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lundi 25 février 2013

Milan Fashion Week - La Palme du pire est décernée à ... Versace!



Avant, et je parle là d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, à savoir le début des années 2000, il y a eu cette déferlante des plus surprenantes - le Porno Chic. Collier « SEX » porté haut sur le cou chez Dolce Gabbana, poils pubiens impeccablement taillés en G et placardés en 4x3 chez Gucci, références SM et talons vertigineux acérés, tout était bon au concours des hormones devenues reines. Chantre inoubliable de cette tendance testostéronnée ou la femme n’est plus qu’un objet de concupiscence passif (au mieux elle brillait dans son rôle de maîtresse SM), Tom Ford, toujours trop bronzé, et deux ou trois boutons de chemise toujours déboutonnés, n’a pas réussi à franchir le cap de cette nouvelle décennie et ses dernières présentations new-yorkaises et londoniennes pour sa marque éponyme ont laissées la presse plus que perplexe.

Pendant féminin de l’esprit Porno Chic (adjectif à définir cependant dans son cas), Donatella Versace, sœur de feu Gianni, a reprit, avec plus ou moins de succès au fil des ans, le flambeau des collections de la griffe à la Gorgone. Mais alors que Gianni avait définit dans les années 80 et au début des années 90 une vision joyeuse, colorée et terriblement baroque de la Mode, sa sœur au fil des ans a sexualisé à outrance ses collections, pour ne plus devenir qu’une griffe de seconde zone que les riches élégantes de ce monde n’osant plus porter par crainte de vulgaire absolu. Couleurs criardes, longueurs toujours mini, ou fendues à l’excès ; les collections passent et se ressemblent de saison en saison. Jusqu’à ce jour du 22 février 2013, ou lors de la Fashion Week Milanaise, Donatella Versace a sans doute présentait la pire des collections Versace.

© Versace FW13/14

Dès le lendemain, l’Express Style titrait « Une ambiance Sex Shop chez Versace » - Gênant.

Et encore, après avoir vu et revu les 55 silhouettes je crois que « Sex Shop » serait une comparaison presque édulcorée face à la réalité crue de ce défilé épique. Cuir effet vinyle (j’ose espérer que ce n’était pas du latex), tops asymétriques et jupes façon kilt (Gerri Halliwell époque Spice Girl – bonjour), écossais jaune lointainement inspiré d’une quelquonque référence punk, clous, clous, clous (studs en anglais, c’est plus chic…) chaînes pendant sur les cotés, mini détails de vison blanc version collégienne faussement sage (référence à l’univers de la BD trash japonaise), associations de fourrures de couleurs improbables dignes d’une Cruella des temps modernes, combinaisons de cuir rouge ou violet (juste impossible) et pire que tout – la faute de goût absolue – la bottine blanche !

© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14

Et pas peu fière d’avoir osée ressortir du placard de la honte ces vilaines chaussures qui ont tout de même quelques blogs de Bad Street Style dans le monde qui leur sont consacrées, Donatella en affuble un bon tiers de ces modèles. Mais attention, pas n’importe quel modèle de Botte Blanche ! La vraie, l’unique, la préférée des puristes –  bout ultra pointu, talon aiguille, hauteur mi-mollet (pour bien tasser la silhouette et faire la jambe gigot) – un rêve ! Mais en tant que créatrice mondialement reconnue, il fallait bien leur apporter un petit twist créatif comme on dit dans le métier… à savoir un excès de clous recouvrant l’ensemble de la bottine afin de lui apporter un petit quelque chose de plus (au cas ou cela manquait). Déclinée également en noir (histoire de ne pas être sectaire), elle porte fièrement des pics de plus de 5 cm de long pour les plus fantasques d’entre elles… A n’en pas douter, un prochain Must Have dans les prochains clip de rn’b américain ! Lady Gaga et Nicki Minaj vont être ravies

© Versace FW13/14
© Versace FW13/14

© Versace FW13/14

Pensée émue également pour notre ami Tigrou, qui non content d’avoir inspiré Donatella, pour être remercié, (pardon au plus jeune public) a finit en manteau ! Et même en jupe avec les chutes de fourrure qu’il restait… Autre personnage fétiche ayant de toute évidence inspirée la prochaine collection Fall/Winter 2013, Tweety, charmant petit personnage à plume jaune, que notre Donatella à nous, l’inimitable Cathy Guetta avait déjà immortalisée en une marque aux accents…. « glamour »…. Clin d’œil amusé sans doute aux frêles petits oiseaux de nuit des quatre coins du monde qu’habille Donatella et qui essaieront une fois de plus d’échapper au « vilain gros minet »… pas sur que Tweety gagne cette fois-ci…

© Versace FW13/14
© Versace FW13/14

© Versace FW13/14

Pour ce qui est du Sex Shop donc, l’éternelle Demoiselle Versace, doit de toute évidence en manier tout les codes, car rien ne manque et propose un véritable Inventaire à la Prévert du Pervers - cuir, latex, ceintures, bondage, fentes plus ou moins hautes, décolletés plus ou moins indécents, clous, collier chien…

© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14
© Versace FW13/14


Et quand enfin le grand soir arrive, Maîtresses Dominatrix White et Dominatrix Black sont là pour assurer les festivités !... Monsieur est servi !...

© Versace FW13/14
Soyons donc rassurés, une fois l’hiver prochain venu, nul besoin pour nos amis VIP du monde entier de se risquer dans les Sex Shop de Pigalle, d’Amsterdam ou tout autre bouge du monde, il leur suffira de franchir les lourdes portes frappées à tête de Gorgone  des boutiques Versace pour avoir la parfaite tenue de Soubrette recherchée – un vrai luxe !...     

© Versace FW13/14
Une collection qui ne cessera de nous amuser et qui en tout cas est des plus intéressantes pour n’importe quel psychanalyste un tant soit peu curieux ! En effet, alors que la plus part des créatrices femme (Cf : Stella McCartney, Vanessa Bruno ou encore Clare Waight Keller chez Chloé…) propose des vêtements féminins, légers, amples et confortables permettant à leurs égales de se mouvoir et de vivre sans se sentir étriquées dans des modèles trop petits pour elles, ou bien être des objets sexualisés tout droit livrées aux fantasmes masculins, Mlle Donatella se fait un plaisir de sexualiser au maximum ses collections, et de faire de la femme Versace, un simple objet de désir pour la gente masculine. Enchaînée, quelques fois sanglée, vêtue de cuir, colliers de chien à pic, la femme, après 60 ans de lutte de droit égalitaire perd en l’espace de quelques minutes grâce à l’une de ses semblables presque toute notion d’indépendance et/ou de force. Non, vraiment, étonnante idée que celle d’une femme qui prive volontairement les autres femmes et les livres aux fantasmes masculins en tant qu’objet sexuel servi sur plateau d’argent (plaqué). (Cf : notre article sur la collaboration désastreuse entre la griffe Italienne et le géant du Mass Marketing H&M) Psychologie à suivre !... Et enfin, comme le disait si justement Coco Chanel, rappelons à quelques uns de nos "amis" designer qui l'auraient de toute évidence trop rapidement oublié que "Le Luxe n'est pas le contraire de la pauvreté, mais celui de la vulgarité!".... A méditer.

A. 

samedi 16 février 2013

« Dis moi comment tu te parfumes, je te dirai qui tu es » – Les Garçons aux Foulards se dévoilent au fil de leurs essences.



Nombreux sont ceux qui, depuis bientôt deux ans, au fil de nos aventures et de nos articles nous ont demandé à la dérobée d’un message d’en dire un peu plus sur l’identité des Garçons aux Foulards. Fidèles à nos principes, nous ne sommes certes pas encore prêt à nous placarder en 4X3, mais voici en tout cas un début de réponse que les plus fins nez sauront sans doute décrypter. Car comme le disait si justement Brillat-Savarin dans la citation qui l’aura rendu célèbre « Dis moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es », ou plutôt, « Dis moi quel parfum tu portes, je te dirai qui tu es »… C’est en partant de ce postulat que nous avons décidé de vous livrer un portrait olfactif à deux plumes, vous dévoilant sans doute l’un des éléments les plus intimes de nos personnalités – nos parfums.



© Histoire de Parfums - Les Garçons aux Foulards


Initié à l’amour des parfums depuis mon enfance par ma maman qui en est toujours une collectionneuse avertie, je n’oublierai jamais le plaisir que j’avais à déboucher ses flacons joliment disposés et en humer les différentes notes et essences qui m’émerveillaient. De cette période, j’ai gardé en mémoire un attrait pour les parfums Chyprés, étonnantes associations de notes vertes et fleuries et pour les Orientaux et leurs notes riches et ambrées. J’ai compris ainsi en me penchant sur l’histoire de certains parfumeurs et leurs plus célèbres créations qu’un parfum n’était, n’en déplaise  à nos amis marketeur, ni rose (pour les filles), ni bleu (pour les garçons) – crime de lèse-majesté parfumé absolu. Vecteur sensoriel à forte charge émotionnel, les parfums pour me séduire, doivent allier profondeur et belles histoires. Fidèle dans mon infidélité (j’en porte quatre différents), j’ai réussi ainsi à trouver au fil des années l’équilibre me permettant d’allier différentes essences et styles, évitant toute lassitude, alternant les parfums au fil des mois et des saisons.

Scent - Costume National

Sans doute l’un des parfums les plus étonnants qu’il m’ait été donné de sentir, il m’aura fallut de nombreuses années pour l’apprivoiser, enfin l’adopter et maintenant ne plus m’en passer. Ou plutôt ne plus m’en passer au fil des longs mois d’hiver durant lesquels je m’y enveloppe avec bonheur, telle une riche et confortable protection qui me réchaufferait de ses effluves ardents.

© Scent - Costume National

Crée en 2002 par le nez Laurent Bruyère, en collaboration avec Ennio Capasa, le Directeur Artistique de la griffe italienne, Scent allait à contre courant de tout ce que l’univers de la parfumerie pouvait proposer  alors. Parfum mixte tout d’abord, l’idée ne pouvait que me plaire, reprenant l’un des principes initiaux de la parfumerie ou les jus n’étaient pas sexualisés.

Son flacon ensuite alliant sobriété et épure d’un flaconnage transparent inversant les proportions classiques de hauteur et de largeur, volontairement sans capuchon, simplement marqué d’une étiquette noire et minimale, faisant écho au style du créateur qui donna ses lettres de noblesses sur les podiums aux références rock et chic.

Le jus enfin, fragrance étonnante, discrète et éclatante à la fois, alliant subtilement notes florales et vertes, met en avant une délicate fleur d’hibiscus en note de cœur, marié à la légèreté du thé et du jasmin en note de tête, pour enfin, une fois ces premières notes dissipées, laisser place à de puissantes notes de fond ambrées et boisées - cuir, musc et santal.

Eau de parfum atypique, discrète et explosive il est quasiment impossible de mettre de mot juste sur ce jus sensuel, ambré et vif qui évolue et change selon les peaux sur lesquelles, lentement il se glisse.

Tom Ford For Men – Tom Ford

Les parfums sont comme les histoires d’amours, ils vont et viennent sans jamais réellement rester. Mais parfois, il y en a qui comptent vraiment. Après avoir expérimenté les Mâle, Black XS et autre One Million à l’heure ou les pistes de danse étaient mes seuls lieux d’amusement et ou les odeurs sucrées sur ma peau faisaient de moi un adolescent invincible en quête de puberté – l’âge aidant, le temps passant et l’amour devenant fidèle, le parfum le devint aussi.

Un peu perdu entre l’adolescent que je ne suis plus et l’homme que je n’étais pas encore, j’ai découvert Tom Ford For Men. Un mélange d’éléments traditionnels et d’influences actuelles, après une campagne aussi tapageuse que douteuse ; Tom Ford roi des Mâles métrosexués, psychorigide déviant control freak promettant à la presse en sueur devant son trois pièces trop étriqué que son premier parfum pour Homme serait « Sale, Sensuel et Sexy ».

© Tom Ford for Men

J’ai d’abord couru, j’ai senti, je me suis laissé apprivoiser par cette fragrance.  Des notes acidulées de mandarine, feuilles de basilic et gingembre au départ, déviant vers un accord classique cèdre patchouli. Les notes de coeur boisées et cuirées convenaient parfaitement à l’homme que j’étais en train de devenir. Même si en portant ce parfum je n’ai à aucun moment le sentiment de me sentir ; « Sale, Sensuel (un peu), et Sexy (bon ok d’accord) » j’ai été et suis toujours séduit par cette mandarine boisée même si les années passant mon cœur quitte lentement for Men pour m’emporter vers Néroli Portofino
Ciao Bello !

L’eau parfumée au thé blanc – Bulgari

A l’exacte opposée, l’été, bien trop rare et fuyant à Paris, invite à une certaine forme de paresse et de décontraction. Envie de blanc, d’épure et de légèreté, les chaudes journées estivales, c’est avec bonheur que je m’enveloppe dans les délicates notes de l’Eau parfumée au thé blanc du joailler italien Bulgari. Crée en 2003, après le succès quasi imprévu de son pendant féminin au Thé Vert, l’Eau parfumée au Thé Blanc, parfum mixte (une fois de plus), crée par le nez Jacques Cavallier, est un boisé alliant également notes florales et musquées.


© Eau Parfumé au Thé Blanc - Bulgari

L’idée du blanc omniprésente à l’univers de ce parfum domine tout au long de son processus créatif. Les notes de têtes hespéridés composées de poivre blanc et d’armoise, aux propriétés relaxantes, laissent bien vite place à un effet lacté et poudré composé de musc. Une touche d’ambrette et de fleur d’oranger blanche et gourmande en note de cœur apportent leur chaleur  tandis que le bois de cèdre vient apporter une dimension plus sèche en note de fond. Ambre gris et musc enfin, évoquant une discrète et chaleureuse sensualité.

Faussement sage, l’Eau Parfumée au Thé blanc est une délicate eau de Cologne aux nuances chaudes, quasi spirituelles. Et si certains la pense à tort discrète et évanescente, elle promène telle une traînée de poudre, dans son sillage un air musqué.

Terre d’Hermès

Cette rencontre s’est faite par hasard, je cherchais un nouveau parfum, une nouvelle identité, un changement. Tout d’abord rentré pour acheter un parfum à un proche, je me suis mis à sentir chaque flacon qui se présentait à moi ! Une sorte de quête initiatique d’une nouvelle odeur identitaire.


© Terre - Hermès

Et soudain, entre terre et ciel, teinté de silex, de touches amères de pamplemousse, s’ouvrant avec de la bergamote et un accord vert et fruité avec un effet de rhubarbe qui conserve sa fraîcheur assez longtemps. Le Corps ; boisé - cèdre, vétiver et patchouli avec un effet fumé, poivré et cuiré.
Cet édifice étonnamment simple et pourtant harmonieux semble timide et peu puissant au premier abord, mais c’est cette discrétion et cette constance qui lui donnent justement autant d’élégance et de sobriété.

© Terre - Hermès
Poussière ocre pailletée, éternelle colombe, cheveux au vent, torse nu, cheval galopant ; Clément Sibony sublime ce parfum et je dois avouer qu’en me téléportant pendant ces quelques 40 secondes de pur plaisir visuel, cela ne doit pas être pour rien si aujourd’hui chaque matin, je me laisse imaginer que ce parfum peut me transporter n’importe où. Comme si dès lors que je m’en empare, il m’incite à projeter mon propre Eldorado.


L’Homme - Yves Sain Laurent

Et le reste de l’année me direz-vous ? L’Homme tout simplement !

Loin de moi l’idée d’avoir succombé à la campagne publicitaire mettant en avant la beauté plastique imparfaite de l’acteur français Olivier Martinez, j’ai toujours été sensible aux parfums Saint Laurent, ayant d’ailleurs longtemps porté Opium ou encore Rive Gauche. Crée en 2006 à l’époque où Saint Laurent avait encore un prénom, L’Homme, délicat accord de fougère moderne et de notes boisées, se veut un manifeste de l’homme contemporain.
© L'Homme - Yves Saint Laurent

A l’image du flacon, teinté de simplicité et de modernité, translucide, rond et discret, il met en avant le jus, alors que son bouchon, immense écrou couleur acier, porte fièrement le Cassandre cher à la maison.

La composition articulée autour de notes boisées et fleuries, s'ouvre en tête sur une bergamote pétillante,  des notes de basilic, de fougère, de lavande et un gingembre épicé, frais et citronné. En cœur, la feuille de violette apporte un vert très caractéristique et poursuit la métaphore filée masculine jouant sur tous les codes classiques de la parfumerie. Le fond enfin, légèrement poivré, révèle des bois, où la sècheresse du cèdre rencontre la douceur lactée du santal et le solide vétiver.

Classique des temps modernes, pouvant intelligemment évoluer au fil des mois et au fil des années on ne se lasse pas de ces accords alliant profondeur, masculinité et une certaine dose de légèreté - alchimie sensuelle et virile réussie !

Musc Nomade – Annick Goutal

Il y a un parfum que je porte de temps en temps, qui je le sais me rend unique. Il n’est pas du goût de tout le monde, il est un peu sauvage, un peu animal.  Ce parfum c’est Musc Nomade d’Annick Goutal !

Au départ c’était un cadeau qui m’a été fait. C’est drôle, nous avons tous et toutes toujours une histoire à raconter autour de nos flacons. Un jour, cette personne décide de m’offrir un parfum ; un vrai ! Comme lorsqu’une maman offre à sa fille son premier N°5. J’ai réfléchi, senti, pensé… et puis nous sommes arrivé chez Annick Goutal dans ce boudoir feutré place Saint Sulpice, loin des eaux fraîches et notes florales, je voulais quelque chose qui me transporte.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Un Musc surnaturel, cet Orient là s’est accroché à moi pour ne plus jamais me quitter, deux années qu’il embaume mes foulards, vêtements, placards… Il est partout !

Une interprétation virtuose, subtile et discrète de muscone qui se révèle doucement sous des teintes poudrées, chaleureuses et rassurantes. La senteur s’enrobe dans un nuage de musc blanc, racines d’angélique boisées et fruitées et graines d’ambrette suaves et lactées, et cette fève tonka légèrement amandée et embrasée au Bois de Bombay.

© Musc Nomade - Annick Goutal

Le flacon est simple, élégant et fonctionnel, inspiré des bagues de cigare, l’étiquette ornée de lierre est dessinée par le père de l’actuel nez, Camille Goutal, fille de la fondatrice de la maison éponyme ; une histoire de famille, une histoire de parfum, une histoire d’Amour 

Cet Orientaliste si pur, ode magique à l’Homme, révèle tout ce qu’il y a d’animal en nous. Ce parfum est mon coup de cœur, mon secret, mon plaisir.  

Voyage – Hermès

Depuis les origines de son histoire, Hermès symbolise l’univers du voyage et raconte au travers de chacune de ses créations une histoire. Quel plus beau parfum choisir pour conserver en mémoire ses souvenirs d’ailleurs que le si bien nommé Voyage ? Vous allez sans doute trouver cela quelque peu étonnant, mais il m’ait venu au fil des ans l’envie de m’approprier le plaisir et la saveur du voyage dans une essence que je pourrai avoir au creux de la main. Week-ends à la mer, escapades européennes, vastes étendues de sables blanc, autant de moments précieux, conservé en image pour certain et gardé à jamais de façon olfactive grâce à ce petit flacon métallique qui me suit tout au long de mes périples et en absorbe toute l’essence. 


© Voyage - Hermès

Crée il y a peu, en 2010 ; le célèbre nez Jean-Claude Ellena l’a voulu comme un boisé épicé, mixte (et oui, une fois de plus je m’en rends compte). Abstrait et paradoxal, ce parfum parle du plus beau des voyages, celui que nous n’avons pas encore fait. Le flacon, un étrier coulissant dont le point d'attache est le clou de selle d'Hermès joue sur les contrastes  des matières, l’effet de surprise et l’épure entre acier et verre blanc.


© Voyage - Hermès

© Voyage - Hermès



Le jus, frais, léger et dynamique en note de tête avec des essences de citron et de thé, laisse ensuite place à des notes plus chaudes et épicées de cardamome et d’hédione en cœur. Enfin, le fond composé majoritairement de muscs blancs laisse un voile laiteux quasiment palpable.

Et si pour George Sand « le souvenir est le parfum de l’âme », pour moi, les parfums  symbolisent l’essence même du souvenir, l’âme de ces belles parenthèses, trop rapidement estompées de nos mémoires que sont les Voyages. Voyage d’un jour, d’une semaine, d’une vie, je les veux légers, frais et musqués, aux couleurs éclatantes des gavroches en soie de la maison Hermès. 

Tel un puzzle olfactif dessinant les contours d’une personnalité, à vous de relier à présent essences chyprées ou boisées, fougères et orientaux avec les traits de nos personnages que vous avez appris à connaître un peu plus au fil de ce quelques mois. Et si enfin quelques uns d’entre vous se demandent quelles parties du corps doit-on le plus judicieusement se parfumer ? Je n’aurais qu’une seule réponse à vous apporter, comme le disait si justement Coco Chanel "Partout où vous désirez être embrassée" ! Bons baisers parfumés !

A & W. 

lundi 25 juin 2012

Au revoir Mr Yves Saint Laurent, Bonjour Saint Laurent Paris !


Alors que la Fashion Week Homme Parisienne s’apprête à défiler dans quelques petits jours, la nouvelle est tombée telle un couperet : la mythique maison française Yves Saint Laurent, dont le changement de Direction Artistique en février dernier avait fait la Une de toute la Presse Mode, perdra à partir du Printemps 2013 son prénom !

Fin d’une ère, début d’une autre, faisant table rase des années Porno Chic Tom Ford et des années Discrètement Sages Stefano Pilati, le tout puissant Hedi Slimane, nouveau Directeur Artistique de l’ensemble des collections de la maison, a décidé, comme premier symbole fort de son arrivée, de modifier le nom même de la griffe.

© Hedi Slimane

Au revoir Mr Yves Saint Laurent, créateur de génie ayant révolutionné le vestiaire féminin, lui donnant enfin le pouvoir du pantalon masculin, le glamour du smoking porté seins nus, le parfum d’Orient du Caftan ou le mythe des étendues Kenyanes d’une Saharienne, sans jamais lui ôter la féminité indissociable à ses créations. Conscient du fait que personne n’ayant sans doute le talent de reproduire le génial travail de Mr Saint Laurent, le temps est sans doute venu de passer à autre chose et de faire franchir un nouveau cap à cette marque globale à la notoriété planétaire.

© Yves Saint Laurent
© Yves Saint Laurent par Helmut Newton 1972

Bienvenue ainsi à Saint Laurent Paris, marque de mode moderne aux visées internationales. J’entends cependant déjà certains criant au scandale, invoquant un héritage bafoué, l’histoire d’une maison sacrifiée sur l’hôtel du Business tout puissant ! Mais avant de vous laisser vous égarer sur de tels chemins, il serait peut-être bon de rappeler, que la maison aux trois lettres entrelacées, s’est appelée justement lors de son lancement dans les années 60 Saint Laurent ! Et que le futur logo n'est rien d'autre que celui désigné par Cassandre en 1961!

© Inauguration de la Boutique Saint Laurent en 1966

Interrogé sur le sujet par le magasine Elle, l’ancien compagnon du Couturer défunt et financier de la marque, Mr Pierre Bergé, a salué l’initiative d’Hedi Slimane en tant que retour à l’essence et aux fondamentaux de la marque.

© Yves Saint Laurent et Pierre Bergé


Par ailleurs, pour celles et ceux qui auraient déjà oublié les tenants de la révolution Slimane, faisons un rapide retour en arrière. Qui se rappelle qu’avant de devenir le très désirable Dior Homme, le pendant masculin de la griffe Parisienne s’appelait Christian Dior Monsieur !... Ayant donné un grand coup de pied dans les classiques 3 pièces gris de « Monsieur », rockabilisant les collections à coup de jeans slim enduits, de débardeur XL loose, de cuir dark et de vestes aux coupes parfaites over skinny, il révolutionna ainsi à jamais le vestiaire masculin et s’empressa de changer le nom ainsi que l’ensemble de l’identité de la marque afin de lui communiquer une nouvelle modernité.

© Dior Homme par Hedi Slimane

Dix ans plus tard, et ayant fait ses preuves dans l’univers de la photographie contemporaine, Mr Slimane reprend les méthodes qui ont fait son succès afin de faire de Saint Laurent la maison la plus désirable de ce 21ème siècle.

© Hedi Slimane

Alors cessez de vous lamenter sur un tout petit prénom, que personne ne prononçait déjà plus, et préparez vous une fois encore, Ô Fashion Addict, à crier au génial Hedi Slimane. Politique de communication à la discrétion volontaire et au mystère cultivé, la 1ère collection Masculine signée Slimane, ne sera pas présentée à la presse et il faudra attendre début octobre pour découvrir enfin le travail (sans doute moins inspiré par Londres et Berlin) aux accents néo-L.A réalisé pour la collection femme.

Une chose est cependant certaine, la guerre des styles est déclarée, à coup de It Bags et de It Collections, entre PPR et LVMH, les deux géants du luxe français pour conquérir le cœur (et le fort pouvoir d’achat) des nouveaux clients Orientaux friands de Mode Made in France.

Alors soyons patients, et d’ici là, nous souhaitons beaucoup de succès à cette maison qui nous est chère et qui a toujours eu une place de choix dans notre cœur et dans nos vestiaires.

A.