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jeudi 5 décembre 2013

18ème édition des Sapins de Noël des Créateurs





Quelques petites semaines avant les festivités de Noël, l'association Les Sapins de Noël des Créateurs, se réunie, pour la 18ème année consécutive, pour son prestigieux rendez-vous caritatif. Signatures reconnues du monde de la mode, du design, voir de l’architecture, offrent leur talent pour réinterpréter le traditionnel sapin de Noël, nous livrant leur vision, minimale, humoristique, Arty ou carrément décalée. Abritée sous les ors du prestigieux Hôtel Salomon de Rothschild, l’exposition gratuite, regroupant plus d’une quarantaine de créateurs, est ouverte comme tous les ans au public pour quelques petits jours avant que les créations soient mises en vente aux enchères lors d’une soirée de gala dont les profits seront reversé à la Fondation AVEC, pour la Vie, Espoir contre le Cancer. Présidé par sa fondatrice, la journaliste de mode Marie-Christiane Marek, l’évènement a accueillit de nombreux créateurs et personnalités du monde artistique ; de Jean-Paul Gaultier, à Chantal Thomass, en passant par Takada Kenzo ou encore Pierre Hermé, lors d’une très belle soirée d’inauguration le mardi 3 décembre . Ayant eu la chance d’y participer, nous vous livrons, photos et vidéos à l’appui, nos coups de cœur stylistiques !

Les Maisons Parisiennes

Sans doute notre coup de cœur de cette 18ème édition, le très iconique « sapin-corset » signé Jean-Paul Gaultier a fait sensation. Reprenant les codes ultra féminin qui ont participé à la notoriété du créateur français, le corset mythique à seins coniques est revisité en un jeu de lumière enserrant un véritable sapin vert. Dualité du naturel et de l’artificiel, du végétal et du technologique, la structure lumineuse indépendante survivra à la période des fêtes, devant une fois départie de son sapin, une sculpture contemporaine aux codes Gaultier.

© Les Garçons aux Foulards - Jean-Paul Gaultier
© Les Garçons aux Foulards - Jean-Paul Gaultier


Coup de cœur quasi ex-æquo, la maison Dior signe une véritable explosion florale pour ce Noël 2013. Réinterprétant les roses de Granville chères à Mr Christian Dior,  le sapin se fait jardin et éclos en une avalanche de roses. Délicat camaïeux parfumé, nuances de blanc, de rose pale ou vif, le ton est donné !

© Les Garçons aux Foulards - Dior

© Les Garçons aux Foulards - Dior - Détails

Pyramide colorée gourmande, le pâtissier Pierre Hermé a choisit de mettre à l’honneur ses macarons légendaires, décorant, telles de délicates boules de Noël, un sapin pop et vitaminé, tout de plexiglas !

© Les Garçons aux Foulards - Pierre Hermé



Vision Arty

Délicat jeu d’origami aux couleurs du drapeau de son pays natal, Mr Takada Kenzo, loin de toute interprétation littérale, imagine un « sapin » en mouvement et en légèreté tel une envolée d’oiseaux fins et délicats.

© Les Garçons aux Foulards - Takada Kenzo
© Les Garçons aux Foulards - Takada Kenzo



L’artiste mosaïste Laurence Torno, fidèle à sa passion, joue sur la transparence et la lumière. Sapin bleu glacier sur une base blanche éclairée, la face avant de celui-ci est recouverte d’une composition de mosaïque de verre imitant les flocons de neige hivernaux. Magique.

© Les Garçons aux Foulards - Laurence Torno
© Les Garçons aux Foulards - Laurence Torno
© Les Garçons aux Foulards - Laurence Torno

Epure Arty et technologie pour la créatrice britannique Stella McCartney qui symbolise le sapin par l’un de ses éléments les plus reconnaissables – l’étoile du berger qui veille en son sommet. Présente ici en version XXL, elle nous éclaire sans doute de ses néons en ces temps un brin troublés.

© Les Garçons aux Foulards - Stella McCartney

Superposition conique de petites sculptures couleur or reprenant les flacons mythiques Dali Parfums, nous ne pouvons que saluer l’œuvre inspirée par les créations du maitre du surréalisme européen – Salvatore Dali.

© Les Garçons aux Foulards - Dali Parfums
© Les Garçons aux Foulards - Dali Parfums
© Les Garçons aux Foulards - Dali Parfums

Ôde au Noir

Maître incontesté de la fameuse petite robe noire, Mr Didier Ludot, propose un modèle inédit de la collection SS14 revisité d’éléments décoratifs et de broderies. Petit précis dans l’interview express du créateur.
© Les Garçons aux Foulards - Didier Ludot



Sphères géométriques superposées recouvertes de pétales de papier de soie et surmontées d’un immense ruban noir, Rykiel propose un sapin aux codes détournés, terriblement germanopratin !

© Les Garçons aux Foulards - Sonia Rykiel

Créatrice incontournable de l’univers de la lingerie chic, Chantal Thomass symbolise le sapin de Noël par la silhouette d’une femme, ou plutôt d’une multitude de femme, toutes identiques et toutes différentes, telles les clientes de son boudoir élégant parisien.

© Les Garçons aux Foulards - Chantal Thomass

 Exposition à découvrir sans plus attendre!



Hôtel Salomon de Rothschild
11, rue Berryer 75008 Paris
Entrée libre  du 4 au 8 décembre, de 10h00 à 19h00


A.

vendredi 9 novembre 2012

Spécial Mode Homme - Couleurs d'Automne


Feuilles mortes tapissant les rues, léger frimas nocturne et journées raccourcissant irrémédiablement, nul doute, l’été est bel et bien terminé laissant place aux charmes de l’une des saisons les plus riches – l’automne. Nouvelles saveurs, nouveaux parfums, nouvelles textures, la Mode pour cet automne s’inspire des couleurs flamboyantes de la nature pour offrir un twist créatif à une garde-robe aux allures parfois un peu classique. Juste, équilibrée et parfaitement étudiée, la Mode Masculine, sans fioriture se concentre sur le beau. Belle ouvrage d’une confection pour la plupart Made in Italy ou encore Belles Matières avec une profusion de mailles Mérinos, de Cachemire, de Cuir et de Velours, qui fait son grand retour sur les podiums dans un esprit très « Saville Rock ».

Camel

Moisson des champs, moisson des villes, la couleur chaude des épis de blé, tel un dernier vestige estivale envahit nos dressings. Décliné dans un camaïeu de beiges qui va du sable, clair et doré, au cognac, chaud et profond, le Camel, emblématique de l’automne chicise s’en pour autant guinder la silhouette et apporte cette touche particulière de désinvolture et d’élégante décontraction. Qu’on le porte en total look comme chez Martin Margiela ou le Camel se décline du pull col roulé, qui fait son grand retour cet hiver, au costume trois pièces à l’élégance 50’s en passant par les boots ou le manteau ¾  à double boutonnage ou bien en touche sur une pièce comme chez Prada ou chez Jean-Paul Gaultier, le Camel est la couleur indispensable de cette rentrée.

© Martin Margiela - AH12
© Jean-Paul Gaultier - AH12
© Prada - AH12

Symbole au sens propre du « Camel », le manteau ¾, très longtemps fabriqué en poil de chameau, est la pièce emblématique de cette tendance forte. Associé pour le jour à un jean « used » comme chez Dsquared pour un look décontracté chic, il devient furieusement tendance chez Pringle of Scotland, porté sur un pantalon en cuir rouille. Loin de se limiter à cette pièce de la garde robe masculine, le Camel se décline en mailles voluptueuses, en vestes Preppy, en pantalons cigarette et en une déclinaison de velours de coton ou de soie, matière dominante des défilés de cette saison. Loin d’être classique, le Camel sert de base à toutes les fantaisies stylistiques. Rehaussé de orange, de carmin, d’aubergine ou de bordeaux il s’enflamme aux couleurs automnales, souligné de gris, d’or ou de bleu vif, il se fait urbain avec une touche couture.

© Dsquared - AH12
© Pringle of Scotland - AH12
© Burberry - AH12


Bordeaux

Fin des moissons, début des vendanges, et une orgie de grands crus, du bordeaux au bourgogne, ont défilé de Milan à Paris. Sanguin, profond ou sourd, le bordeaux, couleur magique aux références multiples fera partie des indispensables à adopter dans notre dressing automnale. Que l’on soit un virtuose de la mode ou bien plus réservé en terme de style, le bordeaux s’adaptera à toutes les garde-robes. Porté en total look sur d’enveloppants manteaux comme chez Louis Vuitton ou bien sur des mailles XL et des pantalons imprimés comme chez Gucci, le bordeaux sait également être plus discret en touches élégantes et graphiques. Costume de ville bicolore taillé au cordeau chez Bottega Veneta ou pointes lis de vin sur différents accessoires chez Burberry, le bordeaux a trouvé en la couleur grise son compagnon stylistique idéal. Association masculine et raffinée à l’esprit délicieusement rétro, le bordeaux apporte un soupçon d’originalité aux camaïeux de gris anthracite habituellement portés en ce début de saison automnale, apportant avec succès chaleur et détails rétro sur des silhouettes urbaines ou plus décontractées.

© Louis Vuitton - AH12
© Gucci - AH12
© Bottega Veneta - AH12


Kaki
 

Chasseur des villes ou esprit Army, le kaki fait la transition hivernale et nous habille d’une stricte élégance alliant esprit sportswear et détails de coupe tailleur. Porté par touches, on l’adoptera comme chez Dries Van Noten ou Wooyoungmi sur un ample trench coat en laine ou un caban à double boutonnage, deux pièces emblématiques de la garde robe masculine de cet hiver. Travaillé également en touche chez Burberry, l’homme au tartan, un brin rebelle, le porte sur un pantalon en velours (une fois de plus) mixé à d’autres couleurs sourdes, ou encore sur une veste de chasse à porter à même le costume – esprit Néo Gentleman Farmer assuré.

© Dries van Noten - AH12
© Wooyoungmi - AH12

© Burberry - AH12

Plus radical, le kaki porté en total look a également été vu dans les défilés les plus pointus de cet hiver. La très pointue styliste Sud Coréenne Wooyoungmi associe différentes nuances de kaki sur une même silhouette, jouant les dégradés, les volumes et les effets de matières. Kris van Asche, le directeur artistique de la griffe Dior Homme, propose quant pour cet hiver des total looks kaki à l’élégance virile et ultra moderne. Mixant les univers et les références, alliant parkas militaires en popeline de coton, costumes deux boutons en flanelle, chemises col fermé et néo caban créant une allure sport chic strict foncièrement créateur.

© Dior Homme - AH12
© Dior Homme - AH12

© Dior Homme - AH12


Camel, Bordeaux, Kaki, ou encore rouille, mixés de gris et de bleus canard, la Mode cet Automne, allie formalisme de coupe, classicisme des modèles, luxe des matières au colorama d’une Nature généreuse. Viril et décomplexé, l’homme associera détails élégants et touches rétro  pour des silhouettes résolument modernes faisant la part belle aux couleurs.

A. 

vendredi 10 février 2012

Haute Couture Version Off – le pire !

Après avoir passé au peigne fin, cette semaine les défilés parisiens Haute Couture et vous avoir présenté nos coups de cœur, il est grand temps de s’attaquer à une tâche sans doute moins amusante (quoi que) et surtout moins  « modesquement » correcte, à savoir, celle de parler du pire ! En effet, et c’est bien triste à dire, tout n’était pas beau ! Loin de là. Et non ma petite dame, au risque de vous décevoir et contrairement aux médias mode bien pensant, tout n’est pas toujours réussit. Et autant, il est important de parler du beau, autant il est également important pour une question de liberté intellectuelle et d’éthique, de parler du pire ! Et c’est justement là ou les Garçons aux Foulards interviennent et vous disent que les autres (pensent) n’osent pas.

Tour d’horizon des créateurs qui auraient pu s’en passer…

Comme nous vous le disions, malheureusement, tous les défilés ne nous ont pas laissé la même agréable sensation de beauté et de travail bien fait. Excès inutiles, banalité, ou encore déjà vu ont également été présent lors de cette édition Haute Couture.

A commencer par la ligne Couture du styliste italien Giorgio Armani, Armani Privé. Une fois de plus, les sempiternelles vestes à manche pagode, signature du couturier depuis bientôt deux décennies, ont défilées sur d’improbables tailleurs (de jour ?) vert anis ou bleu métallisé, ou une série de robes longues de sirènes bien trop irisées. Style immuable, attendu, presque ennuyeux, que l’on voit défiler depuis des années, de Paris à Milan, de Giorgio à Emporio en passant par le Privé. Difficile d’imaginer la cliente Armani Privé, la même sans doute, conquise, il y a longtemps, par les coupes over size furieusement mode qui avaient révolutionnées les années 80, et qui depuis, n’ont eu de cesse de rester fidèles à la griffe aux dix labels, et tout comme elle, lentement, quittent les devants de la scène…


Armani Privé SS12
Armani Privé SS12

Armani Privé SS12

Ennui également (ou consternation selon) chez le couturier français Jean-Paul Gautier, qui nous avait habitué à beaucoup mieux. Inspiré de la défunte chanteuse Amy Winehouse, les modèles outrageusement choucroutées défilent dans d’improbables tailleurs de jour ou de robes polos sport revisités à grands coups de sequins. Version jupe, version pantalon, version déstructurées, les mono-silouhettes reprennent les mêmes codes qui ont fait la notoriété du créateur. Corset mal ajusté laissant s’échapper les seins de la pauvre mannequin impuissante, ou encore mariées voilées de noir, cette dernière collection, si l’on passe outre le travail de broderie magnifique confié aux atelier Lesage, est d’avantage digne d’un défilé Prêt-à-Porter que d’un défilé Haute Couture. Loin le temps de l’innovation et de l’extravagance de ses débuts, la femme Couture Jean-Paul Gaultier navigue quelque part entre les bars de Camden et le rouge et le noir d’une Jeanne Maas années 80. Voyage périlleux qui laissera sans doute perplexe ses fidèles habituées à d’avantage de recherche et surtout à d’avantage d’élégance.

Jean-Paul Gautier Haute Couture SS12
Jean-Paul Gautier Haute Couture SS12
Jean-Paul Gautier Haute Couture SS12


Autre griffe italienne, et autre coup dans l’eau, la très peroxydée Donatella Versace, après huit années d’absence, revient à Paris avec l’Atelier Versace, forte du succès commercial et médiatique de sa peu élégante collaboration avec le géant suédois H&M, proposant une quinzaine de modèles, au style typiquement Donatella… Sirènes métalliques prisonnières de leurs vêtements, combinaisons à paillettes jaune criard, anis ou orange, taille XXS, inspiration rétro futuriste toute droit sortie d’un Comics des années 60, et volumes robotiques et disgracieux cassant la silhouette des longueurs sirènes. Retour vers le futur ou retour dans le passé, créatrice femme se faisant un malin plaisir à malmener le corps de la femme, le style Donatella, parfaitement valable pour un clip de pop commerciale made in US, ne nous fait décidément pas rêver.

Atelier Versace SS12
Atelier Versace SS12
Atelier Versace SS12
Atelier Versace SS12

Enfin, invité depuis plusieurs saisons durant la semaine de la Couture, la proposition du styliste Alexis Mabille, nous a laissé décidemment bien perplexe. Déjà le défilé précédant avait échappé de peu à ce type d’article peu élogieux. Mais celui-ci dépasse tout. Bouquet de silhouettes terriblement communes (et  de maquillages) mono couleur, rouge, jaune, rose ou encore céladon ; les robes cocktails, mono longueur genoux, ou autre tailleurs de jour, se portent accompagnés d’une inélégante coiffe fleur remettant au goût du jour la très pertinente signature Inter Flora : « Plaisir d’offrir, joie de recevoir »… Nous le préférions décidemment lorsqu’il en restait à sa spécialité, celle des nœuds papillons…

Alexis Mabille SS12
Alexis Mabille SS12

Alexis Mabille SS12

La perfection n’étant malheureusement pas de ce monde, l’erreur étant, semble-t-il, humaine, nos amis les créateurs ne sont pas parfaits (ni personne d’ailleurs, c’est bien triste), et avec un peu d’objectivité, tout un chacun acceptera le fait que toute collection ne puisse friser la justesse. Ainsi, espérons que ces quelques erreurs de parcours soient remarquées et surtout rapidement corrigées lors d’un prochain opus Couture, et que ces quelques jours de défilés, restent toujours la parenthèse la plus enchanteresse de l’année !

A.