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mardi 17 janvier 2012

Voyage au pays Ragazze Ornamentali


Cela faisait plusieurs mois déjà que nous souhaitions vous parler et vous faire découvrir l’univers féminin et poudré Ragazze Ornamentali. Jeune maison Franco-Italienne faisant la part belle aux accessoires, Ragazze Ornamentali possède déjà tous les codes du Luxe et affirme discrètement, dans la presse, comme dans les capitales de la Mode, son élégance Parisienne et son épure stylistique. Voyage initiatique au pays du beau, escapade sensorielle et onirique, Ragazze Ornamentali se livre avec douceur et poésie à celles et ceux qui franchissent les portes de sa boutique atelier du Haut Marais. Voyage-découverte  que nous avons pris plaisir à faire aux cotés de l’une des deux fondatrices de la marque, la styliste Valentina Tortorella que nous avons eu la chance de rencontrer pour  notre première interview de l’année.

© Les Garçons aux Foulards

Issues de formations et de parcours professionnels différents, Isabelle Bois et Valentina Tortorella se sont rencontrées il y a un peu plus de 10 ans dans les couloirs du siège de la maison Louis Vuitton, pour laquelle toutes deux ont travaillées, et pour laquelle Valentina Tortorella office toujours pour la Recherche et le Développement des accessoires. De là est née une amitié forte qui a su dépasser les années mais également les distances, longtemps après qu’Isabelle Bois ai quittée la société pour se consacrer à d’autres projets.

© Les Garçons aux Foulards

Mais une idée est restée, celle de développer ensemble un projet commun, mettant en valeur leurs talents et leurs passions respectives. Amour des bijoux avec une vision très contemporaine suite aux études de Design Industriel pour Isabelle Bois, associé au goût d’une certaine vision du luxe acquise durant huit années passées en Italie aux cotés de Mr Gianfranco Ferre pour Valentina Tortorella ; ont données naissance à la maison Ragazze Ornamentali.

Subtil équilibre entre Modernité et Tradition du savoir-faire, Isabelle Bois et Valentina Tortorella ont souhaitées réaliser un « objet » (plutôt qu’un produit) à mi-chemin entre Mode et Design, un contre-pied de tout ce qui se fait dans l’industrie du luxe (sublime antinomisme), loin de toute idée d’ostentation et de saisonnalité, mettant l’idée de féminité au cœur de leur travail. Un féminité moderne, faisant abstraction des clichés et des exagérations courantes dans le milieu de la Mode, une féminité délicate, raffinée, contemporaine et poudrée.

© Les Garçons aux Foulards

Inspirée d’un des fameux écrits de Pier Paolo Pasolini, en 1957 dans El Corriere dela Sera dans lequel l’audacieux réalisateur avait l’habitude d’exprimer, comme toujours, ses points de vue tranchés sur le conformisme de la société Italienne des années 50 ; il y parlait de façon critique de la condition de la femme en tant que « Ragazze Ornamentali », « Filles ornementales », n’ayant d’autre force et d’autre pouvoir que celui d’être jolies.
Cristallisant et détournant cette idée, mettant en avant la modernité d’une femme forte et délicate à la fois, ainsi est né le projet Ragazze Ornamentali.

Des quatre modèles de leurs débuts, il y a trois ans, est resté l’éthique de création qui leur est propre et ne déroge  en rien à l’idée de qualité qui leur est chère. Peausseries de veau parmi les plus précieuses issues d’une tannerie alsacienne conservant des techniques de traitements artisanal du cuir, chaine or rose en un délicat alliage de laiton et de cuivre, intérieurs compartimentés doublés de cuir ou de lin pour les nouvelles couleurs estivales, miroir intérieur gravé en laiton or rose et gros grain couture se confrontant à la profondeur des cuirs et servant de repère identitaire à la marque ; les sacs Ragazze Ornamentali sont entièrement réalisés à la main, en petite série ou à la commande, au cœur d’un atelier Milanais à taille humaine, une rareté.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Colorama délicat inspiré d’une palette de maquillage, les pochettes, cabas, enveloppes iconiques et autres portés épaule, se déclinent en poudre, aubergine, cognac, gris ou encore bleu canard, et se métamorphosent au fil des saisons et des envies de leurs créatrices, plutôt que ne se remplacent. Le bordeaux apportant sa profondeur à notre garde-robe hivernale, le lin grège garni de cuir fauve rafraichissant nos tenues estivales. Un fil conducteur cependant, les tranches de tous les modèles de sac sont peintes à la main en un rouge laqué profond, contrastant élégamment avec chacune des couleurs des collections, faisant référence au rouge à lèvre, indispensable compagnon d’un sac de femme.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards
Presque secrète, c’est dans l’une des dépendances de l’ancien Hôtel de Sauroy datant du 17ème siècle, que l’écrin Ragazze Ornamentali s’est installé, abritant leurs collections, dans un espace à leur image, mi atelier, mi boudoir, alliant pierre de taille, métal et satin duchesse.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards

Depuis, les créations Ragazze Ornamentali ont évoluées, explorant de nouvelles formes, répondant à des besoins pratiques du quotidien, et de nouvelles peausseries, riches et précieuses ont été utilisées. Revisitant la classique autruche d’un liseré rouge, python noir à larges écailles où, détournant jusqu’à l’extrême la plus incroyable des peaux, l’alligator, la travaillant, jusqu’au substrat pour lui donner l’aspect velours ; acmé d’un certain luxe, discret et subtil.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards 
Derniers nés de l’univers Ragazze Ornamentali, nous intéressant tout particulièrement, les foulards. Trois formats, déclinés en trois matières, complètent la ligne maroquinerie et les silhouettes. Un carré format mouchoir, un modèle long format Obi ainsi qu’une étole grand format sont proposés en crêpe de soie, en suède et dans une qualité d’agneau plongé à l’incroyable douceur. Ils sont signés d’un liseré ajouré entièrement réalisé main de façon artisanale en Italie. Un summum du luxe, ayant son prix, comptez 500 euros pour le modèle mouchoir en agneau gris qui nous fait tant rêver.

© Les Garçons aux Foulards
© Les Garçons aux Foulards

Un coup de cœur ? Le très beau modèle Enveloppe classique, porté épaule en veau aubergine, doublé veau velours poudre et chaine or rose.  Ou encore le modèle porté par Valentina en veau gris, contrasté d’une tranche bordeaux et l’intérieur poudre, patiné au fil des ans, il est encore plus beau. Nous craquons !

© Les Garçons aux Foulards

Distribuées par certains des plus beaux et des plus pointus temple de la Mode à travers le monde, Ragazze Ornamentali a su convaincre les acheteurs et les clientes les plus intransigeants, du Bon Marché à Maria Luisa, en passant par l’Eclaireur et la très avant-garde Luisa Via Roma, ainsi que vos humbles serviteurs, tombés en admiration devant la beauté de leurs modèles. Nous pourrions vous parler des heures durant de la richesse des peaux utilisées, de la profondeur des couleurs, de la force du contraste des chaines or rose avec la finesse de l’incroyable alligator velours, de l’intimité des doublures en cuir, ou de la légère rugosité des crêpes de soie ; rien n’y ferait, nous aurions toujours réalisé un croquis à demis complet. Car le luxe ne se dit pas, il ne se raconte pas. Il se vit et se ressent. Pour cela, une seule solution, vous rendre au 9 de la rue de Normandie, au cœur du boudoir contemporain Ragazze Ornamentali , afin de découvrir par vous-même les classiques revisités de la toute jeune maison qui a su redonner au mot Luxe son sens ; et vous laissez séduire, petit à petit, sens après sens, caressant les peaux, succombant au moelleux de l’une des plus belles qualité de veau qu’il nous ai été donné de voir, et enfin, peut-être, craquer et commander un modèle sur mesure, portant vos couleurs, votre style et même vos initiales gravées dans le laiton or rose du miroir.

A.


Ragazze Ornamentali

9, rue de Normandie - 75003 Paris

www.ragazzeornamentali.com

mercredi 25 mai 2011

Pause Culturelle et Gourmande : à la découverte de Charlotte Perriand!

Ce mois de mai 2011 mets enfin à l’honneur une grande dame française du design et de l’architecture, Charlotte Perriand.
Méconnue, son œuvre est encore très souvent associée à celle de Le Corbusier, où de Pierre Jeanneret avec lesquels elle collabora à partir de 1927, année où elle les rejoints et s’occupa de la décoration intérieure et du mobilier des différents projets architecturaux réalisés par leur agence. C’est d’ailleurs sans doute, l’une des raisons pour lesquelles, son nom fut souvent cité après celui de Le Corbusier, l’un des premiers « designer super star » de notre siècle.
Heureusement, deux institutions parisiennes lui rendent hommage et  replacent son œuvre au centre de l’actualité culturelle mais également au centre d’une certaine vision de l’homme ; « homme » qu’elle plaçait toujours au cœur de sa réflexion.
L’être humain est en effet à la base de tout pour Charlotte Perriand. Reprenant ainsi le principe du Design mis en place par l’école du Bauhaus, qui a pour mission de réaliser l’objet le plus simple et le plus esthétique pour une fonction donnée (Principe qui a été bien souvent oublié depuis quelques années… ). Charlotte Perriand ne souhaitait pas un design élitiste, bien au contraire. Tout comme Le Corbusier voulais créer une société idéale par le biais de certaines réalisations telles la Cité Radieuse à Marseille, Charlotte Perriand pensait au plus grand nombre lorsqu’elle dessinait ces objets à vocation utilitaire. Elle s’est ainsi longuement inspirée du monde rural et ouvrier ainsi que de nombreuses cultures.
Petit Palais, Bon Marché : même combat ! Celui de Charlotte Perriand ! Les Garçons aux Foulards sont partis enquêter !

Culture tout d’abord.
 
Lors de la dernière Nuit des Musées, le week-end dernier, nous avons eu le plaisir de découvrir la rétrospective Charlotte Perriand 1903-1999, de la Photographie au Design organisée par le Petit Palais. Comme toujours lors des expositions au sein du Petit Palais, les œuvres de l’artiste « invité » se trouvent au cœur des collections permanentes, placées dans chaque salle, créant ainsi un parcours historique mais également un dialogue entre moderne et ancien, classique et avant-garde.
  
© Les Garçons aux Foulards

Trois détails de l’exposition m’ont particulièrement plus. Deux de ses œuvres les plus engagées, réalisées en 1936, l’une pour le Salon des Arts Ménagers intitulée La Grande Misère de Paris et l’autre pour la décoration de l’un des salons du Ministère de l’Agriculture, on été reproduites en très grand format dans le hall central du Petit Palais et apparaissent tel un manifeste de son travail mettant le visiteur au cœur de son univers et de sa réflexion.

 
© Les Garçons aux Foulards

Ensuite, poursuivant l’exposition dans les salles adjacentes, je découvre avec plaisir certains des meubles réalisées par Charlotte Perriand, placées en face de chaises, de fauteuils, de consoles et de secrétaires Louis XVI. Décalage garantit ! Et modernité incroyable ! C’est d’ailleurs, d’un point de vue décoration le style qui me plait et que j’essaye de reproduire, ce subtil mélange de moderne et d’ancien, de chiné et de neuf, de design et d’antiquité.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards





















Enfin, la salle principale au sous-sol, recréant son univers, inspiré du monde rural mais également minéral. On reconnaît les formes des meubles faces aux photographies prises par Charlotte Perriand dans la Nature, au cours de ses voyages. Immersion totale ! On aime !  Vous allez dire que j’exagère un peu… peut-être… je ne sais pas… je sais juste que j’ai toujours été un inconditionnel de son œuvre, incroyable de modernité, d’élégance et de simplicité.

A  ce propos, c’est l’italien Cassina, spécialisé dans le mobilier de designer, qui a remporté en 2004, le droit d’éditer les modèles crées par Charlotte Perriand. Une salle lui est d’ailleurs réservée au cœur du musée, afin de permettre au visiteur de découvrir de façon sensorielle le mobilier, de le tester. Car n’oublions pas que l’ensemble des meubles de Charlotte Perriand ont un objectif de fonctionnalité, de confort. Ainsi cette découverte, en dehors de son éventuel intérêt commercial, fait partie intégrante, je pense, du processus d’initiation et de compréhension de son œuvre.

Pause Gourmande ensuite.

Profitant de cette jolie « Charlotte Perriand – Mania », le Bon Marché et Cassina se sont associés afin de recréer la mythique Maison de Thé, réalisée par la célèbre Designer et exposée sur le toit du Jardin de l’UNESCO en 1993, et qui fût détruite par la suite.

© Les Garçons aux Foulards

Au cœur d’une véritable forêt de bambous, placée sous la très belle verrière du 2ème étage du grand magasin de la Rive Gauche, une petite exposition rend hommage également à l’œuvre de Charlotte Perriand au travers de photographies, portraits intimes de la femme plus que de la créatrice de talent. Différentes pièces de mobiliers, parmi les plus emblématiques de la créatrice ont été mises en scène, créant une sorte d’appartement idéal au cœur d’une végétation luxuriante aux références japonisantes.


© Les Garçons aux Foulards


Japon tant aimé par Charlotte Perriand, où elle travailla pendant plus de deux ans durant les années 40, et dont elle n’oublia jamais le style minimal, fonctionnel, presque spirituel. Et Japon mis à l’honneur par le Bon Marché grâce au célèbre restaurant gastronomique Bizan, déplaçant son savoir faire culinaire le temps d’un salon de thé éphémère.  
Je n’ai pu m’empêcher le plaisir d’y savourer leur pause gourmande : Thé vert d’Asamiya, crème de soja sucrée et sa purée de haricot rouge et sésame, accompagnée de chocolat blanc aux graines de sésame. Un délice ! Léger, subtil, raffiné. Expérience à tester absolument.

© Les Garçons aux Foulards

© Les Garçons aux Foulards






















Enfin, j’ai terminé cette escapade design par le très beau rayon libraire-papeterie du Bon Marché, qui mérite à lui seul le détour, havre de paix au cœur du tumulte du 6ème arrondissement. Il est l’un des lieux qui m’apaise le plus et ou j’aime me retrouver, entouré de livres ; et pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, je vous le recommande avec plaisir.
J’espère ainsi vous avoir donné l’envie de découvrir où redécouvrir l’œuvre de cette grande dame du Design. Sortez, Flânez, Découvrez et Partagez nous vos impressions ! ;-)

A très bientôt,

A.



Charlotte Perriand  1903-1999 ; de la Photographie au Design 
 du 7 avril au 8 septembre 2011 au Petit Palais
www.petitpalais.paris.fr

La Maison de Thé de Charlotte Perriand
du 9 avril au 11 juin 2011 au Bon Marché Rive Gauche
www.lebonmarche.com