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dimanche 24 mars 2013

Paris Fashion Week FW13/14 – Nos Coups de Cœur Journaliers ! (Suite)



Les jours se succèdent et ne se ressemblent pas. Jeunes créateurs, étoiles montantes de l’univers de la mode ou encore marques institutionnelles internationalement reconnues, la Paris Fashion Week nous réserve chaque jour son lot de surprises, bonnes ou mauvaises… Décryptage en image de nos coups de cœur stylistique !

Samedi 2 Mars – Haider Ackermann

Quel plaisir de retrouver sur les podiums l’un de nos créateurs parisien favori. Fidèle à ses codes, la femme Haider Ackermann se drape de tissus masculins subtilement détournés sans pour autant perdre son pouvoir de séduction et sa féminité.  

© Haider Ackermann FW13/14
© Haider Ackermann FW13/14

Tailleurs business faussement stricts, proportions jouant sur les contrastes d’une veste ou d’une blouse XS portée sur un pantalon large en flanelle taille XL, crêtes néo punk peroxydées ultra Couture ou encore soies imprimées Cravate habillant blouses, lavallières et vestes de smoking de motifs géométriques à l’élégance raffinée et délicieusement rétro – la femme Haider Ackermann se radicalise encore un peu plus.

© Haider Ackermann FW13/14
© Haider Ackermann FW13/14


Camaïeux de gris, touches de blanc et de noir, rehaussés de nuances fauves apportant un peu de chaleur à un colorama des plus sobres. Touches de fantaisie luxueuse, les silhouettes se parent de touches animales, de cuir ou de fourrure. Biker en peau retournée, pencil skirt zippée en cuir aux accents ultra rock’n’roll ou encore doublures et parements de manteaux en vison couleur naturel, la prochaine collection hiver prend de doux accents sauvages et ceux pour le plus grand plaisir des aficionados du jeune prodige de la mode franco-belge.

© Haider Ackermann FW13/14
© Haider Ackermann FW13/14


Dimanche 3 Mars – Céline

Finit les coupes un peu rudes, un poil trop géométriques, des saisons précédentes, Phoebe Philo, la géniale directrice artistique de la maison Céline, propose pour l’hiver prochain une collection tout en rondeur et en générosité. Générosité des volumes d’inspiration 60’s, enveloppant, terriblement féminin ; ils protègent, soulignent et dévoilent tout à la fois. Gamme chromatique sourde et élégante, la femme Céline s’habille pour l’hiver prochain de total look crème, gris ou marine, ou les associe de façon subtile avec nuance et goût.

© Céline FW13/14
© Céline FW13/14
© Céline FW13/14
© Céline FW13/14

Collection de femme, dessinée par une femme et destinée aux femmes, les épaules volontairement tombantes, adoucissent les carrures et se marient à merveille avec des manches courtes qui invitent aux jeux de superpositions. Jupes (à godet – tendance forte de l’hiver 13/14) longueurs genoux, manteaux over size (on adore le modèle avec les manches en trompe l’œil nouées à l’avant), cabans longs (sublimissimes à double boutonnage), mailles ultra confortables, pochettes de jour, tous les éléments d’une garde-robe contemporaine sont présents mais revus et corrigés avec un twist de modernité dont Phoebe Philo seule a le secret et qui habille chacune de ses créations d’un voile de désirabilité. Capes de jour, couvrant les épaules à porter sur des robes en maille ou en flanelle, Phoebe Philo détourne les codes du soir pour mieux les adapter au jour.

© Céline FW13/14
© Céline FW13/14

© Céline FW13/14

© Céline FW13/14
© Céline FW13/14

Coup de cœur stylistique, un imprimé graphique anime l’ensemble du défilé. Néo Prince de Galles, tartan écossais revisité ou entrelacs de petits carreaux en trompe l’œil, Phoebe Philo donne au vestiaire féminin la force de l’un des plus anciens motifs de mode masculin. Manteaux amples, mailles à col cheminée (autre grand classique de l’hiver prochain), détails de cuir ou robes de jour, le carreau se porte en all over pour dynamiser et apporter de la force à des silhouettes parfois presque un peu trop sage – on adore.     

© Céline FW13/14
© Céline FW13/14

© Céline FW13/14


Lundi 4 Mars – Giambattista Valli

Giambattista Valli fait des vêtements, et il les fait bien. Grand favoris des défilés Haute Couture depuis quelques saisons, dont il a d’ailleurs brillamment réussit à en obtenir l’appellation ; réputé pour son travail féminin et raffiné, Giambattista Valli décline les codes de son univers en un prêt-à-porter riche, moderne et terriblement élégant.
Une collection travaillée autour de trois couleurs travaillées en total look, la femme Giambattista Valli portera de sublimes cabans ou des ensembles crème pour le jour. Tout en noir, et jouant sur les effets de transparence et de mix matière pour le soir, elle osera enfin le rouge, vif, incandescent et terriblement séduisant tout au long de la journée.

© Giambattista Valli FW13/14
© Giambattista Valli FW13/14

© Giambattista Valli FW13/14
© Giambattista Valli FW13/14

© Giambattista Valli FW13/14
© Giambattista Valli FW13/14

Jeux de construction et de superpositions, le zip issu de l’univers du sport, devient couture et apporte lumière et force aux riches draps de laines et aux fourrures généreuses. Fourrure, qui, de New York à Paris sera la signature stylistique indispensable de l’hiver 2013 (amis végétaliens s’abstenir) et souligne cols, intérieurs de manteaux, vestons zippés à porter sous d’amples manteaux.

© Giambattista Valli FW13/14
© Giambattista Valli FW13/14

Coups de cœur pour le nouveau sac aux références Art Déco signé Giambattista Valli – mi pochette, mi besace, à porter à la main ou à l’épaule, il sera à n’en pas douter le nouvel it bag à adopter pour l’hiver 2013 !

© Giambattista Valli FW13/14
© Giambattista Valli FW13/14


Mardi 5 Mars – Hermès

Il y a quelque chose de terriblement rassurant lorsque l’on regarde un défilé Hermès, sans doute l’assurance de savoir à l’avance que l’on assistera à la magie du Beau. Toujours juste, faisant appel aux meilleurs artisans, utilisant les plus belles matières, les meilleures peausseries, la maison Hermès, représentée par différents Directeurs Artistiques au fil des ans, les collections de Prêt-à-Porter du 24 Faubourg, telle une boussole  stylistique des temps modernes donnent le ton de la saison. Et à en juger par les silhouettes dessinées par Christophe Lemaire, l’hiver prochain sera à n’en pas douter élégant avec un soupçon de décontraction.
Tel un clin d’œil au dernier défilé ayant mis à l’honneur des amazones modernes aux accents Gaucho, la première silhouette débute sur une María Carla Boscono sombre et sensuelle vêtues d’une chemise masculine en popeline blanche, d’une jupe bordée de cuir longueur genoux (longueur statement de la prochaine saison) et d’une longue cape en drap de laine vert olive, et dévoile l’esprit d’une collection alliant subtilement références masculines et féminines.

© Hermès FW13/14
Couleurs sourdes et profondes mixant kaki, gris, noir, marine avec des touches de rouge, les matières suédées, les flanelles et autres tissus issus du Tailoring masculin sont toujours bordées de cuir, emblème de la maison, signent les tenues et font honneur au travail des ateliers du plus célèbre sellier parisien. 

© Hermès FW13/14
© Hermès FW13/14

Caban aux lignes pures, pantalons cigarettes, chemises en popeline de coton ou blouses graphiques en twill de soie imprimé doublées en agneau plongé portées avec des jupes crayons taille haute, les références au glamour hollywoodien des années 40 se multiplient subtilement avec élégance. Longues jupes radicales en cuir glacé, trench coat porté sur les épaules sur un long gilet sans manche en fourrure, ou encore sublime peau retournée tricolore jouant sur les contrastes de matières avec des empiècements de poney brillant encre et bordeaux.

© Hermès FW13/14
© Hermès FW13/14

© Hermès FW13/14

Coup de cœur de cette collection, nous avons craqué sur une silhouette élégantissime qui pourrait se décliner à merveille sur une tenue masculine. Costume deux pièces revisité, veste marine à col coupé portée sur une chemise blanche et un gilet court sans manche en vison clair ceinturé, quintessence d’une élégance moderne détournant les codes d’un vestiaire  formel lui apportant une touche de désinvolture et de luxe discret – on veut le même !

© Hermès FW13/14


Mercredi 6 Mars – No Comment


Dernier jour de Fashion Week Parisienne quelque peu décevant. Désolé, mais ni les habitantes coquines de l’hôtel de passe Made by Marc Jacobs pour Louis Vuitton, vêtues de nuisettes et de pyjamas de ville, ni les bourgeoises mi vintage, mi-sporty de Miu-Miu ne nous ont convaincu. Rien n’est décidemment prévisible, rien n’est décidemment certain, et cet au revoir de la scène mode nous a laissé l’arrière-goût un peu triste d’une Fashion Week en demi teinte, un brin conventionnelle ; qui, contrairement à d’autres villes internationales de la mode, prend finalement peu de risques, malgré les succès financiers d’une industrie qui ne connaît pas la crise. Dommage.

A.

dimanche 11 mars 2012

Combat de Géants sur le Catwalk!

Clap de fin, après plus d’une semaine intensive, la Fashion Week tire sa révérence, le temps d’une courte pause jusqu’à la prochaine saison. Paris, c’est plus de 8O défilés, une quinzaine de présentations off, des créateurs over stressés, des attachés de presse déchainées, des centaines de mannequins russophone affamées, une armée de stagiaires épuisés, des journalistes modes aux aguets et une ribambelle de bloggeurs surexcités. Mais aussi de la Mode, de la Mode, de la Mode !!! Et, au milieu de tout cela, quelques géants, faisant s’arrêter le cours de la planète mode, le temps de 15 minutes de show époustouflant. Car, bien plus que de mode, il est presque question de magie, d’une belle et incroyable parenthèse dans le quotidien de la création d’une collection, de sa production ou de sa commercialisation ; le temps s’arrête, comme suspendu, et le rêve prend vie. Ces géants, connus de tous, des steppes Kazakhs peuplées de richissimes oligarques aux jeunes princesses Brésiliennes squattant les Penthouses surprotégés de Sao Paulo, répondent aux doux noms de Chanel, Dior, Louis Vuitton ou encore Hermès. Marques globales, présentes aux quatre coins du Monde, avec des chiffres d’affaire annuels dépassant de loin le PIB de nombreux pays ; elles n’hésitent pas à débourser des millions pour l’organisation de véritables spectacles ayant comme objectif de montrer leur toute puissance.

Premier de ces géants a avoir défiés les podiums parisiens, Christian Dior, et son sage New Look que le designer par intérim Bill Gayten tâche de faire revivre à coups de bibi en mohair, de vestes Bar en tweed pastel et d’immenses jupons en gaze de soie ou en tulle plissée. Loin des salons dorées de l’avenue Montaigne, le femme Dior s’accoquine gentiment sur les hauteurs d’un Montmartre fantasmé. Peu farouche, elle porte pour son gala de danse de fin d’année de jolies robes longues en soie soulignant la taille, et allongeant de façon interminable une silhouette sculptée après des mois passés à travailler ses cours de barre au sol.

Christian Dior FW/12
Christian Dior FW/12

Niveau spectacle, le podium, gris perlé, loin des fastes des scènes de l’opéra Garnier, épuré à son maximum, illuminé de néons, nous rappelle indéniablement par contraste, les heures de gloire des fastueux défilés orchestrés d’une main de maître par le génie d’un John Galliano. Le maître n’est plus, et depuis, la belle semble endormie dans un nuage de soie poudre, attendant, sagement, qu’un futur Directeur Artistique Charmant vienne la réveiller d’un baiser de sa lente torpeur…

Christian Dior FW/12
Christian Dior FW/12

Loin de son siège mythique de la rue du Faubourg Saint Honoré, la très luxueuse et très discrète maison Hermès, nous entraine comme toujours à la suivre dans un incroyable voyage, avec cette saison, une destination exotique et lointaine dans l’hémisphère sud. Des plaines infinies de la Patagonie, aux contreforts abruptes Andains, la femme Hermès, prise en main depuis quelques saisons par le talentueux Christophe Lemaire, loin de tout folklore mal placé, n’a conservé de son périple latino-américain que l’essentiel : un vestiaire de cuir (sublime) porté en total look ou mixé avec des pièces de laine et de cachemire. Des formes capes, des jodhpurs, des pantalons amples et des chapeaux à larges bord, tout droit sortis de la garde robe rêvée d’un gaucho idéalisé : chicissime. Une palette de couleurs déclinée en noirs brillants, gris sourds et marrons profonds mettant en exergue la beauté de la matière cuir, iconique de la maison parisienne.

Hermès FW/12
Hermès FW/12

Fidèle à l’image de la maison, le défilé, à l’élégante sobriété, prend vie dans les salons de l’Ecole Nationale des Beaux Arts. Le podium, épuré à son extrême, se résume en une toile noire, brute, intense, faisant écho à la dureté d’une nature sauvage dans laquelle nous sommes téléportés le temps (toujours trop court) d’un très beau défilé.

Hermès FW/12
Hermès FW/12

Star incontestée des podiums, Karl Lagerfeld s’est approprié une fois de plus la Nef principale du Grand Palais pour y montrer le nouvel imaginaire lunaire de la maison Chanel. Show parmi les plus attendus chaque saison, le défilé Chanel nous fait voyager bien plus loin qu’à l’accoutumée. Après une séjour glacial au Pôle Nord, après l’exploration des fonds marins ou encore le cockpit de la « Chanel Airlines Company » lors de la Couture en janvier, Karl Lagerfeld, non content de régner en maître sur le monde de la Mode, a décidé de faire explorer de nouveaux territoires à la femme Chanel. Inspirée du célèbre roman de Jules Verne, « De la Terre à la Lune », la collection, déclinée en une gamme de couleurs allant du gris lunaire au noir cosmique, en passant par l’argent mâte et le doré solaire ; les modèles de vestes et de robes de soir en tweed, les jupes en dentelles sont rebrodés de pierreries couleur onyx. Brillant.

Chanel FW/12

Chanel FW/12
Chanel FW/12


Le décor,  forcement incroyable et forcement grandiose, de par le cadre et les volumes du Grand Palais, reconstitue un paysage lunaire fantasmé, tout droit sorti d’une gravure du 19ème siècle. Les immenses cristaux violets, gris et blanc, tombés après une pluie intergalactique, n’y font rien ; la formule attendue « grand spectacle à gros budget au Grand Palais » ne convainc plus beaucoup. Et c’est d’ailleurs bien dommage, car ce qui était auparavant un véritable happening, devient au fil des saisons une habitude déclinée plutôt qu’une véritable innovation. Voyons ce que nous réserve Mr Lagerfeld pour les prochaines saisons, en espérant que fantaisie et changement seront au rendez-vous.

Chanel FW/12
Chanel FW/12


Chanel FW/12

Dernier de nos quatre géants à avoir défilé lors de cette Fashion Week de mars, le richissime malletier Louis Vuitton et son directeur artistique Marc Jacobs ont fait les choses en grand, en reconstituant à l’échelle, dans la cours carré du Louvre, le quai du mythique train Orient Express. Ode sublime au voyage, Marc Jacobs nous fait non seulement voyager dans l’espace, mais également dans le temps. Après les pastels 50’s et autres couleurs très « Candy » de la collection été, nous retournons pour l’hiver prochain un peu plus dans le passé, en faisant escale dans le style suranné des élégantes femme du début du siècle. Manteaux de voyages aux volumes exagérés, indispensables chapeaux mous, cols ronds, boutons bijoux taille XXL, empiècements de cuir, total looks en brocart gold ou en imprimés esprit 60’s, la femme Louis Vuitton ose et en impose.




Louis Vuitton FW/12
Louis Vuitton FW/12


Louis Vuitton FW/12

Coté show, le spectacle est au rendez-vous. Immense horloge aux armes de Louis Vuitton, émouvante locomotive à vapeur nous plongeant dans nos classique d’Agatha Christie, tenues parfois improbables mais au parti pris stylistique forts et surtout l’idée incroyable de cette collection, une armée de groom en habit, portant les sacs et autres bagages de nos élégantes Lady.  Première source de revenue du navire amirale LVMH, les sacs, produits historiques et emblématiques, ont toujours été intégrés aux défilés Louis Vuitton afin de faire partie intégrante du look de la saison et devenir ainsi des objets de désir. L’idée de Marc Jacobs a cela de géniale commercialement qu’elle démultiplie le nombre de modèles de sacs vus sur le catwalk. La plus part du temps deux, parfois trois, ils sont tous différents et force est de constater qu’ils sont ultra-désirables. De la sublime boîte à chapeau en crocodile orange ou rouge, aux nouveaux bostons recouverts de chèvre à poil long, en passant par les versions des classiques monogrammées brodés, strassés ou encore les doctor bag en veau glacé, on les veut tous ! Colorés et précieux, mis en exergue par le jeu de contraste des tenues uniformément noires des grooms, les sacs volent la vedette aux mannequins et presque aux tenues. On ne voit qu’eux, on n’est intéressé que par eux, curieux et impatient de découvrir les prochains modèles du défilé. 


Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Louis Vuitton FW/12

Pari réussit donc pour le géant de la maroquinerie qui a su concilier avec intelligence et style, une réalité commerciale indéniable et une silhouette emblématique et fantasmée. Un grand bravo Mr Jacobs !

A.