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lundi 18 novembre 2013

Le Félicien – Voyage entre Couture et Design



Mode, Hôtellerie et Art de Vivre n’ont jamais été aussi proche, tissant des liens de plus en plus étroit au fil des ans et mettant en relation professionnels de renom autour de projets ambitieux. Toujours avant-gardiste dans le domaine du Design, l’Italie a su montrer le chemin depuis une dizaine d’années de cette nouvelle forme d’hôtellerie plaçant l’univers d’une marque au cœur de l’expérience client. Ainsi ont vu apparaître aux quatre coins du monde des palaces signés Armani, Bulgari, Missoni, Botegga Veneta ou encore Versace, dont les créateurs ont investi les centaines de mètres carrés mis à leurs dispositions, de leurs codes couleurs, de leur matériaux fétiches, des détails qui ont fait leur renommée. Percée plus discrète, mais de charme, dans l’univers feutré et un brin classique de l’hôtellerie parisienne, Christian Lacroix fut le premier à livrer sa vision d’un boudoir coloré parisien et forcément couture ; suivi peu de temps après par Maison Martin Margiela, entre autres. Dans cette lignée Mode, mais avec un twist de modernité certain, l’hôtel Félicien vient de voir le jour au cœur du 16ème arrondissement. Première collaboration du groupe Elegancia Hôtels et du couturier et designer Olivier Lapidus, qui a totalement repensé l’espace et décoré dans son ensemble, un immeuble à l’architecture Art Déco que nous avons eu la chance de découvrir en avant première. Tour d’horizon des sept niveaux par Mr Olivier Lapidus en personne !

© Le Félicien Hôtel - Création Olivier Lapidus

Olivier Lapidus nous fait voyager dans un univers, très bel univers, le sien, alliant couture et histoire personnelle, concrétisé en un endroit magique, le Félicien. Et ce Félicien, c’est sous la forme d’un défilé de haute-couture qu’on le parcourt, parsemé de détails, ces détails qui font tout et nous livrent un peu de l’intime de son créateur. « Trois ans de vie, hôtel des sens, amusement, parisienne… », autant de mots qu’Olivier Lapidus emploie pour parler de ce projet, cet hôtel unique, paré comme un couturier habille une femme.

© Olivier Lapidus - Le Félicien

Nous attendons alors impatiemment, mais doucement, le départ pour ce voyage, tel un critique de mode attendant la collection automne/hiver du designer du moment. Nous examinons le décor pour tenter de deviner le thème du show, fresques d’Hyppolite Romain, jeu de lumières, pied-de-coq noir et blanc, rythme graphique très régulier, si ce n’est cette petite touche de rouge ici et là, laissant présager que le prévisible allait être bousculé… Nous dissertions en effet sur l’impersonnalisme de certains hôtels de luxe, sans encore savoir que nous allions être bluffés !

© Olivier Lapidus débute la présentation
© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien
© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien
© Détail Breackast Room - Le Félicien

Le léger brouhaha se tait, la musique commence, les flashs sont prêts à crépiter, le premier « mannequin » entre sur le podium…  Nous voilà dans le Black Bar, où trône, entre fierté et humilité, un portrait de la mère du créateur, face au bar baigné dans une lumière tamisée, très intimiste et propice aux confidences. Et nous en aurons tout au long de ce voyage, car c’est un Olivier Lapidus passionné et chaleureux qui nous guide.

© Black Bar - Le Félicien
© Black Bar - Le Félicien
© Les Garçons aux Foulards - Madame Lapidus - Black Bar - Le Félicien

Cette introduction donne le ton : cet hôtel est un hommage multiple. Celui d’un professionnel à un métier, la couture, et celui d’un homme à ses racines, ses parents. Les nombreux détails en témoigneront : tissus choisis, jeu de matière, couleurs franches, travail d’artistes, tels Petra Télapova ou encore Gérard Trémolet, collaborateur de François Lesage, pour les « tableau-robes » en soie peinte, voir rebrodée et présents dans chacune des chambres.

© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien

1er étage, le Black Floor

Continuité du Black Bar de par la palette chromatique et toujours cette atmosphère feutrée et élégante, mais sans doute un degré plus sensuelle ici, telle une femme portant un smoking d’homme sur stiletto vertigineux.

2ème étage, le Flannel Floor

Le cuir de l’escalier qui nous y conduit fait référence au cuir des volants des Maserati et des Lamborghini de légendes qui ont fascinées Olivier Lapidus durant son enfance, mais aussi encore un peu aujourd’hui. Les armoires, les bureaux sont inspirés des malles de l’univers de la bagagerie, gainés de flanelle grise, travaillées dans le détail, jusque dans le clin d’œil stylistique des vis gravées. Du luxe, du raffinement et de la sobriété, comme se doit de l’être toute femme portant un tailleur, en flanelle, bien sûr !
© Détail Flannel Room - Le Félicien 

3ème étage, le Ruby Floor

Quand le soir arrive et que sonne l’heure du premier rendez-vous, quelle autre couleur choisir pour séduire que le rouge ? Couleur fétiche du couturier, c’est un jeu de contraste que nous retrouvons ici, cuir et verre, rouge et blanc… Je t’aime, moi non plus !

© Détails rouge - Le Félicien

4ème étage, le Couture Floor

Très couture comme son nom l’indique, oui, et aussi très zen. Entre métal et moquette rose, bleue ou verte, c’est dans une de ces chambres que nous souhaiterions séjourner. La It-Room à l’instar de la It-Dress. La Ziberline de Balenciaga pour le tissu des rideaux, le cristal de Swarovski incrusté dans les lettres « Couture Floor », l’inox en réminiscence de la chambre du créateur quand il avait 10 ans… Elle est parfaite.

© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien

5ème étage, le Pearl Floor

Très couture également, mais laissant présager le final du show, l’apothéose. C’est donc le beige rosée, le gris perlée qui font écho ici à un accessoire incontournable de la couture : la Perle. Invitation à un voyage féminin, intimiste, doux, léger, poudré…

6ème étage + Terrasse, le Sky Floor

Nous avons dit oui ! Nous voici dans la suite nuptiale où la mariée est bien évidemment en blanc pour clore le défilé. Calme et volupté, espace bonheur, espace détente, où le temps a suspendu sa course. Et si le jacuzzi de la terrasse privative surplombant les toits de Paris ne vous suffirait pas, vous pouvez toujours quitter ce presque 7ème ciel pour filer, presque pêcheur en quête de bien-être dans les profondeurs du Spa où un plafond « lever de soleil » vous attends !

© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien
© Les Garçons aux Foulards - Le Félicien

Richesse des matières, justesse des détails, clins d’œil artistiques, l’univers de la Mode et du Design n’ont décidemment pas fini de nous surprendre et de nous offrir de nouvelles expériences. Allant bien au delà du simple lieu de repos nocturne, les nouveaux Boutique Hôtels, sources d’imaginaire et d’inspiration infinies nous prouvent qu’il n’est pas toujours nécessaire de partir loin pour voyager et explorer de nouveaux territoires d’expérimentations.

Mlle S. & A.


Hôtel Félicien****
21, rue Félicien David – 75016 Paris

mardi 2 août 2011

A la rencontre du créateur Stéphane Verdino

Après deux petites semaines d’absence estivale, les Garçons aux Foulards reviennent sur la toile et vous  ont organisé pour se faire pardonner, une très jolie surprise ! Nous avons en effet, eu la chance d’interviewer, dans sa boutique de la rue Charlot, le célèbre Créateur Stéphane Verdino, et ainsi, découvrir son univers créatif, mais également son parcours personnel, ses 20 années passées dans le milieu de la mode, sa passion du cuir, mais aussi un peu plus sur la personne, sa sensibilité créatrice, son histoire.

© Les Garçons aux Foulards
Passion du cuir qui est à la base d’un modèle de sac iconique, qui, en l’espace de quelques mois a permit à son créateur de se faire connaître du grand public : le cabas !
Qui ne connaît pas en effet le fameux cabas Stéphane Verdino ? Sa « simplicité », sa souplesse, sa ligne reconnaissable et son absence de logo, ont fait de lui l’un des modèles de sac les plus désirables des amoureux de la mode dès son lancement en 2005.
En revanche, peu sont ceux qui en connaissent l’histoire et les sources d’inspirations. Et qui de mieux pour nous le faire découvrir, avec générosité et volubilité comme à son habitude, que son créateur lui-même, Monsieur Stéphane Verdino….
Commençons par le commencement... le cuir.
Matière noble, douce, presque sensuelle, la passion du cuir est à la base de tout dans la vie de Stéphane Verdino. Découverte au cours de l’été de ses 15 ans dans un atelier de sellerie pour chevaux en Camargue, Stéphane Verdino tombe tout de suite amoureux de la beauté de cette matière et sait qu’il souhaite travailler dans cet univers.
Après des études orientées vers les métiers de la sellerie et du cuir, il rentre par la petite porte dans l’univers de la maroquinerie dans les ateliers de la maison Lamarthe, situés au 12 rue Charlot, en 1984, en tant qu’ouvrier maroquinier. Touche à tout de talent, curieux et inventif, Stéphane Verdino découvre rapidement les différents métiers du cuir, en tant que modéliste, puis en tant que styliste aux coté de Didier Lamarthe durant près de 5 ans. Et c’est après avoir travaillé au fil des années, aux cotés de Paloma Picasso, d’Hedi Slimane, jeune designer pour New Man, et enfin en tant que bras droit du célèbre créateur de maroquinerie, au style luxueusement déjanté, Mr Renaud Pellegrino, qu’il apprend tous les aspects de l’univers de la mode, et décide de lancer sa propre collection.
L’idée principale?
Détourner les codes de la maroquinerie traditionnelle et arriver à l’essence même d’un sac. Inspiré par le travail de créateurs au style minimaliste et épuré tels Martin Margiela, Ann Demeulemeester,  Helmut Lang ou encore Hedi Slimane ; mais aussi par le travail des stylistes Japonais qu’il découvre lors d’un voyage à Tokyo, que Stéphane Verdino souhaite créer un sac aux proportions idéales, sobre, pratique, à l’élégance nonchalante et discrète afin de ne pas perturber la silhouette.
L’histoire ?
Enfermé seul, durant une semaine, dans les ateliers de Renaud Pellegrino avec un important stock de cuir blanc, afin de ne pas se laisser influencer par la couleur, et ne se concentrer que sur la forme, Stéphane Verdino réfléchit aux principes du Design, éliminant le superflu pour ne se concentrer que sur l’essentiel, rejetant l’accessoire pour atteindre la fonction. Deux grands morceaux de cuirs presque brut, coupés bords francs et non doublés, deux anses, absence totale de tout « bijoux » de sac et enfin le lien entre le sac et les anses constitué d’un rectangle de cuir maintenus par quatre rivets métalliques tels une discrète signature stylistique. Le cabas Stéphane Verdino est né ! Les déclinaisons ne furent qu’une suite logique, le cabas XL et XS, le 48h, le polochon, la besace et bien sûr les trousses zippées.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

La suite ?
Nous la connaissons ; distribué dès sa 1ère saison dans les boutiques et grands magasins les plus tendances de la planète, Stéphane Verdino ouvre sa boutique en propre au 10 de la rue Charlot, en hommage à ses débuts, 20 ans plus tôt dans les ateliers Lamarthe situés au numéro 12 et devient même, le temps de deux saisons, Directeur Artistique de la maison de maroquinerie française. Après avoir inauguré cette saison le premier shop in shop à Hong Kong, Stéphane Verdino se concentre sur Paris, avec comme objectif d’ouvrir une deuxième boutique, sans doute Rive Gauche courant 2012 afin de continuer à rester proche de sa clientèle favorite et éviter ainsi le cliché du créateur enfermé dans sa tour d’ivoire.
En effet, si vous faites un crochet par la rue Charlot, il n’est pas rare d’y croiser Stéphane Verdino en personne, déambulant entre la boutique et ses bureaux situés au 1er étage, qui se fera un plaisir de vous parler de ses sacs, des cuirs utilisés, de leur spécificités et enfin profiter de son spectacle favoris, voir ses créations prendre vie, s’adaptant à la personnalité de ses acquéreurs, pointu, rock n’roll ou carrément girly.
Les Collections ?
De saison en saison, les collections Stéphane Verdino ont sut grandir sans succomber au mirage de la « montée en gamme » traditionnellement présente dans l’industrie de la mode, conservant l’idée principale de fonctionnalité, de qualité et de simplicité en y apportant au grès des envies de son créateur, une pointe de douce folie. Ainsi, pour cette saison Printemps-Eté 2011, le cabas classique a été décliné en quatre couleurs aux teintes élégantes et estivales et nous avons également constatés l’apparition de 10 teintes pop et acidulées pour la ligne Neo !


© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards
Neo que sa quo… ?
Neo c’est tout simplement la ligne de cabas Stéphane Verdino en Néoprène. Matière technique issue du monde de la plongée, le néoprène outre ses multiples caractéristiques, sa facilité d’entretien et son incroyable résistance à surtout ce petit quelque chose mode qui le rend furieusement tendance et permet d’être décliné en une multitude de couleurs franches et vives qu’il est malheureusement très difficile de reproduire sur des cuirs traditionnels. Douceurs du touché et couleurs vitaminées, nous sommes totalement tombés sous le charme de cette ligne jeune et dynamique !

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards
Enfin (le jeu de l’interview ayant parfois ses petits avantages), nous avons eu le privilège de découvrir en avant-première la collection Automne-Hiver 2011 ! Au programme, cuirs de veau retournés façon velours mille raies, cabas en toiles, suèdes imprimées écossais, tartans, blasons brodés, associations de gris et de bruns pour un look rétro chic et un esprit résolument preppy ! Coup de cœur stylistique pour les derbys et cabas tartans coordonnés et pour les boots en suède gris !

© Les Garçons aux Foulards
  
© Les Garçons aux Foulards
 
© Les Garçons aux Foulards
 
Mais aussi quelques modèles de la collection Printemps-Eté 2012 !.... Je me dois de garder le mystère mais vous livre quelques indices… Mondrian, Wax, Judo, et un magnifique cuir grainé noir... Suspens…. En un seul mot : superbe !
Pour l’heure ?
Fin de période de soldes oblige, Stéphane Verdino part le temps d’une pause estivale sur l’Ile de Ré, lieu qu’il affectionne particulièrement depuis de nombreuses années. La boutique de la rue Charlot restera encore ouverte quelques petites semaines afin de faire profiter les chanceux vacanciers parisiens de tarifs très très intéressants sur la collection été (à partir de 10 euros, mais chuuuuuut… c’est un petit secret !) avant de rouvrir début septembre riche des nouvelles collections automne-hiver 2011 ! Alors, foncez ! ;-)
Très bonne lecture et très bon shopping à toutes et à tous.
Et à très vite pour un nouvel article !
A.

Stéphane Verdino
10, rue Charlot – 75003 Paris
Ouvert du mardi au samedi – 13h à 19h
www.stephaneverdino.com



mercredi 25 mai 2011

Pause Culturelle et Gourmande : à la découverte de Charlotte Perriand!

Ce mois de mai 2011 mets enfin à l’honneur une grande dame française du design et de l’architecture, Charlotte Perriand.
Méconnue, son œuvre est encore très souvent associée à celle de Le Corbusier, où de Pierre Jeanneret avec lesquels elle collabora à partir de 1927, année où elle les rejoints et s’occupa de la décoration intérieure et du mobilier des différents projets architecturaux réalisés par leur agence. C’est d’ailleurs sans doute, l’une des raisons pour lesquelles, son nom fut souvent cité après celui de Le Corbusier, l’un des premiers « designer super star » de notre siècle.
Heureusement, deux institutions parisiennes lui rendent hommage et  replacent son œuvre au centre de l’actualité culturelle mais également au centre d’une certaine vision de l’homme ; « homme » qu’elle plaçait toujours au cœur de sa réflexion.
L’être humain est en effet à la base de tout pour Charlotte Perriand. Reprenant ainsi le principe du Design mis en place par l’école du Bauhaus, qui a pour mission de réaliser l’objet le plus simple et le plus esthétique pour une fonction donnée (Principe qui a été bien souvent oublié depuis quelques années… ). Charlotte Perriand ne souhaitait pas un design élitiste, bien au contraire. Tout comme Le Corbusier voulais créer une société idéale par le biais de certaines réalisations telles la Cité Radieuse à Marseille, Charlotte Perriand pensait au plus grand nombre lorsqu’elle dessinait ces objets à vocation utilitaire. Elle s’est ainsi longuement inspirée du monde rural et ouvrier ainsi que de nombreuses cultures.
Petit Palais, Bon Marché : même combat ! Celui de Charlotte Perriand ! Les Garçons aux Foulards sont partis enquêter !

Culture tout d’abord.
 
Lors de la dernière Nuit des Musées, le week-end dernier, nous avons eu le plaisir de découvrir la rétrospective Charlotte Perriand 1903-1999, de la Photographie au Design organisée par le Petit Palais. Comme toujours lors des expositions au sein du Petit Palais, les œuvres de l’artiste « invité » se trouvent au cœur des collections permanentes, placées dans chaque salle, créant ainsi un parcours historique mais également un dialogue entre moderne et ancien, classique et avant-garde.
  
© Les Garçons aux Foulards

Trois détails de l’exposition m’ont particulièrement plus. Deux de ses œuvres les plus engagées, réalisées en 1936, l’une pour le Salon des Arts Ménagers intitulée La Grande Misère de Paris et l’autre pour la décoration de l’un des salons du Ministère de l’Agriculture, on été reproduites en très grand format dans le hall central du Petit Palais et apparaissent tel un manifeste de son travail mettant le visiteur au cœur de son univers et de sa réflexion.

 
© Les Garçons aux Foulards

Ensuite, poursuivant l’exposition dans les salles adjacentes, je découvre avec plaisir certains des meubles réalisées par Charlotte Perriand, placées en face de chaises, de fauteuils, de consoles et de secrétaires Louis XVI. Décalage garantit ! Et modernité incroyable ! C’est d’ailleurs, d’un point de vue décoration le style qui me plait et que j’essaye de reproduire, ce subtil mélange de moderne et d’ancien, de chiné et de neuf, de design et d’antiquité.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards





















Enfin, la salle principale au sous-sol, recréant son univers, inspiré du monde rural mais également minéral. On reconnaît les formes des meubles faces aux photographies prises par Charlotte Perriand dans la Nature, au cours de ses voyages. Immersion totale ! On aime !  Vous allez dire que j’exagère un peu… peut-être… je ne sais pas… je sais juste que j’ai toujours été un inconditionnel de son œuvre, incroyable de modernité, d’élégance et de simplicité.

A  ce propos, c’est l’italien Cassina, spécialisé dans le mobilier de designer, qui a remporté en 2004, le droit d’éditer les modèles crées par Charlotte Perriand. Une salle lui est d’ailleurs réservée au cœur du musée, afin de permettre au visiteur de découvrir de façon sensorielle le mobilier, de le tester. Car n’oublions pas que l’ensemble des meubles de Charlotte Perriand ont un objectif de fonctionnalité, de confort. Ainsi cette découverte, en dehors de son éventuel intérêt commercial, fait partie intégrante, je pense, du processus d’initiation et de compréhension de son œuvre.

Pause Gourmande ensuite.

Profitant de cette jolie « Charlotte Perriand – Mania », le Bon Marché et Cassina se sont associés afin de recréer la mythique Maison de Thé, réalisée par la célèbre Designer et exposée sur le toit du Jardin de l’UNESCO en 1993, et qui fût détruite par la suite.

© Les Garçons aux Foulards

Au cœur d’une véritable forêt de bambous, placée sous la très belle verrière du 2ème étage du grand magasin de la Rive Gauche, une petite exposition rend hommage également à l’œuvre de Charlotte Perriand au travers de photographies, portraits intimes de la femme plus que de la créatrice de talent. Différentes pièces de mobiliers, parmi les plus emblématiques de la créatrice ont été mises en scène, créant une sorte d’appartement idéal au cœur d’une végétation luxuriante aux références japonisantes.


© Les Garçons aux Foulards


Japon tant aimé par Charlotte Perriand, où elle travailla pendant plus de deux ans durant les années 40, et dont elle n’oublia jamais le style minimal, fonctionnel, presque spirituel. Et Japon mis à l’honneur par le Bon Marché grâce au célèbre restaurant gastronomique Bizan, déplaçant son savoir faire culinaire le temps d’un salon de thé éphémère.  
Je n’ai pu m’empêcher le plaisir d’y savourer leur pause gourmande : Thé vert d’Asamiya, crème de soja sucrée et sa purée de haricot rouge et sésame, accompagnée de chocolat blanc aux graines de sésame. Un délice ! Léger, subtil, raffiné. Expérience à tester absolument.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards






















Enfin, j’ai terminé cette escapade design par le très beau rayon libraire-papeterie du Bon Marché, qui mérite à lui seul le détour, havre de paix au cœur du tumulte du 6ème arrondissement. Il est l’un des lieux qui m’apaise le plus et ou j’aime me retrouver, entouré de livres ; et pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, je vous le recommande avec plaisir.
J’espère ainsi vous avoir donné l’envie de découvrir où redécouvrir l’œuvre de cette grande dame du Design. Sortez, Flânez, Découvrez et Partagez nous vos impressions ! ;-)

A très bientôt,

A.



Charlotte Perriand  1903-1999 ; de la Photographie au Design 
 du 7 avril au 8 septembre 2011 au Petit Palais
www.petitpalais.paris.fr

La Maison de Thé de Charlotte Perriand
du 9 avril au 11 juin 2011 au Bon Marché Rive Gauche
www.lebonmarche.com



dimanche 3 avril 2011

Parenthèse Design


Ce vendredi 1er avril, Les Garçons aux Foulards ont eu la chance de visiter la 15ème édition du Pavillon des Arts et du Design, organisé comme tous les ans, dans le Jardin des Tuileries.

Au programme de cette édition 2011, des exposants Parisiens bien sur, mais également Londoniens, New-Yorkais,… parmi les meilleures galeries internationales spécialisées dans l’univers du Design Moderne et Contemporain, et aussi la présence d’antiquaires spécialisés dans l’Art Africain et Chinois.
Un parcours élégant, à la limite de l’onirisme, à pas feutrés sur les épaisses moquettes des stands des différents exposants, déambulant, hors du temps et hors de l’espace, au milieu de ce que l’on peut trouver de mieux en matière de mobilier design ; pièces contemporaines ou vintage, rééditions, luminaires…
Dubuffet y croisait  les sculptures et les masques de l’Art  Brut Africain, Cocteau faisait face aux évanescentes figurines asiatiques. Cocteau qui a d’ailleurs été mon coup de cœur absolu lors de ce salon. Un très beau portrait, format A3, au fusain et crayon gras que je n’ai malheureusement pas pu/osé photographier, humble et admiratif face à la finesse des dessins du poète français.
Autres coups de cœur, autre styles : trois galeries parisiennes, offrant chacune sa vision du Design.
La Galerie Dansk Mobelkunst, spécialiste du mobilier scandinave, a toujours fait partie des lieux incontournables où je m’arrête lors de mes périples sur la Rive Gauche ; on peut y admirer, mobilier, sièges, luminaires, vases et autres céramiques aux lignes pures que j’aime tout particulièrement. Le stand, quant à lui, reprenait l’organisation d’un petit appartement idéal, à la décoration épurée et élégante. Mobilier de bois blond, assises en cuir noir, et fauteuil en larges bandes de cuir Camel tressé, j’adore.

© Les Garçons aux Foulards
Autre stand, autre univers, la Tools Galerie, nous faisait partager son univers et sa vision d’un design moderne, éclectique et résolument tournée vers l’avant-garde. La galerie de la rue Vieille-du-Temple, se veut être la vitrine de toute une génération de jeunes designers européens. J’ai beaucoup aimé les associations de couleurs, de matières : métal, plastique, verre, avec un point commun stylistique : la rondeur. Les formes sont courbes, douces, le verre des lampes dégouline, le fauteuil en métal à l’apparente légèreté joue les contrastes entre matière et rendu, les pièces s’inscrivent parfaitement dans l’espace.
© Les garçons aux foulards
Le stand de la Downtown Galerie, généralement spécialisée dans le mobilier d’architecte du 20ème siècle, proposant une sélection incroyable de pièces de Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Le Corbusier, Ron Arad, Pierre Jeanneret, pour ne citer qu’eux, m’a beaucoup touché par la force de la mise en scène. Lumière chaleureuse, couleurs miellées, lignes sinueuses et structurées à la fois, formaient une sorte d’intérieur idéal, léger et subtil, contemporain mais non agressif, à l’inspiration asiatisante, faisant la part belle au bois et aux matières naturelles.

© Les Garçons aux Foulards

Enfin, focus sur trois galeries londoniennes qui ont attirées mon attention : la 88 Gallery, la galerie Lamberty, et enfin la Carpenters Workshop Gallery. Il est assez intéressant d’ailleurs de constater à quel point les propositions des galeries britanniques sont différentes de celles de leurs homologues français. Le coté « Antiques » est beaucoup plus marqué, les volumes sont moins imposants, les artistes exposés jouent d’avantage sur les références au mobilier ancien, voir désuet, les nuances de couleurs sont également différentes, mais tout cela leur confèrent finalement un charme tout particulier, un petit quelque chose de « british », charmant !
Robber Baron - Horloge - Coffre-fort - Lampe
J’ai particulièrement aimé le travail du collectif Studio Job, présenté par la Carpenters Workshop Gallery : Robber Baron. Robber Baron est un terme péjoratif utilisé pour désigner les magnats  américains de la banque au 19eme siècle. La collection Robber Baron est composé de cinq pièces, un cabinet, une horloge, une table, une lampe ainsi qu’un coffre-fort, entièrement réalisés en bronze et recouverts de feuilles d’or pour certains. Ce travail a pour thématique le pouvoir, la corruption, l’art et l’industrie ; une façon de critiquer l’ostentation et les excès des milliardaires collectionneurs, américains, moyen-orientaux et autres oligarques russes. Cependant, une question me vient à l’esprit. Les futurs acquéreurs de ces œuvres hors de prix ne vont-ils pas être les même que ceux critiqués par l’œuvre en elle-même ? Réflexion doucement ironique qui m’a en tout cas beaucoup amusé.

Mais ou est la Mode dans tout cela me direz-vous ? Et bien, par la présence de l’élégant Malletier de la rue du faubourg Saint-Honoré, Goyard. La maison Goyard a ainsi volontairement choisie de se poser, l’espace de quelques jours, au cœur du Pavillon des Arts et du Design, afin de proposer aux riches collectionneurs, bagages et malles, bureaux de voyage pour amoureux des lettres des temps modernes et pourquoi pas un coffres sur-mesure  afin d’emporter ses précieuses acquisitions ! Car n’est-ce pas aussi cela le luxe ?  Commander sa malle Goyard afin de transporter à travers le monde ses œuvres d’art favorites ? Je vous en laisse juge chers lecteurs.  Les Garçons aux Foulards ont quant à eux, leur avis sur le sujet ; celui d’un rêve africain ou explorateurs et autres aventuriers arpentaient la savane, suivies de leurs malles et coffres de voyages transportant effets personnels et biens les plus précieux. Et voilà, comment en plein cœur de Paris, une exposition consacrée au Design Contemporain, peut nous faire voyager beaucoup plus loin que ce que l’on s’était imaginé. Voyage à suivre.

Votre dévoué A.