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vendredi 23 octobre 2015

A la rencontre de Fred Marzo


© Fred Marzo - FW15/16

Cela faisait déjà quelques saisons que nous suivions de près le travail raffiné du créateur de soulier parisien Fred Marzo. Amoureux de son style élégant et féminin, et de ses modèles d’escarpins répondant aux prénoms joliment surannés de Pierrette, Maguy ou Titine, Frédéric Foubet Marzorati de son vrai nom, nous surprend collection après collection, réinventant des associations d’agneau plongés, de veaux velours et peaux précieuses. Maître depuis plus d’un an au cœur du Marais, d’un boudoir consacré à son univers de sandales, salomés et autres bottines auxquelles succombent une clientèle fidèle à son style retro chic, Fred Marzo franchit le pas et lance pour cette saison une capsule homme proposant trois des modèles essentiels du vestiaire masculin - mocassin, derby et boots – le tout décliné en veau velours et veau glacé noir et argent et mis en scène dans une première campagne choc. L’occasion était trop belle d’interviewer le créateur de soulier et en profiter pour en savoir un peu plus sur son parcours, son univers, ses sources d’inspirations mais aussi sur ce nouveau challenge masculin !

© Fred Marzo

Etudiant au studio Berçot, puis jeune styliste, pouvez-vous nous raconter comment, l’escarpin, cet objet absolu de fantasme féminin, est arrivé dans votre vie ?

Les "chaussures" en général ont toujours eu une place importante pour moi déjà petit, mais l'escarpin représente tellement la femme, certes quelques fois une femme qu'on idéalise (surtout quand on est un homme) mais surtout une femme sexy quelque soit la hauteur du talon. On pense bien sûr tout de suite aux icônes telles que Marilyn Monroe ou Audrey Hepburn. Le déclic d'en faire mon métier s'est fait pendant mes études au Studio Berçot, le jour où une intervenante est venue nous expliquer son métier, je ne pensais pas qu'on pouvait être uniquement styliste chaussure...  

Une solide expérience chez Christian Louboutin et Sartore, comment ces deux maisons au style si différent vous ont-elles inspirées, façonnées ?

Toutes les expériences nous façonnent et nous font avancer, encore aujourd'hui j'apprends beaucoup aux côtés de Catherine Sartore, avec qui je collabore toujours, même si nos univers sont différents. 

© Les Garçons aux foulards - Fred Marzo - FW14

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre désir de vous exprimer et de lancer votre propre collection ?

Travailler pour une maison qui n'est pas la sienne est un travail bien différent, il faut répondre à un cahier des charges, l'univers de celle-ci n'est pas forcement le notre, on reste un exécutant et on peut parfois "tourner en rond" au bout d'un certain temps... Lancer ma propre marque et mes collections m'a permis de prendre du recul, de penser plus au produit tant pour moi que pour mon client, cela a toujours été un souhait, le plus difficile était de se lancer et d'oser!

Boutique Fred Marzo - 11, rue de Thorigny

Un savant mélange de sophistication contemporaine et de références rétro, le tout revisité, comment avez-vous crée cet univers au doux parfum suranné ?

Je n'ai pas cette impression d'avoir créée un univers, je ne me force pas, tout s'est fait et se fait encore très naturellement. 

© Les Garçons aux foulards - Fred Marzo SS15

Une ligne rouge sur l’arrière du soulier peinte à la main, un petit quelque chose de « Suivez moi jeune homme », pouvez vous nous en dire un peu plus sur cette signature stylistique qui caractérise chacune de vos créations?

Pour la petite histoire, durant la seconde guerre mondiale, faute de moyens, les femmes françaises se dessinaient au crayon noir la couture des bas sur la jambe pour rester féminines. J'ai voulu prolonger ce symbole de féminité qui se retrouve donc au dos de chacun de mes modèles femme et désormais homme.

© Les Garçons aux foulards - Fred Marzo FW14

A l’heure de l’hyper sexualisation et du grain de folie à tout va, vous restez dans un registre d’élégance et de finesse, n’est-il pas trop difficile de ne pas succomber aujourd’hui à une forme de facilité commerciale ?

C'est tellement plus sexy d'être élégant et raffiné, il faut savoir être subtil et fidèle à soi-même. Je n'aime pas me forcer, je préfère rester dans mon registre et suivre la ligne rouge que je trace depuis maintenant 5 ans.

© Les Garçons aux Foulards - Fred Marzo - FW15/16

Pourriez-vous définir en quelques mots les tendances souliers actuelles que vous percevez?

Non, je n'aime pas ce mot "tendance" qui ne veut plus trop rien dire. Il faut porter ce qu'on aime et ce qui nous va, se sentir à l'aise dans ses pompes dans tous les sens du terme. 

Toutes vos créations sont signées Made in France, est ce un code important pour vous ?

Bien sûr que c'est un code important pour moi, j'ai fait ce choix dès le départ car il y a un vrai savoir-faire en France et si nous lui tournons tous le dos nous risquons de le perdre. Vous n'imaginez pas tous les métiers passionnants qu'il y a autour du soulier, sans toutes ces personnes une marque ne pourrait exister. #madeinfrance

Face à une industrie du Luxe grandissant sans cesse et toujours en mouvement, n’est-il pas complexe pour un jeune créateur de rester fidèle à ses goûts, ses valeurs, et résister dans un marché ultra concurrentiel ?

 Je pense justement que le luxe c'est de rester fidèle à ses goûts, ses envies, ses valeurs. Le luxe ne devrait pas être une industrie, c'est cela qui est compliqué quand on est petit face aux grands (groupes). On ne nous laisse pas le choix que de résister.

Premier pas cette saison dans l’univers du soulier masculin, quelle est la genèse de ce projet ?

J'avoue que la genèse est un peu égoïste, tout en répondant à une demande des messieurs qui apprécient les collections femme et me réclamaient des modèles homme. 

© Les Garçons aux Foulards - Fred Marzo - FW15/16

Vos sources d’inspiration rétro chics sont-elles les même pour l’homme et la femme Fred Marzo?

Les sources d'inspirations peuvent être les mêmes mais seront traitées différemment. En règle générale, la femme reste plus fantaisie comparativement à l'homme qui osera moins, ça reste une généralité mais l'homme est plus classique.

Une campagne masculine de lancement extrêmement forte, mettant en avant le soulier, uniquement le soulier, sans aucun vêtement autour, comment vous est venue ce coup d’éclat stylistique justement « peu classique » ?

C'est avant tout un travail d'équipe et d ‘échange avec le photographe Tom Buisseret et Stéphanie Buisseret  directrice artistique de ce projet. L'impact de la campagne devait se faire sur la marque, mais aussi sur le produit, qui est le seul élément de stylisme de l'image - donc la nudité s'est imposée assez naturellement

© Fred Marzo - FW15/16
© Fred Marzo - FW15/16

Cette capsule homme a-t-elle pour objectif d’évoluer, de grandir, ou simplement d’habiller le compagnon de la « femme Fred Marzo » ?

Pour le moment la capsule est composée de trois modèles (un derby Fred, un mocassin Titoune et un bottillon Rémy), elle évoluera certainement dans les saisons à venir avec les matières et couleurs mais je voudrais que cela reste une capsule pour le moment, comme une parenthèse.

© Les Garçons aux foulards - Fred Marzo - FW15/16

De futurs projets dans l’univers du soulier ?

Pas de ligne enfant en perspective! (rires)

Un dernier petit mot peut-être sur vos sources d'inspirations pour l'été prochain?

La collection sera très 50's! Girly d'un côté avec une inspiration Hollywood/American dinner et très Parisienne de l'autre avec de jolis clins d’œil au New Look. 

Inutile de vous préciser à quel point nous sommes impatients de découvrir ces prochains modèles qui séduiront à n’en pas douter vos fidèles clientes. Un grand merci à vous Fred Marzo pour cette parenthèse et pour vos mots, à l’images de vos créations, justes et réservées !

A.


FRED MARZO

11, rue de Thorigny - 75003 Paris



© Fred Marzo - FW15/16

mardi 21 avril 2015

Rencontre avec la talentueuse illustratrice Elise Demozay



Voici une rencontre comme seul la magie du web peut parfois en créer. Tout commence dans notre ère 3.0 de bloggeurs, par des ajouts d’amis sur Hellocoton, puis des likes de nos pages Facebook appréciant mutuellement notre travail, et finalement la rencontre à proprement parlé lors d’un évenement presse et la possibilité de faire la connaissance de la personne qui « se cache » derrière l’une des plus jolies plumes actuelles de la toile : Elise Demozay.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay




Ses armes ? Quelques crayons, quelques pinceaux, du rose léger, des verts tropicaux, un noir profond et surtout un coup de crayon léger et précis alimenté par une imagination débridée nourrit de voyages aux 4 coins du monde, du cinéma italien des années 50, de la peinture baroque et des magnifiques paysages de la Côte Vermeil dont Elise est originaire.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay
© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay


Son style ? Des avalanches de fleurs entre aquarelle et graphisme, des animaux pas sauvages pour un sous, et des femmes fondamentalement fortes, associant féminité et caractère bien trempé ! Le tout sans doute à l’image de cette jeune illustractrice entre délicatesse et détermination.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

Son travail ? Personnel dans un premier temps, il se professionnalise rapidement à la sortie de ses études ; magasines et créateurs de mode tombant petit à petit sous le charme de ses créations débordant de finesse d’une certaine féminité,  sans pour autant tomber dans une forme de mièvrerie si souvent présente dans le travail d’une horde d’illustratrices surfant sur la tendance du «Draw it yourself ». Kenzo, Yves Saint Laurent ou encore Hipanema, la liste des collaborations signées par Elise Demozay est longue et ne cesse de s’allonger.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay
© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay


Son expo du moment ? La sienne, que nous avons eu la chance de pouvoir découvrir au détour d’une ruelle sinueuse du 9ème arrondissement de Paris, ou l'Assommoir a eu le plaisir de l’inviter à exposer son travail durant plus d’un mois.

© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

Malheureusement terminée depuis (les obligations d’un calendrier sont parfois aléatoire), nous avons eu la chance de capturer quelques une des plus jolies œuvres exposées, ayant depuis été, pour la plus part d’entre elles, éparpillés aux 4 coins de France selon les coups de cœur de collectionneurs en devenir, mais aussi de capturer quelques mots bien choisis (malheureusement parfois un peu couvert par la musique d’ambiance du lieu – la magie du direct comme on disait à la télévision à l’époque heureuse des émissions non enregistrées trois jours à l’avance… ) lors d’une interview qu’Elise a eu la gentillesse de nous accorder.

Entre une touchante timidité et une générosité de mots et de création, laissons place à Elise Demozay pour découvrir un peu plus sur son travail, ses sources d’inspirations, son amour de l’art et du dessin mais aussi ses projets futurs.






A.


© Les Garçons aux Foulards - Elise Demozay

lundi 1 décembre 2014

Les Garçons aux Foulards vus par Paperblog



Voici un article un peu étonnant me direz vous, celui d’un échange ouvert, entre vos fidèles serviteurs, A&W et la plateforme blog généraliste Paperblog. Paperblog, pour ce qui ne connaitraient pas encore,  c’est un petit condensé de ce que l’on peut trouver sur le web en terme d’articles, toutes catégories de sujets confondus, le tout avec une sélection quotidienne des meilleurs post mis en avant par la rédaction de Paperblog pour offrir à ses lecteurs un aperçu rapide et clair de ce que la toile a leur offrir de meilleur. C’est aussi un formidable moyen pour tout bloggeur de pouvoir être mis en avant un jour grâce à ses articles, d’être confronté aux bloggeurs « concurrents », mais aussi de se faire connaître par un lectorat plus vaste, qui n’aurait pas forcément fait la démarche par lui même de se rendre sur son blog. Partageant nos articles sur celui-ci dès le lancement des Garçons aux Foulards, nous avons eu quelques fois la chance de découvrir que nos articles faisaient la Une du site, et ça c’est un vrai petit plaisir d’auteur. Du coup, quand l’équipe Comm’ du site nous a proposé de réaliser une interview à propos de nous et de notre travail d’écriture, ce fut bien sur une joie de répondre présent mais surtout de répondre aux questions posées !


© Les Garçons aux Foulards sur Paperblog


Paperblog - Chers A et W, bonjour ! Peut-on commencer par vous demander de présenter un peu vos parcours et ce qui a fait naître votre passion pour la mode ?

A. Issu d’une formation humaniste, entre Lettres, Histoire de l’Art et Communication, j’ai toujours été attiré par les univers créatifs. Artistiques dans un premier temps, je suis un peu tombé dans le bouillon magique de la mode, lorsque j’ai découvert le Palais Galliera et ses rétrospectives sur l’histoire du costume, mais aussi le travail de deux créateurs, Martin Margiela et Dries Van Noten qui m’ont fait réfléchir et m’interroger assez jeune sur la sens d’un vêtement, sa fonction, mais aussi son aspect décoratif et enfin son impact sociétal. Depuis, la fascination de notre société pour la Mode a explosé et pour ma part, j’ai la chance de collaborer avec quelques très belles maisons parisiennes. C’est ce qui explique d’ailleurs en partie notre volonté d’anonymat, ne pas créer d’interférences entre nos vies professionnelles et le plaisir d’écrire des articles sous le noms des Garçons aux Foulards.

W. Tout est partit d’un voyage à l’île Maurice, j’ai été fasciné par la couleur des saris, le reflet des soies sauvages, la légèreté des tissus. Ensuite sont arrivés les magazines de mode, les sublimes photographies, les shootings de mode. Ancien élève en école de mode, j’ai commencé à créer des vêtements à l’âge de 12 ans, avec cette envie de retranscrire mes pensées par cet art qu’est la mode. J’aime aujourd’hui imaginer les idées des collections, les inspirations et le chemin parcouru pour arriver à la finalité que sont les défilés.

Paperblog - Pourquoi avoir décidé de créer un blog ?

Ce fut le fruit d’une longue réflexion de presque deux ans, lors de nos études respectives; l’envie et le désir de partager des idées, des points de vue tout en hésitant dans un premier temps à franchir le cap et à se lancer dans l’aventure du blog. Puis le désir de s’exprimer, de découvrir de nouvelles choses et surtout de partager des idées, des points de vue, de crier haut et fort ce que beaucoup chuchotent mais n’osent dire, a été le vecteur le plus important. Abonnés à quelques numéros de la presse écrite spécialisée dans l’univers de la mode, nous en avons eu assez de lire les mêmes articles consensuels, parfois juste de simples copiés collés de communiqués de presse identiques d’un magazine à un autre, et avons ressentis réellement le besoin d’exprimer quelque chose de différent par nous même.

© Les Garçons aux Foulards sur Paperblog

Paperblog - Comment se répartissent les rôles entre vous deux ? Avez-vous chacun des sujets de prédilection ou est-ce plutôt au feeling ?

A. Nous avons effectivement chacun nos sujets propres, ceux qui nous touchent d’avantage et que l’on souhaite partager avec nos lecteurs. Pour ma part, ce seront sans doute plus les Coups de Gueule, les Interviews de créateurs et les comptes rendus d’exposition qui me procurent le plus de plaisir lors de leur écriture. Mais aussi les différents réseaux sociaux des Garçons aux Foulards, Facebook, Instagram, Twitter, qui sont une petite récréation en mots et en images.

W. Pour ma part, je suis attiré d’avantage par ce qui touche à l’actualité mode, aux tendances du moment. Véritables Fashion Addict, nous avons lancés il y a quelques mois le concept du « Wanted », un article mettant en avant une tendance spécifique autour d’un produit et ensuite, une sélection de coups de cœurs autour de celui-ci. Après tout, les envies, les désirs c’est important aussi ! Enfin, je gère d’avantage toute la partie logistique et opérationnelle du blog, car mine de rien, derrière le plaisir de l’écriture, il y a aussi une organisation à avoir.

Paperblog - Le vêtement ou accessoire que vous portez le plus souvent ?

A. Une pochette format A4, en cuir noir Balenciaga sans doute. Ultra pratique pour transporter avec soi le nécessaire et surtout pour apporter une touche mi élégante, mi rock aux tenues. Et mes bagues Corpus Christi qui comme des petits talismans ne me quittent jamais.

W. Je dirais deux choses, tout d’abord ma montre, le modèle Tank signé Cartier qui m’accompagne depuis plusieurs années, ensuite mes petits cahiers Hermès l’un pour l’écriture l’autre en agenda ; ils organisent mes journées et mes pensées.

Paperblog - Quels sont, selon vous, les avantages d'une plateforme comme Paperblog ?

Sans doute la découverte de nouvelles personnalités, de nouveaux blogs au travers d’une sélection des meilleurs articles du jour dans l’ensemble des domaines présents sur la toile. En effet, impossible lorsque l’on a une activité professionnelle fournie de prendre le temps que l’on souhaiterait pour déambuler sur le net, à la recherche des petites pépites du jour, Paperblog le fait pour nous ! 

Paperblog - Merci beaucoup à vous deux et à bientôt pour de nouvelles explorations du monde de la mode !

A&W. Merci à vous, et merci d’avoir pris le temps de vous intéresser à notre travail et aux valeurs que nous communiquons.

A&W

© Les Garçons aux Foulards sur Paperblog

samedi 8 novembre 2014

Christine Phung – l’Interview Exception(nelle)



Cela faisait déjà quelques mois nous souhaitions rencontrer et interviewer Christine Phung. Jeune créatrice de mode française, lauréate 2013 du prestigieux prix de l’Andam qui l’a révélé au grand public et qui a focalisé l’attention de la presse mode sur son travail, Christine Phung s’est aussi fait connaître pour ses collections délicates, féminines et fluides, aux détails subtilement architecturés et aux imprimés graphiques.


© Les Garçons aux Foulards - Interview de la créatrice Christine Phung 

Inconditionnels de sa conception de la mode, nous n’oublierons sans doute jamais le magnifique défilé événement de septembre 2013, auquel nous avons eu la chance d’assister ; organisé sur le toit terrasse des Galeries Lafayette. Bleu azur dans le ciel de Paris, bleu limpide de la mise en scène aquatique, bleu cobalt de la collection, c’est sur cette métaphore filée stylistique, que nous avons apprit à connaître et a aimer chacune de ses collections, et à voir évoluer, saison après saison sa vision de la mode féminine.

© Les Garçons aux Foulards - Christine Phung SS14
© Les Garçons aux Foulards - Christine Phung SS14
« An escape to the Mountains », c’est ainsi que Christine Phung a décidé de nommer sa nouvelle collection Automne Hiver 2014. Manteaux en jacquard représentant des montagnes enneigées, jupes patineuses aux nuances glaciers, ou encore mailles luxueuses associant flanelles de laine et techniques traditionnelles de jersey, l’ensemble forme une véritable invitation au voyage, à la découverte mais aussi à une certaine forme de bien-être.

© Sophie Mhabille - Pop Up Store Christine Phung chez L'Exception

© Sophie Mhabille - Pop Up Store Christine Phung chez L'Exception
© Les Garçons aux Foulards - Christine Phung FW14

Et c’est à l’occasion du lancement du premier Pop Up Store de la créatrice organisé au sein de la « maison » l’Exception, rue Bichat, dans le 10ème arrondissement, regroupant l’ensemble de sa collection hiver, mais aussi quelques exclusivités, comme celle avec la marque de foulard italienne Peroni, que nous avons pu échanger et poser quelques questions à la créatrice parisienne sur son parcours de styliste, sa passion pour l’univers de la mode, ses influences personnelles ou culturelles, ou encore ses coups de cœur artistiques et de nombreux autres sujets.


© Sophie Mhabille - Pop Up Store Christine Phung chez L'Exception
© Sophie Mhabille - Pop Up Store Christine Phung chez L'Exception
© Les Garçons aux Foulards
Aussi élégante dans ses collections que dans la vie, Christine Phung, jeune femme délicate et chaleureuse, s’est prêtée avec beaucoup de sensibilité et de sympathie à l’exercice parfois difficile de l’interview. Donner un peu de soi-même, un peu de son temps, se mettre à nu, n’est jamais une évidence, d’autant quand cela se fait face à une caméra. C’est pourtant ce qu’a accepté de faire pour nous Christine Phung, mais nous vous laissons sans plus tarder, le plaisir de découvrir la vidéo de cette interview !



A&W

© Sophie Mhabille - Pop Up Store Christine Phung chez L'Exception


POP UP STORE Christine Phung

Du 7 au 15 novembre de 11h à 19h

Chez L’EXCEPTION 28, rue Bichat 75010 Paris




Ps : un immense merci au talent de Sophie Mhabille pour ses très belles photos 

vendredi 25 juillet 2014

Ehawee - « Elle sourit »

  



Il y a un an nous étions sur une plage en Grèce, le blanc des maisons reflétait la chaleur de ce soleil si cher à ce beau pays. Ce jour là, nous avons fait la connaissance Somya, jeune femme française ici pour les vacances, les cheveux longs, la peau bronzée, le soleil, la mer… tout était réuni pour ne pas oublier cette rencontre. A 26 ans, Somya venait de lancer sa marque de bijoux - Ehawee. Nous avons discuté pendant une nuit entière, du Maroc de son enfance, de sa passion pour les Amérindiens, de son univers pavé de coquillages et d’or, de ses voyages en Thaïlande et à Bali

Un an après cette rencontre nous avions envie de vous faire découvrir son univers ainsi que cette jeune femme où l’orient et l’occident se mélangent au profit de son talent.


© Ehawee Paris 
Diplômée d’ESMOD, une carrière dans le Marketing, la presse, pourriez-vous nous raconter comment est arrivé l’univers des bijoux ?

Partageant ma vie depuis plusieurs années avec un jeune homme d'origine grecque, j’ai souvent l’occasion de revenir sur ces terres que j’ai appris à aimer. Tout est arrivé progressivement, j’aimais me balader pendant des heures sur les marchés à regarder les bijoux fait main par les artisans des îles, le tressage du coton et le gainage du cuir. Je suis rentrée cet été là dans une droguerie, et les idées sont arrivées sans même réfléchir, tout a débuté avec cet œil (Nazar boncuk), mon déclic était devant moi dans ce pays à la limite de l’orient et l’occident.





Pourquoi les bijoux ? 
Que cela représente t-il pour vous ?
© Ehawee Paris
                                                                                  Les bijoux ont tous ou presque une histoire, chaque femme peut vous raconter d’ou provient son bracelet, ce collier qu’elle porte chaque été, cette pierre fine qui est à son doigt depuis nombres d’années, c’est avant tout ça que j’ai cherchée, créer des bijoux qui racontent des histoires. Et puis il y a toujours une influence maternelle, se souvenir comme une madeleine de Proust des milles colliers et bracelets que l’on voyait briller sur sa mère. Les bijoux ont un imaginaire vaste, ils nous permettent de voyager de part leurs couleurs, leurs formes ou leurs matières et possèdent une force. Je crois en la force des pierres, ce sont elles qui nous choisissent et non l’inverse malgré ce que nous pouvons en penser. J’aime à croire que les pierres nous protègent, nous préservent et créent autour de nous une sorte de rempart qui éloigne les ondes négatives.




© Ehawee Paris


Parlez nous de Ehawee, quelle en est la signification ?

Ce prénom est arrivé bien avant, passionnée des Amérindiens depuis toute petite, mes recherches m’ont menée à la découverte de ce prénom féminin qui signifie « elle sourit ».  Il m’a accompagné durant de nombreuses années et quant est arrivé le moment de choisir, c’est tout naturellement qu’il s’est proposé à moi. C’est une marque féminine, positive qui défend les valeurs de partage, mettant en avant un univers ethnique et authentique. Mes bijoux sont avant tout crées pour une femme libre, épanouie qui aime rencontrer et partager.





© Ehawee Paris

Cuir, pierres semi-précieuses, pouvez vous nous en dire un peu plus sur la fabrication ?

- Lorsque j’ai débuté ce projet, je ne pensais qu’à une chose, faire du made in France… aujourd’hui je suis fière de cela, Ehawee est une marque de fabrication françaisefaite à la main soit par des ateliers parisien (notamment un joaillier travaillant pour Cartier) soit réalisé par moi même. Le travail des matières est la chose la plus importante. L’or utilisé est de 24 carat ce qui est de plus en plus rare. Je crée des bijoux à partir de matières authentiques, 100% naturellepierres fines, coquillages, or, argent, vermeil…  
Et le fait main est très important, l’irrégularité des objets est le signe d’une attention particulière de la main humaine. Aujourd’hui trop souvent remplacée par des machines, il est important de revenir à ces valeurs.





© Les Garçons aux Foulards

Vous en êtes aujourd’hui à votre seconde collection, racontez nous ?

- Pour ma première collection le coton, les perles de verre ainsi que l’or était la base de cet imaginaire des Cyclades. Le tout entremêlé j’ai voulu retranscrire ces paysages si lumineux et cette énergie si forte que peut transmettre la Grèce. Puis les Amérindiens m’ont rattrapé et le collier messager est né. Une croyance commune qui protège, éloigne les mauvaises ondes et sécurise l’esprit. J’ai longtemps recherché les origines des  traditions, je me suis imprégnée des énergies et cette amulette n’a été que la matérialisation de la loi du Karma : « Le karma représente en même temps l'action et la conséquence de l'action. Il est simultanément la cause et l'effet, car chaque action génère une force qui revient ensuite à nous telle qu'elle a été mise en œuvre. Tout le monde connaît l'expression « Nous récoltons ce que nous avons semé ». Ainsi, à l'évidence, si nous voulons créer le bonheur dans nos vies, nous devons apprendre à semer les graines du bonheur. La meilleure manière de comprendre la Loi du Karma est de devenir conscient de nos choix. » Le collier messager est une amulette contenant une bouteille en verre que l’on porte sur le thorax, libérant un message positif. Il est le lien entre la conscience et le monde qui nous entoure. J’ai fait beaucoup de Yoga et de méditation, un jour en lisant une phrase de Swami Sivananda maître sprirituel hindou « Servir, aimer, purifier, donner, méditer et réaliser. » j’ai décidée d’inclure quatre messages à ce collier, une sorte de mantra que chaque personne garde sur le cœur et peut se répéter chaque jour afin de l’aider à traverser sa vie.


© Les Garçons aux Foulards

Quelle sont ces phrases, que signifie t-elle ?

- Ce sont des messages positifs de personnalités importantes qui ont eu un impact sur notre société contemporaine. Chaque personne peut  choisir sa phrase, elle sont calligraphiées par une personne travaillant notamment pour Chanel et elle introduite dans cette petite bouteille, fermée, préservée afin d’être lue quand bon nous semble.
La première phrase est de Mandela « Ecrivez vous même votre destin et peignez vous comme les étoiles qui ont éclairée la voie vers un avenir meilleurs », puis Oscar Wilde est arrivé avec ces mots « Les folies sont les seuls choses qu’on ne regrette jamais » ensuite Charles Caleb Colton et cette citation « Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient » et pour finir j’ai fait le choix de Christopher McCandless « Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé » Ces grands Hommes ont tous un lien avec ce que nous sommes désormais, ils ont un jour dans leurs vie réfléchis à comment le monde pourrait être meilleur. 


© Ehawee Paris


Quelles sont les personnes qui vous inspirent aujourd’hui, et pourquoi ?



© Les Garçons aux Foulards
- Ce qui m’inspire ce sont les rencontres et les voyages. J’étais en Thaïlande il y a quelques mois et je reviens de Bali ou les pierres m’ont accompagnée durant tout mon séjour, j’ai envie de découvrir le monde, de me nourrir de chaque tradition et artisanat qui le peuple. Mon prochain grand voyage sera l’Inde en attendant je pars au Maroc très prochainement retrouver le parfum de mon enfance du jasmin et de la fleur d’oranger. Une nouvelle génération de créatrices a ouvert une voix, celle de prendre conscience du monde dans lequel on évolue. On peut faire du commercial vecteur d’image mais l’important est de savoir qui nous sommes et de garder son âme.


Garder son âme, cette phrase résonne dans ma tête depuis plusieurs mois, dans un monde ou tout va très vite, les images défilent, les mots sortent avant d’être pensés, les modes passent avant même d’être portées… Il faut garder son âme, croire en l’avenir de notre monde, mais surtout être soi même et toujours voir le positif dans chaque personne qui nous entoure, c’est une clef, en tous cas aujourd’hui grâce à toi Ehawee : je souris. Merci !


W.


© Les Garçons aux Foulards