, des cuirs d’agneau plongé ou encore des voiles de mousseline aériens, et de la couleur or présente dans l’ensemble de la collection sous forme de mailles lurex, de riches épaisseurs de paillettes à la densité incroyable, traitées comme de la fourrure, Marcel Marongiu propose pour cet hiver la vision d’un certain luxe absolu, sans jamais tomber dans les clichés empesés d’une certaine Couture. Et quand enfin, le défilé se termine par des modèles inspirés du travail graphique du photographe Aitor Ortiz,  cela donne un final de robes cocktails, robes du soir et de combinaisons en velours noir rebrodées d’or de façon partielle ou plus intense : en un mot époustouflant !

Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12
Guy Laroche FW/12



Une fois de plus, le défilé Dries Van Noten fut une invitation au voyage. Passionné des cultures et des folklores de l’Afrique, de l’Europe de l’Est et de l’Asie, le créateur belge a cette fois-ci posé ses amarres au pays du Soleil Levant. Amoureux de la couleur et grand spécialiste de l’imprimé, Dries Van Noten s’est plongé dans les archives textiles du célèbre Victoria and Albert Museum de Londres pour revisiter certains motifs de kimonos traditionnels en d’incroyables tenues de jour et de soir. Geisha des temps modernes ou Aristocrate européenne explorant la terre nippone, la femme Dries Van Noten navigue entre une garde robe aux coupes traditionnelles fortement inspirée du vestiaire masculin, et des imprimés exclusifs, découpés, retravaillés, repositionnés afin de créer un patchwork visuel à la modernité évidente. Omniprésence d’un bleu azuréen nous faisant oublier les éventuels frimas d’un hiver prochain, celui-ci est associé ou blanc ou au noir, et souligné de motifs or imprimés ou brodés à même les draps de laines des manteaux ou des soies des robes fluides. Et quand enfin l’imprimé envahit totalement le vêtement, celui-ci, loin de tout esprit « premier degré », devient graphique, presque trompe l’œil et se réchauffe de confortables fourrures traitées sur un col de veste ou la moitié supérieure d’un manteau. Superbe ! Sans conteste, l’une des plus belle collection de la saison !

Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12
Dries Van Noten FW/12 

Toujours dans la famille des « 6 d’Anvers », la créatrice Ann Demeulemeester, propose pour l’hiver prochain un vestiaire aux accents plus « glamour’ punk » que jamais. Toute de cuir vêtu, la femme Ann Demeulemeester arpente fièrement les rues de la capitale belge chaussée de ses incroyables cuissardes en cuir, semblant ne jamais terminer une jambe et une silhouette déjà bien élancée à coup de tailleurs mini ou de robe longues en maille maxi. Hésitant entre un noir tour à tour mât ou brillant, et un violet profond, il lui arrive parfois d’associer ses deux couleurs fétiches de l’hiver prochain tout comme les matières qu’elle mixe avec bonheur. Velours ras brillant, agneau plongé, fils de soie découpés, cuir façon Poney surteinté et bien sûr mailles et draps de laine pour se protéger avec style des frimas de l’hiver Flamand. Et enfin, quoi de mieux pour parfaire ce look de guerrière urbaine qu’une coiffure aux allures d’Iroquoises des temps modernes,  de plumes, matière chère à la créatrice belge qui n’est traité pour une fois qu’en tant qu’accessoire de tête..

Ann Demeulemeester FW/12
Ann Demeulemeester FW/12
Ann Demeulemeester FW/12
Ann Demeulemeester FW/12
Ann Demeulemeester FW/12
Ann Demeulemeester FW/12



Le lauréat de l’ANDAM 2011Anthony Vaccarello, prouve une nouvelle fois sa maitrise de la coupe avec une collection plus Femme fatale que jamais. Robe longues fendues très haut sur la cuisse ou encore robes bustiers aux découpes chirurgicales cachant savamment le centimètre de trop d’une peau déjà offerte et bien sur stilettos vertigineux, cette garde robe hyper sexualisée est cependant calmée avec des références à l’univers du tailleur masculin. Vestes d’officier, cols mao, galons ou encore détail de gabardine, les codes d’un vestiaire plus traditionnel ont été ici détournés et retransformé sur une base de satin duchesse coloris encre, plus que désirable ou sur un lamé vert brillant incroyablement matché avec des détails de cuir. Fougue et énergie d’un parti pris stylistique fort, en un seul mot, une collection électrisante !

Anthony Vaccarello FW/12
Anthony Vaccarello FW/12


Anthony Vaccarello FW/12
Anthony Vaccarello FW/12
Anthony Vaccarello FW/12
Anthony Vaccarello FW/12
Anthony Vaccarello FW/12



A

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Raf Simons pour Jil Sander - Magnifique clap de fin
























Nous vous l’avions annoncé la semaine dernière, et c’est maintenant officiel, Raf Simons vient de présenter il y a quelques jours à Milan, sous une salve d’applaudissements, son dernier défilé pour la maison Jil Sander.








Jil Sander FW/12
Jil Sander FW/12





Manteaux en cachemire double face, longueurs ¾, nuances pastel, robes de jour aux découpes épurées jupes boules en radzmirir portées sur des blazers d’esprit masculin, Raf Simons donne, pour son dernier opus Jil Sander, une leçon d’élégance hivernale, radicalisant le sage esprit années 50 par le biais du minimalisme cher de la créatrice allemande Jil Sander.

Jil Sander FW/12
Jil Sander FW/12




Aux antipodes des autres défilés Milanais, Douceur, style et émotions furent au programme de ce défilé terminé par les ovations d’un public conquis et par les larmes d’un Raf Simons visiblement ému de quitter la maison pour laquelle il a officié avec talent durant plusieurs années.

Jil Sander FW/12
Jil Sander FW/12








Grand mystère de cette Fashion Week, personne ne sait encore ce qu’il adviendra du créateur belge dans le jeu des chaises musicales qui bouleverse les Directions Artistiques des grands groupes de Mode. Réponse peut-être dans quelques jours, avec la présentation Christian Dior…

En attendant, le défilé Jil Sander FW/12 en image.





A.


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Scoopissime : Hedi Slimane est de retour!























Cette semaine sera décidemment bien riche en évènements ! Je vous promettais une Fashion Week Parisienne pleine de surprises, vous n’allez pas être déçus ! Elle le sera encore plus que ce que je pouvais imaginer. J’en trépignerai presque d’excitation tant la nouvelle est incroyable. En effet, (le grand) Hedi Slimane est officiellement de retour dans le circuit de la Mode !








Hedi Slimane


Période de crise économique sans doute, les maisons misent sur les valeurs sûres. Néo New Look chez Dior, collections élégantes et sagement rétro chez toutes les grandes marques depuis plusieurs saisons, retour des créateurs fondateurs telle Jil Sander, et actuel retour de l’icône de la Mode des années 2000, Hedi Slimane !

Pour celles et ceux qui auraient ratés une décennie, Hedi Slimane, chantre d’une certaine élégance rock, magicien du noir, mixant cuir, clous, graphisme, sneakers et jerseys fluides aux codes classiques du Tailoring, eut le talent de dépoussiérer les gris costumes Christian Dior, allongeant démesurément les silhouettes et faisant de la griffe du groupe LVMH, la ligne Homme la plus désirable et la plus désirée de son temps !

Dior Homme by Hedi Slimane

Dior Homme by Hedi Slimane


Bien plus qu’un simple styliste, Hedi Slimane fût l’un des premiers designer global de marque, signant les collections, les campagnes publicitaires, mais également l’architecture des points de vente épurant l’espace comme il épurait les coupes des modèles de vêtements qu’il créait, marquant les murs, tout comme ses créations de son « trait » minimal.

Dior Homme by Hedi Slimane

Dior Homme by Hedi Slimane


Partit en 2007, après avoir officié durant 7 années à faire de l’homme Dior une icône de Mode, Hedi Slimane est le seul créateur a avoir marqué autant ce début de siècle, influençant plusieurs générations de son style radical et épuré. Combien sont les jeunes créateurs à s’être inspirés de son travail, combien sont ceux à l’avoir regretté amèrement après ce départ inattendu au sommet de son art ? Refusant systématiquement toutes propositions de direction artistique, Hedi Slimane s’est consacré avec talent à sa passion de la photographie, enchainant expositions aux quatre coins de monde et shootings mode pour les magasines les plus pointus de la planète. Jusqu’au jour où, un projet, à la hauteur de son talent visionnaire, s’est présenté à lui.

Dior Homme by Hedi Slimane

Dior Homme by Hedi Slimane


Je vous le disais dans l’article précédent, d’importantes modifications se profilent sur le grand échiquier de la Mode, mais je n’en imaginais pas autant !

Stefano Pilati, déjà sur la sellette depuis plusieurs mois, avait réussit dans un premier temps à insuffler une nouvelle énergie aux collections Yves Saint Laurent, apportant une idée nouvelle de l’élégance à des collections bien trop chargées sexuellement après les années Porno Chic de Tom Ford. Malheureusement pour lui, l’énergie ne dura pas et les retours ne furent pas ceux escomptés. Et, contrairement aux rumeurs de ces derniers jours, le remplaçant de Stefano Pilati ne sera pas Raf Simons (futur ancien Directeur Artistique de Jil Sander), mais bel et bien le talentueux Hedi Slimane ! La nouvelle n’étant pas encore officiellement commentée par le groupe PPR, elle se chuchote déjà de source sûre !

Et quel plaisir ! Quelle impatience ! Quel enthousiasme après cette nouvelle incroyable ! Inconditionnel du maître Saint Laurent et du jeune prodige Hedi Slimane, j’attends avec bonheur de découvrir le résultat de l’alchimie de deux univers, de deux styles, de deux ambiances que tout sépare ; se complétant, réunis, de nouveau.

Car en effet, même si cette collaboration fera sans aucun doute l’effet d’une petite bombe durant la Fashion Week de mars, n’oublions pas que cette collaboration n’est pas une première, mais plutôt d’un juste retour aux sources. Car avant de marquer Dior Homme de sa patte, Hedi Slimane dessina les collections Yves Saint Laurent Homme durant trois ans, et elles furent auréolées de succès.

Le suspense demeure cependant quant aux termes du contrat. Hedi Slimane prendra-t-il en charge la totalité des lignes, et notamment la Femme qu’il a assez peu travaillé durant sa carrière, ou se cantonnera-t-il aux collections Hommes ? Une autre question reste encore irrésolue, quid de Raf Simons et de Stefano Pilati ?... N’oublions d’ailleurs pas que le fauteuil royal de Dior est toujours vacant !... Suspens donc et réponses sans doute début mars !

A. 

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Scoop Modissime !
























Parfois, dans le petit monde de la Mode, il y a certaines nouvelles qui font l’effet d’une petite bombe ! Celle qui est tombée aujourd’hui en fait partie, et il nous été absolument impossible de passer à coté et de ne pas la partager avec vous !








En effet, au détour d’une interview lambda donnée à la version allemande du magasine « peopolisant » Gala, la créatrice Jil Sander a lâché l’information de ce début d’année : à savoir, son retour officiel en tant que Directrice Artistique de la marque éponyme, fondée en 1968 et passée depuis dans les mains du groupe Prada et actuellement dans le portefeuille de marque du japonais Onward !

Jil Sander


Juste retour des choses me direz-vous ? Certes ! Les talents de styliste aux jeux de découpes quasi chirurgicales de Jil Sander et son travail au sein du japonais Uniqlo pour qui elle dessine la ligne J depuis plusieurs années, montrant par la même qu’un co-branding de qualité entre marque de Mass Market et Stylisme de qualité sont parfaitement possible, n’ont jamais cessés d’être reconnus et appréciés par la planète Mode.

Jil Sander pour Uniqlo


Ce que la nouvelle a d’incroyable, c’est quelle relance les spéculations sur le jeu des chaises musicales attendues depuis presque un an au sein des grands groupes de l’industrie du luxe, après l’annonce du limogeage expéditif de John Galliano du groupe LVMH.

Raf Simons

En effet, qui dit retour de Jil Sander, dit nécessairement départ du Directeur Artistique actuel, le talentueux Raf Simons, qui a su remettre depuis plusieurs saisons, la griffe bientôt quinquagénaire, sur les devants de la scène Mode Internationale.


Jil Sander SS12 by Raf Simons


Pressentit depuis plusieurs mois pour reprendre la Direction Stylistique de Christian Dior après que Marc Jacobs ai démenti quitter ses fonctions actuelles au sein de Louis Vuitton, la rumeur court cependant qu’il pourrait éventuellement reprendre les rennes d’une autre grande maison parisienne. En effet, les bruits de couloir allant vite, il semblerait que les dirigeants du groupe PPR souhaiteraient mettre fin à la collaboration de Stefano Pilati à la tête du style de la maison Yves Saint Laurent, en raison des résultats commerciaux qui seraient jugés insatisfaisant.

Ainsi, toute la question ces prochains jours et ces prochaines semaines sera d’admirer les prouesses de tactiques de ces grands groupes, avançant prudemment leurs pions, changeant la donne à coup de nominations médiatisées et d’évictions discrètes, insufflant indéniablement une énergie nouvelle dans le paysage stylistique International.

La Fashion Week Parisienne de Mars ne manquera donc pas de piquant, et cela à plus d’un niveau ! Lancement de la ligne éponyme de Cédric Charlier, départ potentiel de Raf Simon et de Stefano Pilati, et qui sait, pourquoi, nomination enfin d’un Directeur Artistique visionnaire capable de reprendre les rennes du vaisseau Dior ! Suspens !

A.



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Le cas Zahia!



























Il nous aura fallu un petit moment de réflexion avant de nous attaquer à ce morceau de choix qu’est le subit retour en grâce de l’ex call-girl Zahia Dehar et surtout son étonnante reconversion en tant que créatrice de mode… Mode pas vraiment, car la nouvelle spécialité de Miss Z n’est non pas, celle d’habiller les femmes, mais plutôt de les déshabiller.








Connaissant au fil des mois, nos prises de positions, nos goûts, nos coups de cœur, mais également nos coups de gueule, vous deviez vous douter que nous n’avions qu’une seule envie, celle de tirer à boulet rouge sur la jeune nymphette ! Mais à force de lectures diverses à son propos et de réflexions sur ce sujet, notre point de vue a sans doute évolué. En effet, est ce réellement cette jeune femme qu’il faille attaquer ou bien le système médiatique dans lequel nous naviguons dans son ensemble?


Zahia Dehar clôture son défilé


Mais avant de nous intéresser à cela, faisons un rapide retour en arrière.

Zahia Dehar, jeune femme à peine âgée de 18 ans aux courbes aguicheuses, fait la Une de toute la presse à scandale en  2010 pour ses rapports sexuels tarifés avec le joueur de football Franck Ribery, mettant par la même en exergue l’existence de réseaux de call girl agissant dans divers établissements des Champs-Elysées.

De ces débuts médiatiques peu glorieux, entre culpabilité et victimisation, Zahia profite, et ne perdant décidément pas le nord, comprend l’impact de la notoriété, fait déposer et protéger son nom dans divers domaines d’activité tels les huiles de massage, les cosmétiques, les sacs de voyages, les bijoux, les préservatifs, ou encore la production de films et d’émissions de télévision (les lignes de l’univers Zahia sont ainsi dessinées).

Peu de temps après cela, le duo de photographe Pierre et Gilles,  férus de culture populaire et dont les références sont parfois d’un goût douteux, érigent Zahia en Eve des temps Moderne, reprenant la pause de sa célèbre ancêtre, période Botticelli, et lui cachant le sexe d’une pomme que certains de ses plus fervents admirateurs n ‘hésiteraient sans doute pas à… croquer.

Zahia entourée des photographes Pierre et Gilles


Pire, l’édition espagnole du magazine de Mode V, fait d’elle sa couverture et surtout son image pour un numéro spécial Brigitte Bardot. Etonnant parallèle de deux femmes aux parcours (discutables dans chacun des deux cas) diamétralement opposés, dont le seul point commun visuel serait une couleur de cheveux, plus ou moins naturelle pour l’une, outrageusement peroxydée pour l’autre. Plus proche d’une parodie pour public averti de l’héroïne de Roger Vadim que d’une version 21ème siècle de Et Dieu créa la Femme.

Zahia sur la couverture de V Magazine


A moins que…

Et si Dieu au 21ème siècle était le puissant Média avec un M très majuscule ?

En effet, avant il y avait le talent, maintenant il y a la Médiatisation et la reine Image. Génération Loft oblige, la moindre émission de télé réalité, la moindre couverture people, fait de vous une Star, adulée, traquée, épiée. Etoiles filantes médiatiques, Star d’un jour aux lendemains souvent sombres, les exemples que nous pouvons citer sont décidemment bien nombreux. Et Zahia n’échappera peut être pas à cette règle. Qui se souvient encore du brillant avenir de la jeune nymphette des années 2000, Loana ? Même blondeur peroxydée, même image sulfureuse, même vide culturel, la jeune femme, tout juste sortie du Loft saison 1, défile pour Jean-Paul Gaultier et lance une ligne de vêtement au bon goût tout relatif. Tiens, étonnant parallèle n’est-ce pas…?

La seule différence, qui pourrait séparer le destin de nos jeunes exemples blonds serait sans doute les appuis financiers… En effet, c’est bien là que l’histoire devient intrigante et que les réponses manquent… En effet, Zahia Dehar seule, n’aurait jamais eu les moyens de lancer un projet de création d’entreprise et une campagne médiatique aussi importante, sans l’appui de riches investisseurs chinois, à savoir la société First Mark Investments. (La somme investie par cette dernière reste d’ailleurs confidentielle.)

Impossible donc d’échapper à la marée médiatique que fut le « défilé évènement » de « Lingerie fine » du 25 janvier 2012 au Palais de Chaillot présenté par Mlle Zahia. Certains ont détesté, d’autres ont adoré (n’exagérons rien..), la grande majorité est restée perplexe, et c’est d’ailleurs également notre cas.

Perplexe face à un Karl Lagerfeld, prêt à tout pour tenter de rester dans la course du « in » populaire, lui apportant son crédit dans un univers très fermé et terriblement compliqué, shootant la toute nouvelle collection de la blonde créatrice, traçant au passage un parallèle entre le parcours de Zahia et de Gabrielle Chanel (pour le coup, il n’a pas totalement tort, surtout lorsque l’on connaît les débuts douteux de Mlle Coco), la mettant dans la lignée des Chloé de Mero, Emilienne d’Alençon et autre grandes cocottes du 19ème siècle (Mr Lagerfeld aurait-il oublié que ce qui différencie une courtisane d’une call girl n’est pas la capacité d’écarter les cuisses mais l’esprit, mettant ainsi à ses pieds artistes, grands hommes et intellectuels ? ) et affirmant que « rien chez elle n’est vulgaire » (permettez moi d’émettre un sérieux doute à ce propos)…

Perplexe également face aux talents de créatrice d’une jeune femme qui se serait découvert subitement la vocation de styliste et aurait eu l’excellente idée de s’entourer pour ce faire de professionnels du secteur, tels le corsetier François Tamarin, le fleuriste plumassier Bruno Legeron, les brodeurs Jean-Pierre Ollier, Eric-Charles Donatien, Aurélie Lanoiselée, l’accessoiriste Cécile Boccara ou encore le sculpteur plasticien Michel Carel, dont les noms même n’avaient jamais du encore glisser dans les oreilles de la belle…


Défilé Lingerie Zahia Couture 


Perplexe enfin, face à la collection elle-même. Car même si le communiqué de presse explique qu’il s’agit d’une "ligne de tenues d'intérieur légères, raffinées",  même si le travail de broderies, de découpe, les détails réalisés par les multiples artisans ayant collaborés à cette collection sont magnifiques, les modèles, affublés de noms grotesques aux évocations coquino-mièvre tels  « Gourmandise impudique » ou « La danse de la nymphette émue »,  plus proche de la parodie que de la lingerie fine, sont franchement décevant. Pâle copie d’un show à la Victoria Secret, les filles défilent vêtues d’ailes d’anges ou de papillon brodées, de soutien-gorge fruitées, et dans une acmé de mauvais goût, ont le corps bandés de gros ruban en satin rose esprit « baby bondage » - vulgaire !

Défilé Lingerie Zahia Couture 

Défilé Lingerie Zahia Couture 

Défilé Lingerie Zahia Couture 

Paquet cadeau vivant offert en pâture à de futurs riches clients, la femme « Zahia Couture », loin de toute notion d’érotisme tombe dans le pastiche et l’outrancier. Et quand enfin, clou du spectacle, la belle, clôt le numéro, vêtue d’une robe transparente en voile bordée de quelques pétales cachant intelligemment les zones « sensibles » de son corps, on comprend. On comprend que c’est encore là qu’elle excelle le mieux, aguicheuse, presque nue, offerte au public, mi offrande  posée sur l’autel du Dieu Média, mi Symbole d’une nouvelle génération dont la célébrité, est l’unique ambition et qui souhaiterait lui ressembler.

Défilé Lingerie Zahia Couture 

Et quand enfin, après quelques heures, la conférence de presse débute, l’image finit de  s’effondrer. Discours répété minutieusement, univers non maitrisé, personnage fade clairement incapable d’avoir crée une collection de Mode, M6 capte quelques minutes dune interview désastreuse (depuis supprimée de la toile) qui ne laissa plus aucun doute sur les tenants et les aboutissants d’un simple prête nom dans l’objectif de créer un marque rentable financièrement.

Interview donnée pour M6

Faut-il pour autant jeter la pierre à l’ancienne Escort Girl sortie du ruisseau ? Je ne pense pas. L’éminence grise de la mode, Jean-Jacques Picart en personne affirme : « La mode est le reflet parfait d’un moment, d’une société à une certaine heure, et aujourd’hui, beaucoup de barrières ont sautées. Si Zahia, qui est très probablement une fille maligne, peut trouver matière, dans le scandale d’il y a quelques mois, à se faire une nouvelle vie, tant mieux. ».

Ceux qui sont à blâmer en revanche, sont les professionnels du monde de la Mode et des Médias qui ont participés et qui continuent de participer à cette mascarade de mauvais goût avec comme seul objectif la Spectacularisation et l’appât de l’argent. Le destin de Zahia Dehar est très certainement un sujet intéressant à étudier dans son approche sociétale et sociologique, mais en aucun cas par le prisme d’un éventuel talent de créatrice de mode. Laissons d’ailleurs pour cela le soin à Mlle Adjani de dresser « l’émouvant portrait » de l’ex call-girl pour laquelle elle aurait eu un véritable « coup de cœur »…

Symbole d’une époque  ou Comte de fée des temps moderne, le cas Zahia n’est décidément pas prêt de se terminer. Dans tous les cas, le prochain épisode, aura lieu le 9 juillet prochain, durant les pré-collections d'été, ou la jeune femme présentera une seconde ligne issue de la "Collection Couture Zahia", spécialement créée à son effigie. Affaire à suivre donc…

A.

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Une semaine très Couture! 


Comme à chaque saison, au moment de la Fashion Week, nous disparaissons quelques petits jours de la toile, apportant notre petit grain de sable personnel à cette incroyable machine qu’est celle de l’industrie de la mode, et nous revenons, fatigués et heureux, la tête remplie de belles images que nous souhaitons partager avec vous. Drôle de mot que celui d’Industrie, qui pour une fois n’a sans doute pas  sa place dans le bel univers de la Couture. Spécificité française qui connue ses heures de gloire dans un passé désormais tristement révolu, la Haute Couture continue de nous faire rêver, proposant à ses riches clientes, de délicats « Songe-à-Porter ». Tour d’horizon en deux temps des Maisons historiques Parisiennes, des « jeunes entrants  », du meilleur, mais également du pire ! En route aux cotés des Garçons aux Foulards pour un voyage… très Couture !

Ceux que nous avons aimés....

Impossible de parler Haute Couture, sans commencer avec la maison Chanel. Une fois de plus, Karl Lagerfeld a crée l’évènement de cette Fashion Week, investissant à  sa façon le Grand Palais, transformant l’espace en un cockpit géant. Moquette bleu acier, sièges inversés, d’élégantes Hôtesse de l’air nous ont fait voyager dans l’espace et dans le temps. Volumes 60’s et longueurs et tailles 20’s, la femme Chanel fait l’exercice périlleux de la double inspiration et cela lui réussit à merveille. Tailleurs de jours à cols bénitier en tweeds en de précieux dégradés de bleus, manteaux du soir aux incroyables volumes, ou robes cocktails tailles très basses ou robes longues brodées de sequins noirs, les codes Chanel sont présents et revisités une fois de plus avec le génie du talentueux Karl Lagerfeld.

     
 © Chanel Haute Couture SS/12
 © Chanel Haute Couture SS/12

 © Chanel Haute Couture SS/12

 © Chanel Haute Couture SS/12

Autre maison emblématique, Christian Dior, nous a agréablement surpris cette saison. Après le désastre de la saison précédente qui n’a su convaincre personne, à l’exception de la chanteuse américaine (le message a du passer, il est impossible de mettre en lien l’article du 8 juillet 2011 que nous avions écrit à ce sujet !...),  les dirigeants de la maison de la rue François Ier ont décidé d’adopter une nouvelle politique, celle du retour aux fondamentauxEsprit New Look revisité, tailleurs bar, dramatisation des nœuds chers à Mr Dior, élégance du contraste noir blanc, jeux de transparence ou encore robes Grand Bal, tous les codes formant l’ADN de la maison ont été retravaillés dans une avalanche de mousselines et de gazes de soie. Présenté dans les salons historiques de la Haute Couture, le message de cette collection est clair, élégant et discret classicisme en attendant l’éventualité prochaine d’une nouvelle direction artistique ; et pour une fois, nous validons.

 © Christian Dior Haute Couture SS/12

 © Christian Dior Haute Couture SS/12


 © Christian Dior Haute Couture SS/12

 © Christian Dior Haute Couture SS/12


Plus « edgy » que le reste de ses confrères du cercle étroit de la Couture, Riccardo Tisci pour Givenchy bouscule une nouvelle fois les ors des salons de l’avenue Georges V. Mousselines de soie et peau de crocodile sont brodées des symboles « urban street » et sport fétiches au créateur italien, tels les étoiles du drapeau américain, la T cut ou encore les « studs » entremêlés de précieux cristaux Swarovski. Noir, blanc et beige sombre, sont illuminés de broderies, ainsi que des incroyables bijoux de nez format XXL présents déjà au défilé Homme et à la Pré collection femme. A mi-chemin des codes outsider de l’univers punk et des bijoux tribaux berbères et africain, la beauté finement ciselé des ces « piercings » couture nous séduit de son ensorcelante force et délicatesse.

 © Givenchy Haute Couture SS/12
 © Givenchy Haute Couture SS/12 
 © Givenchy Haute Couture SS/12
 © Givenchy Haute Couture SS/12






Ensorcelant toujours, est le voyage que nous propose le couturier Franck SorbierVirginale vestale blanche, silhouette marquée inspirée des années 50 ou déesse africaine au buste moulé, la mousseline soie se marie avec le raphia, les imprimés succèdent aux unis, formant un vestiaire fort et élégant qui nous séduit.

 © Franck Sorbier Haute Couture SS/12
 © Franck Sorbier Haute Couture SS/12

 © Franck Sorbier Haute Couture SS/12
 © Franck Sorbier Haute Couture SS/12

Loin des habituels codes mis en place par Mr Valentinole duo Pier Piccioli et Maria Grazia Chiuri, oublie le célèbre rouge est fait une proposition à la blancheur virginale ou à la très champêtre Toile de Jouy. Peu convaincu ces tissus qui sont réservés d’habitude au monde de la décoration d’intérieur, nous avons cependant conservés en mémoire la fraicheur des robes blanches longueur genoux, aux voiles et aux broderies toutes droits sortie d’une Communion dans la désuète campagne italienne des années 60.

 © Valentino Haute Couture SS/12
 © Valentino Haute Couture SS/12


Beaucoup plus conceptuelle, la créatrice néerlandaise Iris van Herpen, est toujours dans la recherche du vêtement. Nouvelles matières, nouvelles formes, nouvelles coupes, la proposition faite à la femme Iris Van Herpen, indéniablement avant-garde, n’en est pas moins portable. Collection affirmée pour une clientèle avisée, Iris van Herpen nous fait cependant penser par certains volumes, certains travails du plissé, certaines coupes à l’œuvre du défunt Alexander McQueen. Inspiration posthume plus que volonté de plagiat, Iris van Herpen, nous a encore une fois ouvert les portes de son monde créatif et onirique.

 © Iris van Herpen Haute Couture SS/12
 © Iris van Herpen Haute Couture SS/12

 © Iris van Herpen Haute Couture SS/12
 © Iris van Herpen Haute Couture SS/12

Grand retour parisien depuis deux saisons du créateur italien Giambattista Valli, avec cette saison, une véritable ode à la féminité et à l’élégance. Partition en noir et blanc menée d’une main de maitre par le couturier italien, les élégantes propositions de jour d’inspiration année 40 et 50 ne sont perturbées que par une explosion finale de couleurs florales pour les robes du soir. Jupe crayon en crocodile à porter avec une veste à basque en satin duchesse ivoire, ou encore déluge de chantilly noire, de broderies et  de mousselines à pois, le maestro manie les drapés et le subtil art du flou. Une pure merveille !

 © Giambattista Valli Haute Couture SS/12
© Giambattista Valli Haute Couture SS/12

© Giambattista Valli Haute Couture SS/12
© Giambattista Valli Haute Couture SS/12

© Giambattista Valli Haute Couture SS/12
© Giambattista Valli Haute Couture SS/12
© Giambattista Valli Haute Couture SS/12

Enfin, invité une fois de plus lors de la semaine de la Couture, le couturier français Alexandre Vauthier, propose une fois de plus un univers au partis pris marqué, alliant modernité de style et savoir faire de coupe. Pour cet été, la femme Alexandre Vauthier affirmera son caractère. En robe smoking échancrée ou en robe cocktail blanche, les jeux de volumes et de tombés sont mis à l’honneur. Le tissu dégueule, contrôlé, la taille est marquée, la démarche est aérienne. Dégradé de franges accentuant une silhouette longiligne, le pantalon est mixé au flou et se porte le soir. Enfin, coup de cœur couture, pour les magnifiques cols ou colliers plastron en laiton. Dessinant de façon sensuelle une gorge discrète, elle est sensiblement mise en avant par sa subtile absence.  On adore.

© Alexandre Vauthier SS/12
© Alexandre Vauthier SS/12
© Alexandre Vauthier SS/12
© Alexandre Vauthier SS/12

S’il ne devait en rester qu’un…

Sans nul doute, pour nous, il s’agirait du très talentueux couturier libanais Elie Saab. Modèles courts, la plus part du temps longs ; le style Elie Saab se définit comme un carrefour de deux cultures. De son Orient natal, il a conservé l’amour de l’apparat, des fines broderies et des riches tissus, de l’Occident, il en a adopté la justesse des coupes et la silhouette sans fin. Loin de l’erreur d’une course perpétuelle vers la conceptualisation et la recherche du vêtement, Elie Saab crée ce pourquoi son art le guide, sublimer celle qui portera ses créations.

© Elie Saab Haute Couture SS/12
© Elie Saab Haute Couture SS/12
© Elie Saab Haute Couture SS/12


Amoureux inconditionnel des femmes, c’est pour elles qu’il crée ses incroyables tenues, que toute jeune femme, occidentale ou orientale rêverait de porter un jour. Loin de toute « agression » visuelle, la collection printemps été 2012 se décline doucement en un arc-en-ciel pastel, composé de robes sirènes, ou de bals brodées, scintillantes sans pour autant tomber dans l’excès, élégantes et merveilleuses, redonnant à la Haute Couture sa noble définition.

© Elie Saab Haute Couture SS/12
© Elie Saab Haute Couture SS/12

© Elie Saab Haute Couture SS/12
© Elie Saab Haute Couture SS/12


Inutile d’en dire d’avantage, nous vous laissons le plaisir de saisir la beauté et la justesse des créations d’Elie Saab.


Après ce délicat voyage dans le monde onirique de la Couture, le plus difficile fut sans doute pour nous celui de devoir choisir parmi les dizaines de modèles que nous avons aimé et vous proposez une (petite) sélection de ceux qui ont su nous éblouir. Parenthèse merveilleuse laissant l’esprit libre de s’évader à loisir, la Haute Couture est sans doute l’exercice le plus incroyable de toute cette industrie de Mode, qui deux fois l’an, oublie le nombre pour ce consacrer à l’unique, oublie les manufactures pour se consacrer à l’artisanat d’art, oublie enfin le concret pour se consacrer au rêve dans l’envolée lyrique du crissement de la soie.

A. 

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Street de Luxe