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mardi 21 avril 2015

Rencontre avec la talentueuse illustratrice Elise Demozay



Voici une rencontre comme seul la magie du web peut parfois en créer. Tout commence dans notre ère 3.0 de bloggeurs, par des ajouts d’amis sur Hellocoton, puis des likes de nos pages Facebook appréciant mutuellement notre travail, et finalement la rencontre à proprement parlé lors d’un évenement presse et la possibilité de faire la connaissance de la personne qui « se cache » derrière l’une des plus jolies plumes actuelles de la toile : Elise Demozay.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay




Ses armes ? Quelques crayons, quelques pinceaux, du rose léger, des verts tropicaux, un noir profond et surtout un coup de crayon léger et précis alimenté par une imagination débridée nourrit de voyages aux 4 coins du monde, du cinéma italien des années 50, de la peinture baroque et des magnifiques paysages de la Côte Vermeil dont Elise est originaire.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay
© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay


Son style ? Des avalanches de fleurs entre aquarelle et graphisme, des animaux pas sauvages pour un sous, et des femmes fondamentalement fortes, associant féminité et caractère bien trempé ! Le tout sans doute à l’image de cette jeune illustractrice entre délicatesse et détermination.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

Son travail ? Personnel dans un premier temps, il se professionnalise rapidement à la sortie de ses études ; magasines et créateurs de mode tombant petit à petit sous le charme de ses créations débordant de finesse d’une certaine féminité,  sans pour autant tomber dans une forme de mièvrerie si souvent présente dans le travail d’une horde d’illustratrices surfant sur la tendance du «Draw it yourself ». Kenzo, Yves Saint Laurent ou encore Hipanema, la liste des collaborations signées par Elise Demozay est longue et ne cesse de s’allonger.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay
© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay


Son expo du moment ? La sienne, que nous avons eu la chance de pouvoir découvrir au détour d’une ruelle sinueuse du 9ème arrondissement de Paris, ou l'Assommoir a eu le plaisir de l’inviter à exposer son travail durant plus d’un mois.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

Malheureusement terminée depuis (les obligations d’un calendrier sont parfois aléatoire), nous avons eu la chance de capturer quelques une des plus jolies œuvres exposées, ayant depuis été, pour la plus part d’entre elles, éparpillés aux 4 coins de France selon les coups de cœur de collectionneurs en devenir, mais aussi de capturer quelques mots bien choisis (malheureusement parfois un peu couvert par la musique d’ambiance du lieu – la magie du direct comme on disait à la télévision à l’époque heureuse des émissions non enregistrées trois jours à l’avance… ) lors d’une interview qu’Elise a eu la gentillesse de nous accorder.

Entre une touchante timidité et une générosité de mots et de création, laissons place à Elise Demozay pour découvrir un peu plus sur son travail, ses sources d’inspirations, son amour de l’art et du dessin mais aussi ses projets futurs.






A.


© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

vendredi 21 juin 2013

Au revoir Mr Jean-Louis Scherrer



La nouvelle est tombée tel un couperet ce jeudi matin ; le couturier français Jean-Louis Scherrer est mort à l’âge 78 ans dans une clinique parisienne. La vie passe inexorablement me répondrez-vous et même les plus brillants créatifs et artistes de leur temps n’y échappent pas. C’est certain ; et ce n’est sans doute pas la fatalité de l’existence qui m’a choqué lorsque j’ai appris comme certains d’entre vous la nouvelle ; mais plutôt l’étonnante trajectoire d’une carrière projetant quelqu’un sous les feux médiatiques avant de le replonger dans une certaine forme d’oubli.

© Jean-Louis Scherrer

En effet, le nom de Jean-Louis Scherrer n’est inconnu de personne. Plus de trente ans après que le monde de la mode lui ai décerné le Dé d’Or en 1980 pour la modernité de ses silhouettes, plus personne, à l’exception de ses proches bien sur, ne connaissait réellement l’existence de cet homme qui aura marqué par son style la seconde partie du 20ème siècle. Parfums, licences en tout genre proposant pléthore d’accessoires dérivés ; le nom perdure malgré l’arrêt officiel de la maison en 2008 et la perte de contrôle de celle-ci au début des années 90 par son fondateur qui sera une première dans cette industrie naissante.

© Jean-Louis Scherrer

Mais oublions ces considérations financières qui gâchent bien souvent l’univers créatif de la mode de leur considération purement économiques, pour rendre hommage et retracer en quelques lignes l’œuvre d’un créateur talentueux et finalement assez méconnu.

Né au cœur des années 30 dans la modernité d’une famille s’intéressant à l’univers de la psychiatrie, Jean-Louis Scherrer se prédestinait à devenir danseur, passion qui le bercera durant toute son enfance et qui le conduira jusqu’au Conservatoire national de Paris avant d'interrompre brutalement une prometteuse carrière à la suite d'un accident. Il poursuivra cependant sa quête de la beauté par le biais d’un autre support : la mode !

© Jean-Louis Scherrer

Diplômé de la Chambre syndicale de la couture durant les années 1950, il fera ses classes au sein des ateliers de Christian Dior - «J'étais là pour apprendre (…). Une technique remarquable qui m'a servi toute ma vie.» À la mort de celui-ci, Jean-Louis Scherrer poursuivra son apprentissage aux côtés de son successeur, Yves Saint Laurent, avant de s'engager trois années aux côtés du couturier Louis Féraud.

© Jean-Louis Scherrer

Passionné par les voyages, et par l’énergie créatrice qu’il en puise, il fondera enfin sa maison de couture en 1962, rue du Faubourg Saint Honoré et défilera pour la première fois dans une cave parisienne, séduisant presse spécialisée et riches clientes. Un succès qui ne se démentira pas avec les années propulsant rapidement le jeune créateur sur les devants d’une scène mode en pleine effervescence.

© Jean-Louis Scherrer

Ouverture d’une véritable maison en 1971 au cœur de l’avenue Montaigne, puis sacre en 1980 avec la plus prestigieuse récompense pour un créateur qui lui voit enfin la possibilité d’arborer le titre de Haute Couture, Jean-Louis Scherrer aura habillé les plus belles et les plus élégantes femmes de son époque : de Claudia Cardinale, à la reine Noor de Jordanie en passant par Jacky Kennedy, toutes ont succombés à ce chic structuré, cette élégance à la française qui auront fait sa signature jusqu’à l’arrêt de son travail en tant que styliste de sa maison en 1992.

© Jean-Louis Scherrer

Après cela, un lent et terrible oubli du grand public qui ne se souviendra que très peu des flamboyantes créations signées Scherer qui marquèrent par leur style les années 80 ; jusqu’en ce jour de juin 2013 ou une bien mauvaise nouvelle, refit surgir dans nos mémoires la féminité de son œuvre.

Au revoir Mr Scherrer.

A. 

samedi 16 février 2013

« Dis moi comment tu te parfumes, je te dirai qui tu es » – Les Garçons aux Foulards se dévoilent au fil de leurs essences.



Nombreux sont ceux qui, depuis bientôt deux ans, au fil de nos aventures et de nos articles nous ont demandé à la dérobée d’un message d’en dire un peu plus sur l’identité des Garçons aux Foulards. Fidèles à nos principes, nous ne sommes certes pas encore prêt à nous placarder en 4X3, mais voici en tout cas un début de réponse que les plus fins nez sauront sans doute décrypter. Car comme le disait si justement Brillat-Savarin dans la citation qui l’aura rendu célèbre « Dis moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es », ou plutôt, « Dis moi quel parfum tu portes, je te dirai qui tu es »… C’est en partant de ce postulat que nous avons décidé de vous livrer un portrait olfactif à deux plumes, vous dévoilant sans doute l’un des éléments les plus intimes de nos personnalités – nos parfums.



© Histoire de Parfums - Les Garçons aux Foulards


Initié à l’amour des parfums depuis mon enfance par ma maman qui en est toujours une collectionneuse avertie, je n’oublierai jamais le plaisir que j’avais à déboucher ses flacons joliment disposés et en humer les différentes notes et essences qui m’émerveillaient. De cette période, j’ai gardé en mémoire un attrait pour les parfums Chyprés, étonnantes associations de notes vertes et fleuries et pour les Orientaux et leurs notes riches et ambrées. J’ai compris ainsi en me penchant sur l’histoire de certains parfumeurs et leurs plus célèbres créations qu’un parfum n’était, n’en déplaise  à nos amis marketeur, ni rose (pour les filles), ni bleu (pour les garçons) – crime de lèse-majesté parfumé absolu. Vecteur sensoriel à forte charge émotionnel, les parfums pour me séduire, doivent allier profondeur et belles histoires. Fidèle dans mon infidélité (j’en porte quatre différents), j’ai réussi ainsi à trouver au fil des années l’équilibre me permettant d’allier différentes essences et styles, évitant toute lassitude, alternant les parfums au fil des mois et des saisons.

Scent - Costume National

Sans doute l’un des parfums les plus étonnants qu’il m’ait été donné de sentir, il m’aura fallut de nombreuses années pour l’apprivoiser, enfin l’adopter et maintenant ne plus m’en passer. Ou plutôt ne plus m’en passer au fil des longs mois d’hiver durant lesquels je m’y enveloppe avec bonheur, telle une riche et confortable protection qui me réchaufferait de ses effluves ardents.

© Scent - Costume National

Crée en 2002 par le nez Laurent Bruyère, en collaboration avec Ennio Capasa, le Directeur Artistique de la griffe italienne, Scent allait à contre courant de tout ce que l’univers de la parfumerie pouvait proposer  alors. Parfum mixte tout d’abord, l’idée ne pouvait que me plaire, reprenant l’un des principes initiaux de la parfumerie ou les jus n’étaient pas sexualisés.

Son flacon ensuite alliant sobriété et épure d’un flaconnage transparent inversant les proportions classiques de hauteur et de largeur, volontairement sans capuchon, simplement marqué d’une étiquette noire et minimale, faisant écho au style du créateur qui donna ses lettres de noblesses sur les podiums aux références rock et chic.

Le jus enfin, fragrance étonnante, discrète et éclatante à la fois, alliant subtilement notes florales et vertes, met en avant une délicate fleur d’hibiscus en note de cœur, marié à la légèreté du thé et du jasmin en note de tête, pour enfin, une fois ces premières notes dissipées, laisser place à de puissantes notes de fond ambrées et boisées - cuir, musc et santal.

Eau de parfum atypique, discrète et explosive il est quasiment impossible de mettre de mot juste sur ce jus sensuel, ambré et vif qui évolue et change selon les peaux sur lesquelles, lentement il se glisse.

Tom Ford For Men – Tom Ford

Les parfums sont comme les histoires d’amours, ils vont et viennent sans jamais réellement rester. Mais parfois, il y en a qui comptent vraiment. Après avoir expérimenté les Mâle, Black XS et autre One Million à l’heure ou les pistes de danse étaient mes seuls lieux d’amusement et ou les odeurs sucrées sur ma peau faisaient de moi un adolescent invincible en quête de puberté – l’âge aidant, le temps passant et l’amour devenant fidèle, le parfum le devint aussi.

Un peu perdu entre l’adolescent que je ne suis plus et l’homme que je n’étais pas encore, j’ai découvert Tom Ford For Men. Un mélange d’éléments traditionnels et d’influences actuelles, après une campagne aussi tapageuse que douteuse ; Tom Ford roi des Mâles métrosexués, psychorigide déviant control freak promettant à la presse en sueur devant son trois pièces trop étriqué que son premier parfum pour Homme serait « Sale, Sensuel et Sexy ».

© Tom Ford for Men

J’ai d’abord couru, j’ai senti, je me suis laissé apprivoiser par cette fragrance.  Des notes acidulées de mandarine, feuilles de basilic et gingembre au départ, déviant vers un accord classique cèdre patchouli. Les notes de coeur boisées et cuirées convenaient parfaitement à l’homme que j’étais en train de devenir. Même si en portant ce parfum je n’ai à aucun moment le sentiment de me sentir ; « Sale, Sensuel (un peu), et Sexy (bon ok d’accord) » j’ai été et suis toujours séduit par cette mandarine boisée même si les années passant mon cœur quitte lentement for Men pour m’emporter vers Néroli Portofino
Ciao Bello !

L’eau parfumée au thé blanc – Bulgari

A l’exacte opposée, l’été, bien trop rare et fuyant à Paris, invite à une certaine forme de paresse et de décontraction. Envie de blanc, d’épure et de légèreté, les chaudes journées estivales, c’est avec bonheur que je m’enveloppe dans les délicates notes de l’Eau parfumée au thé blanc du joailler italien Bulgari. Crée en 2003, après le succès quasi imprévu de son pendant féminin au Thé Vert, l’Eau parfumée au Thé Blanc, parfum mixte (une fois de plus), crée par le nez Jacques Cavallier, est un boisé alliant également notes florales et musquées.


© Eau Parfumé au Thé Blanc - Bulgari

L’idée du blanc omniprésente à l’univers de ce parfum domine tout au long de son processus créatif. Les notes de têtes hespéridés composées de poivre blanc et d’armoise, aux propriétés relaxantes, laissent bien vite place à un effet lacté et poudré composé de musc. Une touche d’ambrette et de fleur d’oranger blanche et gourmande en note de cœur apportent leur chaleur  tandis que le bois de cèdre vient apporter une dimension plus sèche en note de fond. Ambre gris et musc enfin, évoquant une discrète et chaleureuse sensualité.

Faussement sage, l’Eau Parfumée au Thé blanc est une délicate eau de Cologne aux nuances chaudes, quasi spirituelles. Et si certains la pense à tort discrète et évanescente, elle promène telle une traînée de poudre, dans son sillage un air musqué.

Terre d’Hermès

Cette rencontre s’est faite par hasard, je cherchais un nouveau parfum, une nouvelle identité, un changement. Tout d’abord rentré pour acheter un parfum à un proche, je me suis mis à sentir chaque flacon qui se présentait à moi ! Une sorte de quête initiatique d’une nouvelle odeur identitaire.


© Terre - Hermès

Et soudain, entre terre et ciel, teinté de silex, de touches amères de pamplemousse, s’ouvrant avec de la bergamote et un accord vert et fruité avec un effet de rhubarbe qui conserve sa fraîcheur assez longtemps. Le Corps ; boisé - cèdre, vétiver et patchouli avec un effet fumé, poivré et cuiré.
Cet édifice étonnamment simple et pourtant harmonieux semble timide et peu puissant au premier abord, mais c’est cette discrétion et cette constance qui lui donnent justement autant d’élégance et de sobriété.

© Terre - Hermès
Poussière ocre pailletée, éternelle colombe, cheveux au vent, torse nu, cheval galopant ; Clément Sibony sublime ce parfum et je dois avouer qu’en me téléportant pendant ces quelques 40 secondes de pur plaisir visuel, cela ne doit pas être pour rien si aujourd’hui chaque matin, je me laisse imaginer que ce parfum peut me transporter n’importe où. Comme si dès lors que je m’en empare, il m’incite à projeter mon propre Eldorado.


L’Homme - Yves Sain Laurent

Et le reste de l’année me direz-vous ? L’Homme tout simplement !

Loin de moi l’idée d’avoir succombé à la campagne publicitaire mettant en avant la beauté plastique imparfaite de l’acteur français Olivier Martinez, j’ai toujours été sensible aux parfums Saint Laurent, ayant d’ailleurs longtemps porté Opium ou encore Rive Gauche. Crée en 2006 à l’époque où Saint Laurent avait encore un prénom, L’Homme, délicat accord de fougère moderne et de notes boisées, se veut un manifeste de l’homme contemporain.
© L'Homme - Yves Saint Laurent

A l’image du flacon, teinté de simplicité et de modernité, translucide, rond et discret, il met en avant le jus, alors que son bouchon, immense écrou couleur acier, porte fièrement le Cassandre cher à la maison.

La composition articulée autour de notes boisées et fleuries, s'ouvre en tête sur une bergamote pétillante,  des notes de basilic, de fougère, de lavande et un gingembre épicé, frais et citronné. En cœur, la feuille de violette apporte un vert très caractéristique et poursuit la métaphore filée masculine jouant sur tous les codes classiques de la parfumerie. Le fond enfin, légèrement poivré, révèle des bois, où la sècheresse du cèdre rencontre la douceur lactée du santal et le solide vétiver.

Classique des temps modernes, pouvant intelligemment évoluer au fil des mois et au fil des années on ne se lasse pas de ces accords alliant profondeur, masculinité et une certaine dose de légèreté - alchimie sensuelle et virile réussie !

Musc Nomade – Annick Goutal

Il y a un parfum que je porte de temps en temps, qui je le sais me rend unique. Il n’est pas du goût de tout le monde, il est un peu sauvage, un peu animal.  Ce parfum c’est Musc Nomade d’Annick Goutal !

Au départ c’était un cadeau qui m’a été fait. C’est drôle, nous avons tous et toutes toujours une histoire à raconter autour de nos flacons. Un jour, cette personne décide de m’offrir un parfum ; un vrai ! Comme lorsqu’une maman offre à sa fille son premier N°5. J’ai réfléchi, senti, pensé… et puis nous sommes arrivé chez Annick Goutal dans ce boudoir feutré place Saint Sulpice, loin des eaux fraîches et notes florales, je voulais quelque chose qui me transporte.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Un Musc surnaturel, cet Orient là s’est accroché à moi pour ne plus jamais me quitter, deux années qu’il embaume mes foulards, vêtements, placards… Il est partout !

Une interprétation virtuose, subtile et discrète de muscone qui se révèle doucement sous des teintes poudrées, chaleureuses et rassurantes. La senteur s’enrobe dans un nuage de musc blanc, racines d’angélique boisées et fruitées et graines d’ambrette suaves et lactées, et cette fève tonka légèrement amandée et embrasée au Bois de Bombay.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Le flacon est simple, élégant et fonctionnel, inspiré des bagues de cigare, l’étiquette ornée de lierre est dessinée par le père de l’actuel nez, Camille Goutal, fille de la fondatrice de la maison éponyme ; une histoire de famille, une histoire de parfum, une histoire d’Amour 

Cet Orientaliste si pur, ode magique à l’Homme, révèle tout ce qu’il y a d’animal en nous. Ce parfum est mon coup de cœur, mon secret, mon plaisir.  

Voyage – Hermès

Depuis les origines de son histoire, Hermès symbolise l’univers du voyage et raconte au travers de chacune de ses créations une histoire. Quel plus beau parfum choisir pour conserver en mémoire ses souvenirs d’ailleurs que le si bien nommé Voyage ? Vous allez sans doute trouver cela quelque peu étonnant, mais il m’ait venu au fil des ans l’envie de m’approprier le plaisir et la saveur du voyage dans une essence que je pourrai avoir au creux de la main. Week-ends à la mer, escapades européennes, vastes étendues de sables blanc, autant de moments précieux, conservé en image pour certain et gardé à jamais de façon olfactive grâce à ce petit flacon métallique qui me suit tout au long de mes périples et en absorbe toute l’essence. 


© Voyage - Hermès

Crée il y a peu, en 2010 ; le célèbre nez Jean-Claude Ellena l’a voulu comme un boisé épicé, mixte (et oui, une fois de plus je m’en rends compte). Abstrait et paradoxal, ce parfum parle du plus beau des voyages, celui que nous n’avons pas encore fait. Le flacon, un étrier coulissant dont le point d'attache est le clou de selle d'Hermès joue sur les contrastes  des matières, l’effet de surprise et l’épure entre acier et verre blanc.


© Voyage - Hermès

© Voyage - Hermès



Le jus, frais, léger et dynamique en note de tête avec des essences de citron et de thé, laisse ensuite place à des notes plus chaudes et épicées de cardamome et d’hédione en cœur. Enfin, le fond composé majoritairement de muscs blancs laisse un voile laiteux quasiment palpable.

Et si pour George Sand « le souvenir est le parfum de l’âme », pour moi, les parfums  symbolisent l’essence même du souvenir, l’âme de ces belles parenthèses, trop rapidement estompées de nos mémoires que sont les Voyages. Voyage d’un jour, d’une semaine, d’une vie, je les veux légers, frais et musqués, aux couleurs éclatantes des gavroches en soie de la maison Hermès. 

Tel un puzzle olfactif dessinant les contours d’une personnalité, à vous de relier à présent essences chyprées ou boisées, fougères et orientaux avec les traits de nos personnages que vous avez appris à connaître un peu plus au fil de ce quelques mois. Et si enfin quelques uns d’entre vous se demandent quelles parties du corps doit-on le plus judicieusement se parfumer ? Je n’aurais qu’une seule réponse à vous apporter, comme le disait si justement Coco Chanel "Partout où vous désirez être embrassée" ! Bons baisers parfumés !

A & W. 

samedi 3 novembre 2012

Paris Fashion Week SS/13 - Nos Coups de Coeur - Part 2


Après notre première étape Coups de Cœur journalier que nous vous avons livrés la semaine dernière, il est grand temps de nous attaquer à l’analyse de la seconde partie des défilés de cette Fashion Week Parisienne SS13 et de vous offrir les images des modèles, des silhouettes, des créateurs qui nous ont séduit par leur incroyable créativité, leurs nouvelles propositions de look ou leur élégance contemporaine.

Samedi 29 Septembre 

Depuis déjà plusieurs saisons il nous enchante avec ses collections chicissime aux lignes épurées et aux coupes Sharp ; Haider Ackermann, prodige de la Couture Contemporaine qui a su mettre le Tailoring à l’honneur avec des silhouettes alliant références masculines et féminines, nous a une nouvelle fois enthousiasmé avec une collection riche et sobre à la fois. 

© Haider Ackermann SS13
© Haider Ackermann SS13

Sobre par ses lignes minimalistes mettant en avant le détail de coupe, et riche par la beauté des soies lourdes, damassées, imprimées,  s’associant dans des explosions graphiques ou au contraire apportant une pointe de douce folie à des silhouettes masculines parfois sévères. Grands cols châles, effet Obi ou Kimono, Geisha d’un temps nouveau, la femme Haider Ackermann partira sans doute à l’orée du Printemps Été 2013 pour les lointaines contrées du Soleil Levant, revenant drapée de son éternelle Veste d’Homme croppée savamment détournée – une héroïne est née.

© Haider Ackermann SS13
© Haider Ackermann SS13

Dimanche 30 Septembre 

Encéphalogramme mode plat… Navré mais aucune des présentations qui ont eu lieu ce jour là ne méritent réellement de s’y attarder...

Lundi 1er Octobre 

Griffe préférée de toute jeune Actrice/Chanteuse/Fashionistas qui se respecte, Chloé, dont la direction artistique a été reprise depuis peu par la styliste britannique Clare Waight Keller, propose pour le Printemps 2013 une collection fraiche, délicate et terriblement féminine. Blanc immaculé, presque virginal, ou camaïeux ocres, fluidité des lignes, légèreté des tissus, jeux de transparence, incroyable travail de découpes graphiques, quelques fois twistés de vestes d’hommes et imprimés Arty, tous les ingrédients sont réunis pour faire pâlir d’envie les aficionados de la plus british des maisons de Parisienne. Longueur genoux sage mais tout en transparence, manches ballons et volumes XL, à n’en pas douter, un condensé des futurs It Pièces des dressings SS13 vient de défiler ! 

© Chloé SS13
© Chloé SS13
© Chloé SS13
© Chloé SS13


Longtemps attendu, espéré, fantasmé, le premier défilé de la maison Saint Laurent Paris avec à sa tête, le styliste Hedi Slimane, a eu lieu sous les verrières d’un Grand Palais étonnement sombre. Noir absolu, profond, rehaussé de cuir, quelques fois de sequins, c’est un Saint Laurent Iconique qui a été revisité par Hedi Slimane pour ce premier opus femme. Garde Robe ultra raffinée pour une collection qui se dit Couture-à-porter (certaines pièces pouvant atteindre les 170 00 euros d’après nos sources), les pièces emblématiques du vestiaire Yves Saint Laurent ont été revisitées avec ce « je ne sais quoi très rock » dont Mr Slimane a le secret. 

© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13

Vestes de smoking d’homme, dont Mr Saint Laurent a habillé pour la première fois les femmes,  raccourcies et cintrées, saharienne mythique retravaillée en cuir, ceintures de smoking taille haute façon corset cuir, léopard en all over paillette, blouses à lavallière transparentes et kilomètres de mousseline et de chiffon de soie pour des silhouettes du soir longilignes aux accents terriblement méphistophéliques. Objet de désir absolu, les bijoux XL (en attendant une prochaine collection de Haute Joaillerie si l’on en croit les bruits de couloir), et surtout cet incroyable chapeau feutre aux bords exagérément grands (que l’on veut impérativement), voilant ou dévoilant le regard pour un effet Néo Salem irrésistible.

© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13
© Saint Laurent SS13


Mardi 2 Octobre 

Podium voltaïque, immenses éoliennes sous la Nef Principale du Grand Palais, Karl Lagerfeld donne le ton pour la nouvelle collection Printemps Eté 2013 et met la femme Chanel sous le signe de la légèreté et de la modernité !  Fluidité des tissus, longueurs raccourcies, tweed version light à l’armature apparente, robe de jour noir effet matelassée ou encore ensemble  en Maille sport over size, Karl Lagerfeld reprend les codes Chanel et réussis à leur redonner une incroyable modernité avec des coupes à l’esprit faussement 60’s. Admiratif du travail réalisé pour les tissus de cette collection, j’aimerai passer des heures à en admirer la trame, composée de fils de laine et de coton fluo et de mousseline de soie imprimée, évoquant la tradition d’un savoir artisanal tout en soulignant la modernité de sa composition.

© Chanel SS13
© Chanel SS13
© Chanel SS13
© Chanel SS13
© Chanel SS13

Journée riche en défilés et en présentations, elle s’est achevée avec l’incroyable (comme toujours, est-il besoin de le préciser) show Alexander McQueen. Fidèle aux sources d’inspirations du maître, Sarah Burton, la brillante Directrice Artistique de la griffe orpheline, se positionne en chef d’orchestre Virtuose d’un merveilleux voyage dans le temps. Passée à travers le prisme du minutieux et architectural travail de construction alvéolaire des abeilles, la collection allant d’une vision très futuriste du style, à une héroïne Élisabéthaine en passant par l’esprit New Look, et la fin du 19ème siècle, l’incroyable machine à  remonter le temps McQueen nous transporte bien au delà d’un  simple renouvellement de garde-robe. 

© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13

Plus proche de l’univers de la Couture, que de celui du Prêt-à-Porter,  Sarah Burton réinvente tous les matériaux nobles par le biais de traitements extrêmement modernes : guipure alvéolaire enduite effet waxé, mousseline de soie gansée de cuir, bustiers effets résilles, corsets XL façon paniers, colliers et manchette en résine façon écaille de tortue, jupes longues en dentelle tissée nid d’abeille ou encore immenses paniers apparents et voilettes protégeant le visage de cet essaim de Reines d’un temps nouveau. Singulier, précieux, étonnant, exceptionnel tout simplement.

© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13
© Alexander McQueen SS13

Mercredi 3 Octobre 

Enfin, mettant volontairement de coté les escalators géants Louis Vuitton, faisant grimper au firmament du CAC40 le fleuron monogrammé du groupe LVMH, intéressons  nous plutôt au défilé sans doute le plus féminin et le plus délicat de cette saison – Elie Saab. Sans jongler à outrance avec le jeu incertain de la course à l’avant-garde, Elie Saab habille les plus belles femmes du monde et sait ce qu’elles veulent. Un vestiaire de jour et de soir exacerbant la féminité, léger, précieux, raffiné, luxueux, correspondant à leur mode de vie. Travaillant les matières les plus nobles, collaborant avec les meilleurs brodeurs et les artisans les plus talentueux, Elie Saab propose tout simplement le meilleur. Cascades de dentelles, avalanches de mousselines de soie imprimées et Tailoring parfaitement maitrisé, loin d’être classiques, sont subtilement modernisées.

© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13
© Elie Saab SS13

© Elie Saab SS13
Ayant eu la chance de pénétrer dans le nouvel écrin luxueux de la maison franco-libanaise, au cœur du 16ème arrondissement, lors de leur Press Day, nous avons ainsi pu approcher de plus près les nouvelles créations et nous rendre compte de l’incroyable travail réalisé.

© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13


Attention – Magie  

Boiseries, dorures, lustres étincelants et miroirs Grand Siècle, tel est le cadre qui accueille les collections Prêt-à-Porter et Accessoire du créateur d’origine Libanaise. Esprit Art Déco, satin, peausseries rares, Python au Crocodile, cristaux, détails en laiton, rien n’est trop beau, rien n’est trop précieux pour la femme Elie Saab. Le luxe a un prix. Mais quelle importance a l’argent lorsque les femmes les plus fortunées de la planète sont vos clientes et qu’elles vous font confiance ? Aucune. Et c’est justement là que commence à opérer la magie du luxe, lorsque celui-ci n’est pas entravé, qu’il explose qu’il étincèle, mais toujours avec un soupçon de chic lui évitant les dérives d’un bling auquel il ne veut en aucun cas être apparenté. Eblouissant.

© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13
© Les Garçons aux Foulards - Elie Saab SS13

Dix jours intenses de défilés, perçus par certains comme bien trop sages, mais desquels nous retiendrons quelques thèmes phares pour le Printemps Eté 2013 : le blanc, le noir, les pantalons, les combinaisons, l’esprit masculin/féminin, l’allure slim, le smoking chicissime, le cuir plus couture que jamais, les imprimés graphiques, les jeux de transparence et de légèreté combiné à une structure certaine. Loin des avalanches pastel de l’été dernier, la mode pour l’été prochain sera forte, volontaire, intellectuelle, créant des silhouettes à l’allure plus graphique que jamais, sans oublier pour autant une touche de légèreté et de fraicheur indispensable.

A.