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samedi 19 avril 2014

Lady Gaga X Versace - Stop au Photoshop !



Scoop People/Mode de la semaine, il y a quelques petits jours, ont fuités certains des clichés originaux, non retouchés, du shooting de la chanteuse Lady Gaga pour la dernière campagne publicitaire Versace. Et là, le drame – genoux cagneux, peau verdâtre et marquée de bleus, teint maladif malgré la présence de maquillage et nous en passons ! Chou gras de la curiosité malsaine d’un certain public toujours avide de ce type de clichés de stars au plus bas, ces clichés nous ont enchantés ! Non pas bien sur pour la raison évoquée précédemment, car les images en elles-mêmes étaient d’une tristesse palpable pour ne même pas avoir l’envie d’en rire ou de s’en moquer, mais surtout parce qu’ils font partie de ce genre de petits grains de sable qui font parfois dérailler la mécanique bien huilé du monde de la mode. Car si nous avons crée le blog, il y a maintenant un peu plus de trois ans déjà, c’était certes pour vous montrer nos coups de cœur, partager notre passion du beau et des choses bien faites, mais aussi et surtout, pour vous montrer que la Mode, n’est justement pas que ce monde lisse et aseptisé qui nous ai servit du matin au soir dans tous les Papiers Glacés du monde entier ! Et que derrière le vernis, se cache souvent des choses assez troubles, et dans le cas de la collaboration Dona/Gaga nous sommes servis !...

Lady Gaga / Versace - Avant/Après

Mais, avant de nous attaquer à ce désastre esthétique, remontons un peu dans le temps, il y a quelques petits mois, lorsque l’annonce du choix de la nouvelle égérie de la griffe à la gorgone a été annoncé, nous fûmes quelques peu choqués. Qu’est ce qui pouvait bien rapprocher la blonde la plus peroxydée (et sans doute la plus refaite aussi) de l’industrie de la mode de l’inclassable (capillairement parlant) star du show-business américain connu pour ses looks déjantés (merci Nicola Formichetti hein), ses goûts parfois douteux, et pour son aide mode envers la jeune création plus qu’envers les marques gentiment et bourgeoisement posées ?....

L’une (Donatella), au creux de la vague depuis près de 10 ans, essayant tant bien que mal de tenir haut la barre du navire mis à flot par le défunt frère Gianni, l’autre (Germanotta Gaga) plus ou moins en train de redescendre au fil des sommets auxquels elle avait réussit à se hisser (et oui, Monde contemporain de consommation médiatique cruel, qui oubli si vite ceux que tu as porté si haut dans le passé !...).

L’une (Dona), ancienne beauté méditerranéenne des « années frics » ayant un petit (gros) faible pour le bistouri ; l’autre (Gaga), n’ayant justement jamais été ce que notre société appelle communément une beauté, s’est fait connaître cachée par son Poker Face fait  d’immenses lunettes noire couvrant le visage et de quelques centimètres de maquillage, a eu l’élégance au fil des années de ne pas encore avoir recours au Dieu scalpel et d’essayer d’assumer un physique que certains pourraient qualifier d’ingrat.

L’une (Dona), sempiternellement harnachée dans ses tenues taille 32, voulant caser les femme du monde entier dans un moule lisse et peroxydé, l’autre (Gaga), caméléon contemporain de la mode, promeut une certaine vision quasi dictatoriale de « l’originalité » auprès de ses « little monsters » qui décide de se prêter au jeu de la poupée Versacie en mode « sois Blonde et tais toi » (vraiment bizarre lorsque l’on y réfléchit un instant posément).

Donatella Versace & Lady Gaga


Bref, deux personnalités, étranges et étonnantes certes que rien ne rapproche outre une italianité lointaine de la Gaga, et l’impossibilité pour la Dona de trouver une autre égérie à consonance italienne mais à porté internationale, Madonna et Bellucci ayant déjà signé pour Dolce&Gabbana et le Pape François ne faisant pas encore de pub, il ne restait que la Germanotta. Ah mais si ! Peut-être y a t-il un point commun… l’argent du cachet final, au temps pour nous !

Donatella Versace & Lady Gaga

Car le nerf de la guerre est bien celui-ci. Donatella Versace recherchant désespérant aux quatre coins du monde (et surtout en Asie, il faut bien vivre avec son temps) des clients potentiels, et jeunes, pour renflouer les caisses de la Gorgone grâce au label « cool, branché, mode créateur pointu, presque fou» que véhicule d’une certaine façon miss Gaga.

Bon, jusque là, rien de bien étonnant, les marques s’associent de plus en plus avec des personnalités du monde du cinéma ou de la musique pour vendre leur produits dérivés, et celles-ci sont bien contentes de faire rentrer 1 petit million de dollar (voir plusieurs) de temps en temps, surtout quand artistiquement ou médiatiquement parlant, c’est période de vache maigre. N’oublions d’ailleurs pas le cas de Miss Sharon Stone qui n’a pas été vu depuis belle lurette dans le moindre film, mais qui reste une star dans l’inconscient collectif grâce aux publicités pour une gamme de crème antiride Dior…. Ce qu’il y a de beaucoup plus étonnant, voir choquant, est la malhonnêtement intellectuelle de cette histoire – à savoir Photoshop et surtout l’excès de Photoshop !

Car, c’est assez difficile à accepter, mais aussi à s’en rendre compte, absolument aucun image véhiculée dans aucun magasin, aucune publicité papier, voir aucune vidéo (il suffit de se rappeler des clips de certaines autres stars de la chanson américaine, mincit plan séquence, après plan séquence…) n’est réelle ! La perfection lisse et idéalisée promut dans tous Medias n’existe pas !!!!!! Et encore, quand ce ne sont pas les spécialistes du pixel qui se chargent de modifier exagérément la réalité en gommant les éventuelles imperfections cutanées, lissant les pores, retirant toute aspérité, voir quelques kilos en trop ou quelques bourrelés inesthétiques, quand ce ne sont pas des parties entières de corps qui sont retirées, puis remplacées par d’autres jusqu’à obtenir une vrai cacophonie visuelle, ce sont les personnes  elles-mêmes qui sont modifiées à coup de maquillages outranciers, de faux cils, de faux ongles, de perruques et de chirurgie esthétique (si peu esthétique), d’hormones de croissance ou d’amphétamines pour nous les hommes (et oui, une certaine forme de parité existe) afin de gonfler le plus possible transformant le premier freluquet en Schwarzi en puissance.

Dans ce cas précis, la liste de modification voir de transformations apportées aux photos originales est sans fin. De la couleur de la perruque jaune Tchernobyl qui devient blanc/gris, à la carnation de la peau verdâtre (qui aurait fait le bonheur inavoué d’un peintre fauve) devenant rose et fraiche, des genoux cagneux et marqués de bleu, à des jambes lisses et galbées, des traits irréguliers voir cabossés du visage de Miss Germanotta à la perfection lisse et froide des publicités finales, de la plastique féminine de la chanteuse dépassant parfois des corsets et dont les centimètres supplémentaires ont été gommés, jusqu'à la couleur des sacs eux mêmes, pastels initialement, ils sont ravivés grâce à la magie Photoshop. Se pose ainsi la question de savoir jusqu’ou cette course effrénée à la perfection irréelle ira et entraînera dans son sillage des générations d’adolescent(e)s mal dans leur peaux, frustrés de ne pas ressembler aux images de papier glacé,  auxquelles personnes, pas même les mannequins ou les célébrités en question ne ressemble, faisant même dire à certains modèles qu’elles ne se reconnaissent pas sur les clichés et que les images montrées ne sont pas elles à force de retouche photographique.

Lady Gaga / Versace - Avant/Après
Lady Gaga / Versace - Avant/Après

Photographe encore super star de nos jours, nous sommes curieux de connaître le jour, ou l’importance de celui-ci sera supplantée par celle du retoucheur ! « L’artiste » de ce siècle naissant transformant la réalité en irréalité selon les besoins et les diktats d’un service communication totalement décalé de toute notion de bon sens, et ou les galléries d’art du monde entier consacreront des expositions à ce « 10ème art » encore non avoué.

Soit dit en passant, après avec fait un petit tour de la toile et effectué une recherche simple de ce nouveau duo, ni chic, ni de choc, un certain point commun existe entre les deux peroxydés les plus en vue du moment – une sorte d’inesthétisme physique frappant, qui à quelques décennies d’écart, prédit malheur pour l’avenir cutané de la Gaga, qui grimée en jeune Donatella serait le prolongement presque maléfique d’une Donatella jeune qui ne sera jamais plus.  


Donatella Versace & Lady Gaga
Donatella Versace & Lady Gaga
Donatella Versace & Lady Gaga

Enfin, après tout ce que nous avons évoqué sur le sujet, une dernière idée nous traverse l’esprit et nous turlupine franchement. Avec tous les moyens financiers mis en œuvre dans la réalisation de cette publicité, il n’était franchement pas possible de trouver une perruque de meilleure qualité que celle-ci ????? Car déjà que le résultat final, photoshopé est médiocre, mais alors le modèle d’origine, paillasse jaune terne, découvrant un front à l’esthétique quasi médiévale dont les raccords sont plus ou moins mal fait, nous donnerait presque l’envie d’envoyer une petite pièce à l’association imaginaire « Donatella For Ever » et nous fait nous demander, si rien d’un peu plus quali ne se fait sur le marché, parce que sinon, messieurs les industriels du cheveux, un créneau reste à prendre !... Merci.

 Lady Gaga vs Versace

Alerte news - on apprend à l’instant que dans cette mouvance du control-freack esthétique, aux Etats-Unis, le nombre de demandes d’interventions chirurgicales pour causes de Selfies ratés (Instagram, Facebook, Tweeter ou autre Snapchat….) a connu un boom ces derniers mois. Le monde tourne décidément un peu plus à l’envers!....

A.

vendredi 21 décembre 2012

Un (Loup) Garou place Vendôme



Oyez, oyez, oyez ! (Me viens tout d’un coup à l’esprit que l’on utilise si peu cette charmante conjugaison du verbe Ouïr… et que des crieurs de rue comme à Londres ou à New York seraient des plus pittoresques à Paris !) (Me dis aussi, que faire une digression dès la première phrase d’un article est tout de même un peu culotté, mais bref, à défaut de vous fâcher, vous accepterez mes salutations déculottées !) Gentes Damoiselles, gentes Damoiseaux, Garçons aux Foulards, Dames aux Foulards, les Mayas ont bel et bien vu juste, ce mois de décembre est réellement la fin du Monde ! Ou du moins la fin d’un certain Monde ! Celui où le mot Luxe avait un sens. Où l’élégance était de rigueur. Où celui de la Joaillerie avait ses codes et ses valeurs.Terminé !
Ce n’est pas moi qui le dit, mais le texte sacré du  « Popol Vuh »  (googlisez mes petits !) qui d’après la toute dernière interprétation des Garçons aux Foulards a prévu l’arrivée d’un (loup) Garou dans le ciel étoilé de l’univers de la Joaillerie !

Le joaillier Mauboussin a en effet eu la brillantissime idée de choisir le chanteur québécois Garou (ex Notre Dame de Paris, et surtout ex boy-friend de la délicate et délicieuse chanteuse Lorie… excusez du peu) comme égérie de sa dernière collection de bijoux masculins et du parfum « Pour Lui »! « Chanteur, auteur, comédien… Garou est une figure à la personnalité multiple, à la sensualité virile, à la voix invulnérable et à l’élégance moderne, déclare Mauboussin pour justifier son choix. « Ah bon ? » avons nous envie de répondre !

Passons sur le détail de la qualité d’artiste de ce monsieur qu’en aucun cas nous n’avons a juger… (Quoi que) Ce qui me chagrine profondément c’est de constater à quel point on peut massacrer l’image d’une (ancienne) maison de joaillerie. Dans un plan de communication, dans ce cas précis une « Star Stratégie » pour les néophytes, le choix de l’égérie car celle-ci est censée partager les mêmes valeurs que la marque, et promouvoir pour le mieux l’image de celle-ci dans une parfaite cohérence. Passe encore pour le choix de l’élégante actrice française Elsa Zylberstein (photoshopée plus que de raison..), ou de la jeune et talentueuse Gaïa Weiss, qui représentaient avec élégance la marque française.


Mais quid du chanteur Garou ? Québequois (Y a pire comme défaut dans le vie c’est sur, mais le choix d’une personnalité française eut sans doute été plus judicieux…), chanteur au répertoire des plus populaires, assez peu connu pour son sens de l’élégance ou son amour des accessoires…. Bref, un choix de « baisse en gamme » qui correspond parfaitement au reste de la communication de la marque, affichant ses montres à 349 euros ou ses bagues « Haute Joaillerie » en 4X3 dans le métro parisien.


Non pas que je sois snob, loin de la (349 euros c’est déjà bien assez cher pour une montre…), mais qui peut croire en la possibilité d’une maison de « Haute Joaillerie » fabriquant ses pièces à la main en France, capable de vendre des articles dit de Joaillerie à ce prix là ? Avec un peu de bon sens, personne ! Je crie donc non  seulement à l’inélégance absolue de cet ambassadeur ni de chic et encore moins de choc, en celle des différents supports de communication choisis, et surtout à la supercherie marketing de toute cette histoire ! Car non mesdemoiselles, non mesdames, non messieurs, c’est très triste, je dois moi le reconnaître, mais le travail et la qualité dans le domaine de la Haute Joaillerie ont un coût. Et les prix de 349 euros ou 899 euros ou 599euros, sont juste impossibles à obtenir lorsque l’on se targue de cette étiquette jalousée dans le monde entier que celui de la Haute Joaillerie. Et enfin, ce n’est pas parce que l’on ouvre un point de vente Place Vendôme, que cela est un gage de qualité !... Loin de là.
Du coup, une dernière question se pose à moi, A ce rythme, à quand Lorie ou Hélène Segara ambassadrices d'une des maisons de la Place Vendôme? Affaire à suivre... 
A.

samedi 22 septembre 2012

Balenciaga au Pays de Sapho


Balenciaga et l’univers de la publicité c’est un peu une histoire médiatique à la « Je t’aime, moi non plus » qui m’a toujours beaucoup amusé. Naviguant d’une rive à l’autre du dangereux fleuve de la Communication, alternant entre Star Strat’ parfois étonnante et discrétion quasi monacale d’un Directeur Artistique phobique de l’univers de la presse, Balenciaga, propose au fil des saisons sa vision de la femme. Tantôt futuriste et robotique, tantôt déprimée ou carrément lascive, elle devient pour la précollection 2013, dévoilée sur la toile il y a quelques jours, épanouie et heureuse en proie à une crise aigue de plaisir Saphique.
Mais comment en est-on arrivé là ? Quel coup de baguette magique Nicolas Ghesquière a-t-il donné à la femme Balenciaga pour la libérer en moins d’une collection de son carcan stylistique, libérant son corps de ses habituels néoprènes pour l’habiller d’une légèreté floue et sensuelle ? C’est à cette question sensible que nous allons nous intéresser, étudiant saison après saison, campagne publicitaire après campagne publicitaire, tel le rattrapage du roman photo de l’été que nous n’avons pas encore lu, l’évolution de la dite Femme Balenciaga !

Flashback

Hiver 2008

Tout commence à l’automne-hiver 2008, lorsque Balenciaga, inaugurant fièrement la toute nouvelle boutique de Los Angeles, décide de sortir de sa torpeur médiatique et de frapper un grand coup en se choisissant une égérie incarnant une certaine vision de l’élégance à la française en la personne de l’actrice et chanteuse Charlotte Gainsbourg. Cheveux plaqués et brillants, poses volontairement figées presque déshumanisées aux accents robotiques, Charlotte Gainsbourg, sous l’œil aiguisé du photographe David Sims se meut en icône mode forte et ultra féminine et incarne une certaine vision de la Couture 2.0, alliant précision des coupes, modernité et contraste des matières.

© Balenciaga AH/08
© Balenciaga AH/08

Eté 2009

Suite au premier coup de maître de David Sims, Balenciaga réitère sa collaboration avec le photographe Britannique, et impose un style résolument futuriste pour la femme Balenciaga. Cheveux tirés, tenues structurées, décor énigmatique, presque Lynchien – « Mulholland Drive » n’est pas loin. Pari réussit, Balenciaga définit les grandes lignes de sa communication – avant-gardiste, arty et à contre-courant.

© Balenciaga PE/09
© Balenciaga PE/09

Hiver 2009

Immense fracas, bruit de meubles renversés dans les coulisses feutrées de la discrète maison Balenciaga et grands changements en matière de communication. Le talentueux David Sims et remplacé par le photographe de mode Steven Meisel à l’univers sans doute moins asexué que celle de son prédécesseur. Au revoir Mlle Gainsbourg, et bonjour à l’actrice américaine Girl Next Door Jennifer Connely, qui devient ainsi le temps d’une saison l’égérie peu conventionnelle et très lascive d’une maison de couture parisienne peu connue pour son coté grivois… Désordre organisé, corps renversé, chevelure ébouriffée, jambes hautement relevées et même croupe fièrement tendue… Chocking ! La femme Balenciaga s’encanaille, faisant fit du robotique passé, comprenant que dans une certaine sexualité débridée repose peut-être son salut !

© Balenciaga AH/09
© Balenciaga AH/09
© Balenciaga AH/09

Eté 2010

Finit les caprices aux accents érotiques de Miss Connely, la très parisienne et très discrète Charlotte Gainsbourg est de retour pour incarner le tout nouveau Parfum Balenciaga. Fraîche, discrète, fragile mais confiante, la nouvelle femme Balenciaga n’a cependant pas oubliée les leçons de sa cadette américaine ; posant sagement au bord de l’eau, elle laisse sa robe en néoprène en cabine d’essayage et ressort légèrement vêtue d’une simple combinaison en satin et dentelle noire dévoilant quelques centimètres de chair de plus. Le sage Eros a sans doute un parfum, celui de la poudre ancienne et de la violette tout comme les notes de fond du nouveau jus Balenciaga !...

© Balenciaga PE/10


Hiver 2010

Un pas en avant, un pas en arrière… la femme Balenciaga doute. Liberté sexuelle débridée comme sa consœur Américaine ou sage retenue ? La réponse pour l’hiver 2010 se trouve sans doute quelque part au milieu. Nicolas Ghesquière, par le biais du photographe Steve Meisel, (dés)habille les mannequins Mirte Maas, Kirsi Pyrhonen et la très belle Stella Tennant, de robes en soie gauffrée, plissée, structurée aux tonalités rouge orangées et aux longueurs pour le moins estivales. Incroyables souliers nous rappelant telle une petite madeleine de Proust les Légo de notre enfance, imprimés arty, et fond ocre presque inquiétant, l’honneur de la femme Balenciaga est sauf ! Mais, chevrotante, grelottante et sans doute quelque peu déroutée, la femme Balenciaga a froid !

© Balenciaga AH/10

Printemps été 2012

Ellipse temporelle de plusieurs saisons, nous retrouvons la femme Balenciaga shootée par Steven Meisel (et oui, toujours) au Printemps-été 2012 totalement défaite, au bord de l’hystérie et de la dépression nerveuse ! Décor chaotique d’un appartement ou tout est à la renverse, volumes minimalistes de son intérieur nous faisant nous demander ce qu’il est advenu de son élégant appartement Haussmannien ou de sa résidence secondaire à Los Angeles et nous rappelant indéniablement la crise du logement à Paris. Le cheveu sale et désordonné, la capeline de travers, entourée des factures impayées de sa carte de paiement du Bon Marché Rive Gauche, rien ne va plus, la femme Balenciaga est définitivement au bout du rouleau !

© Balenciaga PE/12
© Balenciaga PE/12

Dépression post électorale ou bien effet de la crise économique mondiale qui lui fait craindre une irrémédiable récession du monde Occidentale sans cesse rabâchée par les Médias qu’elle regarde à présent comme une folle ?

© Balenciaga PE/12
Ou bien la femme Balenciaga n’en peut-elle plus de ces vestes trop grandes pour elle qu’elle doit porter, de ces jupes aux longueurs Mormones qui lui tassent la silhouette et de ces shorts en néoprène à taille haute qui la cisaille à longueur de journée ?

© Balenciaga PE/12
© Balenciaga PE/12

Non ! La femme Balenciaga est en pleine crise d’identité et ne comprend pas le choix de sa nouvelle égérie qui incarnera dans les prochaines semaines le parfum FloraBotanica – Kristen Stewart !

© Balenciaga PE/12
Pensez donc ! Une vampire sortit du ruisseau ! Une actrice américaine ayant toujours prônée l’anti-mode et ne portant jamais de parfum comme égérie du nouveau jus de sa chère Maison !... Quelle hérésie ! Kristen Stewart,  puisqu’il s’agit d’elle, femme bionique au cou distortionné (et sans doute photoshopée plus que de raison), héroïne de toute une génération d’adolescente en mal de sentimentalisme nocturne à l’eau de rose, presque aussi grande que le flacon de parfum qu’elle est censée incarnée, portant une robe en soie imprimée sur néoprène d’une collection (passé)antérieure est l’improbable égérie d’une campagne de Star Stratégie aux ficelles si peu discrètes et qui est Ô combien éloignée des valeurs d’une maison puisant ses racines dans le raffinement Madrilène et le Constructivisme et la Recherche vestimentaire.

© Balenciaga FloraBotanica
No Comment ! Silencieuse, la femme Balenciaga souffre.

© Balenciaga PE/12

Hiver 2012

Pour se remettre de son mal-être stylistique, la femme Balenciaga décide de quitter Paris pour un temps et prend ses quartiers d’hiver dans sa maison de Guétary loin de la frénésie de la capitale, soucieuse d’oublier l’affront Stewart ! Dunes de sables, ciel orageux (en référence au film Take Shelter), air marin et embruns lui font le plus grand bien ! 

© Balenciaga AH/12
Le cheveux libre, l’œil hagard, assise, face à la mer, la femme Balenciaga en oublierait presque ses rudiments de Mode, et piquant dans le coffre de vêtement qu’elle avait gardée depuis son adolescence, elle porte sans se soucier des associations parfois hasardeuses qu’elle fait, les pantalons taille haute élastiquées de sa maman (c’est la mode cette saison croit-elle avoir lu dans le Marie-Claire 1988 qui traînait sur la table basse du salon), ses sweat-shirts Star Wars qu’elle portait déjà Over Size adolescente pour cacher ses formes naissantes (précurseuse la Femme Balenciaga vous dit-on !) ainsi qu’une paire de gant (il fait frais parfois en bord de mer en cette fin de saison) qu’elle croyait avoir perdue et qu’elle aurait sans doute due… Break stylistique indispensable pour se remettre d’aplomb et attaquer 2013 sous les meilleurs augures !

© Balenciaga AH/12
© Balenciaga AH/12

Printemps-Eté 2013

Et quelle agréable surprise ! La femme Balenciaga revient rayonnante, reposée et épanouie de son séjour en bord de mer ! Ayant compris que le néoprène était définitivement Out pour la prochaine saison, brûlant ses imprimés StarWarsiens, la femme Balenciaga glisse son corps nu dans de délicats jerseys de soie et de légères mousselines pastel. Inspirée de la version contemporaine de Malcolm McLaren de l’opéra « Madame Butterfly », la vidéo Balenciaga Resort 2013 est une ôde à la féminité, à la douceur, mais aussi  aux plaisirs saphiques…

© Balenciaga PréCollection/13
© Balenciaga PréCollection/13

En effet,  loin de s’être ennuyé l’hiver durant, la femme Balenciaga est revenue de son séjour Landais entourée de nouvelles amies ! Proches ! Très proches !..

© Balenciaga PréCollection/13
Défilant lentement dans un décor minéral quasi irréel, ses nouvelles compagnes, langoureusement étendues sur de blocs de pierre à la blancheur toute virginale, se suivent, s’effleurent, se touchent et se caressent… Ignorant l’opprobre populaire face au revirement de son orientation sexuelle, telle une délicate sylphide d’un temps nouveau, la femme Balenciaga, libérée de son carcan se sent libre. Libre de son corps, libre de ses mouvements, libre de ses vêtements, elle déambule vêtue de jolies vestes fluides à la carrure soulignée, de jupes de patineuse à godets, et de shorts aussi courts qu’une belle journée de printemps.

© Balenciaga PréCollection/13



Heureuse, libre et épanouie, enfin, la femme Balenciaga, après de nombreuses hésitations stylistiques, de nombreux doutes et de multiples questionnements semble enfin avoir trouvée sa voie,  celle de la douceur du pays de Sapho !

A.

samedi 7 janvier 2012

Histoire de Slip...

Tiens, je sens que le titre en intrigue déjà plus d’un(e) ! Et vous avez bien raison, car nous allons parler cette semaine de celui qui, à défaut d’être toujours le roi du ballon rond, est devenu en quelques années le roi du Slip et a fait couler beaucoup d’encre en ce début d’année.




Tout d’abord suite à l’annonce (tragique) de sa non arrivée au sein du PSG et à la déception généralisée que celle-ci a procurée (bah oui, Imaginez les dizaines de milliers de supporters du club parisien qui se réjouissaient à l’idée de Mr Beckham venant sauver le mythique club de son lent endormissement ; Imaginez les Fashionistas en furie, prostrées devant les moindres faits et geste « modesque » de leur idole à l’éternelle taille 34, à savoir Victoria Beckham ; Imaginez le désarroi de toute la presse à scandale française et autres torchons people et de son lot de paparazzis charognards se pourléchant à l’idée du moindre cliché du bien trop célèbre couple Beckham ; Imaginez enfin ma déception personnelle à l’idée de savourer des images cultissimes telles que Victoria Beckham au milieu d’une foule de supporters du PSG, Victoria Beckham dans les tribunes du Parc des Princes, Victoria Beckham dans le Paris Match entourée de ses nouvelles meilleures amies, les épouses des autres footballeurs, et encore, pourquoi pas, Victoria Beckham dans un cocktail, prenant la pose avec Zaiha ; Glamourissime n’est ce pas ?) ensuite, par l’annonce de la collaboration du footballeur britannique avec la chaine de prêt-à-porter Suédoise H&M pour une ligne de sous-vêtements masculins.

Et s’il y une chose que connaît David, à l’exception du ballon rond, c’est bien les slips !

Nous nous souvenons tous d’ailleurs des deux précédentes sulfureuses campagnes publicitaires, ou le joueur du L.A. Galaxy posait, tous muscles au vent, pour la promotion de la ligne Underwear du géant du Prêt-à-Porter Italien Armani.





(Vous êtes vous d’ailleurs déjà rendu compte à quel point l’anglais « Underwear » pouvait être plus sexy que le français « Sous-vêtement » ? Idem pour « Bodywear » qui envoi notre « Vêtements de Corps » se rhabiller chez Damart ? Etrange isn’t it ?...)

Mr Beckham retente à nouveau l’aventure, à une exception près, il a cette fois-ci également dessiné les modèles.

"Ensemble, avec mon équipe design, nous avons consacré beaucoup de temps au choix des textures, des coupes et du style, pour que ces pièces soient non seulement des choses que j’aimerais porter mais aussi auxquelles je serais fier de donner ma signature", explique-t-il avec de renchérir : "Je suis vraiment satisfait du résultat final et j’espère que la clientèle masculine de H&M sera aussi enthousiaste que moi".

Résumons : un slip, un boxer, un caleçon, un boxer américain (dont la coupe XXXXL me laisse perplexe), un pantalon de pyjama (les nuits doivent être froides chez les Beckham..), un t-shirt et un débardeur, dans trois (très) originales non-couleurs, à savoir, blanc, noir, et gris, et avec une belle étiquette apparente David Beckham pour H&M, il y a décidemment de quoi crier au génie !

D'ailleurs, il n'y a pas un soucis de hauteur de nombril entre les deux photos....?




Distribuée dans les 1800 magasins en propre de la marque, la ligne sortira judicieusement à quelques jours de la très romantico-commerciale Saint Valentin, le 9 février. Voilà de quoi permettre à celles (et ceux) qui souhaiteraient consoler leur inconsolable footballeur de salon !

Réjouissons nous cependant, les photoshopés clichés de Mr Beckham ont au moins un intérêt, poursuivre l’étude des ses tatouages toujours grandissant…

Avant....
Après...


Le bonheur a un prix : 9,95 euros!

A.