Affichage des articles dont le libellé est égérie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est égérie. Afficher tous les articles

lundi 16 décembre 2013

Collection des Métiers d’Art Chanel – De Paris a Dallas



Nous l’attendions autant que nous la craignions, la collection annuelle des métiers d’art Chanel. Avec une impatience non feinte à l’idée de découvrir silhouette après silhouette, les nouvelles mises en valeur du savoir faire artisanal des dix maisons et ateliers rachetés et préservés par la maison Chanel depuis 1985 (Lesage, Desrues, Lemarié, Michel, Massaro, Goossens, Guillet, Causse, Barrie Knitwear et Montex) formant petit à petit une constellation de savoir et de transmission de ce savoir, avec pour chacune de ses étoiles, un domaine respectif d’excellence (broderie, dentelle, maroquinerie…) ; mais une crainte lié à la destination choisit pour cet opus 2013/14 – en effet, après nous avoir fait voyagé à travers le monde, présentant les luxueuses créations de la griffe, de Tokyo à Londres en passant par Shanghai et Édimbourg l'année dernière, ou Karl Lagerfeld avait posé sa luxueuse tente au cœur des Highlands avec un défilé mettant à l’honneur le tartan et le cachemire présenté dans le Palais Linlithgow et qui nous avait emerveillé ; la luxueuse caravane Chanel s’est arrêtée cet hiver au cœur du Texas, à Dallas…

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14

Choix étonnant qui nous a surprit dans un premier temps, Dallas n’étant pas forcément réputée pour être l’une des capitales de la mode et du bon goût… avant d’en comprendre les raisons et les liens. Cité qui a accueillit Coco Chanel en 1957 pour y recevoir le Neiman Marcus Award venant couronner son apport au monde de la mode, pays qui fut d’ailleurs le premier à « redécouvrir » le talent de Gabrielle Chanel après 15 années d’absence des devants de la scène mode. S'intéressant au retour de Coco Chanel dans l'univers de la mode et plus particulièrement au moment de la réouverture de sa maison de couture à Paris en 1954, Karl Lagerfeld a souhaité montrer les nombreux liens unissant la couturière aux Etats-Unis par le biais d’une collection hommage mais aussi en fixant au même jour la date de sortie de l’avant-première mondiale du court-métrage réalisé par le Keyser "The Return", mettant en scène une Géraldine Chaplin au jeu exceptionnel de réalisme, entourée de Rupert Everett, Anna Mouglalis ou encore Amanda Harlech campent les rôles principaux de cette intrigue. A découvrir ci-dessous.



C’est ainsi qu’en ce mardi 10 décembre, le Fair Park de Dallas, magnifique bâtisse aux lignes géométriques, inauguré en 1936 pour fêter le centenaire de cet état du Sud qui abrite encore aujourd’hui parmi les plus grandes collections de sculptures, de bâtiments et de peintures art déco au monde, courant décoratif chère à l’esthétique de Gabrielle Chanel, servit de décor pour présenter la collection des Métiers d’Arts 2013/2014.

Hommage stylistique mais aussi hommage de cœur rendu à ce pays qui ne se limite aux contours de l’état pétrolifère du sud, mais a servit de joli prétexte pour revisiter  en clins d’œil les silhouettes emblématiques des cultures américaines mais aussi amérindiennes avec les codes de la maison parisienne.

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
Sublime Travail de frange traité sur des cuirs, des tweeds ou des mailles, en référence aux looks cowboys texans mais aussi aux costumes traditionnels amérindiens.

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14

Amples capes à rayures tissés en laine et cachemire ceinturées ou à motifs ethniques portées négligemment sur les épaules ; véritable fourrures, utilisés l’une des premières fois par Karl Lagerfeld pour Chanel, en référence sans doute aux trappeurs du continent américain, au commerce des peaux sauvages mais aussi aux tenues traditionnelles des chamans et chefs de certaines tribus.

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14

Le denim porté par les chercheurs d’or et les mineurs de l’ouest américain, mixé avec des robes à volants imprimées sorties d’un saloon très contemporain, le tout coiffé de chapeaux façon « Stetson » revisités ou de l’accessoire must have de ce défilé, la plume unique, format xl, imprimée, monogrammée, colorée plantée négligemment à l’arrière des cheveux et que l’on rêverait également de porter ! 

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14

A noter également qu’à chaque saison, une part de plus en plus importante est faite au vestiaire masculin. Déclinaisons viriles des codes stylistiques développés pour la femme, l’homme Chanel, vêtu de l’uniforme gagnant jeans + boots, parcours les plaines du middle-west américain en s’enveloppant de long gilets en maille à motifs ethniques, de blousons inspirés par les aviateurs du début du siècle en cuir et tweed, en encore de manteaux frangés en tweed revisité au toucher que l’on imagine ultra confortable. Collections, qui saison après saison nous guide vers la voix d’une très attendue véritable ligne homme signée Chanel.

© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14
© Chanel Paris-Dallas 13/14

Autre surprise et non des moindres lors de cet événement, la maison Chanel a annoncée le nom de celle qui sera le nouveau visage de Chanel pour cette collection - Kristen Stewart ! Celle dont le choix d’égérie nous avait déjà surpris (pour ne pas dire choqué) par Balenciaga, l’interprète de Bella dans Twilight représentera la marque au double C pour la collection Paris Dallas 2013/2014. Assise au premier rang du défilé, l'actrice américaine de 23 ans, vêtue d’un pull cropped gris, d’un pantalon large orange et d’un pull marron noué autour de la taille, un look issu de la collection Chanel printemps été 2014, l'ancienne petite amie de Robert Pattinson succèdera donc à Tilda Swinton, qui avait posé pour la collection Métiers d'Art Paris Édimbourg. Sans doute plus crédible dans le rôle très « Boyish » de la fille Chanel ultra moderne et rock n’ roll qu’elle ne l’a été pour l’image du parfum Florabotanica Balenciaga (dont elle n’a ni le coté romantique floral ni l’aspect vénéneux et envoutant). Marchant sur les pas d’Alice Dellal, Kate Moss ou encore Blake Lively. Kristen Stewart, véritable garçon manquée d’Hollywood, symbolise d’une certaine façon la nouvelle génération américaine. Campagne publicitaire de la saison 2013/2014 à découvrir donc avec Kristen Stewart en tant que nouvelle égérie de Chanel. Nous ne nous prononcerons pas sur ce sujet….

 © Kristen Stewart & Karl Lagerfeld
 © Kristen Stewart en Chanel
Cuir, broderies, gamme de couleur jouant sur les ocres traditionnels des Rocheuses ou du Nouveau-Mexique, une Amérique fantasmée entre influences coloniales occidentales et références aux peuples autochtones, le voyage imaginaire organisé par Karl Lagerfeld nous entraine plus loin que les contrées désertiques texanes, pour nous emmener au cœur du savoir faire artisanale de l’univers du luxe, mettant en valeur le travail artisanal des dix ateliers et maisons composant la constellation Chanel. On applaudit le travail !

 © Chanel Paris-Dallas 13/14
 © Chanel Paris-Dallas 13/14
 © Chanel Paris-Dallas 13/14

A.

Découvrez l'intégrale du défilé Chanel Paris-Dallas ci-dessous


vendredi 21 décembre 2012

Un (Loup) Garou place Vendôme



Oyez, oyez, oyez ! (Me viens tout d’un coup à l’esprit que l’on utilise si peu cette charmante conjugaison du verbe Ouïr… et que des crieurs de rue comme à Londres ou à New York seraient des plus pittoresques à Paris !) (Me dis aussi, que faire une digression dès la première phrase d’un article est tout de même un peu culotté, mais bref, à défaut de vous fâcher, vous accepterez mes salutations déculottées !) Gentes Damoiselles, gentes Damoiseaux, Garçons aux Foulards, Dames aux Foulards, les Mayas ont bel et bien vu juste, ce mois de décembre est réellement la fin du Monde ! Ou du moins la fin d’un certain Monde ! Celui où le mot Luxe avait un sens. Où l’élégance était de rigueur. Où celui de la Joaillerie avait ses codes et ses valeurs.Terminé !
Ce n’est pas moi qui le dit, mais le texte sacré du  « Popol Vuh »  (googlisez mes petits !) qui d’après la toute dernière interprétation des Garçons aux Foulards a prévu l’arrivée d’un (loup) Garou dans le ciel étoilé de l’univers de la Joaillerie !

Le joaillier Mauboussin a en effet eu la brillantissime idée de choisir le chanteur québécois Garou (ex Notre Dame de Paris, et surtout ex boy-friend de la délicate et délicieuse chanteuse Lorie… excusez du peu) comme égérie de sa dernière collection de bijoux masculins et du parfum « Pour Lui »! « Chanteur, auteur, comédien… Garou est une figure à la personnalité multiple, à la sensualité virile, à la voix invulnérable et à l’élégance moderne, déclare Mauboussin pour justifier son choix. « Ah bon ? » avons nous envie de répondre !

Passons sur le détail de la qualité d’artiste de ce monsieur qu’en aucun cas nous n’avons a juger… (Quoi que) Ce qui me chagrine profondément c’est de constater à quel point on peut massacrer l’image d’une (ancienne) maison de joaillerie. Dans un plan de communication, dans ce cas précis une « Star Stratégie » pour les néophytes, le choix de l’égérie car celle-ci est censée partager les mêmes valeurs que la marque, et promouvoir pour le mieux l’image de celle-ci dans une parfaite cohérence. Passe encore pour le choix de l’élégante actrice française Elsa Zylberstein (photoshopée plus que de raison..), ou de la jeune et talentueuse Gaïa Weiss, qui représentaient avec élégance la marque française.


Mais quid du chanteur Garou ? Québequois (Y a pire comme défaut dans le vie c’est sur, mais le choix d’une personnalité française eut sans doute été plus judicieux…), chanteur au répertoire des plus populaires, assez peu connu pour son sens de l’élégance ou son amour des accessoires…. Bref, un choix de « baisse en gamme » qui correspond parfaitement au reste de la communication de la marque, affichant ses montres à 349 euros ou ses bagues « Haute Joaillerie » en 4X3 dans le métro parisien.


Non pas que je sois snob, loin de la (349 euros c’est déjà bien assez cher pour une montre…), mais qui peut croire en la possibilité d’une maison de « Haute Joaillerie » fabriquant ses pièces à la main en France, capable de vendre des articles dit de Joaillerie à ce prix là ? Avec un peu de bon sens, personne ! Je crie donc non  seulement à l’inélégance absolue de cet ambassadeur ni de chic et encore moins de choc, en celle des différents supports de communication choisis, et surtout à la supercherie marketing de toute cette histoire ! Car non mesdemoiselles, non mesdames, non messieurs, c’est très triste, je dois moi le reconnaître, mais le travail et la qualité dans le domaine de la Haute Joaillerie ont un coût. Et les prix de 349 euros ou 899 euros ou 599euros, sont juste impossibles à obtenir lorsque l’on se targue de cette étiquette jalousée dans le monde entier que celui de la Haute Joaillerie. Et enfin, ce n’est pas parce que l’on ouvre un point de vente Place Vendôme, que cela est un gage de qualité !... Loin de là.
Du coup, une dernière question se pose à moi, A ce rythme, à quand Lorie ou Hélène Segara ambassadrices d'une des maisons de la Place Vendôme? Affaire à suivre... 
A.