jeudi 10 novembre 2011

Le retour du Kid!

Mais de quel « Kid » les Garçons aux Foulards vont-ils nous parler? Billy ? Ou encore le célèbre jeune américain, version noir-blanc de Charlie Chaplin ? Que neni ! Il est question ici d’un tout autre « enfant », bien plus terrible et bien plus mystérieux. J’ai nommé, le plus en plus célèbre, Kidult !
En effet, l’enfant terrible du graff’ français est de retour et a une fois de plus frappé fort, hier, rue de Grenelle, en s’attaquant à la toute nouvelle boutique Céline !

© Les Garçons aux Foulards

Quelle ne fût pas ma surprise, me promenons paisiblement dans cette petite partie de la Rive Gauche, lorsque je découvris la façade et le trottoir de la maison du groupe LVMH souillés de peinture rose dégoulinante, avec une inscription immense : SK8 !
Choc brutal d’une certaine forme de violence dans ce quartier d’habitude si paisiblement bourgeois et conservateur ; le « graffeur » Kidult s’est attaqué comme à son habitude à une marque de luxe afin de se venger de sa politique de communication.
En effet, Kidult, roi du graffiti sauvage s’est fait connaître pour ses attaques à répétition contre les marques, boutiques et enseignes de luxe se servant de la Street Culture, des Tags et autres Graffitis dans leurs campagnes de communication, publicités ou encore produits dérivés des défilés. Sorte de « Robin des bois » des graffeurs, Kidult reproche à toutes ses marques de ne pas connaître ni de ne pas comprendre cette forme de culture, et de se servir de façon inappropriée des codes de celle-ci comme d’une simple mouvance dans l’air du temps.
© Kidult

Nombreuses sont ainsi les boutiques à s’être réveillées un matin, les vitrines balafrées de peinture rose ou violette, signées en format XXL par celui qui leur reproche leur visées purement commerciales et leurs positionnements diamétralement opposés avec les codes de la Culture Street.
Colette, Agnès B, Louis Vuitton, Goyard, Jean-Charles de Castelbajac, YSL, Dior… et dernièrement Céline, tous ont subis les attaques imprévues et fugace de l’homme cagoulée.

Boutique JCDC attaquée par Kidult

Boutique Angès B. attaquée par Kidult

Pourquoi l’inscription SK8 me demanderez-vous ? C’est tout de suite la question que je me suis posé. Et pourquoi l’élégante et puriste maison Céline ? Et bien en représailles à sa dernière campagne de communication SS/11 représentant le mannequin Daria Werbowy, tenant à la main un Skateboard (prononcez à l’américaine skate - S-K-8 – et vous aurez compris le graffiti.) aux couleurs des imprimés du défilé de la saison Printemps Eté.
© Céline SS/11

© Céline SS/11

Vous l’aurez compris, Kidult ne laisse rien passer. Ni la présence, certes moyennement logique et convaiquant, d’un skateboard dans les bras de la très minimale et très chic « Femme Céline », ni les Tags utilisés dans les campagnes Dior d’il y a quelques années, ni la ligne Graffiti signée du défunt Stephen Sprouse pour Louis Vuitton, ni la boutique Colette mettant en avant le travail de l’artiste-graffeur André…
Malle Goyard graffée par Kidult

Plus proche de l’âge adulte que de l’adolescence (c’est en tout cas ce que nous devinons, Kidult apparaissant toujours masqué), Kidult est une sorte de puriste, version extrême. Vision excessive du monde de la rue et de celui du graff’, trublion dans une certaine passivité du monde face à la force des marques de luxe, Kidult n’en a pourtant pas oublié les techniques modernes de Communication ! (Bah non, pas folle la guêpe !) Car derrière l’image du vengeur masqué s’attaquant au « Grand Méchant Loup », Kidult, et ses acolytes, n’oublient jamais de filmer leurs exploits, et/ou de réaliser des montages vidéos expliquant leur « démarche » et mettant en scène le graffeur masqué, ni de les publier sur Youtube, Dailymotion et autres réseaux publics…
Par ailleurs, n’oublions pas un point essentiel ! Quelle meilleure façon de se faire connaître du grand public, français et international, que de s’attaquer au secteur du Luxe, par le biais de ses acteurs les plus connus, et de médiatiser son action ?

© Kidult

Car finalement c’est bien ce que je leur reproche. Outre la dégradation de biens publics ou privés (qui rappelons le, est illégal !), et la réalisation de graff’ qui pour le coup ont une esthétique toute relative ; Kidult, sous le couvert de la défense de la Street Culture et du rôle de « David s’attaquant à Goliath », a un objectif certain de médiatisation ! Je ne serai d’ailleurs pas surpris si d’ici quelques temps, des produits dérivés, un livre, une exposition ou je ne sais quelle autre collaboration artistico-commerciale sortira de tout cela !...
Vous trouverez ci-dessous quelques vidéos de leurs crus. Je vous en laisse juge… et attend avec impatience vos commentaires pour que nous puissions échanger ! ;-)


A.

dimanche 6 novembre 2011

Loulou de la Falaise - Hommage

Il est de ces personnes, dont l’histoire nous fascine, et que l’on aurait rêvé de rencontrer, ou même qui sait, avoir la chance d’interviewer. Loulou de la Falaise en fait partie. Mannequin, styliste, créatrice de bijoux, muse et amie de Monsieur Yves Saint Laurent ; celle qui collabora aux cotés du créateur français jusqu’au dernier moment, s’en est allée hier, à son tour, à l’âge de 63 ans. 

 
© Loulou de la Falaise


L’œuvre laissée derrière elle fût à son image, riche, poétique et colorée. Fille du mannequin phare d’Elsa Schiaparelli et d’un aristocrate français, Loulou passe son enfance et sa jeunesse entre le « swinging » London, les pensionnats Suisse et l’effervescente New-York ; ou elle fit la connaissance d’Andy Warhol, de Robert Mapplethorpe ou encore de Cecil Beaton pour qui elle posa pour le Vogue US.

© Loulou de la Falaise  

© Loulou de la Falaise





Ayant fait la connaissance du créateur français à Paris, en 1968, admiratif de son exubérance et de son élégance colorée, celui-ci lui propose dès 1972 de travailler à ses cotés  et de prendre en charge les lignes mailles et accessoires Yves Saint Laurent, travail dont elle s’acquitta remarquablement bien, réalisant plus de 2000 pièces par an, dont les bijoux des collections Haute Couture qu’elle signe de son propre nom.  Sa mère, Maxime Birley, disait d’ailleurs d’elle : « Loulou a cette capacité unique de créer un vêtement d’un rien… Elle pourrait habiller quelqu’un en partant de vieilleries et d’une simple épingle à nourrice ».

© Loulou de la Falaise aux côtés d'Yves Saint Laurent

Mariée une première fois à un aristocrate irlandais, c’est la cérémonie de son second mariage, avec le fils du peintre Balthus, Thadée Klossowski de Rola, qui marqua à jamais les esprits. Incroyable fête organisée sur l’île du Bois de Boulogne organisée par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé qui compta plus de 500 invités et qui créa la légende, réunissant ce que Paris, Londres, Rome et New York comptait comme artistes, mondains, et personnalités du monde de la Mode et de la  Nuit. « Ils personnifient la fantaisie parisienne des années 70, la vie artistique, aristocratique, la mode, l’élégance, la beauté, la jeunesse et l’excès. Le tout distillé en un seul couple. » dit à propos d’eux la journaliste de mode et écrivain Alicia Drake.
 
© Loulou de la Falaise aux côtés d'Yves Saint Laurent

Après le départ de Monsieur Saint Laurent de sa propre maison, Loulou de la Falaise continue de faire ce qu’elle a toujours su, créer des accessoires ! Et lance en 2003 sa marque éponyme.  « Les accessoires ont un rôle important dans nos vies stressantes. Si vous sortez dîner et que vous n’avez pas le temps de rentrer vous changer, vous pouvez enlever votre veste et mettre un bijou. C’est beaucoup plus facile que de porter une robe de soirée dans le métro! » explique celle pour qui l’accessoire aura joué un rôle primordial tout au long de sa vie. Couleurs chatoyantes, modèles fantaisies, inspirations florales ou littéraires ; les bijoux et accessoires Loulou de la Falaise sont un condensé des goûts de LA muse parisienne de ces 30 dernières années.

© Création Loulou de la Falaise

© Création Loulou de la Falaise

Difficile de conclure ce rapide résumé. Les « hommages » ont toujours cela de difficile qu’ils sont terriblement incomplet. Comment réussir à condenser en quelques lignes et quelques photos, la vie, si riche, de l’une des personnalités les plus fantasques de notre époque ? Tâche quasi impossible j’en ai peur, même pour les personnes ayant eu l’occasion de la côtoyer… Alors, je vais essayer de rester au plus simple. Et de dire juste un mot, unique, à celle qui aura su apporter un peu plus de beauté à l’univers de la Mode grâce à ses créations acidulées, élégamment colorées : merci.

© Loulou de la Falaise


A.